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Full text of "Le troubadour Elias de Barjols"

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lu 







LE TROUBADOUR 



ELIAS DE BARJOLS 



BIBLIOTHÈQUE MÉRIDIONALE 

PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE LA FACULTÉ DES LETTRES DE TOULOUSE 



Ir* SÉRIE. TOME X. 

^ LE TROUBADOUR 

ELIAS DE BARJOLS 

ÉDITION CRITIQUE 
Publiée avec une Introduction, des Notes et un Glossaire 

PAR 

Stanislas STRONSKI 




TOULOUSE 
IMPRIMERIE ET LIRRAIRIE EDOUARD t'RlVAT 

14, RUE DES ARTS (SQUAEIE DU MUSÉk) 

Paris, Alphonse PICARD et fils, rue Bonaparte, 8a. 
1906 



^'M^. 



AVERTISSEMENT 



Je remercie tout d'abord M. Antoine Thomas 
qui, après m'avoir indiqué le sujet ici tiiiité, a 
bien voulu m'aider souvent de ses précieux con- 
seils. 

J'ai copié ou collalionné moi-même tous Jes 
manuscrits de Paris, ainsi que ceux d'Oxford 
et de Chellenham. J'adresse ici mes meilleurs 
remerciements à M. Fitz-Roy Fenv^ick, [>osses- 
seur de ce dernier manuscrit, qui m'a Tait un 
accueil extrêmement aimable dans sa demeure 
de « Thirleslaine House ». Quant aux manus- 
crits italiens, j'ai eu, pour/? (Modène) cl [kïup G 
(Milan), des photographies. L'éminent direcleur 
de la Biblioteca Estense de Modène a bien voulu 



Vili AVERTISSEMENT. 

me faire envoyer une copie des pièces se trou- 
vant dans a* (Campori). MM. F. Martin-Chabot 
et Arlur Langfors m'ont rendu des services 
sîgfnalés en copiant ou en collationnant le texte 
des manuscrits de Rome (L et Fy et de Flo- 
rence (P et a), M. Paul Roman en me communi- 
quant plusieurs fois des renseignements sur 
quelques documents conservés à Aix-en-Pro- 
vence. Je les remercie tous très cordialement. 

C'est à M. Alfred Jeanroy que je suis le plus 
redevable. En examinant mon travail, en vue 
de son admission dans la Bibliothèque méridio- 
naie^ il a consacré beaucoup d'un temps pré- 
cieux soit à la revision du manuscrit, soit à la 
correction des épreuves. C'est lui, en un mot, 
qui a rendue possible la publication de ce tra- 
vail, et je lui en exprime mes chaleureux remer- 
ciements et ma profonde reconnaissance. 

C'est pour moi un devoir et un plaisir de re- 
mercier aussi la Faculté des Lettres de l'Univer- 
sité de Toulouse, qui a bien voulu accepter ce 
travail pour la Bibliothèque méridionale^ ainsi 

Pour // j'ai utilisé l'édition diplomatique donnée par 
MM. Gauclml et Kehrii {Studj di Jilologia romanza^ t. V). 



AVERTISSEMENT. fe. 

que la Faculté des Leilres de l'Université de 
Lwow (Pologne autrichien ne) et le Ministère 
autrichien de l'Instruction publique, auxquels 
je dois une bourse d'études qui m^a permis 
de prolongcer mon séjour à Paris. 



.^•A-'p.i.^'^T»?^ '^ : 



INTRODUCTION 



LE TROUBADOUR ELIAS DE BARJOLS ' 

I 
Sa vie. 

Les sources qui apportent des infor ni allons j au 
reste peu nombreuses, relatives à la vie d'Elias sont 
au nombre de trois : 

1° Ses poésies. On y trouve quelques mentions 
des personnes avec lesquelles il fut en relation et des 
lieux dans lesquels il séjourna. Le reste du contenu 
de ses chansons n'est pas utilisable pour sa biog^ra- 
phie; nous aurons tout au plus à nous demander 
jusqu'à quel point elles s'harmonisent avec ce que 
nous saurons sur sa vie. 



I. Nous renverrons plusieurs fois, au cours de celte Intro* 
duction, à des notes relatives aux personnag'es nommés par 
Elias; ces notes paraîtront prochainement dans les Annnips 
du Midi et la Revue des langues romanes. Le leet.eur cj^t priiî 
de se reporter, en attendant, à V Index des noms. 



XII LE TROUABDOUR ELIAS DE BARJOLS. 

2^ La vida provençale. 

3" L'arlicle consacré à noire troubadour par Jehan 
de Nosircdarnc. Il faut en discuter certains détails 
parce qu'ils ne sont pas nécessairement de pure in- 
vention et peuvent provenir de textes perdus. 

Notre troubadour n'est nommé, à notre connais- 
sance, dans aucun texte historique, ni mentionné 
daïis les poésies d^aucun de ses confrères. 

l^es données de la vida provençale, qui est le pre- 
mier essai de biographie complète de notre trouba- 
dour de sa naissance à sa mort, peuvent être accep- 
tées dans leur ensemble. Se trouvant dans //T, elle 
est nécessaireincjit du treizième siècle , peu pos- 
térieure à Faclivité même d'Elias. Aucun des dé- 
tails qu^elle rapporte ne saurait être rapproché 
d'tuicune allusion dans les chansons conservées, et 
la phipart de ses informations ne sont même point 
de nature telle qu'elles aient pu être puisées dans 
une chanson quelconque, conservée ou perdue : elle 
se démontre donc comme entièrement indépendante 
des poésies et est , contrairement à bien d'autres récits 
de vidas et. de razoSy tout autre chose qu'un tissu 
d'inventions fontlées sur celles-ci ^ Aussi pouvons- 
nous la suivre dans ses lignes générales, tout en 
ramassant en route ce que nous rencontrerons d'in- 
ibrmatioiis utiles dans les poésies. 

I- Voy., sur rautorilé des biographies provençales : Ghaba- 
nciiu, J^w/ra/ïA/ff?*^ (Introd.), G. Paris, JaufréRadel, Paris, 
i8<)3(oxtr. de la iU'i\ hist., t. LUI), p. 52 (255), et 0. Schultz 
daas Àrchiv, t. XCU, pp. 224-32. 



INTRODUCTION. XIII 

« Sire Elias deBarjols fut de TAgfenais, d'un bourg- 
ce qui a nom Perols. Il fut fils d'un marchand, » 

Perols est douteux dans la tradition. /, ayant 
écrit perols^ tâcha de le corrig-er en peiols ; K écri- 
vit d'emblée peiols. Un nom de lieu Peiols est 
cependant introuvable et improbable. G'esl Perols 
qui aura été la leçon juste de la source des deux 
mss. /et /T*. 

Perols, le seul lieu auquel on peut penser, se 
trouve en Limousin^. L'auteur de la oida^ cprtîiîne- 
ment écrite sur la rive gauche du Rhône ', j->lH<;a 
Perols dans l'Agenais. L'inexactitude ne paraît pas 



1. Perols dans R., Choix, et dans P, O., suivis par Dicz 
(L, u. W., 2^ éd., p. 436), ainsi que par Chabaneau, Bf/i\s. — 
Millot, I, p. 347, lit, en altérant K : « Payols », et est .suivi par 
YHist, lit,, XIV, p. 38, et par Balaguer {Los trovadore&, JI, 
p. 169). C'est Grescimbeni (II, 18) qui initia la seconde li^çon en 
écrivant : « d'un castello appellato Peiols ». Il ne le fit cepen- 
dant qu'en corrigeant une première erreur (t. I, Commt*ntarîf 
Y, 5, p. 334) : « Elia di Bariols Genovese » qu'il avait com- 
mise « prendendo la voce Amenés quivi usata per la noslra 
Genova » (ib., p. io3, n. V). C'est sans doute à celle erreur 
de Crescimbeni seul que se rapporte une correction de M, Res- 
tori {Hist, de la litt.prov,, trad. A. Martel, Montpellier, iB^^t 
p. 88, n. i). 

2. Corrèze, arr. d'Ussel, cant. de Bugeat; cf. ExpïiJy, Dîc- 
tionn. géogr,, sous « Peroles » (le môme nom est écrit 
Perols, t. IV, 242, art. Limoges). 

3. C'est à quoi on s'attend a priori puisque c'est en Pi-o- 
vence qu'Elias de Barjols fut le plus actif et le plui^ connu. 
Mais, de plus, les détails concernant la mort du comle de Pro- 
vence, la connaissance du nom de la comtesse, la menlion de 
l'hôpital de Saint-Benezet d'Avignon indiquent que l'auteur 
était originaire de ces régions. 



XIV LE TROUBADOUR ELIAS DE BARJOLS. 

trop frappante, vu réloignement des pays en ques- 
tion de l'endroit où fut, selon nous, écrite la vida; 
notre Perols est, en réalité, situé entre Limoges et 
Agen. 

L'origine occidentale d'Elias*, attestée par la bio- 
graphie, paraît quelque peu surprenante puisque 
presque toutes ses chansons paraissent avoir été 
composées en Provence. Nous verrons cepejidant 
notre troubadour, avant que s'ouvre sa longue acti- 
vité dans la région des Alpes, débuter et exercer 
quelque temps son art dans l'Ouest. 

« Et il chanta mieux qu'aucun homme qui fût en 
« ce temps. Et il se fit jongleur. Et il se fit accom- 
« pagner d'un autre jongleur qui eut nom Olivier, 
« et ils allèrent longtemps par les cours ensemble. » 

En abandonnant le métier de son père pour se 
faire jongleur, il agissait comme bien d'autres^; ce 

1 . Le nom à' Elias est rare en dehors d'une région détermi- 
née ; il se trouve répandu précisément dans les pays aquitains : 
Limousin, Saintonge, Pèrigord, Agenais. Voj. la liste de la 
dynastie des comtes du Périgord (dès i245, Elias VI); cf. aussi 
la liste des évoques de Saintes, et Grasilier, Cartulaires iné- 
dits de la Saintonge, Niort, 187 1, part. I, p. 66, Table onom., 
col. 1-2 (26 personnages de ce nom), part. II, p. 169 (33 per- 
sonnages). Tous les troubadours qui portent ce nom sont issus 
des régions en question : El. Gairel (Dordogne), El. Fonsalada 
de Bergerac (Dordogne), El. d'Ussel (Gorrèze). 

2. « Sail d'Escola si fo de Bragairac... fils d'un mercadan; 
e fetz se joglar » (Bgrs,, 219); — t Uc de Pena... si fo d'Age- 
nes... fils d'un rie mercadier; e fetz se joglar » (tè., 258), etc. 
Cf. la statistique sociale des troubadours dans Stimming, 
Prov, littérature dans Groeber, Grundriss, 



INTRODUCTION. 



qui l'y détermina, c'est qu'il possédait les qualités 
nécessaires, la voix et le talent musical, à un degré 
exceptionnel — dit la vida *. 

Après avoir chanté les poésies d'autrui ^, Klias sf^ 
mit bientôt à s'exercer lui-même dans l'art de trou- 
ver, comme avaient fait bien d'autres ^. 

Nous avons de lui une chanson, antérieure k Tan 
1191*, dont nous pourrons tirer plusieurs informa- 
tions qui complètent celles de la vida : elle poniiot 
d'abord de constater que, dès ses débuts, Elias fui 
troubadour en même temps que jongleur ; elle per- 
met ensuite de localiser ses débuts d'accord avec les 



1 . Il faut prendre à la lettre cantet sans le confon<Ire avec 
trobet. Cf. dans la biographie d'Uc de Pena (p. 258) ; « E fetx 
se joglars; e cantet ben e saup gran ren de las autrui can* 
SOS... E fetz cansos... » et souvent « cantar e trobar », p. ex. : 
P. d*Alvernhe, P. Rogier, R. Jordan, Pons de Ghapduclh 
(« trobara e cantava e viulava be »), Gausbert de Poicibot, 
Guilhem de la Tor (« e sabia cansos assatz e s'entendia e chan- 
tava ben e gen, et trobava [la mélodie]; mas can volia dire 
sas canzos [mettre en paroles la mélodie], el fazia plus loue 
sermon de la razon que non era la canzos »), etc. 

2. Son compagnon, Olivier, n'est pas connu en dehors de 
cette mention. D'après la vida, il aurait aussi parcouru la 
Provence avec Elias. Rappelons deux autres noms, ceux de 
Tomier et de Palazin, attachés l'un à l'autre (Bgrs.^ 3o2, et 
B, Gr,, 442, 1-2). 

3. Par exemple, Aimeric de Sarlat {B^rs., p. 242) : <i E fêta 
se joglars e fo fort subtils de dire e d'entendre, e venc tro- 
baire... »; Giraut de Salignac {ib., p. 243) ; « ... joglars foj 
ben adreg hom fo e ben cortes, e trobet ben e gen cansous e 
descortz e sirventes... », etc. 

4. Pour cette datation et celles qui vont suivre, voy, les 
notes sous « datation et localisation » pour chaque pièce. 



JËHft LE TROUBADOUR ELIAS DE BARJOLS. 

affirmations de la vida; elle permet enfin d'entrevoir, 
rétrospectivement , les voyages antérieurs d'Elias 
jongleur. 

Pour célébrer une dame, au reste inconnue, qu'il 
désigne par le « senhal » de Belh-Gazanh et pour 
créer un chevalier digne de son amour, Elias réunit 
dans cette chanson (I) les qualités de douze barons 
dont il cite les noms. Pour dix de ces barons, les 
identifications sont soit explicitement fournies par la 
chanson, soit faciles à trouver*. Or, trois barons 
sont du Limousin, trois de l'Auvergne, deux du Lan- 
guedoc, un de la Gascogne, un de la Saintonge. La 
ligne ainsi tracée enferme donc les provinces limi- 
trophes du Limousin, qui forme lui-même le centre. 
Nous y voyons une preuve qu'Elias fit ces débuts 
poétiques dans la région dont la vida le dit issu et 
aux environs. 

Nous le verrons donc sans surprise adresser une 
autre chanson (II) à une dame de Saintonge qu'il 
appelle Ses-Enjan. Antérieure ou postérieure à la 
clianson précédente, elle est en tout cas de cette pre- 
mière période. 

C'est tout ce que nous savons sur la période 
(( aquitaine » de la vie d'Elias. Résumons-le. Il dé- 
buta comme troubadour, en Limousin, au plus tard 
avant tigi, et fut déjà auparavant actif, au moins 
comme jongleur. Il avait connu l'Auvergne, depuis 
quelques dizaines d'années déjà très remarquable- 

I . Pour les identifications, voy. V Index des noms propres. 



Êb 



INTRODUCTION. XVII 

ment représentée dans la poésie provençale par Peire 
d'Alvernhe et Peire Rogier, et y était entré en rap- 
ports avec le Dauphin, principal protecteur des trou- 
badours dans cette région, avec Bertran de la Tor, 
le plus puissant seigneur de l'Auvergne après les 
comtes de ce pays, et dont l'activité comme trouba- 
dour et comme protecteur des troubadours est moins 
connue, mais non pas inattestée, avec Pons de Cliai> 
duelh enfin, le plus célèbre des troubadours auver- 
gnats. Descendant vers le Midi, il n'avait pas manqué 
de rechercher la protection de Randon, baron gévau- 
danien des plus puissants et dont la cour était ^ à 
ce qu'il paraît, la plus accueillante pour les trouba- 
dours dans le Haut-Languedoc, et il avait su a}ipré- 
cier l'activité poétique de Raimon de Miraval, un 
éminent troubadour languedocien. Pour entrer en 
relations avec le comte Géraud Trencaleon de Fezen- 
sac, il avait pénétré jusqu'au fond de la Gascogne, où 
s'éteignait déjà l'activité de Marcabru, mais où Ton 
ne se plaignait jamais du manque de jongleurs*, La 
Saintonge n'avait pas été moins fréquentée par iuij 
comme l'atteste le nom de Peire de Montleon dans 
i32, 5 (I), en dehors d'une mention directe de ce pays 
dans 182, 3 (II). En Limousin, où il était chez lui, 
il avait visité les deux cours principales des vicomtes 
de Limoges et de Ventadour et admiré le grand trou- 
badour Bertran de Born, auquel il avait emprunté 



I. Cf. le dicton : « Li mieldre jugleor en Gascoigne 
rapporté par M. Suchier {Jahrbuch, XIV, i43). 

II 



XVIli LE TROUBADOUR ELIAS DE BAUjOLâ. 

l'idée de son cavalier soisseubut. Là, en Limousin, 
il se trouvait au centre même des meilleures tra- 
ditions poétiques et à un moment où l'âge d'or 
de la poésie des grands troubadours approchait de 
son coucher, mais où ses rayons répandaient encore 
une chaleur bienfaisante sur les jeunes germes poé- 
tiques. Et, d'autre part, la protection des barons ne 
lui faisait pas défaut , je veux dire des barons vrai- 
ment puissants, comme l'atteste I, puisque même ceux 
d'entre eux qui sont connus surtout comme trouba- 
dours (Bertran de Born, Pons de Ghapduelh, Rai- 
mon de Miraval) furent tous des troubadours-châ- 
telains. 

Mais les voyages nécessités par sa vie de jongleur 
conduisirent Elias plus loin encore et lui firent quitter 
pour toujours sa patrie. 

« Ils allèrent longtemps par les cours ensemble. 
(( Et le comte Alfonse de Provence les retint auprès 
« de lui et leur donna des femmes et de la terre à 
« Barjols, et c'est pourquoi on les appelait sire Elias 
« et Olivier de Barjols. » 

Le comte Alfonse régna de ii85 (sous l'autorité 
de son père Alfonse, roi d'Aragon*, et à partir de 
1196 seul) à 1209. La biographie ne précise pas 

I. C'est par erreur qu'Elias est cité non seulement sous le 
nom d' Alfonse II, comte de Provence, mais aussi sous celui de 
son père, Alfonse II, roi d'Aragon, dans la liste de M. P. Meyer 
{Provençal Language and Literature, dans Enciclopaedia 
Britannica, XIX, 870). 






INTRODUCTION. XIX 



la date de la donation faite aux deux jong:leurs. 
Toutefois, le récit même de la vida laisse supposer 
un séjour antérieur d'Elias en Provence, durant le- 
quel il aurait pu attirer l'attention du comte par ses 
chansons. Ceci est confirmé par des renseignenienis 
contenus dans les poésies. 

Avant i2o3, Elias adresse son descort (III) non 
pas à la cour comtale de Provence, mais à \\n puis- 
sant seigneur provençal, Raimon d'Ag-out. Il résulte 
des renseignements qui nous sont parvenus sur ce 
baron, parent et père des troubadours, célébré long- 
temps après sa mort comme protecteur de la poésie 
provençale, qu'Elias a su choisir, en Provence, le 
milieu le plus propre à lui faire un accueil favorable. 

Un autre descort (IV) adressé à Eléonore de Tou- 
louse, femme de Raimon VI et issue de la maison 
royale d'Aragon, pourrait être voisin en date du pré- 
cédent. Mais nous indiquons ailleurs qu'il n'est pas 
possible d'obtenir, pour cette pièce, une datation 
plus exacte que celle de 1200 (ou i2o4)-i223. 

En tout cas, il est important de savoir qu'Elias 
composa en Provence un ou plusieurs descorts. Les 
desco;*ts étaient des compositions assez rares, d'une 
structure mélodique compliquée, et regardées eoniine 
supérieures aux autres genres. Si Elias s'y essaya, 
c'est sans doute qu'il était, comme nous l'apprend la 
vida, fort expert dans l'art du chant. Cette habileté 
lui avait sans doute préparé le terrain à la cour com- 
tale de Provence. 

La date précise des relations avec le comte Alfonse, 



XX LE TROUBADOUR ELIAS DE BARJOLS. 

attestées par la oida^ n'est pas connue*. Un seul fait 
paraît incontestable : la donation d'une terre à Bar- 

I . Selon Nostredame, il fut rapporté au comte de Provence 
« que Elias auoit faict un chant auquel il recitoit les victoires 
du comte de Provence, & de ce qu'il auoit dompté les Princes 
Baussencs », et, toujours selon Nostredame, ce fut alors que 
le comte « luy feist de beaux et riches presens... ». Si Tinfor- 
mation de Nostredame sur ce « traicté » d'Elias et sur la dona- 
tion du comte remonte à une source authentique, la date de ces 
événements serait postérieure à 1 2o5 (cf. p. xliv, II, i). — V. Ba- 
laguer (Los trovadores"" , Madrid, i883, t. II, pp. 169-74) se 
déclare particulièrement bien renseigné sur ces années de la 
vie d'Elias. « Segûn notas que tome yo mismo en los archivos 
de Aix durante mi permanencia en aquella ciudad, alla, por 
los afios de i2o4 :2o6, el trovador Elias hacia las delicias de 
aquella sociedad y corte con su voz primorosa, con su canto 
agradable, con sus canciones que sobresalian entre todas por 
su belleza y dulzura, consiguiendo, por su carâcter atractivo, 
ser favorito de Garsenda y privado de Alfonso, el cual, como 
queda dicho, diôle unas tierras y un caserio en el pueblo de 
Barjols, cuyo nombre tomô desde entonces. — Hallo en mis 
notas que Elias recibiô de su senor y principe varias misiones, 
entre ellas una que le obligô â hacer un viaje a Italia, al 
regreso del cual parece que se casô con una dama de la corte 
de Alfonso. Hallo también que siguiô â este en el viaje que 
hizo en 1209 â Palermo â donde pasô por el matrimonio de su 
hermana con el rey de Sicilia. Sobrevino la muerte â Al- 
fonso II durante su permanencia en Palermo, y Elias de Bar- 
jols fué entonces uno de los que se encargaron de acompaûar y 
trasportar su cadâver â Provenza, siguiendo sus ùltimas dis- 
posiciones, depositândolo en la iglesia ô capilla de San Juan 
de Aix... » Nous savons, d'une part, que Balaguer a, parfois, 
réellement vu les documents qu'il cite, p. ex. la charte sur l'en- 
trée de Garsende au monastère (cf. ma note [à paraître] dans 
\di Revue des langues romanes ); mais, d'autre part, M. P. 
Meyer (Romania, X, p. 4o5) a démontré que la connaissance 
des « manuscrits couverts de poussière et des livres peu com- 
muns » dans Balaguer est extrêmement suspecte. Remarquons 



PÎT^V^ 



INTRODUCTION. 



jols^. Ce fait explique bien le chang-ement do nom 
de notre troubadour, issu du Limousin et appelé 
(( Elias de Barjols » par tous les manuscrits^. 

« Et sire Elias devint amoureux de la comtesse^ la 
« dame Garsende, épouse du comte, quand celui-cî 
« fut mort en Sicile, et il fit d'elle ses chansons, 
« belles et bonnes, tant qu'elle vécut. » 

Le comte Alfonse mourut en 1209^. L'affirmation 
de la vida que notre troubadour « s'enamoret de la 
comtessa », c'est-à-dire lui adressa ses chansons, 
après la mort du comte seulement, n'est pas en 
désaccord avec la datation des chansons conser- 
vées. 

que Crescimbeni (Commentari, éd. 1780-1, t. I, pp. 333-4), 
résumant mal Ja biographie provençale, écrit : « Ando alla 
corte del comte Amfos di Provenza, per impiegarsi nell' arte 
di g-iullari, e quindi pe'l medesimo affare passé in Sicilia. » 
Il est probable que Balagpuer n'a composé sa fable sur les rela- 
tions d'Elias avec le comte, ainsi que sur ses missions politi- 
ques, qu'en s'appuyant sur ce voyag'e prétendu en Sicile. L^ cas 
serait analogue à celui que M. P. Mejer a signalé. 

1. Var, arr. de BrignoUes. 

2. C'est pourquoi il nous paraîtrait légitime d'appeler notre 
troubadour « Elias dit de Barjols ». — On se demande (jualle 
fut la position sociale d'Elias à partir de cette donafion. 
Devint-il quelque chose comme les « colliberti »? (Cf. A. Lu- 
chaire, Manuel des institutions, sous ce mot.) 

3. Les historiens s'en rapportent, sans doute, aux Anales 
de Zurita (1. II, chap. lviii, f. 96^) qui doit avoir utili.s/' un 
document authentique confirmant la mort du comte ppndnnt 
son voyage en Sicile, où il reconduisit sa sœur Constance. La 
mention de notre texte en est une confirmation non sans valeur 
historique. 



XXII LE TROUBADOUR ELIAS DE BARJOLS. 

Les pièces VI et VIIl, qui se rapportent certaine- 
ment à Garsende, sont postérieures à la mort d'Al- 
fonse : la première fut composée peu avant le re- 
tour en Provence du jeune comte Raimon-Bérenger 
(i 2 16-7), la seconde peu après ce retour. Il est 
probable que les chansons V et VIII appartiennent 
à la même époque. Ce fut le temps où la veuve 
d'Alfonse séjourna à la cour d'Aix, d'abord seule 
(1209-12 16), ensuite avec son fils, dont elle fut tutrice 
(1216-1220). 

Tout en conservant ses relations avec la cour de 
Provence, Elias trouva un nouveau protecteur dans 
le célèbre Blacatz. Il ne s'agit pas ici seulement de 
rapports passagers. Le nom de Blacatz apparaît pour 
la première fois dans la chanson VU, écrite au mo- 
ment du plein attachement d'Elias à la cour, et re- 
vient dans plusieurs chansons postérieures (VIII, X, 
XII) jusqu'à l'an 1226 environ, toujours à côté de 
mentions se rapportant à la cour comtale. Elias savait 
donc concilier les deux services; la tâche lui était, 
au reste, facilitée par les bons rapports existant 
entre la cour et Blacatz. 

Vers 1219-20, Raimon-Bérenger épousa Béatrice 
de Savoie. Deux chansons d'Elias datent de cette 
époque : la première (IX), contemporaine sans doute 
des démarches de Raimon-Bérenger, est adressée aux 
parents de Béatrice, au comte Thomas I et à la com- 
tesse Marguerite ; la seconde (X), peu postérieure au 
mariage, nomme pour la première fois la nouvelle 
comtesse de Provence. 



' '«^.v*^/!'^.' 



INTRODUCTION. XXIII 

Elias avait au reste à la même époque d'autres 
protecteurs. Il mentionne, dans la dernière chanson 
citée, Isnart d'Entrevenas, troubadour, fils de Raimon 
d'Agout. Enfin, si c'est lui qui collabora à la tenson 
i3i, 1 (XV), il aurait été aussi en relations avec 
Jaufré Reforzat, de la maison des vicomtes de Miir- 
seille. Retenons la remarque que Jaufré fait à Elias : 
E vos y N' Elias y anatz per Proensa : elle indique 
qu'à cette époque encore Elias parcourait la Pro- 
vence en y colportant ses chansons. 

Moins précise que le reste de la vida esl T indi- 
cation qu'Elias fit ses chansons pour la comtesse 
Garsende « tant qu'elle vécut ». Nous savons qu'elle 
entra en religion après le 19 mai 1226; la date de 
sa mort est inconnue ^ Mais dès l'arrivée en Pro- 
vence de la jeune comtesse Béatrice de Savoie (1220), 
c'est à elle et non plus à Garsende que toulcs les 
chansons d'Elias sont adressées (X, XI, XIl, XIII). 

(( Et il entra dans l'hôpital de Saint-Benezet d'Avi- 
(( gnon. » 

Les chansons adressées à Béatrice attestent que 
l'activité d'Elias se prolongea jusqu'en i225^- Elle 
paraît cesser vers cette date, puisqu 'aucune trace pos- 
térieure ne nous en est parvenue, bien que le mou- 
vement poétiqfue ait été alors très intense à la cour 
d'Aix et à celle de Blacatz. Elias devait être fort âgé 



I. Cl", le renvoi dans la note i, p. xx. 

2 La chanson XIII paraît même être postérieure à i23o. 



r 



XXIV LE TROUBADOUR ELIAS DE BARJOLS. 

à cette date ; l'heure du repos avait vraiment sonné 
pour lui : il frappa donc à la porte de l'hôpital *, 
i( Et là il mourut. » 



II 



Ses poésies. — Authenticité de celles qui 
lui sont attribuées. 



L ArnirouTiONS douteuses. — L'attribution à Elias 
de Barjols est douteuse pour les chansons : 182, i , 4> 
7, 8j II, 12, i3; 106, 9; 240, 6; 249, 5; 826, i ; 
366, 2, C'est-à-dire que dans certains manuscrits, 
plus ou moins nombreux, ces pièces sont données 
comme anonymes ou appartenant à d'autres trouba- 

I, Gel hôpital fut fondé par Benezet d'Avignon, construc- 
teur du premier pont sur le Rhône et fondateur de Thôpital 
des frères Pontifes. Son arrivée à Avignon est attestée pour 
Tan J177 (F. Lefort, La légende de Saint Bénézet, dans 
Reuue des questions historiques, 1878, t. XXIII, pp. 555 et 
suiv,). Je vois pour Tan 1181 l'achat d'une maison par Bene- 
zctj ff pontis Rodani... inceptori et ministro » {Cat, mss,, Avi- 
gnon, !I, t. XXVIII, p. 982, n. 2899, Gollectio chartarum). 
Déjà pour l'an 1202 le titre de bienheureux est attesté pour 
Bonezet^ tandis qu'en 1288 il est appelé saint (Lefort, /. c, 
p. 569, li. i). Dans un acte de 1207, on rencontre le prieur et 
les frères du pont à Avignon (Abbé André, Notice iconogra- 
phique Hiir saint Bénézet et les frères pontifes, dans Bulle- 
tin du Comité de la langue, de Vhistoire et des arts de la 
France, t. III, Paris, i855-6, pp. 868-72). L'abbé André cons- 
tate de plus que (c cet ordre n'était composé que de laïcs ». 
Cf. entîuTD Analecta jur. pontif, 1878, t. XII, col. 1186-42. 



INTRODUCTION. XXV 

dours. Nous étudierons en outre la pièce i3i, 2, bien 
qu'elle ne lui soit nulle part attribuée. 

1 . — Occupons-nous d'abord des chansons qui sont 
sûrement d'Elias et qui figurent par conséquent dans 
notre édition *. Pour la plupart d'entre elles, Tauthen- 
ticité peut être admise sans discussion. 

i32, I (VII). (Elias de Barjols CDEIKSaf, Elias 
Carels H^^ Elias de Barjol Carels H^ ^ anonyme G.) 
— L'authenticité est démontrée par le nombre et hi 
qualité des manuscrits (cf. note, au début du Com- 
mentaire de VII) et confirmée par la mention de la 
cour provençale (7"*) et de Blacatz (T^); d'au Ire 
part, l'attribution à un autre Elias s'explique facile- 
ment, surtout celle à Elias Gairel dans le ms. /f 
qui fait à ce troubadour une place particulièrement 
importante, puisque douze de ses chansons sur (|ua- 
torze y sont rapportées et accompagnées d'une bio- 
graphie spéciale, composée, semble-t-il, pour réfuter 
l'autre, celle de AIK, L'anonymat dans G n'est pas 
spécial à cette chanson (cf. sous 106, 9). 

i32, 4 (XII). (Elias de Barjols DEHMPRSf 



I. Remarquons qu'il n'y a aucune raison de mettre en douto 
Tattribution à Elias de chansons attribuées à lui seul par un 
seul manuscrit (182, 2, et 182, 3) ou par deux manuscrits dt'rî- 
vant d'une seule source (182, 5, 6, 9, 10), d autant plus que 
les envois de ces pièces, comme on peut le vérifier plus bas 
(I, II, V, IX, XI, XIII), s'accordent bien avec le reste de nos 
informations sur la vie d'Elias, et que rien, soit dans leur 
forme, soit dans leur contenu, ne peut faire mettre on doute 
leur authenticité. 



XXVI LE imOIIBâIM>UR ELIAS DE BARJOLS. 

C r^gr., Peire Bremon Ricas Novas C et a, ce dernier,, 
comme d'ordinaire, d'après (7*.) — L'attribution iso- 
lée, et contredite par C reg, même, à Peire Bremon 
est due sans doute à des motifs d'ordre littéraire : le 
scribe de C aura remarqué les ressemblances frap- 
pantes que présentent le début de notre chanson et 
celui d'une chanson de Peire Bremon : Ben deu es- 
tar ses gran ioi totz temps mais \ Cel qui no's pot 
partir de son seignor...^ etc., str. I-IP. 

iSa, 7 (VIII). (Elias de Barjols, dans neuf ma- 
nuscrits appartenant aux trois sources (cf. note, 
sous VIII), anonyme dans /T, mais cf. sous 182, i3, 
Girardus dans Q, c'est-à-dire Giraut de Bornelh, qui 
est le principal troubadour de ce manuscrit, et no- 
tamment de la partie en question, Q^, qui lui attri- 
bue à tort d'autres chansons^.) — La forme de cette 
pièce et la mention de la comtesse (de Provence) et 
de Blacatz (7"* et 7"^) confirment l'attribution de la 
presque totalité des manuscrits. 

182, II (X). (Elias de Barjols C1>IKR, ano- 
nyme H,) — Mêmes motifs que pour 182, 11. Pour 
l'anonymat. dans H^ voyez sous 182, 18. 

182, 12, descort (IV). (Elias de Barjols DIK^ ano- 
nyme iV, Bernart de Ventadorn C/?, Arnaut Cata- 
lan E,) — Ici la question est plus compliquée. 

1. Groeber, Die Liedersammlungen der Troubadours^ 
dai>s Roman, Studien, II, pp. 644-^, 1 127. 

2. Teulié-Rossi, Anthologie (/)), p. 63, n. 201 ; Mahn, Ged,y 
916-7. 

3. Groeber, op, cil,, % 85, p. 546. 



'^. 



T^*»^ ^.lS^^i9'^^.^ 



INTRODUCTION. 



D'après le texte, les manuscrits se divisent en Irois 
groupes : œ = CR et E^ y = DIKy z = N. L'ano- 
nymat dans N pourrait être interprété en faveur de 
l'attribution à Elias, vu que ce descort se trouve là 
dans le voisinage d'un autre qui est de lui ; mais ce 
voisinage n'est pas immédiat*. Il est impossible j on 



I. 182, 12 et 182, i3 se trouvent dans N parmi les rlouze 
descorts formant une partie spéciale de ce manuscrit et rappor- 
tés tous anonymement, bien que les auteurs de ceux d'enlrc 
eux qui se trouvent dans d'autres mss. encore soient conmis, 
comme c'est le cas pour nos pièces (voj. Siichier, // canzoaiere 
provenzale di Chelienham, dans Rivista dijil. roni., li, i46; 
cf. Groeber, op, cit,, p. 564). On y voit se suivre : — i^^ loi e 
chanç e solaç, descort inconnu à B. Gr,y unicum du ms. N, 
publié dans Suchier, Benkmaeler, p. 3i5 ; — 20 182, la; — 
30 i83, 10, pour lequel les mss. A ^/A' conservent le nom de 
son auteur qui est Elias Gairel ; — 4° 182, 18; — 5® 4G[^ 70 
(p. dans Bev. des lang, rom,, XX, i84, anonyme, mais ne 
prêtant aucun argument pour appuyer l'hypothèse qu'il soit 
d'Elias de Barjols dont il suit le descort, 182, 18). On se de- 
mandera si le premier de ces descorts, celui qui précède imm*!^ 
diatement 182, 12, n'est pas d'Elias, d'autant plus quo^ dans 
sa III® strophe, il y a quelques réminiscences frappantes de la 
IV® strophe de 182,12, en dehors des rimes pareilles -«£ et ~& 
et de toute la formule très rapprochée (4 syll. -a/, 4 syll. -ai^ 
6 syll. -^, se repétant et formant sans doute 8 vers seulement 
avec la rime intérieure). Ainsi, vv. 28-9 : Ni o far ai tant cou 
viurai zz, 182, 12, v. 29 : Et farai tan cum viurai^ et 
w. 80-81 : Car en vostra merce son e serai rappelleiit 182^ 
12, vv. 85-6 : ... suy e serai Vostres, Mais je crois qu'il faut 
plutôt rapprocher ce descort de 188, 10 d'Elias Gairel, qui se 
trouve non loin de là, et le regarder comme étant de lui. Ce 
n'est, il est vrai, qu'à cause du motif de ioi e chant e soiatz, 
souligné au début de ce descort; mais il s'agit d'un motif telle- 
ment accentué dans Elias Gairel qu'il me paraît nécessaire 
d'établir un lien entre ce descort et l'autre de lui qui se trouve 



XXVIII LE TROUBADOUR ELIAS DE BARJOLS. 

le voilj de réunir deux groupes de manuscrits en fa- 
veur de Tattribulion à Elias. On peut confirmer 
celle-ci cependant par voie négative : en démontrant 
comment les deux autres attributions ont pu se pro- 
duire. Il faut observer d'abord que ces deux attribu- 
tions se trouvent dans trois manuscrits remontant à 
une source unique ccy qui a dû leur transmettre cette 
pièce avec des renseignements incertains ou déjà con- 
tradicloires sur l'attribution. Autrement la voie au- 
rait élc difficilement ouverte à deux attributions di- 
vergentes. La première se produisit dans la source a 
des mss. C7Î, intermédiaire entre œ et chacun de ces 
manuscrits. Notre chanson y fut, pensons-nous, 
attribuée à B. de Ventadour, parce qu'on y re- 
marqua le nom de la reina Elihonors. Rien d'éton- 
nant que, dès le treizième siècle, la pensée se soit 
dirigée d'abord vers la célèbre reine chantée par le 
grand troubadour limousin. Il faut ajouter : i° que, 
dans aucune des chansons adressées à la reine, Ber- 
ïiart ne l'appelle par son nom * ; 2® que nous n'avons 

dans TV^; on rencontre ce motif dans i33, i, str. I : Ni* m lais 
d& ckarij de ioy ni de solatz; i33, 8, qui débute : Per man- 
lener loi e chant e solatz ; i33, 3, str. I : S*ieu no chant e 
no m'asolatz; i33, i4, qui débute : Totz mos cors e mos 
sens I SolVesser pausatz \ En ioi e en solatz; j33, i3, str. I : 
.., Van baissan \ loi e solatz \ E valor merman, et str. II : 
loi e solatz \ A mermansa, tornada I : Car lois e solatz,..; 
i33, 7 ftenson), str^ II : loi e pretz e sen e saber \ Solatz 
qec iorn rnantener... ; et enfin i33, 12, où ioi e solatz est 
une riin(?-refrain. 

r, 70, 33, la nomme reina dels Normans; 70, 26, ne la 
laisse reconnaître que par une mention du rei engles e nor~ 



INTRODUCTION. 



aucune raison de croire que B. de Vcnladour ail 
composé des descorts (cela serait en contradiction 
avec le passag-e connu de la vie de Garîn d^V peiner, 
surtout s'il s'agissait d'un descort du temps des nîla- 
tions de Bernart avec la reine); 3" que celiii-<:i est 
bien indig-ne de lui. La seule expliculioji possible est 
la suivante : a portait, comme les autres siuirces, 
elihonorSy qui passa tel quel dans C^ (aridis tpie le 
rédacteur de /?, ne s'étant pas afierçu qu'il y avail 
un nom propre et l'ayant compris ; c{n) U honors^ 
écrivit : La valen reyna mante \ En liiy onors jjreU 
e rêve. L'attribution de ^^ à Aniaiit Catalan sera 
due à des raisons analog-ues. Nous avons la preuve 
que ce troubadour a célébré une reine Eléunore que 
Milâ (2® édit., p. 36 1) a cru être la reiue Eléoiiore, 
femme de Jacme I, mais dans laquelle M. CIial)arieau 
(Bffps.y p. 33o, n. 2) a reconnu Eléonore de Tou- 
louse. Cette preuve se tire de la chanson SSo, 4? 
attribuée à Peire Bremon par ADIK^ à Arnaut Ca- 
talan par C7?5 à Arnaut Plagues par Eb (cf. Groe* 
ber, op. cit. y p. 61 3, sur la source commune des 
mss. E et b qui fut le Libro di Michèle) el qui est 
bien d' Arnaut Catalan ; car elle nomme à côté d 'Eléo- 
nore encore Béatrice de Savoie, comtesse de Pro- 



man; 70, 44» par quelques allusions; 70, 2, 36 (et a6) par le 
senhal : Azlman; 70, 16, 20, 22, 45, par Tautre seahol Conort 
(voy. Bischoff, Biographie des Troubadours Bernhard oon 
Ventadorn, Berlin, 1878, ch. v et vi, pp. 27-46; cl", Suchi^r, 
Jahrbuchy XIII, p. 342; Bartsch, dans L, a \V., 2^ éd., p. aS, 
n. I). 



XXX LE TROUBADOUR ELIAS DE BARJOLS. 

vence , que nous trouvons célébrée dans trois autres 
thansons (sur six) d'Arnaut Catalan (27, 3, str. VII; 
27j 4i str. VI; 27, 6, str. I)*. C'est donc la mention 
d'une Eléonore qui aura attiré notre pièce parmi 
celles d'A. Catalan. Toutefois, cette fausse attribu- 
tion remonte plus haut que E^ puisque c'est à Ar- 
naut Plagues que ce manuscrit attribua la chan- 
son î^3o, 4) qui nomme la reine Eléonore et qui est 
en réiilité d'A. Catalan. 

1 32 , 1 3 (III). (Elias de Barjols I>IK, anonyme /T/V.) 
— L'anonymat dans H n'est qu'apparent, puisque 
celte pièce se trouve parmi les autres d'Elias ; elle se 



1 . M. Ghabaneau (loc, cit.) signale Texistence d'une fa- 
mille! du nom de Catalan à Toulouse et propose d'identifier le 
troubadour avec l'inquisiteur Arnaut Catalan qui faillit être 
Eojé ou massacré à Albi en 1284. Ajoutons toutefois que l'exis- 
tence (le ce nom est attestée aussi en Provence. On trouve, en 
effet, un « achept passé par Hug-ues Catalan, en faveur des 
TrJnitaires de Marseille, d'une petite pièce de vig-ne sise sur le 
Jarret et le chemin d'Allauch [c'est-à-dire dans la banlieue de 
Marseille] » pour l'an 12 16 (voj. Le comte de Grasset, Arch, 
eccîés. du départ, des Boiiches-du-Rhône, dans Rev, histor. 
de Prov.y a. 1892, p. i3i, p. vu, n. I). Important pour les 
relations d' Arnaut avec la cour provençale, attestées si abon- 
damment dans ses chansons, sera le fait que l'on trouve son 
nom <bins un acte de donation faite le 29 août 1241, à Aix, par 
Raimon-Bérenger, aux hospitaliers d'Aix; à la suite des noms 
des clercs présents, on ne trouve que trois noms de person- 
nag-cs constituant l'entourage du comte : « W. Raimundus, 
judox: domini comitis, Jachobus de Cuartes et Arnaudus Cata- 
Jaiius. >;. (J. Delaville Le Roulx, Car/w/. ffén, des hosp,^ t. II, 
p, 593^ no 2278.) Est-ce le troubadour? La place qui lui est 
accordée dans la charte paraît s'accorder avec cette hypothèse. 
Mais, en ce cas, est-ce aussi FinquisiteDr? 



r» ':t-?ji?**>^:s^5^ - 



INTRODUCTION. 



lit dans la partie W (Groeber, op. cit., | 35, 
pp. 4o3-6), qui renferme (fol. SS^-Sg*) les pièces : 
182, 4) i> 7) i3, 11; or, i32y [\j est précédée de 
l'attribution à Elias de Barjols; mais, pour 182, 1, 
le copiste, ayant écrit Elias de Barjoly ajouhi Careh, 
se rappelant son attribution antérieure dans //^; el, 
le doute ayant été créé, il laissa anonymes les clian- 
sons suivantes. Pour l'anonymat dans iV, voy. sous 
182, 12. 

106, 9 (VI). (Elias de Barjols CR, Gadcneï K{d), 
anonyme GL.) — Même au point de vue de la dis- 
tribution des manuscrits, l'attribution à Elias de 
Barjols est la plus probable. Les mss. CR remontent 
à une source, les mss. GK{d) à une autre, le ms. L 
à une troisième (cf. note VI). Or, la transmis- 
sion dans G n'est que demi-anonyme, puisque ceile 
chanson y suit immédiatement 182, i d'Elias de 
Barjols; elles y sont toutes deux anonymes, il est 
vrai, mais dans une partie de ce manuscrit où pres- 
que toutes les pièces sont dans le même cas (cf- Ar^ 
chivy XXXIV, p. 898; Groeber, op. cit.^ [>, 558). 
L'attribution à Elias se trouve donc dans deux grou- 
pes de manuscrits. Le ms. L échappe à toute discus- 
sion parce que notre pièce se trouve isolée (ne sui- 
vant ni une pièce d'Elias ni une de Gadenel) dans la 
partie L^, où toutes les pièces sont anonymes (cf. Ar- 
chiva XXXIV, 4^2-8; Groeber, op. cit.y pp. 434? 
487, 440' D'autre part, la mention de la cour pro- 
vençale (7"*) et de Blacatz (T^) vient à F appui de 
notre attribution. 



XXXir LE TROUBADOUR ELIAS DE BARJOLS. 

2- — Passons aux chansons qui ne sont pas d'Elias 
et quej [)ar conséquent, nous avons exclues. 

240, (). (Giraldo lo Ros IK{d), Peire Vidal Cft, 
Klias de Barjols D; publ. dans LR et dans Bartsch, 
P. Vidal,) — Cette chanson ne contient aucun nom 
propre, elle a la forme la plus simple et la plus fré- 
quente de la cobla encadenada et n'a rien de frap- 
pani dans son contenu (assez rapproché d'ailleurs de 
cchit de la plupart des chansons d'Elias). La seule 
raison de l'attribution de D doit être la ressemblance 
entre le début de cette chanson : Be-m ten en son 
poder A mors et celui de notre n" VII. Mais, puisque 
ai^o, G se trouve*, avec 182, 4? sous le nom de 
N 'Elias de Barjols dans la première partie de D 
(f. 81), tandis que 182, i, ne suit que dans la se- 
conde partie, D^ (f. 175, où elle précède 182, 7, 18, 
1 1 , et I ^2, 12, qui ne se trouve qu'au f. 211), il faut 
supposer que cette attribution est antérieure à D 
lui-même. 

â^Qj 5. (Giraut de Salig-nac DM y Elias de Bar- 
jol Cy Elias Gairel E^ anonyme F.) — La forme de 
cette clianson est 5 coblas unissonanSy dont chacun 
comple 7 vers heptasyllabiques (abbccdd). Elle n'a 
point d'envois et ne contient aucune indication par- 
ticulière: Toutefois, l'attribution à Elias paraît la 
moins probable. Ge qui parle pour Giraut de Sali- 
gnac, c'est, en dehors du nombre des manuscrits, 



I . Mussafia, Del codice Estense di rime provenzali, dans 
les Mém. de l'Acad, de Vienne, 1867-8, pp. 371, 889, 899. 



INTRODUCTION. XXXI II 



une certaine ressemblance de quelques motifs j peu 
significatifs il est vrai, qui se présentent dans cette 
chanson et dans les trois autres qui sont de lui. 
Ainsi, le début : En atretal esperansa Ctim selk que 
cass* e no pren M* aura tengut loniamen A mors 
pourrait être rapproché du début de 2^95 i : Aîssî 
cum selh qu'a la lebre cassada E pueijs la pert e 
autre la rete, et les vv. 5-6 de la str. IV ; Et ieu am 
la miels e may No fes Priamus Tibe trouveraient 
leur pendant dans 249, i, str. Il, v. 8 : Per qu^ieu 
Vam mais no fetz Auda Rotlan, et, d'autre part, 
dans l'affirmation produite par ce troubadour dans 
249, 3, str. V ; Los livres dels auctors Sai^ e deh 
ancessors Los sens e las follors, ce qui confirme son 
habitude voulue de citations pareilles. L'altribution 
à Elias Gairel est peut-être due au même motif de 
cassar. On lit dans Gairel (i33, 2, str. \\) : Mas mon 
cor trop fol car cassa So quieu non cre q'acos- 
sega^ et dans i33, 10, str. V : Al mieu allure Folor 
vauc casan. Mais, naturellement, il est impossible 
d'affirmer que ces motifs aient suffi à causer une 
erreur d'attribution ; ce n'est que dans un cas comme 
celui du début cité de 249, i : Aissi cum selh qiia 
la lebre cassada^ que l'on peut affirmer catégorique- 
ment, trouvant dans un manuscrit (c) ratlributioii à 
Arnaut Daniel, qu'il ne s'agit d'autre chose que d'une 
réminiscence du motif bien connu et autrement frap- 
pant, et encore répandu par la satire du Moine de 
Montaudon, qui revient plusieurs fois dans Arnaut 
Daniel et surtout dans 29, 10 (édit. Canello, n, X, 

m 



XXXlV LE TROUBADOUR ELIAS DE BARJOLS. 

p. 109) : leu sui Arnautz qu'amas Vaura E chatz 
la lebre ab lo bou E nadi contra suberna. (La 
cobla de 7 vers est assez affectionnée par Gairel 
puisqu'elle se présente dans i33, i, 4? 5.) Quant à 
l'attribution à Elias de Barjols, je crois qu'elle n'est 
que secondaire : le ms. C aura changé Elias Gairel 
en Elias de Barjols, soit simplement que le dernier 
lui ait été plus connu, comme le prouve le nombre 
respectif de leurs chansons dans ce manuscrit, soit 
encore parce que M'aura tengut loniamen Amors.,. 
du début de cette chanson lui rappelait 182, i : 
A mors be m'avetz tengut (cf. 240, 6). En somme, il 
semble que cette chanson, peu intéressante d'ailleurs, 
sera mieux à sa place dans l'appendice de l'édition 
d'Elias Gairel qu'ici. 

826, I (voy. B., Gr.\ publ. dern. dans Napolski, 
Pons de Capduoill^ App. I, pp. 95-6). — Il n'est pas 
douteux que le ms. /, qui est le seul à donner le nom 
d'Elias de Barjols, ne l'ait substitué à celui de Peire 
de Barjac. Le rapprochement était naturel et le nom 
de Peire de Barjac ne pouvait être familier kj\ parce 
qu'il n'y a dans ce manuscrit qu'une chanson, celle 
en question précisément, de ce troubadour. 

866, 2. (Peirol ACDDŒFHIKLNRa, Elias de 
Barjols Ji/, Richart de Berbezill /, anonyme W.) — 
Il ne s'ag-it probablement que d'une confusion de 
lecture entre « Peirol » et (( Bariol ». (Quant à l'attri- 
bution à Richaut de Berbezilh, la raison doit en être 
uniquement dans le début (( Atressi cum », formule 
qui lui est, comme on sait, très familière pour les 



Iè^.. 



INTRODUCTION . XK% V 

débuts de chansons. C'est pour la même raison que 
le même ms. 7^ lui attribue 355, 5 : Atressi cum la 
condela^ le ms. M 3o, 22 : Si cum li peis an en Vaiga 
cor vida y le ms. / 337, i : Si quo'l solelhs nobtes 
per gran dardât.) 

3. — Restent deux chansons qui seront imprimées 
plus loin (p. 35-4o). 

i32, 8 (XIV). (Elias de Barjols CE, Falquet de 
Romans C reg, R^y Aimeric de Belenoi C reg.y Pons 
de la Garda /î^, Gaucelm Faidit J/, Peire Raimon 
de Tolosa a.) — L'examen du texte établit les grou- 
pes : a? = C et R^Ey y = R^ et ay z = M. Cette 
chanson, qui ne contient aucun nom propre, est d'une 
structure des plus fréquentes et ne frappe par aucun 
motif individuel. — On pourra écarter, tout d'abord, 
les quatre dernières attributions qui ne se trouvent 
que dans un seul manuscrit, puisque leur existence 
dans une des sources a;, y, z n'est même pas garan- 
tie. Je n'ai rien remarqué qui aurait pu provoquer 
l'attribution à Aimeric de Belenoi dans C reg,^ m 
celle à Pons de la Garda dans R^ (cette dernière 
paraît très peu probable aussi pour des raisons de 
forme : dans les sept chansons qui sont sûrement de 
ce troubadour, on trouve en général une forme assez 
compliquée , et notamment coblas capcaudadas, 
877, 3 et 377, 5 (avec des rimas dissoutas)^ coblas 
doblas 377, I, coblas doblas et rims rétrogradai z 
per acordansa 377, 4); l'attribution du ms. a à 
Peire Raimon de Tolosa est peut-être due à un rap- 



XXXVI LE TROUBADOUR ELIAS DE BARJOLS. 

prochement de notre str. II, développant le motif de 
gitar d'esmai par la dame avec le motif de donna- 
metge très accentué dans Peire Raimon et auquel il 
avait même consacré deux chansons entières (355, 3 
et 355, 7); quant à Ji/, le début de notre chanson s'y 
trouve altéré en Mas ai poinhat de far chanzo^ et il 
est très problable qu'il ne s'ag-it que de la présence 
du même mot ponhat dans le premier vers de la 
chanson de Gaucelm Faidit 167,39 ; Moût a poignat 
amors en mi delir, . . qui est rapportée aussi par M. 
— Les deux attributions qui restent mettent aux 
prises les deux fractions de la branche a?, qui, au 
point de vue du texte, se divise en C d'une part, 
ER^ d'autre part (cf. notes). Or, au point de vue 
de l'attribution, on trouve C (et C reg.) et E d'un 
côté (Elias de Barjols), C reg, et /?^ de l'autre (Fal- 
quet de Rotmans*). Quelle devait être l'attribution 

I. M. Foerster a remarqué que dans les manuscrits le nom 
de ce troubadour était écrit tantôt « Folquet », tantôt « Fal- 
quet » (édit. Zenker, p. 91). C'est la dernière forme qui est 
la bonne. Dans les quatre mentions historiques signalées par 
M. Schultz (Z. f, r. Ph., IX, p. i33), dans Papon, c'est 
(C Falquetus » que l'on trouve et non pas « Folquetus » (mais 
aussi trois fois « Ratman » contre un « Rotman »). Dans les 
trois tensons (édit. Zenker, nn. X, XI, XII), c'est-à-dire dans 
les textes où la mention de son nom remonte au temps de l'ac- 
tivité de ce troubadour, c'est toujours la forme « Falquet »j 
et, si l'on trouve « Fouquet » dans le texte français d'Hugues 
de Berzé {ib., p. 11), c'est sans doute parce que ce nom n'avait 
pas son correspondant dans le Nord. (Il s'agit naturellement 
d'une formation appuyée sur le thème du cas sujet falc, 
comme « Falconet » l'est sur le thème du cas régime falcon ; 
cf., p. ex., « Uguet » et « Ugonet »). En tête des chansons, on 



m- /Pi5 - • V 



INTRODUCTION. XXXV JJ 

de oî? Il ne me paraît pas possible d'aboutir à une 
conclusion catégorique. On pourrait dire : œ altri- 
buait à Elias de Barjols ; cette attribution passa dans 
la rédaction C et dans la rédaction a qui l'avait 
transmise à E; mais R^ au lieu de suivre, comme E^ 
l'attribution de a l'avait abandonnée pour celle à FnU 
quet de Romans, et ce n'est pas R^ seulement dans 
sa rédaction définitive, mais déjà sa rédaction anté- 
rieure r^y parce que c'est dans celle-ci que C a puisé 
cette attribution pour son registre*. Dans ce calcul, 
l'attribution à Elias serait la seule originale dans le 
groupe cCy tandis que celle à Falquet ne se présen- 
terait que comme secondaire. Malheureusement, hitfri 
des réflexions viennent affaiblir ce raisonnement qui 
ne tient compte que du classement des manuscrits au 
point de vue du texte. Il est très douteux que la 
source œ ait eu une seule attribution, à Elias, parce 
que dans ce cas r^ n'aurait qu'à la suivre, et Ton 
peut le dire avec d'autant plus de vraisemblance que 

trouve, dans un certain nombre de cas, ce nom remplacé pnr 
c< Folquet », nom plus répandu et plus familier aux copîslos 
(cf. Ricart de Tarascon pour Ricau de T.; Richart pour 
Isnart ici n. X, v. 45; variations entre Ricaut et Ricart pour 
R. de Berbeziih; etc.). 

I. Sur ces rapports de C et de r', source de /?*, voy. Groc- 
her, op. cit., pp. 870-1, 38o-83; C a donc mis dans ce regis- 
tre, f. III, comme au-dessus du texte, d'abord le nom d'Elias 
de Barjols ; il ajouta à côté celui de Falquet d'après r* et celui 
d'Aimeric de Belenoi d'après cette source que M. Groeher, 
p. 677, désigne par c (g-othique), source acceptée pour expli- 
quer une vingtaine d'attributions, pareilles à celle-ci, isolées 
dans C, . . 



XXXVIII LE TROUBADOUR ELIAS DE BARJOLS. 

l'attribution paraît avoir été soit nulle, soit em- 
brouillée et portant plusieurs indications déjà dans 
la source de nos trois branches, puisque chacune 
d'elles porte autre chose. Il est donc fort probable 
que le nom de Falquet a été, aussi bien que celui 
d'Elias, fourni par œ et même par a; mais tandis 
que les autres manuscrits étaient réduits à faire Un 
seul choix, C put ajouter toutes les autres indica- 
tions dans son registre. C'est pourquoi il ne faut 
pas, sans doute, considérer comme très importante 
la supériorité que l'attribution à Elias peut réclamer 
au point de vue du classement des manuscrits. La 
seule chose sûre, c'est qu'elle ne saurait être accusée 
d'avoir été inventée par un seul copiste *, tandis que 
pour les autres la chose est, sinon sûre, au moins 
possible. Rien dans le contenu de cette chanson ne 
se prêtç à être relevé soit pour appuyer, soit pour 
combattre la possibilité de cette attribution^. L'argu- 
ment le plus fort en faveur de cette attribution, c'est 
que l'on n'aperçoit aucune raison qui aurait pu atti- 
rer une attribution fausse à Elias. Quant à Falquet, 
M. Zenker a déjà fait observer que C reg, et R^ lui 
attribuent à tort trois autres chansons ^. H y a cepen- 

1 . Si Ton ne veut pas pousser le doute jusqu'à Thypothèse 
d'une contamination pour l'attribution seule entre les rédac- 
tions C et E. 

2. Le V. 36, S'ieu nous bays la hoc e'I mento, diffère, 
certes, du ton g'énéralement pris par Elias dans les chansons 
de l'époque provençale, mais ne saurait naturellement être 
invoqué comme une preuve. 

3. Loc, cil,, pp. 6-6. Cette observation était-elle cependant 



INTR^)UCTION, XXXIX 

dant un trait frappant commun aux chansons de 
Falquet de Romans et à la nôtre, à savoir la coupe 
brusque de la phrase par la rime. Il ne s'agit pas des 
enjambements syntactiques ordinaires, c'est-à-diro 
des enjambements qui consistent à couper une pro- 
position de plusieurs vers d'accord avec la [)ensée 
(p. ex. dans notre chanson vv. 11-12 : Laissaretz 
mi del tôt mûrir D'aisso don mi podetz far do) qui 
sont, en réalité, fréquents chez les troubadours*. II 
s'agit des cas où la rime sépare deux mots essen- 
tiellement liés entre eux. En voici des cas dans notre 
pièce : vv. 19-20 : Qu'ie-n pert lo solatz e-l darmir 
E'I ris y ni ah no mi sab bo,..] 21-2 : Mas tan que 
tornatz suy en via De chantar,,.; 2 3-4 • Quieu 
chant aras d'aisso don mil vetz ai Ploraty — be^s 
tanh...\ 25-6 : Ane hom mais tan forsatz no fo 
D'amor.,,\ 28-9 : Mais vueilh en vostra sospeiso 
Estar que si...; cf. aussi 33-4- Or, les enjambements 
de ce genre sont plutôt sporadiques. Lorsqu'ils se 
produisent, c'est en général comme un moyen voulu 
de faire rerssortir le mot ou l'idée qui sont isolés par 
le transfert au vers suivant"^. Le caractère insolite de 



suffisamment concluante pour que la chanson fût écartée de 
Tédition? 

1. Voj. Steng-el, Romanische Verslehre, § 124-S, dans 
Gr., Gr,y II, i, pp. 58-6o. 

2. Tel est, dans Elias de Barjols, le cas de la chanson X, où 
le mot amor{s) se trouve dans chaque strophe au dt^but du 
2« ou du 3^ vers et est souligné précisément de cette façon i 
par risolement provenant de l'enjambement syntactiquo (i:f. Il, 
V. II, muer; II, 25 et cf. 28, mi det; V, 43, e mon cor). De 



XL LE TROUBADOUR ELIAS DE BARJOLS. 

cette sorte d'enjambements se démontre par le fait 
que les manuscrits reg-ardent très souvent les vers 
où ils se trouvent comme corrompus et font des cor- 
rections*. Or, cette manière, qui est sporadique dans 
Elias de Barjols et qui n'est jamais employée par lui 
si abondamment et dans pareilles liaisons que dans 
notre chanson, est très familière à Falquet de Ro- 
mans^. Mais, d'autre part, on pourrait soupçonner 

même, p. ex., dans Appel, Chrest.^, n. 17 (Bernart de Venta- 
dour), vv. 9-10 : Allas! tan cuiava saber \\ B*amor,,.; ou bien 
n. i4 (Marcabru), vv. i5-6 : On plus nay melhor corage \\ 
D*amor.., Cette tendance à souligner un mot de cette façon 
est certaine dans les cas où il doit en même temps former une 
rime intérieure, p. ex., ibid,^ n. 25 (A. Daniel), w. 1-2 : 
L'aur amara fa'ls bruelhs brancatz || Clarzir.,. (-ir rime 
int.), ou bien Montanhagol (édit. Coulet, n. VII), vv. 1-2 : 
Non an tan dig li primier trobador || Del fag damor,,, 
("Or rime int.). 

1. Ainsi dans tous les passages de notre chanson, où les 
corrections des mss. sont même fort appréciables (voy. les var. 
pour les vv. 19-20, 21-2, 23-4, 26-6, 28-9). Cf. aussi X, vv. i, 
25-6, 33-4; XII, vv. 9-10, i3-i4, 18-19, ^7"^» ^t VI, 34» 
VII, 4-5; VIII, 38. Dans X, 18-19 et 25-6, c'est le troubadour 
lui-même qui affaiblit Tenjambement par un pronom pléonas- 
tique qui annonce en même temps l'idée qui va suivre. Dans 
les cas de Falquet de Romans , les mss. portent des correc- 
tions pareilles; on peut voir, dans Siengei, Ms. c, pour les 
textes de Falquet qui s'y trouvent , que le point se trouve 
presque toujours non pas à la fin des vers, mais seulement là 
où la phrase finit. 

2. i56,io (édit. Zenker, n. IX), vv. i i-i3 : Mou e vai coma 
romieus A jornadas et es grieus Lo viatges^ so sapchatz ; 
i4-i5 : Que quascus vai eslaissatz Vas la niort^ quaurs ni 
argens.,.; 32-3 : Fer quom non deu esser las De ben far, 
quan...; i56, 11 {ibid,, n. VII), vv. 11-2 : Tornatz es enpauc 
de valor Lo segle^ qui'l ver en vol dir; 21-2 : E son ves 



INTRODUCTION. 



que rattribution à Falquet n'a été due qu'à un faux 
rapprochement. On verra dans les variantes que nos 
manuscrits et leurs sources eurent beaucoup de 
peine avec le mot comjat du premier vers de noire 
chanson et que leur attention fut ainsi attirée sur lui, 
Or, l'œuvre la plus considérable de Falquet, sa lettre 
rimée, débute par Donna^ eu pren comjat de oos] 
et ici de même le mot dut être remarqué puisque 
certains manuscrits donnent parfois à ce genre de 
poésies le nom de comjat (cf. B., Gr,^ | 28, n. i^). 
Telle pourrait bien être la seule raison de l'intro* 
duction du nom de Falquet. En somme, une raison 
d'attribution fausse s'entrevoit plus difficilement pour 
Elias de Barjols que pour les autres troubadours 
nommés, mais rien n'autorise à se prononcer caté- 
goriquement, voire même hypotétiquement , pour 
aucune des attributions en question. 

i3i, I. C'est La tenson d'En Iau/re[s] e d'En 
ElyaSy que la découverte du ms. Gampori a fait 
connaître. Qui sont les deux interlocuteurs, N^ Elias 
et En Jau/rezetz? N'Elias s'en rapporte, à la fin du 
partimeny à Blacatz, et Elias de Barjols est le seul 
troubadour de ce nom dont les relations avec Blacatz 
soient attestées; son interlocuteur lui dit : Anas per 



els mezeis trachor Li rie malvat, per que...; 4^-6 : E mfs 
son cors en gatge Per nos, e-nfos en crotz levatz ; i56, i4 
(ibid,y n. III), vv. 86-7 : Et anc Lombartz tan no mes Per 
pretz,..; 46-7 : Malespina, guerentia Vos port que granrpn 
d'amies Avetz e pauc d'enemics; cf. n. I, vv. 11-2, 17-18; 
n. IV, vv. 5-6, 21-3, 35-6; n. V, vv. 63-4; n* VI, vv. 5o-i. 



XLII LE TROUBADOUR ELIAS DE BARJOLS. 

Proensa qeren vostr'opsy ce qui désigne N'Elias 
comme troubadour- jongleur provençal, et Elias de 
Barjols est le seul troubadour connu, portant ce 
nom, qui ait vécu en Provence à l'époque de Blacatz 
et en général (cf. ma note sur Blacatz, dans An- 
nales du Midi)] de sorte que l'identification avec 
Elias de Barjols paraît fort probable*. Quant à En 
Jaufre ou Jaufrezet , on pensera sans doute à Jaufre 
Reforsat de Trets ^, troubadour et arbitre dans plu- 



1 . Le ton léger de ce pariimen, rare chez Elias, ne saurait 
être invoqué comme objection contre cette attribution. Les 
chansons ne sont point comparables à un partimen. 

2. M. Schultz (Z. f, r, Ph., IX, p. 127) donne deux dates 
pour ce troubadour. Quelle est la source de la première [121 3] 
(ni Papon, II, 53 1, ni Méry-Guindon, II, 26; peut-être une 
mention se rapportant au même acte que nous citons pour cette 
année?) Pour la seconde [1228-4], voj. Springer, Klagelied^ 
p. 76 (Méry-Guindon, loc, cit,, ne donne que « Reforciat » 
comme nom du podestat de Marseille en cette année, identifié 
par M. Schultz avec Jaufre Reforciat de Trets). — Pour le 
26 octobre 12 13 : « Raimundus Gaufridus, vicecomes Massi- 
liensis, dominus de Tritis, confirmât donationem, factam 
[monasterio Sancti Victoris] de Sexfurnis a Burgondonio vice- 
comité et domino Massilie, minore quindecim annis, filio suo 
emancipato, confirmatam a Gaufrido Reforciato, vicecomite, 
fratre Burgondonii » (Cat, mss, bibl. publ. France, Garpen- 
tras, Iir, p. i65, n. ms. i855, f. 358). — Le 22 février 12 14, 
c'est encore R. Gaufridus de Tretis, « dominus et vicecomes 
Massilie », qui accorde un privilège à l'église de Marseille 
(Gall. christ, novissima, Marseille, col. 100, n. 207; cf. 
col. 709, n. 1 136, et col. 716, n. 1 143). — Le 21 juin 1217, ce 
sont déjà « Gaufridus Reforzatus et Burgundio ejus frater filii 
R. Gaufridi de Tritis » qui confirment les droits que leur père 
avait accordés à l'évêque {ibid., col. 107, n. 218; toutefois, le 
Cat, des mes., tome cité, p. 487, signale pour Tan 1226 encore 



«'"r ■ 



INTRODUCTION. XLIII 

sieurs tensons. Le fait qu'il s'appelle « Jaufrezet » 
et non « Jaufre » dans la tenson ne constitue au- 

une copie d'un acte dans lequel auraient figuré « Raimundus 
Gaufredus de Tritis, Raimundus de Baucio cum uxore et filiis, 
Hugo de Baucio... »; mais rien de correspondant ne se trouve 
dans Barthélémy, Inventaire d. ch, de Baux; cf. acte suiv.). 
— Le 1 7 mars 1218 : « Cession faite au monastère de la Celle 
par GeofiFroy Reforciat, vicomte de Marseille et seigneur de 
Trets, de tout ce qu'il possède à Garéoult, par la succession de 
son père Raimond Geoffroy et le partage fait avec son frère 
Burgondion. Il reconnaît avoir reçu 1000 sous de royaux » 
{Cat, mss , Dép. XVI, Aix, n° 347, p. 181). — Le 29 juin 
1220 : « Gaufridus dominus de Tritis » (et le même personnage 
dans le même acte : Gaufridetus de Tritis) fut un des arbi- 
tres institués entre Raimon-Bérenger, comte de Provence, et 
Garsende, sa mère, d'une part, et Guillaume de Sabran, comte 
de Forcalquier, d'autre part (Bouche, I, 854; cf. Cat, ms., 
Carpentras, IIF, p. 488 : s'il doit résulter d'un résumé qu'on y 
fait d'un acte « mangé des rats en trois parts » que « Geoffroy 
de Trets » et « GeofiProy Reforciat » [cf. acte préc.J aient été 
deux personnages différents, on pensera plutôt qu'il s'agit 
d'une erreur du résumé). — Au mois de février 1222, GeofiProy 
de Trets fut arbibre entre Isnard d'Antravenas et les mineurs 
de Raymond d'Agout (Pithon-Curt, Hist. d, L nobL Av. 
Venas,, t. II, p. 284). — Le 26 novembre 1227, Geoffroy 
Reforciat, vicomte de Marseille, renouvelle sa donation de 
Garéoult à La Celle (Cat. ms., Aix, p. c, n. 8). — Pour le 
3o juillet 1281, une « transactio inter G. Piniacensem praepo- 
situm et G. Reforciatum, castellanum Gastri Realis, ex con- 
cessione Boni filii abbatis Massiliensis » se rapportera peut-être 
ausisi à notre Jaufre Reforzat (Cat. ms., Carpentras, IIP, 
p. 234). — Il résulterait de ces dates que pour l'activité de 
Jaufre Reforsat comme protecteur des troubadours et peut-être 
comme troubadour, le terminus a quo tomberait en i2i5 en- 
viron, date à laquelle il devint seigneur indépendant. Le ms. a 
contient un sirventés de Reforzat (table : Reforzat de Très) 
dans lequel son auteur s'occupe de Sorde et de Peire Bremon 
(Studj\ VIII, p. 456). S'il en faut conclure, comme l'a fait 



XLIV LE TROUBADOUR ELIAS DE BARJOLS. 

cune difficulté * : ayant porté le même nom , Jaufre, 
que son père, il fut appelé parfois (voy. l'acte de 
1220) Jaufrezet, conformément à un usage général 
en Provence. On voudrait peut^^tre voir une objec- 
tion dans le titre de amie (v. 19) qu'Elias donne 
à ce grand seigneur ; mais le cas ne serait point 
isolé et, d'autre part, le ton des vers 34-6 est bien 
d'accord avec ces deux identifications, les seules 
que suggère la liste des troubadours connus. 



II. Chansons perdues. — 1. Nostredame rapporte, 
dans son article sur Elias (cf. plus loin, p. Lin) : 
« A faict un traité intitulé La Guerra dels BaussencSy 
que le monge dict auoir leuë en fort beau et élégant 
stille. » Nostredame, qui avait cru Elias mort a en 
la fleur de son eage en l'an 1180 », rapporta natu- 
rellement ce traité à la première guerre baussenque 
de l'an ii5o. A quoi Bartsch observe que Nostre- 
dame doit avoir eu sous les yeux un sirventés sur ce 



M. Bertoni (Giornale storico d. let, it.,i. XXXVIII, pp. 296-7, 
a. 1 901), et comme il paraît naturel, que cette pièce se rapporte 
au conflit poétique de ces deux troubadours, elle serait néces- 
sairement de 1240 environ (Schpltz, Archiv, 98, pp. i23-4o; 
De Lollis, Sordello, pp. 43 et suiv.). — Sur les endroits où 
Jaufre Reforzat est nommé arbitre des tensons, voy. Spring'er, 
Klagelied, p. c. 

I. La forme Jaufrezet aura été attirée par la métrique» 
notamment par la césure décasyllabique. Dans le titre, on 
trouve Jaufres, ainsi que, par erreur, dans le premier vers. 



<Jf9 ^:^^fi^^ffC^,>rT-^ > 



INTRODUCTION. XLV 



sujet, mais dont Elias de Barjols ne saurait être l'au- 
teur, puisque ce troubadour ne commença à poétiser 
qu'au début du treizième siècle *. Une autre explica- 
tion me paraît plus probable. Nous avons des traces 
d'un conflit entre Alfonse II, comte de Provence, el 
Guillaume de Forçai quier, son grand beau-père, vers 
les premières années du treizième siècle. Or, d'après 
Pitton^, Guillaume fut soutenu dans cette guerre 
« par Raimond des Baux qui estoit seigneur do Berre, 
Pierricard et de Rougnes » ; (( Idelphons niPiiir fut 
fait prisonnier, le mois de juillet MCGV, — eoiilinue 
Pitton, — ce que ie tire d'un instrument de la ini}me 
Tour du Trésor qui a pour titre : Haec snnt mafe- 
Jicia quae cornes F or calquer ii fecit... » ; et enfin, ce 
qui est d'un intérêt capital pour notre question ; 
« Nos habitans d'Aix leuerent des troupes sous le 
nom de Raimond Berenguier qui pour lors restoit 
fort ieune et âgé tout-au-plus d'une année ; ces trou- 
pes ayant appris que Raimond des Baux qui pour 
lors auoit fait partie pour forcer le château de Bouc, 
qui pour lors estoit du domaine de notre ville, furent 
les premiers en campagne, surprirent les gens du 
seigneur de Berre, enleuerent son quartier, le firent 
prisonnier; ce qui seruit d'un grand aclieminemetit à 
la paix et à la deliurence du comte Idelphons que ce- 
luy de Forcalquier auoit en son pouuoir; et c'est de 

1. Bartsch, Die Quellen von Jehan de Nostradamus^ Uaiia 
Jahrbuchy XIII, 24, et cf. p. i3C; voy. aussi Hist. litL, XIV^ 
p. 4o. 

2. Pilton, Hist. de la ville d'Aix. Aix, 11C6, p. iti. 



XL VI LE TROUBADOUR ELIAS DE BARJOLS. 

cet éuenement que doit estre entendu Nostradamus, 
part. II, p. 64*. » — Si Elias fît un sirventés sur une 
g-uerre baussenque, c'est à l'occasion de celle-ci. L'an 
î2o5 est précisément le temps où, privé de la pro- 
tection d'Ag-out qui mourut vers i2o3-4, notre trou- 
badour cherchait un nouveau Mécène. Or, d'après la 
biographie, ce fut précisément Alfonse II de Pro- 
vence qui lui accorda sa protection. On ne serait 
point surpris qu'Elias ait recherché la bienveillance 
du comte par un sirventés sur des événements ré- 
cents et, après tout, heureux. L'existence d'un pareil 
sirventés (les sirventés sont souvent dénommés 
(( traités » par Nostradamus, qui n'a pas vu d'ailleurs 
celui-ci) me paraît donc fort probable. 

2. — M. Chabaneau a signalé, parmi les mentions 
relatives aux troubadours se trouvant dans les notes 
jointes par Redi à son Bacco in Toscana^y la sui- 
vante : (( P. 125. — Elia di Berzoli, manuscritto, 
Francesco Redi : Ara pose eu estar alegres e joios 
Que Bacch adolza medesin mi mal, » La citation 
éveille de graves soupçons sur son authenticité; je 
ne crois pas qu'il y ait, en général, de mentions de 
Bacchus dans les troubadours en dehors des endroits 



1. César de Nostredame traite en réalité, avec beaucoup 
d'erreurs, des mêmes événements et cite, comme Pitton, dont 
le récit n'a pas l'air d'être basé sur celui de Nostredame, le 
nom de Raymond de Baux et du village Bouq (pp. i64-5). 

2. Chabaneau, Notes sur quelques manuscrits provençauœ 
perdus ou égarés, Paris, i886. 



i 



INTRODUCTION. 



que Redi prétend tirés de la poésie provençale el 
dont il orne son livre. 



Conformément à ce qui précède, la liste des chan- 
sons d'Elias se présentera de la façon suivante fie 
chiffre romain est celui de notre édition) * ; 

1 (VII) A mors be rnavetz tenguL ~ Eliufi de 

Barjols CDEIKSaf, Elias Cards H\ 
Elias de Barjol Garels H \ cdiouyuM} fz. 

2 (XIII) Amors bem platz e-m sap bo. — Elias 

de Barjols Ea. 

3 (^11) Amors, que vos ai forfcnj. — Elias de 

Barjols C, 

4 (XII) Be(n) deu hom son bon senhor. — 

Elias de Barjols DEHMPlîSf et C 
reg., Peire Bremon Rîcas Novas Ca. 

5 {zz io6, 9; VI).. . Be{n) fui conoyssens a mon dan^ ~ 

Elias de Barjols CR, Cadeuiît Kd , 
anonyme GL, 

6 (I) Belhs Guazanhs, s'a vos plus ta ^ — 

Elias de Barjols CE. 

7 (IX) Bon aventura don dieus^ — Elias do 

Barjols CR. 

8 (VIII) Car compri vostras beuialz. — Elias 

de Barjols CDEFHIKlitef, Ginir- 
dus Q, anonyme W, 

I. En résumé, je relègue, parmi les chansons douteuses 
(XIV),len«8deBartsch, etjyajoute(XV), i3i, :> du Bartsch; 
j'accepte 106, 9, attribué par Bartsch à Gadeiu4. Je ne relève 
pas les suppressions, additions ou corrections que \\u dû faire 
à la liste de Bartsch. 



XLVUl LE TROUBADOUR ELIAS DE BARJOLS. 

9 (XI) Morir pogr* ieu si' m volgues. — Elias 

Barjols CR, 

10 (\^) Pos la belha que-mfai doler, — Elias 

de Barjols CR. 

1 1 (X) Pos vey que nulh pro no'm te, — Elias 

de Barjols CDIKRa^ anonyme W, 

12 (IVj Si la belha' m tengues per sieu, — 

Elias de Barjols D^IKy Bernart de 
Ventadorn CR^ Arnaut Catalan E, 
anonyme N, 

1 3 (III) Una valenta, — Elias de Barjols DIK, 

anonyme HN, 

PIÈCES DOUTEUSES : 

i4 (XIV) Mas comiat ai de far chanso. — Elias 

de Barjols C (et C reg.) E, Falquet 
de Romans CR^, Aimeric de Belenoi 
C reg,, Pons de la Garde /i\ Gau- 
celm Faidit M, Peire Raimon de To- 
losa a. 

i5 (zr i3i, 2 ; XV). En lau/rezetz, si Dieus ioi vos aduga. 
— « La tenso d'En Jaufre e d*En 
Elias » a. 



III 

Ses poésies. — Leur valeur littéraire. 

Quinze chansons d'Elias environ nous sont par- 
venues. Il en composa peut-être un peu plus. Mais 
on nn doit pas exagérer le nombre des chansons 



INTRODUCTION. XLIX 



perdues. Elias était surtout jong-leur : son métier 
était celui de savoir beaucoup de romans rimés, 
beaucoup de chansons des troubadours « qui étaient 
passés » et de chansons nouvelles composées au jour 
le jour par les troubadours contemporains. Il y 
ajouta, de temps en temps, une chanson de sa pro- 
pre invention et pour laquelle il lui fallut « trouver p 
la mélodie et le reste. Rien ne nécessite l'hypothèse 
que ce cas ait été fréquent. 

Si Ton met à part le sirventés énumératif (I) et la 
tenson d'attribution douteuse (XV), toutes ses œu- 
vres conservées sont des chansons. 

Des (( chansons d'amour », dit-on. Il serait plus 
exact de dire des « chansons sur l'amour ». On est 
d'accord pour regarder presque toutes les poésies des 
troubadours comme des produits de la tête et non 
pas du cœur. Chaque époque a ses problèmes qui 
occupent de préférence les artistes, les penseurs : 
pour les troubadours, c'est l'amour qui fut la ques- 
tion capitale. Parfois le problème fut emporté dans 
les flots d'un sentiment sincère , et c'est alors qu'mi 
Bernart de Ventadour s'écriera : « Non, il n'y a pas 
de poésie s'il n'y a pas de sentiment » (70, i5). Mais 
d'ordinaire on jouait sur le problème, on imaginait 
telles et telles situations que l'amour pouvait créer ^ 
on revenait, et c'est le trait le plus sig-nificatif de 
l'époque de notre troubadour, sur tout ce que la tra- 
dition littéraire avait consacré comme essentiel sur 
le problème d'amour. 

La vie d'Elias ne laisse pas supposer qu'un senti- 

IV 



L LE TROUBA.DOUR ELIAS DE BÀRJOLS. 

ment sincère ait été le mobile de ses chansons, qui 
sont de simples dissertations sur Tamour. 

Gomment y réussit-il? Médiocrement, ce nous 
semble. 

Toutefois, il « chanta mieux qu'aucun homme qui 
fût en ce temps », dit la vida y visant son talent mu- 
sical, et, en somme, cette appréciation n'est pas con- 
tredite par ses chansons. Leur structure métrique est 
d'ordinaire assez intéressante. D'abord, il composa 
deux descorts, c'est-à-dire il tenta deux efforts im- 
portants au point de vue de la composition mélodi- 
que. Ensuite, il témoigna dans plusieurs chansons 
(I; VI, XII; VII, X, XI) un goût particuHer pour 
certains « désaccords » dans le schème métrique, dé- 
saccords qui ne doivent pas avoir été désagréables. 
Et bien que ces particularités individuelles se soient 
bornées à lier par la rime, d'une façon voulue, des 
vers de différente longueur, cela constitue tout de 
même quelque chose qui lui est propre. Une seule 
fois (IX), il préféra reproduire une forme métrique 
préexistante, non sans y faire un choix fort heureux 
et non sans la développer en y ajoutant une rime- 
refrain. Une fois aussi (VIII), il fut imité par un 
troubadour de la seconde moitié du treizième siècle ; 
cela peut être allégué, de même que l'appréciation 
de la vida y comme une preuve de l'opinion favora- 
ble que son siècle eut sur lui. 

Mais en revanche, il faut bien le reconnaître, son 
esprit est lent et sa pensée vague; son imagination 
ne s'appuie jamais sur l'observation personnelle et 



INTRODUCTION. LI 

directe de la réalité et se contente d'abstractions de- 
venues depuis long-temps conventionnelles. En somme, 
il n'ajoute pas g-rand'chose au style poétique des trou- 
badours. 

Il eut pourtant certaines habitudes poétiques qu'il 
est bon de noter. Pour ce qui est du ton g-énéral, il 
observe une extrême réserve : il craint, dirait-on, de 
se mettre, dans sa chanson, face à face avec sa dame, 
et c'est à VAmor qu'il s'adresse ' (ce trait deviendra 
une règle stricte dans la lyrique italienne). Pour ce 
qui est du caractère général de ses chansons, il ne 
chante pas le j'oi d'amour, il se plaint du mal 
d'amour. Pour ce qui est de la conception générale 
de l'amour, il célèbre la Jin^ amor^ l'amour idéal, 
et il condamne lai fais' amor^ l'amour passionnel^* 
Pour ce qui est de la conception générale de Tari 

1. Chansons II, X, XI, XIII ; VII , str. i-3 ; il s'adresse à la 
« dona » dans les chansons VI, VIII et V, str. 4; il parle de 
« lieis » dans IX. 

2. Voy. V, vv. 7-8 : 

Qu'ieu no suy ges dels fais drutz debatens 
Qe de mal loc cujon fais* amor traire, 

et cf. fin et Jais au Glossaire. 

MM. de Lollis et Goulet ont discuté la question de ramour 
chaste, dont ils considèrent, après M. A. Thomas, Sordel et 
Montanhagol comme les principaux représentants. On ne sau* 
rait opposer les théories de ceux-ci aux conceptions des anciens 
troubadours, ni les considérer comme quelque chose d'aLsoïu- 
ment nouveau. L'idée de fin amor, qui existait déjà chez les 
plus anciens troubadours comme le contraire de Jais' (intor\ 
n'est point très éloignée de l'idée de l'amour chaste (voy. sur 
la fin amor et sur la fais* amor^ Suchier, Der Troubadour 
Marcabru^ dans Jahrbuch, XIV, pp. 276-81). 



LU LE TROUBADOUR ELIAS DE BARJOLS. 

poétiqaej il est un partisan déclaré du trobar clar 
et abhorre le trobar dus : dans sa jeunesse, au 
moment où la lutte des deux courants fut en plein 
développement, il célébra les chansons de Raimon 
de Miraval, un des troubadours qui se prononcèrent 
le plus nettement dans le même sens*. 

Il est vrai que ses chansons ne présentent aucun 
intérêt artistique. Mais il faut song-er qu'Elias était 
né d'un marchand dans un petit village limousin, 
loin de tout centre courtois. Devenu jongleur, il en- 
tra en contact avec la poésie qui était, en ce temps, 
Texpressian la plus complète et la plus directe des 
idées intellectuelles et esthétiques de l'élite de la 
société contemporaine. Et l'évolution fut bientôt ac-. 
compile : ces idées devinrent bientôt celles de notre 
marchand-jongleur qui se mit à les exprimer de son 
mieux. Si cette expression est médiocre, c'est que la 
sincérité lui faisait complètement défaut. 

t. Vojr. P. Andraud, B. de Miraval, Paris, 1902, p. 200. 



VIE D'ELIAS DE BARJOLS 

Par Jean de NOSTREDAME 



Elias de Bariols fut gentilhomme de Bariols', bon Poète 
Provençal, homme de bon esprit et de plaisantes inueiitions, 
chantant fort bien, la Princesse Garscne, fille de Guillaume 
comte de Forcalquier, qui fut depuis espousee à Rajuer de 
Claustral prince de Marseille ^ le retint pour son Poëte Prouen- 
sal. Toutes les chansons qu'il faisoit a la louange de celïe de 
laquelle il estoit amoureux les dedioit par la coupple finale a la 
Princesse Garsene, en l'une desquelles se repentant de auoir 
trop aymee pour les maleurs qu'il en receut, dict ainsi : 

Car compiey vostras beautas 
£ vostras plazens fassons. 

Le comte Remond Berenguier de Provence, duquel temps il 
florissoit que fut en l'an i i5o au retour qu'il feist de la guerre 
qu'il auoit contre Estephanette des Baulx et ses en fans Princes 
des Baulx et seigneurs du Bourgneuf d'Arles, pour raison du* 
dict Bourgneuf et de leurs terres appelées Baussenques, et du 
droict qu'ils pretendoyent a la Comte de Provence, luy fust 
rapporté que Elias auoit faict un chant, auquel il recitoit les 

1. On retrouve ici la tendance bien connue de Jehan de Nostre- 
dame (ainsi que de son neveu César, voy. Chronique, pp. i33 iiL jV\) 
à faire chevaliers tous les troubadours. 

2. Information erronée; voy. notre note sur Garsende (Revue des 
langues romanes). 



LIV VIE DELIAS DE BARJOLS. 

victoires du comte de Prouence, et de ce qu'il au oit dompté les 
Princes Baussencs, luy feist de beaux et riches presens, et de- 
puis se tint tousiours au seruice de la Comtesse Garsene, tres- 
passa t*n la fleur de son eage en Tan 1180. A faict un traité in- 
titulé La Guerra dels Baussencs, que le mong-e dict auoir 
leuë en fort beau et eleg'ant stille'. Le Mong'e de Montmaiour 
dict que la Princesse Garsene ne se fut pas tenue honnoree de 
lire ne chanter aucunes des chansons que ce poëte eust faict, 
parce qu*elles estoient sans rithme ne raison *. 

( Les vieil des plus célèbres et anciens poètes provensaaar qui ont 
Jloury an temps des comtes de Prouence. Recueillies par Jehan de 
NosTKfc Dame, procureur en la cour de Parlement de Provence... 
A Lion^ (575, p. 33, n. 4.) 



1 . Cf. plus haut, p. xLiv, lî, I . 

2, DtPK (Leben, p. G07) pensait que la satire du Moine de Mon- 
taudcm sivait été augmentée de strophes sur les troubadours posté- 
fi^^ars; idle pourrait être une strophe sur Elias. Mais Bartsch 
{Jahrhuvh, XIII, pp. ii-i4) croit plutôt que c'est Nostredame qui 
inveiilii les dicta sur les^ troubadours qui ne sont pas nommés dans 
In âatirc telle que nous l'avons. 



POESIES 



D'ELIAS DE BARJOLS 



POÉSIES 

D'ELIAS DE BARJOLS 



LA BIOGRAPHIE PROVENÇALE 

/i3od; A'iiôb-c. — Rayn.,CAo/x, V, p. \t\o;P.O., p. gO^/); Mabo, 
Biogr,, n. 55, p. 53 (= Rayn.); Chab., Bgrs, p. 3^7 {IK)^ 



N'Elias de Bariols si fo d'Agenes, d'un caslel qe 
a nom Perols. Fils fo d'un mercadier. E cantet miels 
de negun home qe fos en aqella sason. E feLz se 
ioglars. E acompaingnet se con un autre iogïar qe 
avia nom Oliver et aneron lonc temps ensems per 
cortz. E'I coms Anfos de Proensa si los retenc ab 
se, e det lor moillers a Bariols e terra, e per so lus 
clamavan N'Elias et Oliver de Bariols. E N'Eiias 
s'enamoret de la comtessa madompna Garsenda, 
moiller del comte, quant el fo mortz en Cesilia c 
fetz de lleis suas cansos bellas e bonas, tant (|uant 
ella visqet. Et el s'en anet rendre al hospîtal de 
saint Beneic d'Avignon. E lai definet. 

E fetz aquellas cansos qui son escritas aici. 



2 / perols {l'v a un point suscrit), K peiols; K mercaJan; K meUa 
— 4 iC acompainet; K cum — 7 ^ moilliers — 9 K lua madoDira; 
IK Carsenda — 14 iC scriptas ici. 



B^EI^fAS DE BARJOLS. 



I. (B,,Gr., i32, 5.) 



C aai^ aaid; E i26b-i27a. — Rayn., Choix, III, p. 35i (CE); 
Rocheffude, P. O., p. 98 (CE); Mahn, Werke, III, 62 (=Rayn.). 
Ortb. : C, 



L Belhs-Guazanhs, s'a vos plazia, 

ben fora sazos 
quel vostre cors belhs e bos, 
Immils, de doussa paria, 
fos d'amor \an cobeitos ! : 5 

pus negus non es tan pros 
que-us o digua ni que ia sapcha'i tan 
que vos o aus dir ni que vos o man. 

IL Qu'ieu sai qu'a vos tanheria 

amies cabalos, 10 

tais don res a dir no fos, 
aitals cum ieu chauziria ; 
farai n'un tôt nou qu'er bos : 
e penrai de las faissos 
de quadaun, de las melhors qu'auran, i5 

fro vos aiatz cavalier benestan. 

IIIp N'Aymars me don sa coindia, 

En Trencaleos 
sa gensozi'. En Randos 
donar, qu'es la senhoria, 20 

Lie giiazans — 7 C ni que ia sapcha; E ni que sabchai — 8 ^ que 
iaua ho auKfi dir ni queus — 

m. 19 c; genaozia; E genseza — 




POESIES D ELIAS DE BARJOLS. ^ 

e*l Dalfis SOS belhs respos; 

En Peyr cui es Monleos 
do* m son guabar, e voirai d'En Brian 
cavallairi^ e*l sen vuelh d'En Bertran. 

IV. Bels Castellas, cortezia tS 

vuelh aver de vos 
e voirai que-m do N'Eblos 
covit, que plus no'n penria ; 
En Miravalh sas chansos, 
En Pons de Capduelh do nos 3o 

sa guaieza ; En Bertran La Tor man 
sa drecheza mi do e no- m soan. 

V. Aital Tauretz, ses fadia, 

guai et amoros, 
belh e ben fait e ioyos 
e pie de cavallairia ; 
et es ben dreytz e razos 
que vos Tametz et elh vos, 
qu'assatz seretz ambeduy d'un semblan, 
sol no crezatz fais lauzengiers truan. 4^ 



22 E empeire — 24 C cauallairia el sen ; E cauallarie sen — 

IV. 27 CE en neblos (E en netblos) — '61 E bertrans — 32 K que sa. 
dreisezam — 

V. 36 E caualaria — 40 C non ; C lauzengier — 



1 



« 



i 



POESIES D ELIAS DE BARJOLS. 
IL (l32, 3.) 

C 223<i-224». — Mahn, Ged., 208. 



I. Amors, que vos ai forfag 

o per quai desastrcm ve, 
que la belha qu'am mais que re 

mi mostr' orguelh e m'aucia? 

Vos o faitz tôt quar vos platz qu'aissi sia. 5 

Pero, amors, tan m'avetz fagdoler 
qu'assatz es mais avinen, si* us plazia, 
que'm fezessetz contra*! maltrag aver 
de ma belha dompna un belh plazer. 

II. Quar, si deziros de benfag lo 

muer, retrag vos sera iasse; 

qu'ieu guérir pogr'ab pauc de be : 
cum sofraitos que non a manentia 
a cuy grans ops bona vida séria, 
auria pro sol que pogues vezer, i5 

amors, que vos entre tostemps un dia 
accetz en lieys qui m'auci tal poder 
que*l fezessetz en grat mos precx tener. 

III. Mas, no* us platz que* us sia retrag 

qu'ieu aya tan de ioy ab me 20 

de lieys que* m trebalhet ancse, 
quar m'a trobat ferm en sa senhoria. 
Pero, per pauc non die que dreg auria, 
quar, si be*m planh, be*m membra qu'un dous ser 
mi det, dont es dregz si mais m'en venia, 25 



POESIES D ELIAS DE BARJOLS. 

quar no saubi Fonrat ioy retener; 

donc, quant ieu die que no*m det, non die ver. 

IV. Tan m'a dat per que*us quier son plag, 

amors, si tôt lieys non eove, 

don dois e vergonha-m rete, 3o 

quar Tai passât son eoven ; qu'ieu Tavia 
e degr' esser la magers eoeha mia; 
... qu'anc, pus m'ac fag de men rie parer, 
non torniey lai; guardatz, quai vilania! 
que, quant jlh m'ae pauzat en bon esper, 35 

ieu m'en fugi, e degra remaner. 

V. ... Ben eonose que fols ai fag, 

mas mi reeonose, so cre ; 

quar fols hom a greu sen ab se 
tro sa foudatz lo maca e*l eastia ; 4o 

eastiatz suy, si ma dona-s volia; 
mas non aus dir qu'ilh o deya voler, 
pero SOS sens, sos pretz, sa cortezia, 
Tumilitatz qu'ilh a e*l rie saber, 
si es vers que les mi valha, 'm deu valer. 4& 

VI. Mon Ses-Enjan vey totz iorns mais valer 
en Sanhtongier, per qu'am la senhoria, 
que quai que-s lays baissar ni deeazer, 
els an bon eor de bon pretz mantener. 



IV. 31 passatz sos covens quieu lavia — 

V. 44 ms. quil ha {cf. vv. 35 et 42), 



POESIES D ELIAS DE BÂRJOLS. 



III. (l32, l3.) 

J> r70C-i75d; H^ 58^-58^; / i3lb;A' Il6d-ii7a; ^v 48M8c. — 
Arckiv, XXXIV, p. 417 {H)\ Studj di JiL rom., V, p. 55o, 
na 262 (//). — Orth. : /. 

L Una valenta, 

car soi' es avinenta 
e de plazers plazenla, 
vol qu*eu fass' un descort gai. 

Bell'es e genta, 5 

mas no-1 platz que*m consenta 
s'amor, ni l'atalenla, 
don il peccat e tort fai. 

II. Qu'eu Tam ses bausia, 

ab liai cor fin e verai lo 

e ses tricharia ; 
qu'eu de lleis no*m loing ni*m estrai, 
[sieo son on qu'eo sia, 
* que s'amor non fui ni desfai] 

c'aissi fos il mia i5 

com eu Tam totz iornz mielz e mai. 

III- Mas per doptansa 

no Taus far semblansa 
con Tam finamen; 

tant tem s'onransa, 20 

I. S plflzers plazentaj IK plazers plasenta — 8 HK pechat; / pec- 
cat \ Z>.y pecchafe — 

IL 12 BHIK de leis (IK delleis), N dellei; HIK nom; D nô; 
N Qon: DIIIK nini desuai, N nim estrai — 13-14 DHIK manque. — 
15 DH!K caissi, N caisi; fos] K foz — 16 DHIK mielz, N miels. — 

IIL 17 {id., 18, 20, 21, 23, 24, 27; IKN ansa (iV 21-27 ança), 
DB anza — 



POESIES D ELIAS DE BARJOLS. ^ 

qe'ill torn a pesansa 
s'ic'l die mon talen. 

Greu malanansa 
trop long' esperansa, 
s'on ioi non aten! JiS 

En tal balansa 
ai per sobramansa 
estai longamen. 

IV. Pero s'ieu un dia 

so c'amies d'amia îô 

n'agues, 
e'a midons plagues, 
ia tan no volria 
nuilla manentia 

[•m] vengues ; |S 

si non s'umelia 
mal vi sa paria 

e SOS bes, 
si no* m val merees 

e sa cortezia, 40 

pos no*m val Tamia 

ni res. 



D'En Agout volria 
tant de manentia 



21 HIK qeill, D ql, N quel — 22 talen] IK talan — 27 per aobramnnsn] 
IK persombransa {K menbransa) — 28 DIK loniamen, HN îougîi- 
men — 

IV. 80 DIK ad amia, HN damia — 32 DHN dons \D dotiz). 
IK dona — 83 DHIK ia, JVque — 34 nuilla] D nulla — m auruf-lïBj 
H sumilia — 39 nom] N non — 40 cortezia] N cortesin — 4] poaj 
K pois — 

V. 43 agout] / agot, K aguot; uoiria] IK ualria — 41-45 manentia * 1 
uenquesj IK manential. vengues — 



POESIES D ELIAS DE BARJOLS, 

•1 vengues 45 

que donar pogues 
tôt so que*l plairia, 
car sai que séria 

ben mes. 



IV. (l32, 12.) 



C5ob; Z>a 2lia-b; JS'72a; / i3lC; K llV^-b; N ki^-^\ K 22». 
Mahn, Gçd,, 989 {E), 



I. Si-1 belha*m tengues per sieu, 

ia bes no'm falhira. 
Dirai li o doncs? Non ieu, 

qiiar ben so albira. 
E feira merce, per Dieu, 

si- m des gaug ses ira, 
mas a lieis es vil e lieu 

quar mos cors sospira. 

II. Mas ges tant no'l cal de mi 

que-m don alegransa, 



47 quel] H qeil — 18 séria] D siria — 

I. 1 DIKN ^\\ bella, CER si la belha [ER bêla); sieu] iV sieo id, 
rime vv. 3, 5, et toujours -eo pour -eu, vv. 19, 20, 21, 27 ^ 36. — 
2 DIKNnô (iVnon), CER nom; falhira {CR, faillira DNE)] IK failiiria 
— 4 CER manque; DIK quar, iVque -- 5 CER feira, DIKN fera — 
7 lieis] IK lei — 7-8 N après mas du v. 7 ma?ique le reste jusqu'à 
ges après mas du v. 9. — y 

II. 9 nol] IK nô — 10 don (C do)] R dones; rime -ansa] D -anza 
(id., vv. 12, 14, 16). — 



POESIES D ELIAS DE BARJOLS. Q 

ans sai que per so m'ausi 

quar Tam ses doptansa ; 
e s'aisi'm lonha de si 

e non a membransa, 
ben puesc dir que mala vi ig 

sa guaya semblansa. 

III. Belha res coind'e guaya, 
plazens e debonaire, 

per merce*us prec que-us playa 

quMeu vos am ses cor vaire; 9p^ 

no vulhatz qu'ieu dechaia 

ni*m fassalz tan mal traire, 

que per nulh mal quie'n traya 

de vos no*m puesc estraire. 

IV. Quar tan gent mi saubest traire laS 
del mieu poder et atraire 

vas vos per qu'ieu dei relraire 
vostre pretz et enantraire. 

V. Et o farai, tan cum viurai, 

qu'aissi s'eschai e si cove; te 

mas en esmai sui car non sai 



12 doptansa] CR duptansa — 13 esaisim lonha {CR lonha, E luenha, 
D loingna, IK loigna)] iVesaisi lonigna — 16 gaia (C guaya, R giiya)] 
D gaiha (v. 17 gaia); semblansa] K somblansa — 

m. 17 Bella] R Délia; CN coinde, DIKE ciiende {E cueind(?|, 
R cundae; rime -aia] CR -aya {R v. 17 -aia) — 18 CRDN plazena ede- 
bonaire, EIK debonaire — 20 quieu uos {N queo nos)] D qeus uos — 
21 uoillatz] C i^uulhatz; quieu] D qu, A^ queo — 23 CER quieu, JJ qien* 
J^^A'^ quien (A/'quen); traya] K traire — 

IV. 25 gen (iVien)J C gent; CER saubes, DIKN saubest (ATsaupestf 
— 26 CERI^ del mal, DIK del mieu; CER retraire, DIKN atraire 
(t>. rime 27) — 

V. 29 Et o (E Et ho, AT Eo)] R Co, D To; IK Tan cum [DIK taiit 
com, N tan con)] ER tan quan (R can) — 30 quaissi (iV caissim) sea- 
chai manque dans R\ coue] iVcouen — 31 enesmai] R e ues niay — 



id POÉSIES D ELilAS DE BARJOLS. 

si'us auzarai clamar merce. 

A ! cum serai ries, quan veirai 

vostre gen cors qu'am mais de re ; 

mas pero sai suy e serai 35 

vostres, si'us platz, membrcus de me, 

VL La valens reina mante, 

Elihonors, pretz e*l rêve, 

que*I genser et ab mays de be 

es del mon e*l mielhs se capte ; 4o 

et es mal crezens qui no cre 

qu'ilh no sia-1 genser c'om ve. 



V. (l32, 10.) 

C 223a-l>; R 95. — Mahn, Ged., 1081 (R), — Orth. : C. 



Pus la belha que- m fai doler 
denh'en grat mâs chansos auzir, 
be*m dey en chantans esbaudir 
e mostrar e far aparer 



32 shis auzarai manque dans IK — 32-34 manque dans R — 33 a] 
N ai; ueirai] IKN uerai — 34 C cors, DIKE gen cors, N gai cors; 
R 34 seulem. : cane mays m (^m souscrit de trois points) de re; 
K quain mai 3 manque — 35-36 C mas pero saisso sesdeue . ieu siii 
uostrea etc.; — 36 iiostre] CR uostres; sius platz (C play)] R sieus 
plaU; mtmbreus] iVNonbreos, IK menbrens; me] IK mi — 

VL 37 R ï.a manque; N rime -en (id. 38-40) — 38 CDKN Eliho. 
nora, R en luy onors, lE elienors; CE el reue, DIKNR e reue 
{D erreue^ — 39 C manque — 40 iî manque — 41 no cre] R non o cre 
— ^ CE^ no sia la {H sia la), DIKN no sial (IK seal) — 



POESIES D ELIAS DE BARJOLS. I I 

que per autra no suy guays ni chan taire 5 

mas quant per lieys cuy suy obediens; 
qu'ieu no suy ges dels fais drutz debatens 
que de mal loc cujon fais' amor traire, 
qu'i^-l repropchier que*l savi[s] ditz enten 
qu'onor e pretz conquer hom mal-trazen. to 

II. Araors me ditz que bon esper : 
puesc.leuab fin ioy avenir. 
E'sens ditz me : « fol[s], vols t'auzir, 
que preyar tostemps mal parer. » 
Amors me ditz qu'ieu sia fis amaire iT? 

e sens ditz me : « fols yest, e si t'entens ! » 
Ara* m diguatz, amors, e vos e sens : 
co farai doncx, pus no m'en puesc estraire ? 
Amarai, hoc, si li platz, ni'l es gen 
e, si no'l platz, amar Fai eyssamen. m 

III. Amar m'er tôt outra poder, 

pus estiers no m'en puesc partir ; 
cum selh qu'es iutjatz a mûrir 
e merce[s] no*l pot pro tener 
e*l demandon mil tans que no pot faire a5 

aysselh suy ieu, que sobramar[s] me vens. 
Bona dompna, cortez' e debonaire 
ar es ben dregz qu'ieu vos am per un cen, 
quar tot[z] lo mon[s] vos ten per plus valen. 3o 

J. b R iais — 6 K cant — 7 jR soi ... abatens — 9 C quil, R q*l — 

II. 13 R uostaiizir — H R pazer — IQ R e sens ditz me frtl uols 
tauzir . yest e si lentens. {conf. v. 13) — 17-18 C aram diguatz amors 
puesc men estraire ; R diatz amor — 

III. 21 R tôt otra; C tort — 23 72 corn sel; C iutjat — 25 J?. M . tans 
— 26 C quen lo deume séria ben redens, R que del deme seiia ben 
redens — 27 C sobamar; R aisel — 28 C cortezae — 29 i? dretz ..* per 
.1..C. (siCt Mahn : nien) — 30 iî tôt le mon ... pus ^ 



IS POESIES DELIAS DE BARJOLS. 

1V> Dona, merce[s] me deu valer 

qu'a faitz manhs paupres enriquir; 
vos me podetz far o delir, 
o aut pujar o bas chazer. 

Et es honors, qui en frevol repaire 35 

fa fort castelh ni tors ni bastimens ; 

e pus faitz es lo bos comensamens, 

bona dompna, no vo*n vulhatz estraire, 

quar comensar pot hom leugeiramen 

mas a la fin son tug bon fag parven. 4o 

V- En vos son pauzat miey voler 

e miey talan e miey dezir 
e mon cor : on qu'ieu an ni-m vir 
reman sai en vostre poder. 
Doncs, pus no* us aus dir so que-us vuelh retraire, 45 
vostre gen cors amoros e plazens 
deu esguardar quais es mos pessamens, 
quar, si*m faitz mal, ia non serai clamaire, 
que contra vos non auria guiren, 
mas tôt sia e*l vostre chauzimen. 5o 

VI* Pros comtessa, qui'l ver en vol retraire, 
vos etz dona de pretz e de ioven 
e guitz d'amor e caps d'ensenhamen. 



lY. 31 C Bona, R Doua — 32 i2 fatz màs paubres enreqir — 
34 R unxer — SQ R fortz castels — 37 R \e — 39 R leuiairamen — 
40 iî 11 — 

V. 41 (; mey — H R reman la — 

VI, 5â E damors - 



POÉSIES d'elias de barjols. i3 



VI. (io6, 9.) 



C 222<i; G logd-iio»; K 112»; L 116&; R gS^; d n. 284. — Rayn,, 
. Lex., I, p. 422. — Archiv, XXXIV, p. 4^5 (L)» — Mahn, Werkej 
57 (= Rayn.). — Orth. : C. 



I. Ben fui conoyssens a mon dan, 

dona, quand conuc en vos 
lo plazen semblan amoros 

e*l vostre guai cors prezan ! 
Qu'anc pueys non aie poder en me 5 

que* m pogues de vos estraire 

ni vas negun' autra traire, 
ni vos non aus clamar merce. 

II. Mas, bon conort ai de Tafan, 

dona, quez ieu trac per vos, ta 

quar bos senher ren guizardos, 

qui be*I serf de bon talan ; 
servida-us ai per bona fe 

de bcn-amar ses cor vaire 



I. 1 CR conoyssens siii (R soi); GKdL Ben {L Be) sui {GL hù) 
conoissenz [Kd conoissenza a) — 2 CR conosc, GKd conoit, L (îonuc 
— 3 CRL lo plazen semblan [L los plasentz scemblan), GKd lo aerji- 
blan plazês — 4 CRL el ... cors, GKd del ... cor; L preszan, Kd pre- 
zans — 5 GKdL puois ; ac {L hac) | C aie — 6 GKd quez — 7 negunïil tra 
{R negunautra)] C degiinautra — 8 CR nia nos dona, GKdL ni nos 
(L na nos) non aus — 

II. 9 CR mas ... cor, GKdL mais ... conort — 10 CR quieu Lrac, 
GKd qezeu traing, L qezeu trauc — 11 CR quar bos senhers {R senlior) 
ren (R ren bos) guiardos, GKd car bos senher ren guizardos, L qar 
bo seinher rent gaszardos — 12 CR qui bel ser de [voluntat grati, 
GKdL qui {Kd qa) bel serf de bon talan {Kd talen) — 13 L os haj ^ 
14 CR ab ben amar, GKdL de ben {Kd de bon) amar — 



i4 POÉSIES d'elias de barjols. 

e, si pus hi pogues faire, i5 

ia no m'en tarzera en re. 

III. Ges no*m vir e no*m vau chanjan, 

avinens dona, de vos, 
ni non es mais del cel en ios 

nulh'autra quez ieu am tan; 20 

e fas esfortz quar no -m recre, 

valenlz dona debonaire, 

pus no 'US aus mon cor re traire 
ni preyar que*m fassatz nulh be. 

IV. Ben podelz far vostre coman 26 

qu'ieu non ai poder en vos 
e no suy d'aitan poderos ! 

Que mon fin cor ses enjan 
no'us aus far saber ni's cove, 

mas ieu cum bos sufertaire 3o 

e cum fis leyals amaire 
sofrirai qu'a sofrir m'ave. 

V. E quar no vos aus far semblan 
que'us am, dregz fora de vos, 

15 CR e si pus hi, Z, e si plus, GKd e seus aus (G als) — 16 ia] L Ieu; 
en re] CR de re — 

III. 17 CR G. n. lau nim (R ni) uau comiadan, GKd G. n. uir nimen 
(G ni nom) ua canian; L G. n. loing eno muau chanjan — 18 CR aui- 
nen, GKdL auinenz (L auinens); CR per uos — 19 non es] CR es^ 
Xenzos {corr. Arch. enjos) — 20 CR q ieu, GKd qezeu, L res qieu — 
21 CR fas, Kd fai, G faz, L fasz; nom] K nô, d non — 22, 23 CRL 
= 23, 22 GKd — 22 CRL ualen (L valentz)^ GKd dusa [G Duozaj; 
L débonnaire — 23 pus {L mas) nous aus] Kd puois uos aus; L re- 
traire (COJT. Arch, refraire) — 24 CL quem fassatz, GKd qen faza 
{G q fanza), R quiens fassa; L prezar {eorr. Arch. prejar) — 

IV. (GKd manque ; CR et ici IV, V = X V, IV> — 25 L Be podesz 
— 26 X no haj -- 27 CR ni suy de tan, X e no soi daitan — 28 X fi ... 
enzan (corr» Arch. enjan) — 29 X conve — 30 X con hom sofifertaire — 

V. (GKd manque) — 33 X scemblan — 34 Ci? don fora ben dregz 
(R don dreg fora) de uos; X drechx — 



POÉSIES d'elias de barjols. i5 

donna, si vostra merces fos, 35 

que*us anassetz albiran 

quo vos am e vos vuelh eus cre 
e*us suy de ben razonaire 
quar adoncx no*m tengra guaire 

le maltraitz que per vos mi ve. 4^ 

VI. La valen[s] comtess' ha en se, 

de Proencha, debonaire 
cho don chascus es lauszaire 
de fina valor de tôt be. 

VII. E*l conte, mon seignor, ai fe, 4^ 

que si' en loc de son paire. 
Qu'a totz aug dir e retraire 
Que mais Tam' hom on plus lo ve. 



VII. (l32, I.) 



C 222b-c; D 175b; E i25b-i26a; G logbc; m 34d-34a bis; m 58b; 
/ i3od-i3i«; A' ii6c; S 194-5 ; ai (Campori) 285: /65b. _ Huyu., 
Choix, III, p. 352. — Mahn, Werke, III, 58 (= Rayn.). — Orlh. : 6\ 



I. Amors, ben m'avetz tengut 

en vostre poder loniamen, 

35 CR uostra merce bona fos, L Donna siuostra merces foa — * 

36 C anessetz — 37 L con; CR eus uiielh — 38 X» be raaïonaire — 
39 CR quar adoncx nom tengra guaire, L Qadoncx no tenria agaire 
— 40 L lo maltrachx, C le maltratz — 

VI. (L seul) — 

Vil. {dans GKdL; CR manque)^ 45 GKd Al — 46 GKd Qen; L e 
loc — 47 L Qe tota gen laug retraire — 48 X Qe mais lama qi plus love* 

I. 1 bén m (C bem)] Ef uos m ; aue(t)z] BIKa aues; rime -utj S -iiz 
{partout) — 2 loniamen] EH* longuamen, G lomgaïïî — 



POESIES D ELIAS DE BARJOLS. 

qu'eu anc no*i trobei chauzimen 
ni merces no m'a valgut 
ab vos, per que fatz faltensa, 
quar a lieis no mostre mos mais 
cuy suy hom litges naturals, 
pos eu no n'aus far parveni^a. 

II. Et auriatz m' ereubut, 

amors, e fag rîc e manen, 
si'm donavatz tan d'ardimen 
que mon fin cor esperdut 
per sobras de benvolensa 
li mostres una vetz savais ; 
ia pueys no'us quezera ren als, 
si*m fessetz d'aitan valensa. 



3 CH*Ef quanc noi puesc {E puec, fpwoc, H' poo) trobar, DIKOIPS 
que {G queu) anc noi trobei (D trobiei), a e qar anc noi trobes faillim 

— 5 DIKGaCH* ab nos (a a mi) per que (D qi, IK quei) fatz 
{DGH* faitz, a fais) fallensa, EfH*S e faitz {S fatz) gran {S hi, sans 
doute et H*, StudJ V : e faitz .. desconoisseiisa ) desconoissensa ; 
rime -ensa] -enza aS (partout). H* (vv. 16, 39, 32 -enza) — 6 mos- 
tratz (D mostras , S mostrat)] C mostre ; leis] CEf lieis — 7 liges] 
C litges, E lietges; hom liges] H^ liges hom; /*de cuy suy homs natu- 
rals — 8 C quieu non len aus far paruensa, DIKGH* pos {IK pois) eu 
naus {GH* no naus) far paruensa, EfH*S mais quieu {H*S mas iéu) 
non aus far paruensa, a se tôt no ten fas paruensa — 

II. 9 ereubut] IKH^S erebut; auria{t)z] DIKa aurias [cf. v. i) — 
10 CH^f fag, IKa faig. H^S faich. G faiz. E fait, D fac — 11 sim] 
H^S sen, G sem — 12 esperdut] H* S escondut, H^ n'ai perdut — 

13 C sobrar de, IKGH^E sobras de, Daf sobra de, H^S sobrada — 

14 DIKGaH^C li (C mi) mostres {H^ mostras. C mostretz. I> raostretz, 
a mostrasses) una uetz sauals (H^ seuals), EfH*S suna (/"quna) uetz 
li (H*S me) mostres {H* mostrasses, S mostraslet) siuals {H* seuals) 

— 15 nous {S nos, G non)] CE fa nô; ia pueis (/ pois, K puois)] 
H*S ia plus, G e ia; quezera {H* quisera)] E queregra, /" qrira; 
a creiria — 16 DIKGCH* sim {G sem) fessetz (D feses, H^IK fezes, 
G feises) daitan ualenssa, EfH*S sol daitan {H^S mas de tan) mi 
{H*S me) faitz (/* fag, H^S fatz) ualensa, a sol fezes daitant va- 
lensa — 



POÉSIES DELIAS DE BARJOLS. I7 

III. Qu'ieu fatz semblansa de mut, 
quan vei son bel cors avinen 

de la bella en cui m'enten ; 

si'l tenc mon cor escondut 20 

qu'ieu no Faus dir per temensa 
co'l sui francs e fis e leials 
et amicx en totz locs cabals, 

que d'als non ai sovinensa. 

IV. Ges no'm son dessovengut . 26 
dona'l vostre plazer plazen 

qu'ieu conuc al comensamen 

don m'avetz viu deceubut. 

Car comprey ma conoyssensa 
e vostra beutat qu'es aitals 3o 

com belha roz' e belhs cristals, 

pos ab v«s non truep guirensa ! 



III. {G manque), 17 aCH^EfffS Quieu fatz {af ben fas, E quieu 
fauc) semblansa, DIK quezeu fas semblan ; mut] f mutz — 18 bel cors 
auinen] CH' guai cors couinen — 19 CJHf en cuy (fen quieu) enten, 
DIKaES eu cui (a o qei) menten — 20 DIKCEf tenc, aH*H*S telng 
(Sa ten) — 21 no(n) laus] H* no il aus, H*S nollaus — 22 col (a coil, 
H*S com li) son {H*S sui)J H* cui son, C cum suy, Ef com soi; 
francx {E e francs) e fis e liais (IKH*E leials)] H*S francs sers 
{S franc fres sic) e leials — 23 DIKfH^S et amicx en totz locs (/* luocx, 
IK manque locs e) e cabals, CH^ amicx en totz luecx e cabals, E ues 
amor en totz luecx cabals — 

IV. 25 BIKGaEf nom son, H^S nom ai, CH* nom es — 
26 DIKGaCH* dompnal {G donnail, C donal, IK domnal) uostre, 
EfH*S dompna {E dona, f domna) nostre — 27 queu {Ef que) conuc 
{Ef conogui, GH*S conosc)], H*C quem fezetz (H* fezes) — 28 CH^a 
don magues leu, EfH*S don mauetz uiu, DIK quenaissi man, G Per 
quem an si leu — 29 Ef manque; aS compri — 80 ques aitals] C ques 
tais, E es tais, f es aitals — 81 com (C cum) bêla roza e bels cristals 
{f cristails, C crestais)] DIK colors de rosa e crestals — 32 pos 
(C pus) ab uos (EfH^S mas [f mai] ab [E ues] uos) non truep 
(Gf truop, H*Jl*S trob) guirensa] DIK et atoz ioms (D iorz) creis 
e genza — 



l8 POÉSIES D^ELIAS DE BARJOLS. 

V. Dona, si Dieus vos aiut, 

pos so conoissetz que* us es gen, 

conoscatz quo'us am finamen 35 

ni com mi tenetz vencut 

ni com trac greu penedensa 
ni com suy vostr' amicx corals 
ni com anc ves vos no fuy fais 

ni com vostr' onors m'agensa. 4o 

VI. Al senhoriu de Proensa 

es vengutz senher naturals 
a cuy no platz enjans ni mais 
ni cobeytatz no Tagensa 

VIL En Blacatz, vostra valensa ~ 45 

es de totas valors eguals, 
e sapchatz : s'ades etz aitals 
non trobaretz qui ia-us vensa. 



V. 34 C pua conoissetz so, G puois conoisez uos, a pos conoissetz 
qals; pos] ES mas; conoissetz] S conoscatz (ff*?, StudJ : conoisc.) — 
35 queus] H*S sens — 36 B/" ni cum {/"côsi cf. v. 37) ma amor uencut; 
H*S ez aissi raauetz uencut, a e com mi a uos rendut; com] C cum. 
(î?t7. 31-40 id.) — ay. 37 = 40, v. 40 = 37 — 37 EfH^S ni com uos 
(/" cossius) port benuolensa {cf. rime v. 13, H*S gran temeusa cf. 
rime v., 21), G ni com uos am ses failensa (cf. rime î5. 5) — 38 EfH^S 
ni com uos sui fis e leials [cf. ritne v. 22)\ a e com sui uostrom 
naturals [cf. rime v. 7) — 39 H* manque — 40 DIKH^ uostronors, 
CGaEfH^S uostramor {H^S amors) — 

VI. 41 {f manque)', Al] CH^Oa El; G fï deprouensa; senhoriu 
(seignoriu)] S segnoril — 42 Csenhers; naturals] IK aitals — 43 H^H* 
enianz, 8 enian, IK ennians — 44 fi' noill; S noll azenza (cf. v. 40 
agenza) — 

VII. [seulement CH^E) — 45 C blacatz, R^ blazas, E blacas — 
47 C'ètz; H^E es — 48 6'JS7 laus, H^ iaus — 



POESIES DELIAS DE BARJÛLS. tQ 



VIII. (.3., 7 ) 



C 221»; Z>a lySb-c; E i25b; F Sg^-ôo»"; m 58b-c; / i3ia-b; K'" \ 
Q iiod-iii»; R 95b; a* (Campori) 284;/65*. — Rayn., Choiœ, 
III, 354 (C^/î). — Mahn, Werke, III, 54 (= Rayn.). — Orth. : C. 



I. Car compri vostras beutatz 

e vostras plazens faissos, 
don', e*l belh semblan amoros 
e*l vostr' avinen solatz, 
pos no'us aus mon lalan dire S 

ni de vos no -m puesc partir 
ni d'als no son mey dezir 
ni nulh ioi tan no dezire. 

II. A tart serai deziratz, 

avinens dompna, per vos, — m 

tant etz aiit et ieu suy tan ios, — 
si no'us vens humilitatz 



I. 1 CEaf* compri, R comprey, DIKHFQ compre; rime -az] Q -aç 
{partout) — 2 faissos] 1 faisos {K faissos), R faysos, Q' faizos; 
Q uostra plaixens façons — 3 CKRa dona el , DlKHFf dompnel 
{IKf domnel), Q Dona e; semblan {Q semblanç)] CE esgunrd — 
4 QE iiostra auinenç — 5 pos (// puos, iAT pois, R pus)] CEf quar 
{f car); nous] Q nô; mon talan (a talen)] CEfli mos talans — ë ni] 
^Ai (id. V. 7 Aidais, 8)\ 1 puosc, ^puois; Qa nô (a non) pois — 
CEfRFQ dais ... consir {CR cossir), DIKTJa' dal {a' dais) ... dezlr 
{IK désir, H deszir) — 8 nulh (// nuil. E nuill)] DlKFf nul; gang] 
CEf RF ioi \ Ça' ni tant (Ç can) null (Q nul) gaug; //deszire, 7^ de- 
sire — 

II. 9 CERQa Beù tart, DlKHFf A tart; Da sera; H dea/ir^tz, 
R dezira — 10 auinens {D havinenz, 7JSr^ auinenz, Q auinenç) E aui- 
nen, f auinët, R couinen ; a dônal uostre bels cors ioios {voy. iv. 26\ 
— 11 es] CF etz, H ez\ Ha auta; suy {F fui, DIKQ son, f m\) tan 
ios ( Q zons)] CER soi ( C suy) ios — 12 nous] DIK nos , Ff non ;. 
JDIKE humelitatz — 



20 POESIES D ELIAS DE BÀRJOLS. 

vostre gen cors don sospire 

qu'ieu n'ai fag maynt greu sospir 

e say que non puesc guérir, i5 

s'umelitatz n'es a dire. 

III. Ane no'us dis, — ben acordatz 
dona, — tan suy temeros, — 

con e'us am e*n suy enveios; 

tant no fui de vos privatz ; 20 

pero, be*m pens e'm cossire 
que tôt sabetz mon albir 
ves so que*m fai esiauzir, 
qu'ieu no suy del plus iauzire. 

IV. Ben suy iauzens e iratz 26 
del vostre gen cors ioios : 

13 C uostre cors per cuy sospire, EQfu. c. quieu tant {Rf gQ.y c. per 
cui, f qui) dezire (voy. rime v. 8); DIKHFQa vostre gen cors don 
sospire ( DIKH remire voy. rime v. 29) — 14 CERf don ai, DIKHF qu 
nai, Qa en ai ; la faig, fl"^faich; maynt [DHFf mant, Q ma, R mans)] 
/ manque; H grieu, Q gre; F suspire, a suspir; K maintz greus 
sospirs — 15-16 CE = vo. 39-40 — 15 que] F qu; iJTpuosc, F pose; 
JST-Pgarir; Qf e sai (f tem) q nera amorir {f quem ner a morir) — 
16 RHQ sumilitatz {Q seu humilitaç) — 

III. (Q str. III — str. V, str. V=str. III; F str. III-V et les env, 
manquent)— 17 ODIKH no {C no\x^) uinc {/>/-£" uic ; IK peu lisible); 
EfRQa nous {Q anc uos, a anz uos) die {fdiq, ER dis) ; ben acordatz] 
CE ben (-^bens) apensatz — 18-19 D tan {le reste manque jusqu'à tan 
du V. 20) — 18 ERf soi, IK son — 19 CEf ni cossius am (/" cossius 
am ni) arescos (i?oi/. rime v. 27), IKHQaR coneus {H comeus, R cous, 
Qa com uos) am en son {RQ soi, Q sui) enueios — 20 tant fui] 
R car soi; CEf nous aus dir mas uoluntatz {voy. rime v. 28) — 
21 be(n) {R bem) pes (Q pens, a penz) e {R em) consire] CEf bem 
{f bê) pens {E pes) emalbire — 22 tôt {DIX totz, Ç toç)] CEf uos; 
f sabe; H arbir — 23 vesso] CEfR ueusso {R e ueusso), Q vee ço, 
a e vos es so; fai] DIKH fatz; esiauzir] C esbaudir, Qa jausir — 
24 quieu] Qa' que; DIK son ; DHQa' de plus, IK del plus (?); R quieu 
del plus nous soi i.; 6'iS?/'quieu dalre nom {Ef no) sai (i^soi) iauzire. — 

IV. 26 CEf quan uey las bellas fayssos {voy. rime v. 21), R dona 
qan sui denan uos {voy. rime v. 10), a auinen dona peruos {voy. rime 
V. 10) — 



POESIES DELIAS DE BARJOLS. 2C 

iratz suy car eu a rescos 
no'us aus dir mas volontatz 
e suy iauzens quan remire 
vos qu'est la genser que*s mir 3o 



V. Ben es mortz qui apensatz 

viu ni dezaventuros 
d'aisso don plus es cobeitos, 35 

quant no*l n'es nulhs bes iutiaz; 
d'aital mort suy ieu sofFrire 
per vos don no'm tuelh ni-m vir, 
e si* m metetz en azir, 
totz lo mons cre que m'azîre. fy^ 

VI. Comtessa, nulh mal cossire 

non es, hom de vos cossir, 

27 CEfR iratz suy {BfR soi) qiiar arescos (C adestros), DIKH iratz 
car eu arescos, Qai. (Q Diraç) sui c. eu ar. {a enrescos) — 28 DIKH 
nous puosc; uolontatz {DlKQa uoluntatz)] 6'pensatz — 29 DIKH son, 
EfR soi ; D iaucens , // iausens , Q iausenç — 30 DIKH quest ; 
i?/JK" gensor ; Q quis mir; a vos lagenzer com mir — 31 CEfi]Qn mei 
(f miei) huelh (E hueill) me (f mi) fan falhir {E faillir, f failliir), 
DIKHQ e (y ni) miei {IKQ mai) oill nom fan faillir, Ra' mas uiioy 
(a mei) huelh (a oill) man fag [a fait) falhir (a faillir) — 82 OEf sal 
dezir me fan {f m laysson) aucire {E ausire), DIKHQ si [Q sim| fan 
deziran (H deszirar, Q al dexir) auzire (JAT ausire, HQ aucire), Ra^ quem 
fan al (a a) désir aucire {Q ajoute encore une fois le vers 31) — 

V. 33 a] a es — 34 uiu ni] a e uiu; R vieu ; Q B.e.mort q. apensat 
uiu E des aventuros — 85 Ç Daiço, a da qo, DIKH deso; don plus 
es] C don es — 36 can] CE don, Ça e (Ç el); DlKHQa t»o1 ne^ 
\a noilles) nuill [Q nul, a nuls) be (a bes) iutiatz; CEfR nulhs [E nuls, 
R nulh) ioys nô les \R nô es, f nol nés) donatz — 37 EfU soi, 
DIKH son; CEQa suf(f)rire — 38 CEf per nos, DlKHQa dôpira; R e 
non ai poder quem uir; f ni mir — 39 Qa sem m. {(? se m.); // aizir, 
Qa air — 40 (7 tem que totz lo mons, EfR totz [R tôt) lo mons 
[R mon) cre [R crey) quem, DlKHQa eu cre (Ça ben cre) totz lo 
mons [Q tôt lo mond); Q maire — • 

VI. [Ef une autre T., Qa manquent) — 41 DIKH consire — 
42 DIKH non es hom, 6'n. e quom, R non es de uos lo — 



22 POESIES DELIAS DE BARJOLS. 



anz tenetz cort de servir 
e de solatz e de rire. 



VIIp D'En Blacatz no* m tuelh ni- m vire 45 

ni de son pretz enantir, 
que tan no'n puesc de ben dir 
qu'ades mays no*y truep a dire. 



IX. (i32, 6.) 



Ç 222*;-d* fi gSc. — Rayn., Lejc,, p. 420. — Mahn, Werke, III, 56 
(zii Rayn.). — Orlh. : C. 



Bon' aventura don Dieus 
a mos huelhs et a mon cor, 
quar an la gensor chauzida 
del mon e la plus avinen; 
e no-y menti, mon escien, 
ans sai e conosc que vers es ; 
qu^enaissi'm venha de lieys bes 
cum ieu cug y ver dire, 
e si eu men, ia no-n sia iauzire. 



43 BIKHR anz j^ ans); R a. t. ben c. d. s. — 
VII. {Cseul)i les mss. E et f contiennent une autre tornade : 

Bona domna s'a vos platz 
merce-us quier, que qiian conssire 
de vos qui es ni m'albir, 
si merces no* m vol venir, 
mortz suy senes contradire. 

(u. i faiuos; u. 5 /*est; v. 4 E noy) — 

I- 3 Jî can la îesor — 5 C esaen — 8 CR cum ieu cug ver dire 
9 Jî per ain men — 



POÉSIES d'elias de bàrjols. â3 

II. E pero vuel esser sieus lo 

lialmen e de bon cor, 
quar es la plus yssernida 
e ia non trobara conten 
de beutat ni d'ensenhamen, 
ans puesc ben dire : que sieus es |i 

qu'e*l plus ric senhoriu s'es mes 
qu'en tôt lo mon se mire, 
per qu'ieu li suy leyals hom e servire. 

III. Si totz lo mons era mieus, 

no'n auria gaug* mon cor ao 

ses lieys que tant es grazida^ 
cuy am e dezir finamen ; 
e si erguelh ni falhimen 
fas, quar la prec nil clam merces, 
ia*l sieû gen cors guai e cortes, j»? 

s'a luy plai, no*s n'azire 
qu'ai fol deu hom sas foldatz laissar dire. 

IV. Si tan gen mûri Andrieus 
non amet miels en son cor 

qu'ieu fas lieys qu'ai encobida ; 3o 

no sai si* m fas foldat o sen 
quar en tan honrat loc enten; 
per Dieu, amors, si foldatz es, 
me perdonatz : est nescies, 

qu'icm laissari' aucire SS 

ans que*n partis mon cor ni mon dezire, 



II. 11 R lialmens — 12 i2 eysernida — 16 i2 senhorieu — 18 li soi — 

III. 19 R tôt le mons — 26 -ff nayre — 

IV. 29 R mielhs — 



a4 POÉSIES d'elias de barjols. 

V, Nulhs afans no m'en es grieus, 

tan la dezir e mon cor! 
E quar tan Taurai servida, 
prec li per son belh chauzimen, 4o 

si paratges la*n defen, 
q'umilitatz la-n reténgues, 
qu'amors m'a si lassât e près 
que no sai on me vire 
nî no sai ieu de que me puesca rire. 45 

VL Chanso, la comtessa valen 
de Savoia, on fin pretz es, 
me saluda, e*l pro marques, 
e sapchas li ben dire 
quel genser es qu'en tôt lo mon se mire. 5o 



X. (l32, II.) 



C 224ii; /> ij-A; H 58^-59»; / i3ib-c; K 117a; R gSc; a (Campori) 
384. — Ardiiv., XXXIV, 4i8 (H)\ Studj., V, p. 55o {H); Mahn, 
(7e(f,,945 (/). — Orth. : C, 



I. Pus vey que nulh pro no-m te 

A mors, ni nul be no 'm fai, 
no fas nul esfors si-m n'estrai ; 
pero, forsatz m'en recre, 

V. 37 C no mes — 38 /i ë — 39 CR quar t. 1. s. — 40 /2 sos bels 
clmiîzÎTnenB — 41 Clan, R lay — 43 6' qu'amors, R amors — 

L l €R pus, IKH puois, Da pos; DHlKa nuill {D nuil) (id. vv, 2, 
3, 9, fO); R te amors.; Da te amor. — 2 D amor; C nul (id. v. 3) — 
3 H fatz] li nulhs esfors, a gran efforz — 4 men] €me — 



POÉSIES d'eu AS DE BÀRJOLS. 25 

quar non puesc tan lonjamen 5 

sufrir tan grieu malanansa 
e quar non ai esperansa 
en calque revenimen. 

IL Nulh' esperansa de be 

ni nulh bon conort no sai lô 

en amor, quar los sieus dechai 
e*ls fais enans' e mante, 
qu'il n'an tôt lo iauzimen ; 
pero, qui'Is sieus dezenansa, 
el dezenans pren mermansa iS 

part io blasme qui-1 n'aten. 

III. Ben fui sieus per bona fe, 

mas pus tan mai m'en estai, 
d'amor, que negun ben no-n ai, 

pes quascus hueymais de se, Ip 

qu'ie*n part mon entendemen 
e mon cor e m'esperansa, 
forsatz, pos re no m'enansa 
ni no'y truep nulh chauzimen. 



5 HlKp\i09c, a pose; J^longaraen — 6 sofrirj <7 sufrir; RDlKa gren ; 
-ansa] DHa -anza {partout) — 7 DHIKq que non ag esperansa (i? nj^ea 
perâça, IK agues peransa) — 8 -ff reuenemen ; D ecal qrre u[^mnu«n — 

II. 10 nulh] C lunh; non] a noi — 11 quar] a qi; DIK lo Hieiia; 
a sens (id. v. 13) — 13 CR que tug nan esiauzimen; (a qinnii corr. r 
qiuan par Piero di Simon del Nero) — 14 Dqm\ sieu; CR des^enansa, 
DHIKa desenansa — 15 CRa dezenas (/2 desenans, a (ii^immm), 
DHIK desenan — 16 C pat los blasmes; C quel, RD ql [Il q'el|î 
IKa quil — 

III. 17 HCRa suy {R soi), DIK fui; UlKa sens — 18 CRa e, 
DHIK mas; CD ta mal; a menestrai {voy. v. 3) — 19 ii^ danior^; 
negun] R degun, a miill; CR ben non ai; DHIKa ben nom {IK notii 
manque, a nô) fai — 20 DHIKa oimais — 21 CR luenh, DHIK parLÎ 
a qe lo meu entendimen — 2S D manque; a forzas; HIK pois reinj, 
a pos res, CR mas res — 24 CR pus noy {R nô) truep, DHIKa ni noi 
trob {D trop, a truep) — 



} 



20 POÉSIES d'eLIÀS DE BÀRJOLS. 

IV. Ane iorn no*y trobey merce, 26 

en amor, ni'l plac ni-l plai, 
per qu'eu ia merce no'lh querrai 
quar pes que no-m valgues re; 
qu'ap senhor avar, tenen 
ai estai ses alegransa^ 3o 

qu'anc ren mas ir' e pezansa 
no-n ayc ab greu pessamen. 

V. E pus enaissi's capte 

amors vas los sieus quels tray, 
be suy folhs s'ieu pus m'i atray ; 35 

que negus bes no m'en ve, 
si fai d'aitan solamen, 
que'l beir en cui ai fiansa 
de que* m don gran benanansa 
de son bon pretz no deissen. 40 

VI. Savoia e*l tenemen 

sal Dieus, car nos creis d'onransa 
que flors n'ieis de tal senblansa 
don esperam frug valen. 



IV. 25 a Cane ; noy] Ra non ; I) trobiei — 26 CB nil plac enqueras 
nil plai; B en amors — 27 CM per que; RIK nol, DHa noil {H noill) 

— 28 CR tem, DHlKa pes (a penz) — 29 ab] CR ap; BIKH seignor 
(i seingnor, a segnor) ; DIllK auar e tenen ; CRa per, DHIK ses — 
31 CR res; a e re... esperanza — 32 i> ac; ab] CR e — 

V. 33 e pos {CR pus)] a e pois q' — 34 i> uers; CR los sieus quojs 
{R quels) tray; DHIK\o sieu sestrai {voy. rime v. 5), a lo sens ques- 
trai — 35 fols] H folz ; sieu] a que ; CR pus ; C mi tray — 36 CR que 
negus bes, DHIK ]^os {IKa pois) autre be; a pois que nuls be nomene 

— 37 a de tant — 38 CIK quel ben, DHRa quel bell (a la bell) — 
40 a del seu; CR de tôt malestars defen — 

VI. (dans DUIK seulem.) — àl D retenemen — 43 JK neis — 
44 iJST esperan -^ 



POÉSIES D ELIAS DE BÀRJOLS. 27 

VII. N'Isnart, donan e meten 45 

creissetz de terr' e d'onransa, 
En Blacatz no's dezenansa, 
qu'ades lo truep plus valen. 



XL (i32, 9.) 
. C 223c-<i; R gSb-c. — Mahn, Ged., 1076 (R). — Orlli, : C, 

1. Morir pogr'ieu, si-m volgues 

e*l vostre poder, amors, 
que ia no*m volgratz far socors 
en tal loc m'aviatz mes; 
per qu'es fols qui no*s desvia 5 

de so don no*s pot iauzir, 
e selh qu'o met en sufrir 
es fols e sec sa folhia. 

II. Hueymay no suy vostre près, 

per que*m puesc virar alhors, tô 

e fug a*ls sospirs et als plors 
et a las malas merces 
de vostra grieu senhoria, 
amors, tan qu'alhors me vir ; 
e suy iratz del partir i5 

si be*l colpa non es mia. 

VII. (a manque) — 45 CR Richart donan e tollen — 47 i? mftnque; 
IK blancatz; CR dezenansa, HIK desenansa — 48 BIE{II) trop; 
CR pus — 

\. b R desuiatz ^1 R cornet ê oblit — 

II. 9 près] R pretz — 10 ^ fuch — Va R greu — 14 Jî j^tnor -^ 
Ib R callior — 



âS POÉSIES D*ELIAS DE BÀRJOLS. • 

ÎIL Ses colpa no suy ieu g-es, 

qu'a la belh'on es valors 
e fin pretz e vera lauzors 

cugey amar me degnes ; 20 

ben aigui pauc sen lo dial, 
mas amors Ia*m fetz chauzir 
e miey huelh per que*ls n'azir 
e ia mais no'ls ne creyria. 

IVi Amors, anc pro non tengues 26 

als voslres amies melhors, 
mas als fenhens gualiadors 
que vos meton en disses 
donatz de ioy manenlia, 
amors, e faus escarnir, 3o 

e ia no-us degr' abelhir 
fais amies ni fais' amia. 

ITç Amors, pus no* us plai mos bes 

a mi no plai vostr' onors ; 
pero, forsatz en fas clamors 35 

e no 'US pessetz que 'm tolgues 
de vos^ si bes m'en venia ; 
e quar no m'en pot venir 
ni no-n ai mas lo dezir, 
tuelh m'en e tenc aulra via. 4o 

VI* Pros comtessa, on que sia, 

Biatritz, puesc per ver dir, 
que'l genser dompn'es que*s mir 
e pretz per melhor vos tria. 

TIT, 17 ^soi — ISiZvalhors — 20i2cugiey;6?72degue8--21 /2 agui 
— 2i It m mixy — 

IV. 35 ^ nom, C nom corr. en non — 28 i? deses — 31 C e manque; 
R abelir — 

V. 34 R onor — 35 C fauc — 36 ^ tolges — 40 m'en] i2 me — 

VI. ^ R bietris — 43 (7 gensers — 



POESIES D ELIAS DE BARJOLS. 



XII . (i32, 4.) 



C 254c-d; n 8od; E I25a-b; ff 58a; M 35c-d ; p Sab; R 95b; s 193-4; 
/65b; a (Breviari (TAmor^ v. SSqi 1-18, str. I, et 38921-28, sir. II; 
t. II, p. 65i). — Mahn, Ged., 918 (C), 914 (S); Archiv., XXXIII, 
309 (P). 



Ben deu hom son bon senhor 

amar e servir 
et honrar, et obezir 
a tota s'onor, 
e de mal senhor ses merce, 

quant ponha-ls siens en desfaire, 
se deu hom qui pot estraire, 
quant sos servizis pro no-lh te. 



II. Atressi's deu hom d'amor 

per bon dreg partir, 
quant ve que no-n pot iauzir 
ni'l val ni'l acor ; 



I. {E vv, i-iO mutilés par la coupure d'une miniature; reste : 
s de bariol. |jhon son bô | r. amar & obe | tota sonor. ses mer | can 
ponhals | endesfaire . se | ora qui pot es | e . quan sos ser || or. per bon 
dreg I homno sen etc..) — 2-5 2) amar seruir & onrar . & obezir atota 
sa onor . E del seignor ses merce . — .3 MPS obedir — 6 CEfD quant 
{Kf can), MHHPS que {M qi); ponhals siens (M poinhal siens)] 
HPS pu(i)gnal seu {PS sens); D deffaire — 7 Z> se de — 8 quant] 
M pos; DHPS seu; DHPSM no\\\ (// noil), Hf nol; DE PS seruissi 
(-ÉTseniiszi, PiS seruisi), /i serai rs — 

II. 9 CEfMR atressis (a atreci), D autressis, HPS autressi [PS au- 
tresi) — 10 Df dreit, EPS dreich [R 9-10 a. d. h. damor partir p. b. 
dreg.) — 11 C^/' quant hom no sen p. i., DMR can ue {Jû uen, M pos 
uei) qe non(Z) qom nos) p. i., II PS qi damor nos pot — 12 CE'f M secor 
ifM socor); 6'Pnill... nili; S nil... nilh — . 



3o POÉSIES d'elias de barjols. 

per qu'ie*m part forsatz cm recre 

d'amor cuy suy merceyaire, 

car anc iorn no -m vole ben faire i5 

ni non ae ehauzimén de me. 



III. Partitz me suy de Ferror, 

en que- m sol tenir 
amors, e del lonc dezir, 

don non sen dolor ; 20 

e s'en anc dels mais trais granre 
e dels bes no*m lausei guaire, 
sos dans m'es greus a retraire 
aitan li port de bona fe. 

IV. la mais semblant trichador 26 

no*m poiran ausir 



13 CEfMR per quiem {fM per quem), DBP8 per som {Pzom, S çom) 

— (13-14 E p. q. p. f. e. recre damor . cui s. m.; R p. q. part forsatz. 
em r. d. c. s. m.) — \4: PS merceaire {corr. MG -iaire), f mercedaire, 
D merceia — 15-16 R manque {v. str. IV) — 15 CEfD et {D car 
cf. HPS) anc iorn nom uolc ben faire, M qanc un i. non u. b. f., 
HPS qar anc nuil be nom {P non) u. f. — 16 CEf ni nol près ehauzi- 
mén {E chauzimens), DHP8 ni no {PS non) ac chauzimen (IS iauzi- 
men), M ni ac anc iauzimen — 

III {IN dans HPS) — 17 me] R men — 18en] R em, P era; DRPiexieT 

— (18-19 RfQ. q. s. tenir amor . éd. l.d.) — 19 i2/*amor; Pdels, 5 des; 
^deszir, /^ désir; DR lonc (/? greu) cossir — 20 CEfD don {D dom), 
MRHPS qe ; non] Rf nom — 21 CEf RM e si tôt mai {M naic) dels mais 
(3/" del mal) granre {CR ganre, M gran be), UPS Et seu anc (P ac) dels 
mais (^del mal) trais {PS trags) granre (Pgranren), D car dels mais 
nai soffert granre — 22 e] iï ies; ITdel be, PS dels ben; lausi (if lasi) 
{cf. Vil, 29, et VllI, i, var.)] HPS lauszei {S lahiizei, P sabuzei, 
corr. Arch. -ai) — 23 CEf grevis mes mos dans a r.; DHPSMR sos 
(if mos) danz {R mais) mes greus {HPS greu) a {DRM per) r. — 24 li 
port] C lai — 

IV (III dans HPS; R vv. 25-30, 31-32 à la fin de la strophe II 
manquent) — 25 fPS lamai ; HP8M semblan ; PS tricador — 
26 CEfMD nô {fMD nom) poiran (2> poiram, CEf poirai ) auzir 
(C iauzir), HPS nom {S nô, P non) faran morir -^ 



ik.^ 



POESIES DELIAS DE BÀRJOLS. dl 

ni'U meu no*m faran languir 
huelh gualiador, 
quar folhs es qui sos folhs huelhs cre, 

mayntas vetz, so m'es veiaire, 3o 

e fols qui trop es guardaire 
d'aisso que no*l tanh ni-l cove. 

V. Al valent emperador 

vuelh mostrar e dir 
que totz met Dieu^ en azir 35 

mas son servidor; 
e pus Dieus Ta donat de que, 
serva-i a dreg Temperaire 
qu'om del mon no pot plus traire 
mas tant quant aura fach de be. 4o 

VI. Comtessa Beatris, gran be 

aug de vos dir e retraire, 
quar del mon etz la belaire 
de las autras dompnas qu'om ve. 

27 CEf ni ia nom, M ni no mi, DHPS mill meu nom {PS non; D nil 
mays no) — 28 DHPS oill (D oillz) — 29 fols] C folhs, M folls; 
DHPSoiW^ [PSoiW] — 30 H PS mantas; so mes {PS cho mest) ueiaire] 
DM al mieu {M a mon) u. {D 29-30 sans point) — 31 /!/ garaire; Il e 
peex {sic) que t. e. g. — 32 daisso {HPS daicho)] UM de so; que noill 
{M noilh, Mf nol, C noi)] P qil non, 8 qi noill ; DES nill — 

V. 33 ERDU ualen, PS ualenz {corr. Arch. -en) — 34 DHPS voill 
— 35 DM tôt; HPS q. d. m. t.; R que tug an de dieu aizir; PS air — 
36 mas {PS mal)] M fors; R sal li sieu bo s.; sos servidor] E sos 
servidors, DHM son servidor — 37 CR pus, EM pos, DPS pois, 
///"pueis; la] DHS lia, P ia, E ha — 38 6'Ay sieruala dr., D seruena, 
HPS serual dr. {P serua la dr.); UM serual la drez emperaire {R 37-8 
e p. d. la donat . de q s. 1. d. e.) — 39 quom] D car, HPS qe; M qoms 
el mon no pot es traire — 40 CEf M aura {M naura) fach, RDHPS i 
far a {R fara) — 

VI. 41 CEP beatris, DHSMf biatris {DM biatriz), R bietritz; 
41-42 CEfD gran be . aug {D aiez) de uos dir e retraire (e r. man- 
que E), HPSMR ben cre . qe per uer pot hom retraire {M ben cre . qn 
uer pueis dir e r.) — {R 41-42 : C. bietritz . bë cre q p. v. p. h. r.) — 
43 CEfD quar, HPSMR qe; es] C etz; RM ql mielher es {M estz) ei 
belaire; D beillaire, H bellaire — 44 de las autras] CH de lautras; 
D sobre totas scelas coue. — 



32 POÉSIES d'eLIAS DE BARJOLS. 

VII. En Blacas ies no se recre 45 

de son fin pretz enan-traire 
ans val mais que no sol faire 
e melhur e creys so que te* 



XIIl. (l32, 2.) 



E x'i-]^', a' (Campori) 286. — Rochegude, P. O., p. 96 (E). 
Orth. : E. 



î* Amors, be*m platz cm sap bo 

quar per vostres faitz vilas 
mensongiers e soteiras 
vos mesprendon iug li pro ; 
tôt per la vostra faillida 
vos fui cascus e*us oblida 
e pe'ls fols captenemens 
que faitz tan dezavinens. 

ï|; Amors, ieu vi la sazo 

que vos eratz flors e gras ! 



VIT* {RfD manque). 45-46 HPS Ges de ualen prez nos recre . blan- 
caiz ni sen uol estraire; M i!5 Ez en blacatz n. se r. — 48 HPS e meil- 
lura de ho qel (PS qil) te; Jf e meilhuratz es so q te. — 

Ordre des strophes dans E : 7, //, I V, 221, V, T^; dans a : 7, 
Il — vv. 9-23 + 2i-24, 212 — vv. 17-20 + i4-i6, /F, F, T*. 

I. 1 ^ûinor, a ^mors (id. vv. 9, 27, 25); a rime -o = -on (partout^ 
cf. V, 4] — 2 a rime -as := -anz ou -ans [partout] — 4 a uei queus 
desprezon li bonz — la per fols; a rime -enz {partout, cf, vv, 23-4) — 

II, 9 rt faizon (s suscrit « è del correttore ») — 10 a eras — 



POESIES D^ELIAS DE BARJOLS. 33 

ar vei dels plus sobeiras 

qe*n tenon tug mal resso; 

c'aissi'us es enmalezida 

q'a cels qi*us an obezida 

es mensongeir' e volvens i5 

e sirvetzios dessirvens. 

III. Amors, ieu no sai baro 
tant sîa ioves efas 
que mezes dos astezas 

ni'us servis ses guizardo ; 20 

per que cil vos aun gequida 
qi'us an longuamen servida, 
car meins n'a de iauzimens 
qui plus vos ser lialmens. 

IV. Amors, aissi'us die de no, 26 
qu'ieu no soi en vostras mas 



qui'S met en vostra preizo; 

e gart me Dieus d'ailal vida, 

que ia no-m si' escarida 3o 

qu'ieu vos si' obediens 

ni-m torn e'is vostres turmens. 

V. AI valen rei de Léo 

qu'es senher dels Castellas 

11-12 E kv vei quels ... en tenon..., a Er vei dels ... qin tenon... — 
13 a qaissi es emalezida — 14 uas cels queus — Ib E ques menson- 
giers e, a el {sic, dans la copie) mensongeir e. — 16 E sirues — 

III. 18 E efas; a ni sans — 19 a qi mezel {cf, v. 15) dos e bezanz — 
20 a ni vos ... guizardos — 21 ^ sels; a an giquida — 22 ^ queus; 
a loniamen — 23 j& naun; a chauzimen — 24 a cel qui vos seru 
leialmen — 

IV. 26 a non sui — ^1 E esparuier es deuilas, a car ben es simples 
e planz — 28 j& enuostre pro — 30 -^ escaria -—31 ^ sia , a sie — 
32 a ni torn als ... — 

V. a lion — 34 ^ senhor decastelas — 



34 POESIES D*£LIAS DE' BAIUOLS. 

cui eu soi]amicx sertas 35 

tramet, si'U platz, ma chanso; 

e si er per lui grazida 

meils n'er cantad' et auzida 

qu'el es sobre* Is plus valens jt 

lars e adrei[z] e plazens. 4» I 

"^1+ ] don vida | 

car au [ 1 



Vil, les sa valor(s) no'm oblida 45 

de la comtessa grazida, 
Biatris, ni sos bos senz 
mi SOS bels captenemenz. 



35 ^decui soi — 36 a' sil — 37 J^ ben sen per 1. g. — 39 ^ quar el es 
sobrela ualeiia — 40 E lares cor tes e manfens] — 

VI. dans E seul et mutilée — 

VII* dans a seul; — 45 non oblida 



poésies APOCRYPHES D*ELIÀS DE BARJOLS. 35 



XIV. (i32, 8.) 



C 222«-b; E ,26«; M 77C ; R{i) 16*; Ri^) Soa-b; a, i85-6. — Mahn, 
Ged., 1024 (/Î3); ,072 (/Î2); /îet;tfc rfc* /. rom., XLV, i34 (a). 
— Orth. : C. 



Mas comiâi ai de far chanso 
de midons cuy am e dezir 
a lieys o deuri'om grazir, 
s'ieu ia fas bos motz ni guai so ; 
oc!, e s'ieu ren de ben fazia, 
grazit fos a ma douss' amia, 

car de lieys tenc un pauc de ioi qu'ieu ai; 

pero, si-1 platz, encaras n'aurai mai. 



Ordre des strophes : CEE* M : J, II, 111, IV, V; E* : 1, V\ IV, 
m, II; a : 7, IV, II, III, V; R*a mettent les six derniers vers de 
la str. 111 dans la str. IV et inversement {R*a 111 = 111 i;e. i-2 
+ IV vv. 3-8; R*a IV = IV vv. i-2 + 111 vv. 3-8) — T* manquer 
Ma; T* manque R*Ma. 

I. 1 CER^M mas, R*a pos; CER^ camiat, a comgnhat, -R* coman, 
M ai poinhat — 3 CER^ a lieys {ER^ a uos) o deuria, MR^a a leis o 
deuriom \R^ deuria hom) — 4 ER^M sieu fatz (/Z* fas , E faut), C si 
ia fas, i2" sieu ia fas, a seu i faz; bos] R* be; guai (R* gays) soi 
M gen so — 5 i?' e sieu ia, CER^ mais, MR*a ren (a re, li^ res] 
M renbe) — 6 a ma doussa mia (a gr. f. m. douza, R^R* dossÉi), 
M tôt a ma mia — 7 CER^M car de lieis [MR* leys) tenc, R* par 
quieu tenc, a qe de leis tein; CER* ben que ai {R* ay partout), 
MR*a ioi qieu (a qeu, R^ que) ai {R* -dij partout) — 8 pero ail {E sill) 
platz {R* play)] MR* e sa leis platz {R* e saluy plai); C encaraa, 
^encar..., ii^-Sf encara {M ancara), R.^a enqueras (a anqeras) — 

Evv. 8-23 mutilés par coupure d*une miniature; reste : v. 8 pero 
sill platz encar | 9 Bona dona | 10 nous me pot | ii-i2 tôt miirii' . d | 
13 80 faitz uos | 14 ram de feun | 15 leial mûrir | 16 rir des mai j 
17 amia si di | 18 mais quieu | 19 solatz e durm | 20 te pro mas 
1 1 P^ de chantar aram parti | 23 daisso don etc. 



36 POÉSIES APOCRYPHES d'eLIAS DE BARJOLS; 

II. Bona dompna, mas vostr'om so, 

qu'auir' e no*us no*m pot guerentir, lo 

laissaretz mi del tôt mûrir 
d'aisso don mi podetz par do; 
si o faitz, faretz vilania, 
e parra us rams de feunia, 

qui son franc home leyal mûrir fai i5 

de dezirier ni-I pot gitar d'esmai. 

III. Âmia, si Dieus mi perdo, 

trop vos am mais qu'ieu no sai dir, 
qu'ie-n pert lo solatz e*I durmir 
e*l ris, ni als no mi sab bo; 20 

mas tan que tornatz suy en via 
de chantar, dont ieu me partria, 
qu'ieu chant aras d'aisso non mil vetz ai 
plorat; — be*s tanh, mas a ma dona plai* 

II. 9 a Bella domna, R* E doncx d.; CER* mas, R*a pus (pos), 
M ieu; vostrom] R*Muo9ires — 10 CBR* quatre (H* cautre) nous me 
pot guerentir, MR*a quautra (R* e autra) no mi (R* nom) pot g. 
{Ma g(u)arentir) — 11 M laiseres; R* me; Ma morir — 12 R^aM podes 
{R* mi inanque)\ a v. 12 : don vos mi podes Ieu f. d. — 18 CER^ so 
faytz (/2' faytz.) nos f. v., MR*a si o (a e so) fas {R^ falz, a faitz*) f. v. 
— 14 a e pueis er; CER^M un ram, R^a vs (a vns) rams (a ramz) — 
15 R* qzl; C home si leyal; ifcfqe sou franc hô lais hô mûrir — 16 nil] 
R*a el, M qil; gitar] R^E guérir — 

III. 17 jB* Madomna; mi] R*R^ me, a Amiga ia; nom — 18 a seu 
nous; a qeu; ii* q; ^* m. q nous aus — 19 CER^R* quieu en pert 
solatz e durmir (/2* dormir), Ma qi en [a qen) pert lo s. el d. (3f dor- 
mir) — 20 CER*MR* que (R* e) rire ni als nom te {R* tem, M tem 
[l'maun point souscrit à la fin = n] R* ten) pro {voy. rime v. 33), a el 
ris. ni als no mi sab bo — 21 mas tan que] R* may siuals, a mais pois; 
R*{M) tornat; R* solas s. e. via, M tornat enuia, a tornatz. soi en la 
via -— 22 CMR^a d. ch. dont ieu (a de cui) me {M mi) partia {M par- 
tria, a parria), ER* d. ch. aram partiria — 23-21 CM : quieu {M e) 
chant aras daisso (Af daquo) don mil uetz ai . plorat ben {M bes cf, 
R*a) tanh mas (M pos cf. Ea; R*) amadona plai, R^E : quieu chant 
daysso don .M. uetz (^mil u.) plorat ai (^ai plorat cf. -B") . bê {Eben) 
tanh mas (E pos) ama dona play, R* : per quieu chant so dô mil vetz 
ay {l'& et y ont un point souscrit) plorat . ay . bes tanh pus q a ma 
dona lo play; a : suna vetz chant don {corr. de con) mil vetz plorat ai. 

cf. R*) be se coue pos a ma dona plai. — 



POESIES APOCRYPHE d'eLIAS DE BARJOLS. 87 

IV. Ane hom mais tan forsatz no fo 26 

d'amor, e no m'en puesc partir; 
e, si*m faitz finament languir, 
mais vueilh en vostra sospeiso 
estar que si d'autra iauzia ; 
lauzir non es, car no*m poiria 3o 

autra dompna tener iauzent ni guai 
ni totz lo monz, dompna, de vos en lai. 

V. No sai far mon at ni mon pro 

vas nulha part; tant no m'albir, 
e ia no'y vuelh esdevenir ■$$. 

s'ieu no'us bays la boc' e*l mento, 
de vos, cuy am senes bauzia, 
e no crey mays tais amors sia 
que mal grat vostre'us am e'us amarai 
e mal grat mieu, mas amors m'o atrai. ^o 



IV. 25 hom mais] a mais hom; forsatz {M* forsat)] Ji*a cochalz 
(E* -at); jB* c. n. fo dam ors . cuy... — 26 e no] Mn\ no; iï* 2*» r a cuy 
nô puesc gandir — 27 M* fay, M fas; M* e si enaysim faytz L; a e 
si per so me fais 1. — 28 uueill] Ca ara ; a sospeizo estar . qe — 
29 CER* dautram, MB*a dautra — 30 es] M* er ; nom] B non, ii* nô; 
E* non; AJ e iauzir nô qe non poiria, a iauzir. nom cami non plairia 
— 31-32 aR* qe mi non pot faire i. ni g. (J2" e ia no cug mi fes ioios 
ni iay) . totz (iî" tôt) lautre monz {R* mô) ... — 32 de uoa en lay] Jtf si 
UO8 non ay (voy. rime v. 24) — 

V. 33 no sai] -B" no vuelh; CR* mon be ni mô pro, ER^Jfa mon at 
ni mô {M mon enantz ni, a mon dan n. m.) pro (a pron) — 'di OR* ab 
nul autra quan mo cossir, R*E3f uas nulha part , a en nulha rpn ; 
R*EMa ta nom (M non, a noi) albir — 35 noy] JV no; iî' édevenir 
{cf. R*); R*a si tôt no puesc endeuenir (a ni noi poiria devenir) — 
36 EJl*M boca el; jB* col bays 1. boca el m. — 37 cuy am] a cui hom 
sui; FR*M ses, a senz; R* a leys cam de cor ses — i& cr. m. tj 
R* cre caytals; a 38 : e serai e nomen partria {voy, v. 22) — 3Ï) t^que 
mal queus pes uos am eus amarai, R^Eq malgrat uostreus anmray 
{E amaire), a malgrat vostre vos am eus amarai, R^ q mal son grat 
lam elamaray — 40 e m.] E malgrat; R^EM mas, Ca oiis, /?' car — 
39-40 M: q malgrat mieu mas amors uos atrai. — 



38 POÉSIES APOCRYPHES D*ELIAS DE BARJOLS. 

VI. En vostra bona merce sia 

[e totz mos sens e ma paria] 
qu'ieu ncm recre, dona, ni-m recreyrai 
de vos amar ni nulh poder no*n-ai. 

VIL Ghanzos, vai t'en e ten ta via, 45 

a la bella'm di senz bauzia 
qu'autra dompna no voil ni qier ni ai 
ni vos non ai ni sai si ia'us aurai. 



XV. (i3i, 2.) 



a' {Campori) 587-8. — G. Bertoni, Rime provenzali inédite, 
dans Studj di fil. romanza, VIII, 4? i • 



La tenzo d'En Iaufres e d'En Elyas. 

I. En Iaiifrez(?/, si Dieus ioi vos aduga, 
ara prenetz d'aqetz dos partimenz : 
1res ï^radaletz podetz aver d'eruga 
si 'US abelis, mas a totz iornz rendenz 

VI. { CEE^E^) — 42 (7 quieu nom cre ni ia nom creirai, ER* q. nom 
recre niin recreyray, R* q. non recre dona nim recreyrai; 42 voy. 45-6 
— 4a nnlli] R^ liinh — 

Vil. ( aER^a\ — 45-46 CER^ a uos cuy am ma chansos (^>^chaûso) 
sia^ E totz m 03 sens e ma paria — 4[î C quautra dompna no crey ni 
lem ni ay, R^E cautra no tem ni crey [E no crei ni tem) ni uos nô ai, 
a cautra d5na no voil ni qeir ni ai — 48 C ni uos non ai ni sai ni iaus 
aurai, ER^ ni siii si iaus (iZ* ia mays uos) aurai, a ni vos domna non 
Hwl ei vos aurai — 

L 1 laufrez — 4 une syll. (mas) manque — 



T^ 



POÉSIES APOCRYPHES d'^ELIAS DE BARJOLS. Sj 

Na Biatris, Na MabiF e N' Uga, 5 

que chascun' es bella domn' e plazenz. 

La qal razon tenretz per plus astruga? 

Car eu sai ben qe totz hom conoiscenz 

pot ben chauzir lo miels se-Is oils no cluga. 

II. Pueis tan voletz, N'EIyas, qu'eu i prenda lo 

dels partimenz penrai cel qui'm sab bo : 
Teruga voil aver qeg iorn de renda, 
q'a las domnas non tenri'eu nul pro 
ne las a mi, per q'es dregz qu'ie*m defeoda, 
q'al maior ops lur diri'eu de.no; . if 

ni ia no yol qe neguna contenda 
un iorn per so mi irueb eu en tenzo ; 
ar ai trop dig ad home che m'entenda, 

III. Ben nos enten, amies, qe voletz dire, 

En laufrezet, tant m'o dizetz vos plan ; 20 

lo ioi d'amor tenetz a grieu martire — 

qi vi anc mais [tan estrain crestian — 

qe] non voletz mais lo solatz e-1 rire, 

qe l'autre ioi tenetz per soteiran, 

qe d'una vetz n'aures pro, so m'albire; a5 

Peruga-us lais ab qe manges de pan 

q'eu no la vueill, ia Dieus tan no m'azire. 

IV. Mais am estar en tan grieu penedenza 
q'eu non fera si l'autre agues près, 

q'a sol' una non puesc eu far valenza, 3o 

donc qi eu's sembla qu'eu lo conplis de très? 

II. 11 rime -on (id. 15, 17 et 13) — 14 qem « Il ms. leggeva qim* 
Fu poi cancellata V-i- e posta una lineetta su q [aprr's?] » — 16 ne- 
gunam — 17 uniorn per mi trueu en tenzon — 18 truep [cf. u, 40) — 

III. 22 « /i ms. ni con n corretto di seconda mano * — 23-24 Un e. 
cr. qe non « aggiunte da seconda mano » — 

XV. 31 qieus sembla — 



4o POÉSIES APOCRYPHES d'eLIàS DE BARJOLS. 

Enan voil far de mon cor estenenza 

qe comenzar so q'eu far non pogues. 

E vos, N'Elias, anas per Proenza 

qeren vostr' ops e de mi non penses, 35 

car ieu ai près toi zo qe plus, m'agenza. 

V. En laufrezet, ben vos puesc en ver dire 
qe ia'N Biacatz ab vos no s'en tenra, 
si tôt non a d'amor mais lo dezire. 

VI- Mais En Biacatz fai, truep, long' entendenza, 4o 
Amies N'Elias, trop ben Ti n'es près, 
car el degra fenir so qe comenza. 

YI. longe e 



COMMENTAIRE 



Les manuscrits. — Les deux mss. C et E remontent à une seule 
source œ qui n'est pas l'original ; cela est attesté par la faute coiu- 
muue du v. 27. E s'en éloigne plus que C : de ses six variantes on est 
obligé d'écarter trois (vv. 22, 24, 3i) et on gagne à écarter les trois 
autres (vv. 7-8, 19, 82). Par conséquent, rien n'empêche di- suivre 
entièrement C (sauf l'emprunt de gazanhs de E pour gazaus de G^ 
V. I, où l'orthographe de C est moins conforme à la règle géu<ï[ult!). 

La forme : 

7a' 56 76 7a' 76 76 loc loc 

5 coblas anissonans, sans tornada (qui paraît n'avoir jamais existé 
plutôt que s'être égarée, car sa fonction est remplie par la strophe J). 
Cette forme fait de notre pièce un unicum parmi les cinq autres de 
la liste de Maus (p. 1 14^ no 492) qui offrent le même compas- 

Le genre. — C'est une pièce « énumérative ». Je publierai prochai- 
nement sur ce genre une note spéciale. 

Date et localisation. — M. Suchier (Jahrbuch, XIV, 121) a indi- 
qué que notre chanson devait être antérieure à 11 89 à cause de hi 
mention de Pons de Chapteuil. Le doute qui entoure aujourdlmi hi 
date de la disparition de ce troubadour de l'horizon provençal ne per- 
met plus de baser sur son nom la datation de notre pièce. Le fermi- 
nus ad çuem, à peu près le même, est indiqué par la menlion de 
Bertran de La Tour qui ne vivait plus en 1 191. 

Tous les noms des barons célébrés s'accordent à prouver que 1ji 
chanson fut composée avant qu'Elias quittât son pays natal ^ sauâ 



43 COMMENTAIRE. 

doute en Limousin même : c'est cette province, en effet, qui est la 
plus abondamment représentée par les chevaliers nommés et qui 
forme le centre des pays auxquels il est fait allusion (cf. Intro^ 
duciion, § i). 

3. — \_Lo] vostre cors = vos, comme IV, 34; V, 46; VII, i8; 
VIII, i3 ; IX, 25 ; et mos cors = ieu, IV, 8. — Voy. Diez3, 66 (trad., 
Ill, 5g); cf. Tobler, Verm. Beitr,, I, no 6, pp. 27-32. Dans le même 
sens se prennent persone, char, chief, membres, jovente, afaire 
(lac. cit., pp. nfj'^i) ; façon, char, cuer (p. 3o, no i ; cf. aussi t. II, 
Qo ïo, p. 76 : okison racine) > Cf. t^omv persona en provençal : Si corn 
aisso es rer^s^ dona valens , ajuda A la mia persona frevol e cor^ 
rumpuda, dans Suchier, Denkmœler, I, 228, w. 454"5; ••. Totz los 
grans e'h pefi/z de que son encolpatz Vais la vostra persona, 
seynher, mi perdonatz {ibid., vv. 707-8); E ac i mouta rica per^ 
sona de reis, de comtes e de ducs,.. Jaufre^ dans Rayn.,Z.ea;. rom,, 
1, 5i , w, 3, *. etc. (cf. Appel, Chr., Gloss., 288). — Dans notre cas, cors 
{bels e) bas prouve que cors a perdu dans cette expression sa valeur 
primitive. D'autre part, bels e bos, locution facilitée par Tallitération, 
est très fréquent : Vostre cors cortes , Amoros e ioios, Bels e bos, 
plazens. Gais pros e valens, Guillem de la Tor, 236, 3», Studj, 
VllI,. p 45^3 où cors bels e bos figure périphrastiquement comme 
dans notre vers; — ... Que sos cors es belz e bos e blancs sotz la 
vestitîira, Bern. de Ventadorn 70, 8, str. V, Mahn, Ged. 33; — 
,.^ Lg mais qvCieu trac me fora belhs e bos, Gauc. Faidit 167, 35, 
Btr* IV; — adverb. : Sapchatz qu'a mi fo bon e belh.,:, Guilhem de 
Poitiers i83, 12 ; App. Chr.^, p. 95, no 60, v. 39; — ... M* es bon e 
bel huet/mafs qu'ieu m* entremêla un sirventes per elhs aconor- 
tar..., Berlran de Born 80, 33, vv. 5-6; — ... Moût m* es bon e bel 
quant vei.,.^ Peire Vidal 364, 29, str. I; — ... Que tan m'es bel e bo 
Quan rcmir sasfaissos,.,, id. 364, 21, vv. 21-7, et cf. Introd., p. 85; 
— ,♦. Autr* esdig farai bel e bon.,., 422, 2, Mahn, Ged., 53 1, 2, 
cf. fr. : « bel ei bien. » 

5t — tan prouve que la phrase est exclamative ; tan absol. et sans 
exclamation, comme tanto Test devenu dans plusieurs locutions en 
italien^ ne parait pas exister en anc. prov. ; M. Stimming a admis pour 
un passade de Bertran de Born 80, 27, v. 22, éd. I, p. 178, la signifi- 
cation « sohr j>, à côté de « so sehr, so » pour les autres cas, au 
Gioss.i p. 36 [ ; mais tan y aurait pu être interprété comme se rap- 
portant au V, 20, et, d'ailleurs, il s'agit d'une leçon douteuse et aban- 
donnée par M. Thomas, B. d. B.,p. 192. 

12. — com iea chauziria; peui'èiTe ici. 

20. — donar qu*es la senhoria; Rochegude ; donar qu*es sa 



COMMENTAIRE. 4^ 

senhoria. On peut cependant laisser le vers tel quel et traduire : 
(c la libéralité^ qui est le propre du seignear n^ et qui ooRtspoad ffRt- 
faitement à la conception proclamée et répandue par les troubadours. 



Il 



Le manuscrit, — Cette pièce est conservée uniquement dans C et 
dans un état défectueux , comme l'indiquent plusieurs lacunes attes- 
tées par la métrique. 

Lé genre et la forme, — Chanson de 5 coblas unissonans de 
9 vers, suivies d'une tornada, et construite : 

8a 86 86 loc' loc' lod loc' lod lorf. 

Cette formule ne se rencontre pas en dehors de notre chanson 
(voy. Maus, p. 122, n® ôSg). Des trois traits qui la constituent, le 
premier, la combinaison des octosyllabes avec des décasyllabes, est 
assez fréquent; le deuxième, 9 vers dans une strophe, est relative- 
ment rare et presque exceptionnel, mais se rencontre encore une 
seconde fois dans Elias de Barjols (n. ix) ; le troisième, enfin, la suite 
des rimes de cette chanson, en fait un nnicum. 

Les vers i, 2, 33, 37 ont une syllabe de moins; le vers 4 trois 
syllabes de moins. Je m'abstiens d'introduire des corrections parce 
que je n'en vois aucune de plausible. 

Tornada {date et localisation). — La mention de la Saintonge 
(46-7) permet d'affirmer que la chanson appartient à la période aqui- 
tanienne du troubadour. Nous avons vu, dans la chanson précédente, 
un baron En Peyr cui es Monleos, dont je montrerai que la résidence 
était en Saintonge. 

8. — contra a ici le sens de « pour » (fr. contre, p. ex. dans 
« changer qu*ch contre qu'ch »), qui n'est enregistré ni par R. L, 
ni par S, W. Je crois qu'on en a un autre exemple dans 5. W., /., 
p. 343, col. II, art. contra, no 2, où Levy se demande s'il n'y a pas 
là une conjonction « contra que, wahrend? » Le sens « tandis que » 
est extrêmement improbable, et il est préférable de lire : ... E pens 
de vos en estans, — Contra que m'etz tant eniga ? 

20. — qu*ieu aya tan de ioy ab me; cf. v. 39 : quar fols hom a 
greu sen ab se. La locution aver ab se, qui n'a pas été relevée, se 
rencontre : Aimericde Peçulhan 10, 22, str. I ; .,. Tan fer^ tan dur 



44 



GOMMENTAIRET. 



don ai tal dol ab me \ Qu*ab paac lo cor ne m part quan m*en sove; 
et ibid,, str. III : De totz las ayps avia mais ab se \ Qu*autra del 
mon, e de beutat so cre; (cf. aussi Uc de S. Cire 4^7, 34 : E non 
aurai poder en me, | Qu*elha l*a qu*a'l cor ab se \ E no vuelh 
quHom Ivm defendà). Cet aver ab se apparaît donc partout à la rime 
et a Tair de n'avoir été employé que pour remplir les vers. 

87. — Ce vers a une syllabe en moins. On pourrait penser à ajou- 
ter com devant /o/*, ce qui est peu probable. Notre que fols ne sau- 
rait être corrigé en en fol, expression courante , parce que la forme 
fijf'S au cas sujet s'y oppose. Que fols ai fag est bon par lui-même. 
Voy. Appel, ChrJ^, 90, vv. ,37-8 : Per Dieu, Rambaut, segon la mia 
esmansa \ Fezetz que fols..», et ibid., n. 67, v. 9 : Que malvatz 
faiy qaar ainsi viu a randa... — Peut-être : Ges ben conosc : que 
fols ai fag, 

39. gréa. — R., IV, 112, art. macar, traduit : a car fol homme a 
pénible sens avec soi ; » mais greu est plutôt adverbe ; cf. S. W., 
IV, p. 188, no [o. 

44' f^l f^if^ saber. — On s'attendrait à ries sabers ; c'est que, par 
une sople d*iinacoluthe, rie saber s'appuie sur qu'ilh ha. 

^7-9» — Pour ne rien changer à la leçon du manuscrit, il faut tra- 
duire sefihnrîa par « les seigneurs », comme l'indique d'ailleurs le 
els du V. 49 : « J'aime bien les seigneurs, parce que, si d'autres se 
kîsscDt rabaissor et déchoir, ils gardent la bonne volonté de soutenir 
bonne valeur, i» 



III 



Le? manuscrits 





a 


r(?) 


y 






H 




b 




D 






I 


K 





N 



Le texte esl, en général, assez uniforme dans tous les mss. qui 
appiiHitinneriL, comme d'ordinaire, à la même famille. Bien que le 
nombre des variantes caractéristiques soit très restreint, elles parais- 
sent pourtant justifier la classification proposée. 



COMMENTAIRE . 4^ 

Les divergences de A^ (vv. 12, (21), 33, 39) sont insignifiantes; 
mais, toutefois, les leçons N sont toujours à écarter comme n'ap- 
partenant qu'à ce ms. C'est surtout le fait que N est seul à contenir 
les vers i3-4 qui atteste une source à part pour ce ms. D'autre part, 
N rapporte cette pièce à un autre titre que les autres mss.; elle y 
fait, avec i32, 12 (n. IV), partie du recueil des descorts de N qui 
ne contient aucune autre pièce d'Elias de Barjols. 

x(HDIK) : V. 12 (desuai pour estrai, peut-être à cause de des f ai 
du V. i4); en même temps l'omission des vv. i3-i4, car il ne paraît 
pas possible qu'ils aient été interpolés dans TV. — La pièce est semi- 
anonyme dans H\ mais il résulte de ce que nous avons dit plus 
haut que ceci ne saurait éliminer H du groupe x. 

« : V. 28 {d*amid\ ad amid), 

h : vv. 22 {falen\ talan, en rime), 27 (per sobramansa] per 
somembransa) , 32 {midons'\ midona), t\i (nolria'] ualria), 44*'5 
{manential] manential). 



Le genre et la forme, — C'est un descort (voy. Appel, Vont Des- 
corty dans Z. f, r. Ph., XI, pp. 2i2-3o; ajoutez : Appel, Prov, 
/nec?., 461, 17; Studj di fil, rom., VIII, p. 454, Guilhem de La Tor, 
236, 3a; J. Mûller, Gedichte des Guillem Augier Novella, dans 
Z. J, r, Ph., XXIII, pp. 60-70; voy. aussi pour 461, 42, cité par 
M. Appel et par M. P. Meyer, Rom., I, 402, G. Bertoni, Un descort 
d*Albertet de Sisteron, dans Ann. du Midi, XV, p. 493). — Ce 
descort n'a aucune particularité qui distingue sa facture de celle des 
autres. Comme quelques autres, il est désigné par le poète lui-même : 
iin descort gai (voy. Appel, /. c, p. 219, et cf. \nn. du Midi, 1. c, 
461, 42 : Bel m'es oimais \ Ab la douza sazon gaia \ Qe sia 
gais I E qu'un gai descort retraia). M. Appel a déjà observé que 
cette définition — qui parait se rapporter surtout à la musique, 
comme l'indique l'expression son gai qui revient plusieurs fois, — 
ne s'accorde pas facilement avec le fait que les descorts sont essen- 
tiellement empreints d'un caractère éiégiaque. Les strophes sont, 
comme d'ordinaire, singulars (la rime -ai se trouve dans les stro- 
phes I et II), à deux rimes, à différente structure interne, différentes 
suites des rimes, différent nombre de vers et différentes combinai- 
sons de leur longueur : 

I 4a' 6a' 6a' 76 || 4a' 6a' 6a' 76 

II 5c' 86 5c' 86 5c' 86 5c' 86 

III 4^" 5rf' 5e II 4f/' 5rf' 5c || 4^' 5rf' 5e || 4rf' 5rf' 5e' 

IV 5/' 5/' 25r I 5^ 5/' 5/' 2g \\ 5/' 5/' 2g \ ^g 5/' 5/' 2g 
Torn. » » 



46 COMMENTAIRE. 

M. Appel a cité la formule d'une moitié de la strophe IV, sans la 
partager en deux, comme exemple des longues constructions stro- 
phiques fréquentes dans le descort. Mais, il a ajouté : « Lorsqu'il 
s'agit de semblables longues parties de strophes, l'examen de la mé- 
lodie aboutirait sans doute à établir encore une division secondaire, 
suivant l'usage général, qui est de ne pas faire les parties d'une 
strophe plus longues que quatre rimes. » La subdivision marquée 
ci-dessus paraît être indiquée par le vers court 2 g qui forme tou- 
jours une finale et marque bien un arrêt de la pensée, au moins dans 
la seconde moitié (vv. 88-9) et la tornada (w. 45-6). 

Tornada (date et localisation), — 43-5 D'En Agoat volria,., — ■ 
Ce descort est le premier témoignage de la présence d'Elias en Pro- 
vence, où résidait Raimon d'Agout, seigneur de Sault. Pour la date, 
on ne peut indiquer que le terminus ad quem, commencement de 
l'année 1204, date à laquelle d'Agout ne vivait plus. Tout ce l'on 
peut ajouter, c'est que, d'après le récit de la biographie, le séjour 
d'Elias en Provence, antérieur à ses relations avec la cour d'Al- 
fonse II, ne parait pas avoir été long; en conséquence, son séjour 
chez Raimon d'Agout se place probablement dans les dernières 
années de la vie de celui-ci, vers 1 200-1 204. 

1-3. Valenta, avinenta, plazenta, — Les formes usuelles du fémi- 
nin sont valens, avinens, plazens pour les deux genres; genta, au 
contraire, est fréquent. Les trois premières formes sont provoquées 
surtout par la rime et n'attestent que la possibilité de former des 
féminins pareils. Je n'ai pas rencontré d'autres exemples de plazenta, 
— Valenta se trouve dans une rime de Peire Rogier 356, 9, édit. 
Appel, pp. 4i-4> str. V; avinenta dans B. Zorzi (édit. Lévy, VI, 82, 
et cf. Erdmannsdœrffer, Reimwôrterbuch, sous -enta) à la rime. — 
On trouve aussi, toujours à la rime, covinenta dans Guilh. d'Autpol, 
206, la, édit. Appel, Prov, Ined., pp. i22-5, et dans le descort 46i, 
io4, édit. Appel, Z. /. r. Ph,, 216-8, v. 21; manenta 206, i», et 
356, 9, str. II; iauzenta 206, i», et Raimbaut d'Orange 889, 27, 
str. IV, Mahn, Ged,, 36i et 628; dolenta 356, 9, str. I; s. m. {far) 
parventa (que) 356, 9, str. VII, seul exemple de R, IV, 478, IL 

12. ni' m desvai DHIK, ni'm estrai N. La leçon DIflK esi inad- 
missible parce que le seul sens attesté pour desanar (intr. et non 
pronom,) est « mourir ». 

34-5. tant de manentia \ ['m] vengues, — J'ai ajouté -m dont 
l'omission dans les mss. n'a rien de surprenant et qui paraît indis- 
pensable. Cf. w. 44-5 : tant de manentia \ 7 vengues, où les manus- 
crits manifestent aussi une hésitation. Les exemples recueillis par 



-v.\ 



COMMENTAIRE. 4 7 

M. Heng^esbach (Beitrag zar Lehre von der Inclination im Proven- 
salischen, Marburg, 1889; Ausg^. u. Abh., XXXVIII, pp. 7-8, no 9) 
attestent abondamment la possibilité d'appuyer les enclitiques appar- 
tenant au début d'un vers sur la voyelle finale de la rime au vers 
précédent. La seule explication possible de ce phénomène, « que Ton 
ne saurait comprendre qu'en admettant que les deux vers sont à lire 
vite l'un après l'autre, sans césure » (Bartsch, v. loc. cit,), le rend 
relativement peu surprenant dans les vers courts d'un descort, néces- 
sairement plein d'enjambements syntactiques, du moment qu'il se 
produit même dans des vers de sept ou huit syllabes. Ajoutons 
qu'en parcourant les exemples cités par Heng^esbach on constate 
dans tous les cas, à l'exception d'un seul (celui de Marcabru) , une 
rime féminine, sur la seconde voyelle de laquelle l'enclitique peut 
s'appuyer sans que le détriment qui en résulte pour la clarté de la 
rime soit trop sensible. — Cf., au milieu d'un vers, Elias de Barjols, 
II, 45 : si es vers que res mi val ha, 'm deu valer. 

43-5. D'En Agout volria.,. -l vengues, — Des cas analogues 
sont discutés dans Stimming, Bertran de Born, I, p. 286 : Le but de 
constructions pareilles est de faire ressortir une idée appartenant 
essentiellement à la proposition secondaire (qui est naturellement 
toujours une proposition-sujet ou une proposition-régime) en la met- 
tant dans la proposition principale (le plus souvent à la tête, comme 
dans notre cas) ; on peut le faire de deux manières : la première est 
de placer simplement, par une sorte d'attraction, le sujet (et de 
même le régime) de la proposition secondaire à la tête de la propo- 
sition principale, ce qui est assez fréquent (voy. les exemples de 
3timming et par ex. : È Na Biatris oui j'ois e pretz es guitz \ Voil, 
si'l platz, q'entenda \ Mon novel descort, Guilh. de La Tor, Studj\ 
VIII, pp. 454-5; ou bien Elias de Barjols, VIII, 89-40 : E si' m me" 
tetz en azir \ Totz lo mons cre que m'azire; ou bien Peire Raimon 
355, 9, str. VI : Esta chansos vuelh que tôt dreg repaire | En 
Arago,..; mais, comme nous l'avons remarqué, il peut s'agir du ré- 
gime, p. ex. : E seignor fello \ Taign qe deus azire, Peire Bremon 
83o, 2; Un nou sirventes ai en cor que trameta \ A Vempera" 
dor a la gentil persona, Guilhem Figueira, 217, 8; cf. aussi avec 
l'infinitif : D'un sirventes no'm cal far lonhor ganda | Tal ialan 
ai que'l digua et que^l espanda, B. de Born 80, 18). — L'autre 
façon est d'attacher le substantif tiré de la proposition secondaire au 
prédicat de la proposition principale à l'aide d'un de signifiant 
« à l'égard », « quant à » (et il est évident que le prédicat ne saurait 
être qu'un verbe sentiendi, declarandi , etc.), avec ou sans reprise 
de ce substantif dans la proposition secondaire par un pronom, à 
quoi nous pouvons ajouter que la construction avec de n'est pas la 
seule possible ; ce qui fera dire que le trait essentiel de cette seconde 



4B COMMENTAIRE. 

manière, à rencontre de la première, consiste à faire dépendre du 
prédicat de la proposition principale le substantif tiré de la proposi- 
tion secondaire soit par l'intermédiaire de de, ce qui est le plus fré- 
quent et possible pour tous les verbes en question, soit par une autre 
préposition, si le verbe donné Tadmet (cujar a), soit enfin directe- 
ment si le verbe lui-même admet un régime direct (vezer, creire), 
les deux dernières constructions n'étant cependant qu'exceptionnelles 
même pour ces verbes (voy. les exemples de M. Stimming^ et par ex. : 
Be'm mer avili de vos \ Cum etz de brau respos, Bern. de Venta- 
dorn 70, 28, str. VIII, ms. A, n. 260, Studj, III, pp. 282-8; — J/e- 
ravilh me de poestatz \ Reys e comtes et amiratz | E princeps en 
FalbrependutZy Car los lassa escarsedatz, Marcahru, 298, 89, str. V; 
— Delà bêla sui damans \ Que m*o mostraper semblansa \ Que ma 
mortz Ves abelida, P. Vidal 364,6, édit. Bartsch, n. 16, v. 21, p. 34; 
~ Del rei d* Aragon m* es gen \ Quar tan li platz enantir ( Tôt quan 
bos pretz deu grazir, Perdigo 870, 5, Mahn, Ged,, 5ii, str. VI; — 
De lacomtessa atressi \ De Sobeiratz vos (resp. so'us) aji \ Quesos 
pretz e sas faissos \ Es Vus bels e Vautre bos, Aîmeric de Peguilhan 
10, 24, Mahn, Ged,, 1008-4, 11 82; — la de far un surventes | Non 
chai çu'om m'ensegna,,., Guil. Figueira, Schultz, Ein Sirv. v. G, F,, 
p. 20 ; — Meravil me del fais segle truan \ Co i pot estar savis 
hom ni cortes, Gaucelm Faidit 167, 22; Appel, Chr,^, p. 120, n. 80, 
vv. 19-20 ; — Per qu'eu del comte volria \ Qe non ânes pauz qeren, 
Blacasset 96, 8a, Studj , VIII', p. 449 > ®^<^*î ^oy. par ex. Mon- 
tanhagol, édit. Goulet, I, 20; XI, 10; XII, 44 et nn.; Sordel, édit. de 
Lollis, IV, 81; V, 17-18; XVI, 1-2; XL, 489, 1097; cf. ici VI, 34; 
Xïll, 11-12. On trouve a et non de, El. de Barj., XI, 17-20 ; Qu'a la 
belh' on es valors \ E fin pretz e ver a lauzors \ Cugey amar me 
degnes, où toutefois de ne saurait étonner. On trouve le régime di- 
rect : So seran aquels que non creyran Ihesu Crisl que vengues. 
Appel, Chr.^, no 117, v. 45, p. 178, avec le sens : non creyran que 
Ihesus Cristz vengues ou n, cr. de I. C. que ven.). — M. Stimminga 
déjà expliqué quel est le but de ces deux constructions : c'est celui 
de souligner le substantif ou l'idée en question. — On remarquera, 
relativement à la seconde construction, le sens « quant à » attribue à 
de, Raynouard Leœ, r., III, p. 18-18, ne l'enregistre pas; Diez 
(III, trad., pp. 148-54) non plus. Ge sens se trouve aussi en dehors de 
cette construction où il suit les verbes a sentiendi, declarandi, etc. » 
Ainsi crezer alcu de alcuna re signifie « croire qu'un quant à 
qu'ch », par ex. om non los deu creire del mal qu'en dizon (^oy. cet 
exemple et une note sur cette construction de crezer dans Levy, 
Guilhem Figueira, pp. 92-8 n. V, 20), De même, temer alcu de 
alcuna re, « redouter (se sentir inférieur à) qu-un relativement à 
qu'ch », p. ex. : Donc mas tant say qu'un d'elhs temer no'm 



COMMENTAIRE. 49 

cal I D'aquelhs mestiers don m*auzetz descubrir, Uc de Lescura 
452, I, str. II {Annales du Midi y XVII, 478). De même, socorre (a) 
alcu de alcuna re, « aider qu'un relativement à qu*ch », par ex. : 
De so qu*obs m' es. mi secorrez, Lanfranc Cigala 182, 2, Ap., Chr,^, 
n. 102, V. 102. p. 143. Intransitif : falhir d'alcuna re, « com- 
mettre une erreur relativement à... », par ex. Dits N'Estolz de 
Linars : Senhors d'aisom creiretz \ E si m'en voletz creire de re 
no i falhiretz (Crois, albig., vv. 8158-9); ou bien : E si lot ay 
d'obra falhit \ Crezens' ay drech* asiza (Ap., Chr.^, 102, v. 78). 
Voy. aussi M.-L., Rom. Gram., III, §§ 365 et Syô, dans les articles 
sur le régime relatif, où cependant de n'est pas toujours de la même 
nature. Ce de suit aussi les adjectifs. Ainsi, par ex. : Adoncx vei- 
rem quais er d*obra pus poderos, G. de la Barre, édit. P. Meyer, 
w. 562-3, « plus puissant quant à l'œuvre » (où de est autre chose 
que dans esser poderos d'alcuna re, qui s'attache à lo poder de.,., 
et sur lequel voy. note VI, 27; dans notre cas, de reiaiplit la fonc- 
tion de en dans le passage : fo bar e propheta e poderos en paraulas 
et en obras, Ap., Chr.^, n. 116, v. i3). Ce sens est à la base de rie 
d* alcuna re; p. ex. : ... rie de sen e rie de foldat..., Raimon Gauc. 
de Béziers 4oi> 7, R. Ch., IV, p. 4? (cf» poulit de figuro, dans 
Mistral, I, 702 : « joli de visage » ; dans Hatzfeld-Darmesteter, les 
exemples désagréable de manières [qui n'a donc rien de commun 
avec son voisin, personne de manières désagréables, où de est qua- 
litatif], chétif de mine, faible de compleœion , laid de figure , gai 
de caractère ne sont pas à leur place, à côté à*adverbe de lieu, et, 
d'autre part, on se demandera si dans voleur de profession. Alle- 
mand de naissance, ce n'est pas le sens « ex » qui est à la base et 
non « quant à », comme ils se trouvent contaminés déjà dans gai de 
caractère, faible de compleœion). — En somme, on voit que ce sens 
de de avait été assez répandu et vivant, en provençal, après des 
verbes et des adjectifs. 



5o 



COMMENTAIRE. 



IV 



Les manuscrits, — Trois lignes se déclareat par lesquelles celte 
poésie nous est parvenue : x (CER) , y (DIK) , z (N) : 












n 


a 



E 





b 


y 








K 




I 



D 



N 



œ(CER) ; vv, i (sila pour*//), 4 (manque), 28 (quieu pour quien), 
a5 {saabe^ contre saubesl), 26 (retraire pour atraire, 48 (siala pour 
sial). — a (CR) : Faut-il supposer un rapport plus étroit entre C et R"? 
i\ n'y en a pas, k vrai dire, de preuves matérielles dans le texte; tout 
ce que Ton peut relever se borne à quelques particularités communes 
d'orLographe {v. \2 duptansa pour doptansa^ v. 21 aulhatz contre 
aoiihais; vv, 17 et suiv. rime -aia écrit -aya). Une source com- 
mune ne serai L donc attestée que par l'attribution fausse (à Bernart 
de Veutadoru), qui ne peut, comme nous Tavons vu (Introd., % II), 
s'être produite tluus aucun des deux mss. séparément. Il en est de 
même pour l'utlnJmtion à Arnaut Catalan (voy. ibid,), et, de plus, 
la double erreur dans le placement et dans la suite des vers 26-8 
allfistent une source intermédiaire entre œ et E , que C et R n'avaient 
pas connue. — Tels sont, dans la branche œ, les degrés que nous 
pouvous entrevoir. De plus, le texte œ nous est parvenu, comme 
d'ordinaîrcj le moins indirectement dans C, le plus indirectement 
dans Rj qtii contîtïnt des lacunes (vv. 3o et 32-4), des vers corrom- 
pus (10, 34, 417 42), des changements de sens (vv. 36, 38), des non- 
sens (vv. 17, 29, 3i). 

y {DIK} : la suite des vers 26-8. — b(IK) : vv. 2 (fal hiria ponr 
falhira), 7 (a lei contre a lieis), 9 (non pour nol), 18 (debonaire, 
comme E, pour e debonaire), 3o (caissim contre caissi), 32 man- 
qaeji 36 (menbrens pour membreus), 48 (seal pour sial). 



COMMENTAme. 5l 

z (N) : il n'y a pas de fautes communes dans DIK et dans N 
(tout se borne à nô DIK, non N pour nom CER v. 2 ; Jera de DIKN 
pour Jeira de CER v. 5, qui ne constitue pas une faute matérielle). 
D'autre part, N ne partage pas avec DIK la grosse faute des vers 
25-8 et s'en éloigne sensiblement par son système orthographique. 
Comme 182,' i3, notre pièce précédente, de même celle-ci se trouve 
dans N uniquement à titre de descqrt, et ce ms. doit l'avoir puisée 
dans une source à part qui lui avait fourni tout son recueil de 
descorts, dont une grande partie ne se trouve pas dans les manus- 
crits de la famille DIKH, etc. (cf. Grôber, Roman. Stud., II, 479» 
sans que cette source doive avoir été le recueil des chansons (d'Elias 
de Barjols, autres encore que les deux descorts, utilisé par la source 
AqDIK. 

Forme et genre. — C'est un descort. Sa formule est la suivante : 

I = 7a W 7a W 'ja 56' ^a 56' 

II = 7c 5d' 7c 5d' 'je 5d' 'je M' 

III = 6e' 6/' 6e' 6/' 6e' 6/' 6e' 6/' 

III (T) Ti = 6/' 6/' 6/' 6/' 

'^ = «^® «H» «^(a «K» «^® "^ «^® «'^ 

IV (T) T2 = 8A SA SA SA SA SA 

C'est-à-dire : quatre coblas singulars à deux rimes chaque; le 
nombre des vers est de huit par strophe, ce qui constitue le premier 
trait commun de toutes les strophes; la suite des rimes est partout 
la même : deux rimas encadenadas, ce qui constitue le second trait 
commun de la structure interne de toutes ces coblas singulars, avec 
la particularité, cependant, que la strophe IV a, à l'exception des 
vers 6 et 8, une rime intérieure qui décompose les deux octosyllabes 
en quatre parties quadrisyllabiques : ^a l\a \ ^a l\b ; la longueur des 
vers est la même dans les deux premières strophes. On en a une 
autre, mais constante, dans la troisième; une autre encore, mais 
aussi constante, dans la quatrième; aucune subdivision des coblas 
n'étant indiquée par des variétés métriques, on ne saurait les décom- 
poser qu'en deux moitiés chaque, suivant la pensée. On voit qu'en 
somme la facture de ce descort est beaucoup moins compliquée que 
celle du précédent, les diflPérences de strophe à strophe ainsi que les 
subdivisions au milieu de chaque strophe étant beaucoup moins 
accentuées. 

Un détail de la formule que nous avons donnée pourrait être 
regardé comme douteux ; on se demandera peut^tre si c'est bien 
d'une rime intérieure qu'il s'agit dans la strophe IV et non sîm* 



52 COMMENTAIRE. 

plement de vers courts. M. Appel s'est occupé de cette question 
(Z. f. r. Ph,, XI, p. 2i5 : « très fréquents sont des vers tout à fait 
courts de i , 2, 3, 4 syllabes, mais dans les cas pareils on se deman- 
dera toujours jusqu'à quel point ces parties courtes ne doivent être 
composées en des vers plus longs ») et il paraît que, quant à notre 
pièce, M. Appel est porté à accepter la rime intérieure. Il y en a, en 
effet, des indices assez nets : les deux vers octosyllabiques sans une 
rims intérieure, le sixième et le huitième, l'attestent tout d'abord et, 
d'autre part, il est évident que le poète s'est proposé de maintenir 
dans ce descort un accord dans le nombre de huit vers par strophe 
et dans la suite des deux rimas encadenadas. Dans des conditions à 
peu près pareilles, M. P. Meyer a gardé la rime intérieure dans le 
descort 461, 4^ (Romania, I, 402 ; cf. Annales du Midi, 1908, XV, 
p. 493)' En général, les indices pour ou contre la rime intérieure sont 
même moins nets que dans notre descort. Mais on peut citer, sans 
parler des remarques desLeys, un exemple très explicite. attestant la 
distinction que les troubadours avaient faite entre la rime intérieure 
et la rime finale. La chanson i33, i d'Eliaa Gairel (voy. Mahn, Ged., 
186, et A., n. i34, p. i44) a, dans le premier vers de chaque strophe, 
trois rimes intérieures : I. Abril \ ni may \ non aten \ de far vers.,.; 
II. Gran vil- \ tatfay \ selh quepren \ ad envers...; III. Sotil- \ men 
tray \ e desten \ per travers...; IV. Humil \ veray \ plus suffren \ 
d'un covers...; V. Gentil \ cors qay \ e plazen | e divers...; VI. Gès 
quil I ni bray \ non enten \ de pervers... Or, dans ce cas, il est im- 
possible de nier l'existence de la rime intérieure parce que, d'après 
la manière habituelle à Elias Gairel (i33, i, 4, 8, i3; et cf. i33, 3, 
II), les strophes y sont liées par des rims dérivât ius et aux mots 
finals des vers cités correspondent à la fin des strophes précédentes : 
enversa, traversa, coversa, diversa, perversa. (Cf. aussi Serveri de 
Girona 434, i4-) 

Ge qui constitue une particularité de notre descort, ce sont les 
deux strophes courtes III T et IV T. Il n'est pas facile de les dénom- 
mer : faut-il les concevoir comme tornadas ou non? Il est déjà fort 
hasardeux de parler d'une tornada au milieu d'une poésie, et le cas 
serait sans analogue. Pourtant, il ne me serait pas possible d'établir 
une distinction essentielle entre III T et IV T, la première se compor- 
tant, au point de vue de la forme, à l'égard de III, comme la seconde 
à l'égard de IV ; il est caractéristique que la tradition E, ayant com- 
pris III T comme tornada, l'avait placée — à tort, comme le sens et 
la forme l'indiquent, — à la fin. Une fois ce lien accepté entre les 
deux strophes III T et IV T, il faut considérer ce qui les rapproche 
et ce qui les éloigne des tornadas habituelles. III T et IV T ne répè- 
tent pas, il est vrai, comme le font les tornadas ordinaires, la forme 
exacte d'une partie finale correspondante de la strophe précédente. 



COMMENTAIRE. 53 

mais Tune et l'autre reprend une des deux rimes enchaînées de la 
strophe précédente, notamment la rime qui se trouve à la fin, pour 
la continuer dans tous ses vers, et la métrique de ces vers corres- 
pond exactement à celle de la strophe ; IV T est, par son sens, incon- 
testablement un envoi, et Tenvoi est, dans la poésie provençale, tou- 
jours une tornada, bien que la tornada ne soit pas nécessairement 
un envoi; en revanche, III T a un trait peut-être plus essentiel même 
de la tornada y qui est un « retour » : III T joue, dans toutes ses 
rimes, sur le mot traire, repris précisément d'après les deux der- 
nières rimes -aire de la strophe lïl, ce qui est, à côté du retour de 
la forme, une habitude des tornadas, revenant volontiers sur la 
même pensée et souvent, surtout dans les anciens troubadours, sur 
les mêmes mots en rime qui s'y trouvaient dans la partie correspon- 
dante de la dernière strophe (voy. Appel, Peire Rogier, p. 29, n. i ; 
et cf. Stengel, Gr. Grundriss, II, i, p. 83). L'objection principale 
contre la conception de ces deux coblas comme tornadas serait peut- 
être — la question de la position de III T au milieu mise à part — le 
fait que les tornadas habituelles reproduisent exactement, vers pour 
vers, la forme métrique de la partie correspondant à la fin de la der- 
ntère strophe. Or, la définition des Legs (I, 338 -4o) est assez large, 
et elle dit, entre autres choses : Si acordansa no havia, coma 
chansos estrampa , adoncœ la tornada no vol haver acordansa am 
la meytat de la dicha cobla, quar degus dictai z estramps no deu 
haver regularmen acordansas ni en tornada ni en deguna de las 
coblas... Et on sait que cette définition des Legs ne se trouve nulle- 
ment désavouée par la pratique des troubadours; en effet, à partir de 
Guilhem de Poitiers {Farai chansoneta nueva, où les strophes sont 
singulars, sauf la rime -ant; cf. p. ex. : Peire Vidal 364.» 42, ou 
bien Moine de Montaudon 3o5, i5, etc.), d'un bout à l'autre di» Ir 
poésie provençale, une tornada à nouvelles rimes, sans accord avec 
la dernière strophe, est d'un usage courant dans les pièces à coblas 
singulars; d'autre part, d'accord avec la réserve contenue dans le 
regularmen des Legs, on trouvera dans toute sorte de poésies des 
tornadas qui reproduisent pourtant les rimes de la dernière cobla 
singular : p. ex. : Peire d'Alvernhe, Chantarai d*aquestz troba- 
dors; les trois tornadas de i56, 6 de Falquet de Romans (5, 3, 2 vers) : 
Bonifaci Galvo dans son sirventés-descort 107, 11 ; Uc de SaintrCirc, 
Un sirventes vuelh far, etc. Et comme cette définition se rapporte 
essentiellement aux descorts, qui sont faits en réalité, pour la plupart, 
de coblas singulars, on y rencontrera le même usage facultatif : 
voy., par ex. les tornadas de Ses alegrage de Guilhem Augier 
Novella {Z. f. r. Ph., XXIII, pp. 66-70), où les strophes courtes IX, 
X, XI ne reproduiront aucune rime précédente, et de même les deux 
tornadas, dont un envoi, de 355, i de Peire Raimon, tandis que 



54 COMMENTAIRE. 

Una valenta d'Elias de Bpjols, Quart vey de Guilhem Augier 
Novela (Gr. 242, 61 sous Guiraut de Borneil, Z, f. r, Ph. XXIII, 
pp. 63-4), 461, 42 d'Albertet de Sisteron, Un descort de Guilhem 
de La Tor (Studj, VIII, pp. 454-5), ou bien le descort 46 1, io4 
(éd. Appel, Z,f, r. Ph, XI, 216-8), reproduisent dans leurs torna- 
das les rimes finales de la dernière strophe. — En somme, il est clair 
que nos deux coblas courtes, III T et IV T, présentent quelques traits 
essentiels des tornadas, la première en ce qu'elle revient sur la pen- 
sée de la strophe précédente, la seconde en ce qu'elle est un envoi. 
Leur facture formelle ne saurait donc s'opposer à ce qu'on les qua- 
lifie de tornadas, d'autant plus que, même au point de vue de la 
forme, elles se rattachent très visiblement aux strophes précédentes. 
En fin de compte, je crois qu'il faut reconnaître la valeur et même 
le titre de tornadas à ces deux coblas. Il paraît naturel de croire 
qu'Elias de Barjols, profitant des privilèges spéciaux des descorts, y 
a tenté une double innovation consistant : lo à construire la tor- 
nada ni tout à fait d'après la dernière strophe, ni tout à fait diffé- 
remment de celle-ci, mais en accord partiel avec celle-ci et avec un 
' a retour » partiel de la forme ; 20 à introduire une tornada dans le 
corps du poème, innovation plus frappante, mais en somme natu- 
relle, explicable et nullement contradictoire avec la conception essen- 
tielle de la tornada. 



Date et localisation. — Le terminas à quo, fourni par la mention 
de la valen reina Elihonors, n'est pas sûrement 1200 ou 1204. Quant 
au terminus ad çuem, aucune date jusqu'à la mort de Raimon VI 
(1222) ne saurait être écartée à priori. Elias peut avoir célébré la 
comtesse de Toulouse, sœur d'Alfonse, comte de Provence, même 
après s'être acquis la protection de la cour provençale. C'est unique- 
ment parce que son séjour à Toulouse se place probablement avant 
qu'il se soit fixé en Provence que nous plaçons ce descort, qui peut 
bien d'ailleurs se rattacher réellement à l'autre, avant les chansons de 
l'époque purement provençale. 

3 Dirai li o doncs? Non ieu. — On lit dans Diez (trad. franc. III, 
292) : « On prépose ou on ajoute en provençal à la simple particule 
le pronom personnel lorsqu'on veut insister sur l'idée, mais cette 
addition n'est pas nécessaire. » Il résulte des remarques de M. Tobler 
(Verm, Beiir., I, n. i, pp. i-4) que l'on ne peut pas confondre le pro- 
vençal ieu oc et non ieu avec l'italien io si (« moi toutefois, un autre 
peut-être pas ») et non già io (« moi nullement, peut-être quelque 
autre »), précisément parce que le provençal n'y insiste pas sur l'idée 
et, en tout cas, qu'il ne veut accentuer aucune antithèse. Tel est 



COMMENTAIRE. 55 

donc le sens aussi dans notre passage (voy. des exemples dans Diez, 
/. c, et, de plus : Q'ieu n'ai passais pons ni planchas \ Per lieis^ 
cuidatz qu*ieu m'en duoilla? Non ieu.,, Arnaut Daniel 29, 3, 
édit. Canello, p. 117, n. XVI, str. V, v. 29 ss.; Su^ près? Ta oc, 
s*amar vols,,, à côté de Que as? — A m, — E trop? Ieu hoc, tan 
que-n muer, Peire Rogier 356, 4» édit. Appel, p. 67, str. VI, 
w. 42-3 et 54-5). Une autre construction, qui n'a pas d'exemples 
dans Diez, consistait à terminer Tinterrogation par le pronom et à 
ne pas le répéter dans la réponse : Partirai m*en ieu ? Non, qu'ieu 
non poiria et Dir n*ai doncx mal ieu ? Non, qu'ieu mentir ia 
(Aimeric de Sarlat ou de Belenoi, 11, 2, dans Rayn., Choix, III, 
386, str. III, V. 24, et str. I, v. 8) à moins qu'on ne lise : Partirai 
m'en? Ieu non... etc. Il y avait cependant d'autres moyens encore 
de ne pas laisser seule la particule de négation ou d'affirmation dans 
la réponse. D'abord, on trouve non ges^ non ia, oc be, p. ex. : Ai/ 
qu'ai dig? — Es vos donc tais \ Que ja'm fassatz semblan fais? 
Non ges, pero tan volria.. (Cadenet, 106, 18, str. IV; LR. 36o-i); 
Laissarai mi morir? Non ja {Jaufre, dans ^\xc\i\eT, Denkmœler, 
p. 3o5, V. 164); E pos m sap c'aisi m'a ses conten, \ Ben dei trobar 
merce et chanzimen \ Ab lieis, — Oc be; ges no m'en dezesper... 
(E. Cairel, i3, 5, str. VI, dans Chabaneau, Poés, inéd. troub. 
Périgord). Mais on pouvait aussi suppléer à l'absence du verbe dans 
la réponse soit par la répétition du verbe de l'interrogation, si c'était 
aver ou esser, soit par la reprise du verbe à l'aide d'un faire « vica- 
rium », p. ex. : E non ai ieu receuput \ Assatz de ben e d'onor \ De 
las mas de mon seinhor? \ Si ai; — mas am retengut.,. (Giraut 
de Bornelh, 242, 43; Mahn, Ged., 81 5-6); E per so es tan tost ven- 
gutz I Que- us cuj'es que' m f os oblidat? \ Non es; ans o aures com- 
prat (Jaufre, dans Ap., Chr.'^, n. 3, vv. 438-4o, p. 20); E cuidatz 
qu'ie'n s ia damans \ Ni qu'ieu m'en rancur? | Nonfatzjes; \ Tota 
ma rancura es : « merces! » (Gir. de Bornelh, 242, 58, str. III, 
ms. A, n. 25, Studj, III, pp. 3o-3i); A! co m' ave, Dieus m*aiut, \ 
Qu'erquan cug chantar plor? \ Séria iaper amor \ Que m'a sobrat 
evencut. \ E per amor no ven iais? \ Si fai ; doncs per quem'irais... 
(Gir. de Bornelh, 242, 43, str. I); E s'ieu fag son comandamen a 
tort m'auci, mon ensien. | A tort? Non fa ; anz n'a gran dreig... 
(Jaufre, dans Suchier, Denkmœler, p. 3o4, vv. m et suiv.). 

7 vil e lieu ; voy. plus loin, à VII, v. 28. 

26 del mieu poder (DIK) est trop évidemment préférable à del 
mal poder (CER et N) pour que l'on refuse de l'accepter, bien que 
cela soit contraire à notre classement des mss.; il s'agira d'une cor- 
rection faite indépendamment dans œ et dans N, qui n'avaient pas 
compris traire alcu de son poder z=i « retirer quelqu'un de son pro- 
propre pouvoir, de sa propre volonté ». 



56 COMMENTAIRE. 

36. si' as platz figure dans R comme s*ie-us platz, — Je signale 
cette tendance de /{ à faire de pareilles corrections, parce que Ton 
pourra en tenir compte là où il n'y a que le texte de R, Voy. p. 
ex. : Appel, Provenz. Ined., p. 219, Peire Bremon 33o,5, v. 5o : 
Bêla dona, s*ie'us plai, merce,., etc., où il s'agit sans doute d'une 
correction du même genre. 

37-8. reina... Elihonors, — Pour le fait très fréquent de séparer 
les noms des titres, voy. les exemples nombreux dans Stimming, 
Bertran de Born^, p. 297, et de Lollis, Sordello, p. 268, n. IV, 
vv. 22-3. Voici, pour ce fait, quelques mentions d'Eléonore de Tou- 
louse : la regina debonaire Elionors.,, (Cadenet, 106, 22, str. VII), 
Si'l reina non sofria \ Valors del tôt dechairia \ Helionors que 
donan.., (Cadenet, 106, 18, str. VI); La reina ses par \ De Tolosa 
sap far... (Aimeric de Pegulhan, 10, 46). — La même manière 
revient plusieurs fois dans Elias de Barjols (II, w. 46-7 : Mon Ses^ 
Enjan vey totz iorns mais valer \ En Sanhtongier per qu'am la 
senhoria. Le sens est : « Je vois ma Ses-Enjan qui est en Sain- 
tonge... » et non : a Je vois ma Ses-Enjan toujours plus valoir en 
Saintonge... » ; VI, t^i-i : La valens comtess* ha en se \ DeProencha, 
debonaire... \ XI, 41-2 : Pros comtessa, on que sia, \ Biatritz, puesc 
en ver dir; XV, w. 19-20 : Ben vos enten, amies, que voletz 
dire \ En Jau/rezet, tan m'o dizetz vos plan). — La raison de l'em- 
ploi tellement fréquent de cette construction est, d'une part, la diffi- 
culté de placer en rime les noms propres, d'autre part, et surtout, le 
désir de les faire ressortir en les mettant à la tête d'un vers. 



Les manuscrits. — C et R seuls contiennent cette chanson. Ils 
sont étroitement liés l'un à l'autre. Les variantes sont insignifiantes 
et il ne manque pas de fautes communes visibles (v. 9 : qui dans les 
deux mss. pour qu*ie (?) ; des fautes de déclinaison : w. 9, 24, 3o ; 
21, 27; i3; cf. n. V. 9). Ils remontent donc à la même tradition. 

La forme et le genre. — C'est une chanson de 5 strophes unisso- 
nans, de 10 vers chaque, suivies d'une tornada. La formule en est : 

8a 86 86 8a loc' lod lod loc' 10e loe. 

La suite des rimes de notre chanson est assez fréquente (voy. Maus, 
p. 120, n. 590); d'ailleurs, cette co6/a de 10 vers n'est au fond, au 



COMMENTAIRE. 67 

point de vue de la suite des rimes, que la cobla crozada de 8 vers 
(a b b a c d d c)y une des plus fréquentes dans la lyrique proven- 
çale (Maus, n. 579), allongée simplement de deux vers avec une nou- 
velle rime. — La même formule, la même combinaison de décasylla- 
bes et d'octosyllabes, se retrouve dans Albertet de Sisteron, 16 
(voy. Maus, loc. cit.); mais les rimes ne sont pas les mêmes. Cette 
pièce d'Albertet ne donne, elle-même, aucune prise à la datation, au 
moins dans les textes CI, mais elle doit être postérieure à celle 
d'Elias de Barjols, comme toute Tactivité poétique d'Albertet. Dans 
notre chanson, aucune subdivision constante des strophes, d'après le 
sens et d'accord avec la suite des rimes, ne se déclare. 

Dans sa strophe II, notre chanson offre un spécimen de ce phéno- 
mène que les Lei/s d*amor (I, 822) appellent cobla tensonada, en 
autra maniera dicha enterrogativa (traité à fond dans Appel, 
Peire Rogier, pp. i3 et suiv.; mentionné dans Selbach, Das Streit- 
gedicht, p. 36). Il s'agit de présenter la pensée, ou plutôt l'indécision 
de la pensée, par des questions et des réponses, soit que le poète 
discute avec une personne imaginaire (cobla tensonada), soit qu'il se 
pose des questions et fasse lui-même les réponses (cobla enterroga- 
tiva), Elias de Barjols feint d'entendre deux interlocuteurs qui lui 
parlent, Vamor et le sens, et, vers la fin, il leur adresse à tous deux 
une question pour suivre, comme d'ordinaire, la voix de l'amour. 
Ce tour interrogatif remplit parfois (comme dans Peire Rogier) 
toutes les strophes, parfois n'apparait que dans une seule strophe, 
parfois enfin se présente dans des passages isolés (voy. Appel, loc. 
cit.). On en remarquera un exemple isolé dans Marcabru (298, 3i, 
str. V; dans Studj, III, ^, n. 55, p. 65); Arnaut Daniel (édit. Ca- 
nello, VI, V. i5; XI, V. 47-8; XIII, v. 26; XVI, v. 29-81); Guilhem 
Adhemar, 202,5 (R., Ch., III, 254, Sail de Scola); le Moine de Mon- 
taudon (StiidJ, VIII, p. 4^9, str. V) ; Guilhem Figueira (la non agr* 
obs, édit. Schultz-Gora, Ein Sirventes v. G. F., p. 4o) ; Aimeric de 
Sarlat (de Belenoi, 11, 2; R., Ch., III, 386, vv. 7-8, 24); Peire Milon 
(349, 4, édit. Appel, Poés. pr. inéd.; R. d. l. r., XXXIX, pp. 185-7). 
Il faut noter à part Peire Bremon, 33o, 7 (Mahn, Ged., 567), où 
l'avant-dernier vers de chaque strophe (Ï-VII) finit par une interro- 
gation : per que ? et le dernier contient une réponse ; enfin, de 
même que dans Flamenca, cette manière revient fréquemment dans 
Jaufre, vv. 4o, 48-9, 59, 68, 89-92, 1 1 1-3, 244-6, etc. (Suchier, 
Denkmœler.) 



Date et localisation, v. 5i : Pros comtessa. — Pour les chansons 
qui suivent celle-ci , jusqu'à la huitième, il est certain que la « com- 
tesse » à laquelle Elias de Barjols les adresse est Garsende de Pro- 



58 COMMENTAIRE. 

vence. Pour celle-ci on est réduit à le conjecturer. On peut hésiter 
entre Garsende, veuve d'Alfonse, et Béatrice, femme de Raimon- 
Bérenger IV, c'est-à-dire entre une date antérieure à 1 220-1 ou pos- 
térieure à 1220-1. Les raisons décisives font défaut. Voici ce qui 
parle plutôt pour Garsende : Béatrice est toujours nommée par son 
prénom (XI, 4ï-2; XII, 4i ; XIII, 47)» ou bien par une mention de la 
Savoie (X, 4i)> probablement pour éviter le malentendu qui eût été 
très facile jusqu'en 1226, date où il y eut deux comtesses à la cour 
provençale (d'autant plus que Ton avait été habitué à voir Elias de 
Barjols chanter Garsende); au contraire, dans les chansons se rap- 
portant sûrement (VI) ou probablement (VIII) à Garsende, elle n'est 
appelée que comtessa {de Provença) comme ici ; l'autre motif est que 
l'on ne trouve dans cette chanson aucune mention de Blacatz, qui est 
nommé dans la plupart des chansons postérieures à I2i5 environ. 
Il est donc très probable que cette pièce se rapporte à Garsende et 
qu'elle est même la plus ancienne de celles qui lui avaient été adres- 
sées, tombant, d'une part, avant les relations d'Elias de Barjols avec 
Blacatz (i2i5), d'autre part peut-être, comme le veut la vida, après 
la mort d'Alfonse II (1209). 

9 savils], — En dehors de cette chanson, il n'y a pas dans Elias 
d'irrégularités au point de vue de la déclinaison. Ici, au contraire, 
elles abondent : vv. 9, 24, 3o (cf. XIV, 82), 3i; 27 (21), où s manque 
pour le nominatif; de même pour le vocatif : v. i3; pour le vocatif, 
on trouve chanso, IX, 46, N'Isnart, X, 45, et En jaafrezetf XV, 
I, 20, 37 (ms. a seul). 

i4 par er (« maintenant, actuellement ») (e ouvert) fausserait la 
rime. On peut admettre l'infinitif parer au lieu de la 3© sg. par, 
grâce à l'appui vague que cet infinitif trouve dans ditz (?). 

20 amar Vaiy le futur disjoint, dont les deux éléments sont sépa- 
rés par un mot comme dans tous les exemples réunis par Diez' (III, 
trad. 267-8). M. Jeanroy (Romania, XXXllI, p. 6i4) remarque qu'il 
faut y voir une règle fixe (c'est-à-dire que, p. ex., ai amar ne serait 
pas admissible). 

21-2 Amar m*er et non a amar m*er, comme, p. ex., dans 46i. 
191 (P. O., 387, str. I-II) : ... Ans tem que'm n*er a morir \ Pos vei 
c*ab tal autra régna \ Don per mi no's vol partir. — Partir m*en 
er.., 

26 C : quen lo deume séria ben redens, R : ce del deme séria ben 
rendes. — Raynouard {Leœ., III, 3i) cite C, et traduit : « Et ils 
lui demandent mille fois tant qu'il ne peut faire, vu qu'il serait bien 
rendant avec la dîme. » Mais comment concilier « avec » soit avec en, 
Boit avec rfe? — D'autre part, il serait sans doute trop compliqué de 



GOMMENTAIRE. 5 g 

voir dans redens (qui est pour re(n)dre aussi bon que rendens) une 
autre forme de redem(p)s (car rezemat seul, part. pas. faible, est 
attesté), comme p. ex. : tens = temps et comme il arrive parfois 
à la rime de confondre -m avec -n (voy. Stimming, B. d. BA, p. 278, 
n. 28, V. 36), et de lire : E'I demandon mil (ans que no pot faire : 
Que de'l deume séria ben redens, « qu'il serait sauvé moyennant la 
dîme ». 

4o parven est adjectif et signifie « visible », « reconnaissable ». — 
On peut noter ici les diverses constructions de cet adjectif : 

— lo Construction personnelle. — alcns es parvens, « quelqu'un 
est reconnaissable, appréciable » : Per o libon seran entremis malvatz 
parvent (Suchier, Denkmœler, p. 249, v. 228; cf. au Glossaire); ici 
doit figurer aussi un exemple cité par Raynouard, Lex., IV, 428 : 
E'I fron li'n sors un estruma Que lli er j'asse, mentre viva, par^ 
venSy « qui lui sera toujours marqué ». (Ce passage, appartenant à 
17,2, est imprimé de la même façon, d'après (7, dans P. O., p. 356, 
str. VII; cf. M dans Mahn, Ged.y 353, str. IV : el fron lin nays 
una escuma. Quel sera mais lotz iornz parvens). Il faut lire : 
Qu*el i er iasse, mentre viva, parvens, « de façon qu'il y sera tou- 
jours, tant qu'il vit, reconnaissable » (ce qui est d'accord avec ce 
que l'on peut entrevoir de la leçon M, ensuite avec mentre viva, 
enfin avec le fait que parvens, substantif, « indice », n'aurait pas 
d'autre confirmation) ; c'est alors une construction al eus es parvens 
a alcuna re (voy. plus loin) et on se demandera si dans notre pas- 
sage a la fi veut dire « à la fin » ou bien « d'après la fin ». 

— 20 Construction impersonnelle. — es parven a alcuna re, «. il 
est visible, on peut reconnaître d'après... » : ... E pois val pauc ries 
hom, quant pert sa gen, \ Qu*a Daire , l rei de Persa, fo parven 
(Peire Vidal, 364, 4>édit. Bartsch, n. 35, vv. i5-i6); Senher, vencutz 
no sui nien \ Et al jutgar es (corr. : er ?) ben parven \ Per qu*eu 
volh que-isi'eissamen \ Na Guilhelma... (432, 2, édit. Bartsch, Chr.^, 
col. i58, torn. II, vv. i-4); ici encore al jutgar peut être « au juge- 
ment » ou bien « d'après le jugement ». 

— 30 mi es parven a alcuna re, « il est visible à moi , on peut 
reconnaître à moi, d'après... » : Quant ieu la veij, ben m* es parven 
Als huelhs^ al vis, a /a co/or (Berna rt de Ventadorn, Non es mera- 
velha, 70, 3i, édit. Ap., Chr.^, n. 16, w. 4i-2, p. 56). 

— 4® ^i ^s parven d'alcuna re (subst.), « quelque chose m'est visi- 
ble » : E, si torn en tan grieu cossire, \ Voirai m'en mal, et er m'en 
pueys parven (Pons de Capduelh 876, 5, édit. Napolski, n. XVII, 
p. 75, vv. 44-5); ici doit trouver place un exemple de Raynouard, 
7. c, : Aissi'm trai \ Mos volers lai | E'I fol captenemen \ Don 
m'es manias vetz parven. 



6o COMMENTAIRE. 

50 si (dat.) far parven alcuna re — (à distinguer de far parven 
[-ensa, -enta i ex.] d*alc. re, construction fréquente, « montrer quel- 
que chose »), — « rendre visible à soi quelque chose » : Bernart 
de Ventadorn 70, 3, str. VI; Mahn, Ged., 208, etc. : E si no'm o 
fas parven \ Nuls hom meins de ioi non sen ; — et : si far farven 
alcuna re ad alcuna re, « rendre visible à soi quelque chose par 
quelque chose » : Gaucelm Faidit 167, 12, sir. I, ms. A, n. 227, 
Studj, p. 245, et cf. Mahn^ Ged.y 4^0-52, et ms. O, n. 107, édit. de 
Lollis, p. 76 : Be-m platz e m'es gen D*amic (cf. n. III, 43-5) q*en 
ioi s*apren Q*a Jin cor, clar, valen, Cal -que bon mestier aia,fassa 
lui (plutôt que fass*a lui) parven Sa bon' obra e son sen. On aura 
des doutes sur un passage de Peire d'Alvernhe (828, 8, édit. Zenker, 
n. XI, vv. 7 et suiv., p. 109) : Doncs aissi'm dei far parven \ leu 
que venc novellamen \ Demostrar en detriansa \ Lo saber que' m n'es 
cregutz; M. Zenker écrit, p. 253 : « joarwen (adj.)kenntlich, se faire 
p, sich zeigen », et traduit, p. 168, par « je me dois montrer », qui 
n*est pas, évidemment, très satisfaisant comme sens; et puisque la 
construction se far parven aie. re existe, et avec un autre sens, il 
me paraît naturel de l'y voir et de lire : Doncs aissim dei far par- 
ven — leu que venc novellamen \ Demostrar en detriansa — Lo saber 
qucm n'es cregutz, ce qui correspondra aux vers précédents (1-2) : 
Bel m'es gen qui a son bon sen \ Qu'en bona cort loprezen, (la paren- 
thèse leu que se rapportera à cort, et le reste, far parven lo saber, 
à presentar son bon sen), — Essentiellement la même construction : 
alcus (-na re) f ai parven ad alcu, alcuna re a qu' un (qu'-ch.) rend 
visible dans qu'- un, quelque ch. se trouve dans Flamenca ^, p. 95 
(et cf. Appel, Chr.^, p. 26, n. 5, v. 209 s.) : Quar atressi con Vaiga 
freja, \ Quan hom de primas s' i refreja \ Tro sus al pietz, fai 
parven leu \ Ad omet cor el feg' el leu \ E diz oif oi! que ges un 
mot I non pot formar adoncs dei tôt, | Assi estet Guillems adonc, 

— 60 Enfin , une construction curieuse : esser a parven (subst:), 
« être reconnaissable », attestée dans P. Cardenal (335, 32, str. II) : 
Ben son a parven | Li pro e li valen \ Que ah ioi et ah rire \ Et ab 
parlar gen \ Est an entre la gen \ Ab belh captenemen (LR., I, 449» 
Mahn, Ged,, 612 = 61 3). 



VI 



Les manuscrits. — Cette chanson est conservée entièrement dans 
L; CR en donnent les cinq strophes, mais sans les deux tornadas; 
GKd contiennent les trois premières strophes et le second envoi. 



COMMENTAIRE. 



6l 



Nous avons là déjà une base de classement des mss.; le classement 
au point de vue des attributions est d'accord avec le premier ; et les 
textes confirment qu'il est juste : 




K(d) 



X (L). Rien n'autorise à admettre un rapprochement plus étroit, 
soit entre x et y, soit entre x et r, et il faut reconnaître l'existence 
d'une branche à part pour L. 

y (CR) : vv. i (conoyssens sai pour ben s. c, i syll. manque) ; 
2 [conosc pour conuc) ; 8 (ni a vos dona pour ni uos non ans, i syll. 
de plus); 9 (cor pour conort, 1 syll. manque); 10 (quieu pour que^ 
zieu, I syll. manque); 12 (volantat gran pour 6o/i talan, i syll. de 
plus); 17 (lau pour loing, resp. vir); 18 (auinen pour auinens ; per 
pour de); 19 (es pour non es, i syll. manque); 20 (qaieu pour que^ 
rea, resp. res quieu, 1 syll. manque); 34 (don fora ben dregz de 
vos corr. de qeus am, dregz fora de uos afin d'éviter un enjambe- 
ment syntactique) ; 87 (eus pour e vos, 1 syll. manque) ; cf. encore 
les leçons communes des vv. 11, i4, 16, 22, 27, 35. En somme, les 
deux mss. sont le plus étroitement liés entre eux et reproduisent leur 
texte à peu près sous la même forme (voy. w. 7, 17, 24, 36). 

z (GKd) : w. 2 (conoit pour conuc), 4 (del cor pour el cors) 
i5 (e seus aus pour e si plus hi), 17 (ua pour uau), 22-3 (ordre in 
verse), 24 (qenfaza pour que'mfassatz), 25-4o (manquent); cf. en- 
core les leçons communes des vers 3, 6, 22, t\Q, 47, 48. — L'union 
de ce groupe est, comme dans y, tellement intime qu'il n'y a que 
très peu et de très légères divergences dans Ar(vv. 1, 12, i4, 17, 21, 
22). — AT est naturellemenl le plus exactement reproduit par d qui 
n'est qu'une copie sans aucune valeur individuelle (voy. Mussafia, 
Del codice Estense, et Grôber, dans Romanische Studien, II, p. 47i)* 



La forme et le genre, — C'est une chanson ; cinq coblas unisso- 
nans de 8 vers chaque, et deux tornadas. La formule est : 

8a 76 86 7a 8c 'jd' ^d' 8c 



02 COMMENTAIRE. 

La suite des rimes est donc des plus simples et, à ce point dé vue, 
notre chanson appartient, avec quatre autres d'Elias qui sont faites 
de coblas crozadas, au groupe considérable de Maus (no 679, p. 1 19), 
où notre formule est donnée à tort comme douteuse ; Terreur vient évi- 
demment de ce que dans Raynouard (Lex, 1, 422), sa forme métrique 
n'est pas débrouillée. Elle est un unicum dans ce groupe. Elle le 
doit à unt3 particularité qui revient plusieurs fois dans Elias de Bar- 
jols. Toutes les autres chansons, très nombreuses, de ce groupe com- 
binent difiPéremment les longueurs des vers, mais elles gardent tou- 
jours la même longueur aux vers de même rime. Elias de Barjols s'y 
tient dans la seconde moitié de la strophe, mais dans la première 
moitié, il donne 8a 7a (vv. i et 4) et 76 86 (w. 2-3). Il répétera abso- 
lument la même chose, et dans le même groupe des coblas crozadas, 
dans sa pièce 182, 4 (n^ XII) : la seconde moitié y est, comme ici, 
8c 7^ 7c/ 8c ; mais, dans la première, il combine 7a 5a ( w. i et 4) 
avec 56 76 (w. 2-3). Même phénomène dans VII, X, XI (cf. Introd,, 

iiii). 

Date et localisation. — V. 41-2 : La valens comtessa de Proenza, 
V. 45-6 : E'I contCy mon seignor, ai fe \ Que si* en loc de son paire, 
La comtesse est Garsende et le comte Raimon-Bérenger IV ; la chan- 
son est à localiser en Provence, à la cour d'Aix, et elle est antérieure 
au retour du jeune comte qui eut lieu en 12 16-7, mais évidemment 
peu éloignée de cette date. (Voyez, pour la preuve de ces affirma- 
tions, ma notice sur Garsende, à paraître dans les Annales du 
Midi.) 

27. no sny d'aitan poderos. — On se demande si le sens est « je 
ne suis pas si puissant » avec d*aitan adverbial (cf. au Glossaire), ou 
bien : « je ne suis pas en état de faire telle chose ». En effet, pode- 
ros apparaît comme un simple adjectif (poderos Deus, ou Deus es 
poderos, ou poderos de, « seigneur de »), mais aussi dans la cons- 
truction esser poderos d*alcuna re, qui est une périphrase pour 
« pouvoir faire qu'ch » ou bien pour « avoir du pouvoir sur qu'ch ». 
Voy. p. ex. 283, 2 (dans Selbach, Streitgedicht, p. 108) : Et el 
marit[z] a[6] un petit d'emtença \ El es d'aitant segurlsl e pode- 
ros I Q'us autr* iratz en séria gioios, où d'aitant dépende de pode- 
ros : « il est assuré et il a le pouvoir sur telle chose (personne) 
qu'un autre... »; cf. Elias Cairel i33, 6, str. IV : ... d'al no sui 
poderos \ Mas quant dels huels ab que* us re/n^re /Cadenet 106, 6 : 
Aitals cum hieu séria \ Si'l poder n'avia \ Volgra que f os | Qui 
n'es poderos; Arnaut Peire d'Agange 3i, i (Mahn, Ged., 1082), 
str. IV : Vos que sabetz qu'ieu no soi poderos \ De mi meteys que 
vostr* amor me lia; dans Sancta Fides d'Agen, Crescini, Manua- 



COMMENTAIRE. 



63 



letto^, n. 2, w. 56 et suiv. : Deas nostre donz lo glorios \ Dû totaa 
res es poderos \ Del cel czai deissended per nos,,,, où le sens est 
« Dieu peut tout faire; il descendit du ciel pour nous, » etc-; dans 
Pons de Gapduelh 876, i3 (édit. Napolski, n. V, p. 56, vv. 28-*)) ; 
Nim vir ues autres latz \ Ni no fui poderos \ Pos i aie mon cor 
mes, on doit corriger : Ni no'n fui poderos, « et je ne pas pas le 
faire »; de même, on rendra intelligible une strophe obscure de 
Peire d'Alvemhe (323, 12, str. III). M. Zenker (édit. n. V) écrit : 
Qni a donc s amor e l'enquier \ Et amors hroC e braelh* e nais^ j E 
qui Ves umilse verais, \ En breu d*ora la conquiza \ Qunmilitats 
la vens ades \ E belhs semhlans ab jent respos \ Qu'estiers non es 
om poderos et traduit (p. 159) : « car autrement l'homme n'aiteiat 
pas la puissance » ; il faut écrire no'n es om poderos et com- 
prendre « parce que autrement Thomme n*a pas de pouvoir sur 
Tamour ». Il est donc probable que notre d* ai tan dépend de poderos. 



VII 



Les manuscrits. — Les variantes montrent que les manuscrits du 
groupe z se séparèrent très nettement des autres ; mais il est impos- 
sible de ramener tous ceux-ci à une seule source : ils se divisent en 
deux branches, probablement indépendantes Tune de Tautre. Nous 
acceptons donc trois groupes : 




œ (DIK) : vv. 8 (naus pour no naus), 28 (quen aissi man pour 
don manetz viu de r, don magues leu de y), 3i (colors tff rosa e 
cristals pour com bêla roza e bels cr.), 82 (et a totz iovns rrets e 
gensa pour pus (mas) ab nos non truep guirensa); à colé de ces 
leçons fausses, qui se concentrent dans la strophe IV, 011 rcniar- 



64 COMMENTAIRE. 

quera encore quelques autres particularités communes, même gra- 
phiques, de DIK : w. i et 9 \aues et aurias contre auetz et au- 
riatz) ; pour le v. 4o, les trois mss. x s'accordent à donner la leçon 
uostr onors contre nostr amor(s) de z, y, mais c'est la leçon x qui 
me paraît juste; aucun des mss. x ne contient la seconde tor- 
nada, w. 4^» <I^ manque aussi à quelques-uns des mss. y et à la 
plupart des mss. z. — d (IK) : La parenté encore plus intime k 
laquelle on s'attend entre / et AT est confirmée, en dehors de l'ortho- 
graphe presque identique, par la faute commune du v. 42 {aitals pour 
naturals). 

y (ff^C, Ga). Tout en rapprochant les mss. G a de H^G plutôt 
que des autres il faut ajouter que, strictement, Ga ne devraient pas 
entrer dans le groupe y. Le nœud de ce groupe et sa véritable 
expression, ce sont les mss. G et H^. Au contraire, G et a ne sont 
qu'une combinaison des trois branches. Mais il semble que ce soit une 
rédaction y qui se trouve à la base de (r et de a. Les indices en se- 
raient : w. 5 {que pour quei), 28 (don m'agues leu v, «. s.), 82 (pus 
contre mas de z), t\o (uostramor pour uostramors de r, mais à 
l'exception de Ef({\i\ ont commis la même faute, et contre uostrch 
nors d'à?), 4i {^l contre al de z et d'x). — Ces trait^-là sont au 
moins communs à G et a à la fois, et ils se retrouvent dans le 
groupe y; au contraire, les emprunts faits soit à x soit à z par G 
et par a sont faits par chacun d'eux séparément, puisqu'ils sont dif- 
férents dans G et dans a. Il en résulte que G ei a ont eu à leur 
base une rédaction y que chacun d'eux a combinée avec les rédac- 
tions X et z. Quant à G, il est évident qu'il a eu plusieurs rédactions 
sous les yeux. On voit ce manuscrit créer des leçons et des combinai- 
sons nouvelles précisément dans les endroits pour lesquels les diffé- 
rents groupes ne sont pas d'accord et où G voudrait soit les concilier 
soit les remplacer par une leçon toute nouvelle : w. i5 (où il écrit 
e ia en présence de iaplus de j? et de y et de iapueis de z)y 28 (où il 
prit leu de y mais an pour avetz de x), 34 (où il aboutit à un non- 
sens syntactique combinant les mots dont l'ordre est différent dans les 
différents groupes), 87 (où il se décida à remplacer les deux leçons 
tout à fait différentes, x et y d'un côté, z de l'autre, par une troi- 
sième dont la fausseté est attestée par la rime). Quant à a, il com- 
bine au V. 16 sim fessetz daitan (y) et sol daitan mi fait z (z) en 
sol fezes daitan, et au «v. 36 il invente un vers tout entier en pré- 
sence des leçons contradictoires de xy et de r ; il n'y a toutefois pas 
de preuve que a dut nécessairement connaître x, puisqu'il peut 
n'avoir combiné dans les deux cas que y et z; pour le v. iS^ il y a 
sobra de dans Da pour sabras de des autres, mais la coïncidence 
peut bien être accidentelle (cf. aussi, pour l'orthographe, w. i et 9 
aves, aurias). — c (GH^) : w. 18 (guai cors covinen pour bel cors 



COMMENTAIRE. 65 

avinen), 28 (amicx en totz luecx e cabals pour et a, en t. L c*), 
^5 {nom es desouengiit pour n. son (H^ S ai) d.), 27 (que'm Jezetz 
pour qu*ieu conuc); voy. aussi vv. 3 (çu*anc noi puoc trobar 
comme Sf et contre que{eu) anc noi trobei), 19 (enten comme J 
contre m*enten); la seconde tornada, 45-8, n'est conservée que dans 
Cff^ d'une part, dans E d'autre part (cf. sous r-a). 

z (Ef, ff^S) : w. 5 (e fa{i)tz gran (hi) desconoissensa pour db 
vos per que(i) fa{i)tz fcUlenca de xy, ce qui est une correction due 
au conditionnel quezera du v. 1 5 et à l'oubli de si du v. n, trop 
éloigné ; cette correction ayant produit un non-sens dans la .strophe II 
tout entière, H^S ne l'ont pas débrouillée parce qu'ils avaient encore 
sen au lieu de si' m au v. 11, mais y* a tâché de l'éviter en întrod«i- 
sant qu*ana vetz pour ce vers), 16 {sol daitan mi Jaitz pour sim 
fessetz daitan de xy, ce qui est une conséquence de l'erreur précé- 
dente), 82 {mas contre pus), 87 {ni com uos port benaolensa (ou 
temensa), avec une répétition à la rime, pour ni com frac greu 
penedensa), Z^ {fis e leials pour amicx corals, cf. rime 22 feiah)^ 
— a {Ef) : w. I {uos m' pour ben mi), 8 {mais quiett pour H*S 
mas ieu, xy pos ieu), 16 {sol daitan, H'S mas de tan, les autres u. s. ), 
29 (manque), 3o {es pour ques), 86 {m a amor pour m (itieU^ resp. 
tenetz)f 87 {benuolensa contre temensa de H^S). Une influence de c 
sur Efse manifeste au v. 8 où EJ suit la leçon c (voy. ci-dessus) et 
aux vv. 45-8 qui sont la seconde tornada conservée par C//* et E 
seuls, tandis que / ne contient ni la première ni la seconde. — 
b {H^S) : vv. 5 {hi contre gran), 8 {mas ieu), 1 1 {sen poue sim)^ 
12 {escondut pour esperdut), 18 {sobrada pour sobras de)y il\ (me 
pour li), i5 {ia plus contre ia paeis), 16 {mas de tan co^itre sol 
d'aitan Ef), 45-8 (manquent). 

Forme. — 5 coblas unissonans de 8 vers chaque, à la suite des 
rimes de la cobla encadenada : 

•ja 86 86 7a 7c Sd Sd 7c 

Voy. Maus, p. 119, no 679. 

Date et localisation, — La première tornada dit : Al senhonu de 
Proensa Es vengutz senher naiurals.,. Il s'agit du retour en Pro- 
vence de Raimon-Bérenger V, fils d'Alfonse II. Ce prince^ âgé de 
quatre ans euviron au moment de la mort de son père, lui succéda 
sous la tutelle de Pierre, roi d'Aragon, qui l'emmena dana son 
royaume. C'est son retour qui est célébré dans la tornada d*Elias 
ainsi que dans une chanson d'Aimeric de Belenoi (B,, Gr., 9p '7 î 
publié par Suchier, Denkmaeler, p. 824) qui débute : Poit Dieus nos 
a restaurât Lo pro comte proensal De rie lingnaze reiaL.. Au 



66 GOMMÈNTAItlfi. 

commentaire que M. Suchier a donaé {Ibid., p. ^22), d'après L'Art 
de vér, l. d. (80), X, p. 4o6, il faut ajouter deux détails : — lo Une 
des raisons de la joie que ce retour produisit en Provence fut bien 
le fait qu'il mettait fin aux troubles soulevés en l'absence du souve- 
rain par les princes voisins. D'une part, Alix de Forcalquier et son 
fils Guillaume de Sabran avaient élevé des prétentions sur le comté de 
Forcalquier, héritage maternel de Raimon-Bérenger; d'autre part, 
peut^tre, l'accession au royaume d'Arles, 8 janvier I2i5 (Barthé- 
lémy, p. 46, no 167), de Guillaume de Baux avait constitué une me- 
nace pour le comté de Provence ; enfin, plusieurs villes venaient de 
s'ériger en républiques (cf. Bouche, II, pp. 208-210). Mais l'autre 
raison, et la plus essentielle, de l'enthousiasme provoqué par le re- 
tour du jeune comte était due sans doute à la nature même de son 
éloignement et à la façon dont s'opéra son retour. Si, en effet, le roi 
Pierre avait emmené le jeune Raimon en Espagne, il y avait là un 
abus de pouvoir vivement ressenti par les seigneurs provençaux. On 
n'a pas encore remarqué que le roi Pierre avait imposé sa tutelle à 
Raimon et à la Provence, contre la volonté du comte Alfonse et 
contre les droits de sa femme Garsende. En effet, Alfonse avait 
échangé (octobre ï2o4) avec son frère Pierre un testament où il dé- 
clarait instituer a in haeredem filium infantem masculum, si quem 
ex legitimo matrimonio suscepero et relinquo eum sub tutella et cura 
praedicti fratris mei , cum omnibus iuribus suis, usque is habeat 
viginti annos complètes » et où il faisait même Pierre son héritier au 
cas où il n'aurait pas de successeur (voy. Pithon, Hist. de la ville 
d'Aix, 1666, p. II 5, et Bouche, II, add. et corr., p. 1060); mais, 
après la naissance de son fils, Alfonse se décida à revenir sur son 
premier testament et il le remplaça (septembre 1206) par un autre 
par lequel il faisait Raimon-Bérenger, son fils, héritier de toutes ses 
terres « sous la tutelle de Garsende, sa mère, et la protection de 
Pierre, Roy d'Aragon, son oncle » (Pithon, toc, cit., pp. 11 5-6). La 
tutelle espagnole devint beaucoup plus menaçante après la mort 
du roi Pierre (121 3), lorsque Sancho, son oncle, devenu gouver- 
neur général d'Aragon (Zurita, Anales de la corona de Ai\, t. I, 
fol. io4 vo, col. 2) et probablement déjà auparavant gouverneur de 
la Provence (Bouche, II, pp. 1061-2, et cf. Blancard, Iconographie, 
p. Il), prit sous sa tutelle ses deux petits-neveux, Jacme, fils de 
Pierre, et Raimon-Bérenger, pour les tenir gardés au château de 
Monçon (Zurita, ibid.). Cette tutelle parut suspecte aussi bien aux 
seigneurs espagnols qu'aux seigneurs provençaux, qui cherchèrent 
les moyens d'en délivrer leurs jeunes souverains. Il est donc impor* 
tant de savoir que Raimon-Bérenger ne revint en Provence qu'en 
s'échappant clandestinement et grâce à un complot des seigneurs 
provençaux qui précéda un complot analogue des seigneurs arago- 



COMMENTAIRE. 67 

nais et catalans. Ceci nous est raconté par le Conquistador lui-même 
(voy. plus bas). Ce fait explique bien Texpression d*Aimeric de Be- 
lenoi : Pos dieus nos a restaurai Lo pro comte proensal ; il permet 
peut-être aussi de rattacher la première tornada d'Elias de Barjols à 
la seconde, consacrée à Blacatz, et nous admettons comme naturelle 
rhypothèse que Blacatz aurait été un des « ries homens de Proensa » 
qui facilitèrent le retour à leur jeune comte. — 2* La date exacte de 
ces événements peut être établie de la façon suivante : Tourtoulon 
(Jacme I, p. i53, n. 4> et cf. p. 444) prouve (contre Hist. gén. de 
Lang,, VII, note xiv, p. Sg) que Jacme ne quitta Monçon qu'après 
ou environ vers le mois de juin 1217; et, comme Jacme lui-même 
indique que la fuite de Raimon-Bérenger eut lieu sept mois avant la 
sienne, elle tombera vers les confins des années 12 16 et 1217. Ceci 
est d'accord avec les autres indications du Commentari : Jacme se 
donne l'âge de neuf ans pour cette époque et il naquit le 2 février 1208 
(Tourtoulon, I, p. 78); il donne l'âge de onze ans et demi à Raimon- 
Bérenger qui naquit, comme il résulte des deux testaments de son 
père, que nous avons mentionnés, entre le mois d'octobre 1204 et le 
mois de septembre 1206. 

Voici, au reste, le passage de Jacme auquel je viens de faire 
allusion : 

Chronica o commentari del ... rey en Jacme.., éd. Valencia, i557, 
fol. V, Capitol XII : « E quant nos fom de état de nou anys e que 
nons podiem aturar en Monsoo, nos ne el comte de Prohensa, tant 
voliem exir, car era necessari a la terra, fo acord del Maestre, e dels 
altres, qe nos laxassen exir aquell lloch. E avans qe nos ne exissem, 
be per set meses, vench missatge al comte de Prohensa per richs 
homens de sa terra, que a dia sabut vendrien ab una galea a Salou, 
e quel traurien celadament del castell de Monso, e que s'en yrien ab 
ell tro en Prohença. E axi com fo cogitât se compli. E quant ell s'en 
volch anar, dix qe volia parlar ab nos avans descobrir son segret e 
près comiat de nos. Plora ab aquells que eren vengutz per ell, e nos 
ploram ab ell per la dolor del partiment, mes per la sua anada 
playans molt. E altre dia, aprop del fos cant de la nit, exis del castell 
ab En Père Auger, quel nudria, ab dos scuders sens, e tranuytaren, 
e passaren Leyda en semblança que altres homens eren, e desfigu- 
ra tz de vestiduras. En l'altra anaren s'en a Salou e recullis en la ga- 
lea, e anaren en Prohensa. E per tal que hom sapia los nostres anys 
e els seus, ha via ell dos anys e mig mes que nos. » (Cf. pour ce fait 
Zurita, I, 106.) 

5-8. Les mss. présentent deux leçons différentes pour ces vers. La 
première repose sur : 10 faitz 2, pi. pr. au v. 5 {D; G, H^;Ef, 



68 COMMENTAIRE. 

H^); 2* mostratz 2 pi. pr. au v. 6 (tous les mss. sauf C); et 3o pos 
au V. 8 {DIK; G, H^); c'est-à-dire (lisant avec D) : .,.per çue-i 
faits faillenza, Car a leis no mostras mos mais Cay suy hom 
liges naturals, Pos eu no n'aus far parvenza ; « vous avez été, dit 
le poète dans les v. i-4, dur pour moi. Amour, et voilà pourquoi 
vous agissez mal, ne montrant pas mes soufiFrances à celle dont je 
suis homme lige légitimement, vu que je n'ose pas moi-même les 
faire apparaître. » La seconde leçon repose sur : lo fatz i sg. pr. 
(et non 2 pi. pour laquelle cette forme n'est pas impossible, mais est 
très rare; voy. un ex. dans Appel, Chr^., p. xxvii, et mention 
sans exemple dans Grescini, Manualetto^, p. i48) au v. 5 (/AT; C; 
S; fais a); 20 mosire i sg. pr. au v. 6 (C seul); et 3» mais (Ef 
H^S) ou que (C); c'est-à-dire (avec C) : ... per que fatz fallensa, 
Quar a lieys no mostre mos mais Cay suy hom liges naturals 
Qaieu no'l en aus far parvensa (ou bien mieux EfH^S : mas ieu 
no n'aus far parvensa) ; « vous avez été dur pour moi, amour, 
disent les v. i-4, et voilà pourquoi j'agis mal en ne montrant pas 
mes souffrances à celle dont je suis homme lige légitimement; mais 
c'est parce que je n'ose pas les faire apparaître ». La première leçon 
est représentée dans ses trois traits par DGH^; la seconde dans ses 
trois traits par C seul ; les autres mss. confondent les traits de l'une 
et de l'autre. C'est la seconde leçon qui est préférable, bien que son 
trait principal (i sg. mostre) ne soit représenté que par un ms. 
D'abord parce que la tendance des mss. à corriger le texte pour faire 
de amors le sujet de la seconde partie de la strophe est plus com- 
préhensible que ne le serait la tendance contraire ; ensuite parce que 
cette tendance apparaît aussi au v. i4 (pour mostres i sg. les mss. 
CH^DaH^S donnent la 2 pi.) où cependant la 1 sg. est tout à fait 
assurée par les raisons du sens aussi bien que par la mesure du vers ; 
enfin la i sg. est, au point de vue du sens, d'accord avec les stro- 
phes II et III. 

9. ereubut, voy. R., III, i38, et L. S-W., III, 118; P. Meyer, Fla- 
menca^, p. 348 : ereubut p. p. « transporté de joie ». On a cru ce 
verbe défectif : voy. P. Meyer, loc. cit. « part. p. d'un verbe erebre 
inusité aux autres modes », et Grescini, Manualetto^f p. i56, n. 3. 
Mais, en dehors de erepchas, de L. S.-W., le parf. ereup, signalé 
par le Donat, 21, 34 (cf. Grescini, loc, cit.) est attesté au moins par 
un exemple de Giraut de Bornelh (242, 74, str. IV) : ... Pois mi 
donet lezer. Ses forssa de preiar, Mos seigner de cantar, E mos 
trobars Fon per s*amor espers Adoncs m*ereub e-m ders... (ms. A, 
n. 17, Studj, m, p. 21 ; cf. ibid., p. 676; B : ereup) avec un sens 
correspondant parfaitement à celui du participe « transporté de joie ». 
Quant au participe, la forme ereubut, se basant sur le thème du 
parf., est absolument prédominante. (On peut ajouter aux exemples 



--JÎ^-Ç-q^T 



COMMENTAIRE. 69 

de L. S.-W : Pons de Capduelh 876, 'j : Ai cum fora garitz e ereu- 
buts A. n. iSg, Studj, III, p. 169; Aimeric de Pégulhan 10, 22 : 
Ni per cui er hom tan gent ereubulz R., Ch., III, p. 248; Peire 
Vidal 364, 1 7 : Mas la soa saltitz Nos a totz ereubutz E tornat en 
joven Mon cor e mon talen, éd. Bartsch, n. 3, p. 10, w. 8-1 1; à se 
tenir per e, Guilhem Ademar 202, 9 E per aisso mi teing per ereU' 
but R. Ch., III, 1,96, et ms. A, n. 3 10, p. 887 : Raimon Vidal, 
Abrils : E can vos poiran esquern far Ilh se tenran per ereubut; 
comme senhal, dans Peire Raimon de Tolosa 355, 7 \ A Mon Ereti' 
but prec e man, R. Ch., III, 124). — Sur un exemple â'ereàitz 
M. P. Meyer a remarqué : « erebifz en rime pour ereubuU -a Croia. 
Alb.y Gloss. I, 409; elle se rattache à un exemple de Finf. erehir de 
Raynouard, aussi à la rime. — Les mss. IKH^S portent jiour notre 
passage erehutz qui serait une forme refaite, comme souveut_, sur le 
thème du présent; elle ne se rencontre autre part qu'en variante, 
comme ici ; par exemple pour 202, 9, v. 25, le ms. N porte erebtit, 
voy. Suchier, Denkmaeler, p. 821). 

i3. C : per sobrar de benvolensa; Da'f : per sobra de benvo- 
lensa; IKGH^E : per sobras de benvolensa; H^S : per sobnula 
benvolensa. Il est évident que sobrar de C et sobrada (probablement 
simple altération de sobra de) de H^S ne sauraient être corrects- 
Restent sobra et sobras. L'article de Raynouard ( F, 244» no t 7 de 
Tarticle supra) doit être complété par les exemples suivants (le ïroi- 
sième est, non de B. de Paris, mais de Sordel; voy. A nnai es du 
Midi, XVII, 476) : Mas non sai cum de prion M'aperten, c'ai mar- 
rimen E de nien Fatz me ielos Enveios, Gais q*ieu conoistrîa Per 
sobras d*albir... (Giraut de Bornelh 242, 28; A. n. 47> Sfudj, III, 
p. 57 ; cf. MGf 948, 949) ; No volh sobras d*argen ni d*aar Tant ai to 
cor gai e isnel (Peire Vidal 864, 38, éd. Bartsch, n. 29, p. 67, v. ï8}* 
On peut ajouter encore R. de Cornet (sous le nom de Peyre Car- 
denal R. L., 4^4 et suiv.) : Menestayrals ribaus so del gazanh 
tant caus Per que f aisso lors obras E'is vendo tant asaut E mon/o 
pretz tant naut Que trobo largas sobras (p. 470), et Brevîari 
d*Amor, t. II, p. 90, vv. 18226 et suiv. : D*autra part. Si an fais 
sobras Quez ilh puesco a lurs obras Gazanhar, quar an bon cap~ 
tal Quo an alcun menestral Ilh volo lur obra Jalsar, — - Ce sobras 
s. f. [cf. R, un ex. de las sobras'] sans singulier (voy. Mistral, II, 
905, 3 : soubro, souro (d.), sobros (g.), s. f. pi. « restes, excédants » ; 
cf. Godefroy, VII, 529, 8 : un ex. de souvre s. m., « surplus w) se 
rattache k sobrar, v. « rester, excéder, être en trop », à sobrat, adj. 
« riche, aisé », à sobrier --eira, adj. « excessif», à sobreira, s. f. 
«. surabondance », à sobr- (-amar, etc.) « à Fexcès », dans des îmm- 
breuses compositions nominales, verbales, adverbiales, toutes ces For- 
mations étant dérivées du sens adverbial « trop, à Texcès » , de saper ^ 



70 COMMENTAIRE. 

supra, qu*il faut séparer des sens « sur, au-dessus de » et de ses 
dérivés. — Quant à sobrar, v., il faut éliminer de Tarticle « supe- 
rare », de R. v. 244^ n. 19, deux exemples pour lesquels il donne, 
avec raison, le sens « rester » ; il est clair que ce sobrar n*a, au 
point de vue roman, rien de commun avec sobrar superare « surpas- 
ser, dominer », par exemple : Bertr. de Born, 80, 7, v. 34 (éd. Stim- 
ming, p. i38); Flamenca^, l^'jo; Brev. d*Am,, Gloss., II, 764, col. i; 
Appel, Chr,^, n. 110, p. 161, v. 22. — Quant à sobrat, adj., on 
en trouvera dans le même article de R (V. 246) un exemple donné 
comme part. p. : Troba bevolensa Lo ries e7 sobrat z , de Peire 
Cardenal 335, 32 (cf. L. R., p. 45i); cf. encore Breviari d*Amor, 
V. 32o34 : B cel qu*om ve rie e sobrat Ten hom per savi e per bo 
Car es ries, ses autra razo; Anon. 46 1, 236, éd. Appel, Prov. 
Ined,y p. 332, vv. 2-4 : Non trop qui' m valha ni m*ajut Per ren 
mas car non soi sobratz Que pogues dar a totz euminalmen..,; 
M. Appel, croyant peut-être ce sobrat inattesté en anc. prov., Ta 
rapproché (ibid., Gloss., p. 344) de Mistral « soubra, soubrat, 
... qui a du bien de reste, aisé, riche » et de soubra, verbe. Le rap- 
port de sobrat « riche » à sobrar « être en trop » est assez analogue 
au rapport de manen « riche » à « manere » lat. (parce que Ton ne 
voudra pas le tirer de maner « habiter » par intermédiaire d'un sens 
« posséder un domicile, posséder etc. »; cf. aussi manentia, s. f.). 
— Pour sobrier -eira, adj., voy. Breviari d*Amor, vv. 20809-10 : 
paor sobrieira, et vv. io4o8-i2 : ... so qu*a dat de sa paubrieira 
E de so qu'obs li fazia Quar re sobrier non avia; Mas so qa*an 
dat li rie, an dat Tôt de lor sobrepluitat ; cf. Sordel 437, 28 : la 
no-m tenga negas per sobrancier De so q'ai dich, si benfauc gab 
sobrier.,,; cf. aussi Guillaume de la Barre, où M. P. Meyer donne, 
au glossaire, les significations « supérieur, démesurément grand » 
(v. 2664?). Ici appartiennent deux exemples de a sobrier « à Texcès » 
(sur cette formation adverbiale, par a avec adj., voy. Stimming, 
B. d. B^, p. 248) de R., V. 242, I; ajoutez, p. ex. : Domna ieu tem 
a sobrier Qa*aar perdV e vos,,, (Raimb. d'Aurenga, 389, 6, PO, 478); 
... m'esfors a sobrers (Rostanh, Bels senher Deus dans Suchier, 
Denkmaeler, p. 237, v, 34); Be ilh va-i a sobrier (Gauc. Faidit, 
167, 2, str VI); E faretz peccat a sobrer S*aucietz vostve preisoner 
(Falquet de Romans, éd. Zenker, XVIIl, v. 65) ; ... Aisi n'a a sobriers 
(Crois., 216, V. 8357, et cf. Gloss., p. 440 î ^ ^^^ m* engrais Ans 
m*emagrezisc a sobrier (Amanieu de Sescas, Rch. V. 20, Mila^, 
p. 45o); Er grazitz a sobriers {id. Bartsch, ChrJ, p. 33 1, v. i5); 
cf. trois exemples dans Appel, Chr,'^. — Enfin, sobreira, s. f. « sura- 
bondance » de R., V. 242 (cf. aussi sobreira, Mila* 4ii) a été 
corroboré d'un autre exemple par M. Tobler (Z. f, r, Ph,, XXIV, 
p. 44) et n'a, d'ailleurs, comme formation, rien de surprenant en pré- 



COMMENTAIRE. 7I 

sence de paubreira, suffisamment attesté dans R. IV. 460, II, n. 6* 
18-9 son bel cors avinen de la bella. Sur l'emploi pléonastique 
du pronom possessif, très fréquent dans les troubadours, v. Diez*, 
III, 74 (Ir. III, 66); Stimming, B. d. B^., p. 288, n. 4, v. 87, p. 255, 
n. 12, V. 52, p. 277, n. 27, V. 3i, p. 277, n. 28, v. 8 ; Levy, Guillem 
Figueira, pp. 101-2, n. I, 6; Tobler, V. B. II, pp. 79-80, n. 11. D'au- 
tres passages d'Elias attestent l'emploi d'un adv. pronominal pléonas- 
tique, ce qui est aussi assez fréquent : IX, i5-6 Ane iorn no'y trobey 
merce En amor...; IX, 18-9 Mas pus tan mal m'en estai D*amor,,. 
Plus rare est l'usage pléonastique d'un pronom personnel comme ici 
XIV, 86-7 : S*ieu no'us bays la boc* e'I mento De vos cuy am.,. Je 
crois que l'usage fréquent de pareilles constructions tient en grande 
partie au désir d'atténuer l'enjambement syntactique entre deux vers, 
mais il faut ajouter qu'il y a des exemples compris dans un seul vers. 
La raison essentielle doit être l'intention de faire ressortir le subs- 
tantif ou le pronom en question, soit en l'annonçant par le pronom 
pléonastique, comme dans nos passages, soit en le mettant avant, 
proleptiquement, comme : d' amor son usatge ; delsfols lars foldatz. 
25 no-m son dessovengat dona-l vostre plazer plazen (DIK; GA; 
Ef); no-m' ai des.,. (fl^S); no-m* es dess... (CH^). L'article « des- 
sovenir » de Raynouard, sur lequel L. S.-W. ne revient pas, mérite 
une revision et quelques éclaircissements. R. V. 497» ^o 71 : a des- 
sovenir, deso venir, v., dessouvenir, oublier, perdre le souvenir » et 
quatre exemples : i» Bona dona, Vonramen Non degr* ieu desovenir 
Qaan vos pi as quem des an rir, Pons de Capdueil, Quoras qaem 
(356, 6); 2'» Tan vos cobeiton mei oil Que de tôt al ren dessoveing , 
H. Brunet, Ab plazers (45o, 1); 3» />e me nous desove, B. deVenta- 
dour, A mors enquera (70, 3) ; 4° Part, passé. Senher, quo uses tan 
tost dessovengutz Lo vostre belhs departz, G. Riquier, Uautrier 
trobei (248, 5i). — Les trois premiers exemples de R. sont inexacts 
ou douteux et les constructions où ils entrent exigent des modifica- 
tions ou de nouveaux appuis. La première serait une construction 
active : alcus dessove alcuna re (ler ex.) ou alcus dessove d'alcuna 
re (2e ex.). Le premier exemple de Pons de Capduelh (875, 6) tombe; 
l'édition Napolski donne nom degren (on trouve en effet nom degron 
dans A. n. 169, Studj, III, p. 179) au lieu de non degr'ieu (p. 52-8, 
vv. 41-2; cf, Var., p. 119, où il faut toutefois corriger l'indication 
pour le V. 4i, parce que A porte bien lonramen et non loniamen). 
Cet exemple est donc mal placé ici. Pour 45o, 1, d'Uc Brunet (A CD 
D^HIKMNR), IK portent bien que de toi al ren dessoueinq (M. G., 
4i4)j inais A : que de tôt autrem dessoueing (Studj y III, n. 336, 
p. 867) , HC , que de tôt alrem dessouenh (Studj , V, 4^9 et 
M. Ged,, 5); dans M la strophe manque (M. G., 4i3). Il en résulte 
qu'une construction active de dessovenir, assez peu probable a priori. 



72 COMMENTAIRE. 

avec ua régime soit direct^ soit indirect, n'est pas attestée. Restent 
les constructions suivantes : lo dessovenir rfl. : iea me dessoveing 
d*alcuna re {alcus se dessove d*aL r.) dans l'exemple discuté d'Uc 
Brunenc 45o, i . La rime y est en -e/iA ce qui écarte la 3 sg. et 
assure la construction personnelle. Toutefois je ne connais pas d'autre 
exemple de cette construction, qui est probable cependant et assez 
attendue. — 20 dessovenir impers, me dessove d'alcuna re (des- 
sove alcu d'à. r.). Ici appartiendrait l'exemple de Bernart de Ven- 
tadour 70, 3 : çuar de me nous desove. Il est, il est vrai, compli- 
qué de différentes difficultés; une partie des mss. porte nous sove 
(CMR; M. G,, 208. 701, 702, str. I; nous desove S; M, G,, 269, 
str. I ; de même a; R. d. L r., XLII, p. 3 12, n. 55, str. I; dans H, 
n^ 84, str. V, le vers est corrompu de me nous en cove, voy. 
Studjy V, p. 44o; reste Z)a), mais ce sove exigerait une répétition 
du même mot à la rime dans la strophe VI (ailleurs VII) man- 
quant, il est vrai, aux mss. RH, mais sans qu'elle ait l'air d'avoir 
été interpolée; d'autre part, le contexte rend indispensable une 
correction de nous dessove en vos dessove; mais, pour sove, en 
plus de la question de la rime, il est visible que les mss. ne sont 
parvenus à un sove de desove trisyllabique qu'au moyen de cor- 
rections qui sont différentes de ms. à ms. (e quar... C; no uos 
sove.,. M; res nous sove... R; et, après tout, il paraît que c'est 
dessove qui doive sortir victorieux de la critique. J'aurais un autre 
exemple de me dessove impers, dans Guilhem Ademar 202, 9, str. V, 
R, Ch.f III, p. 197 : Qu*autreiat m'a una de las gensors Donas del 
mon, — e ges no-m dessove — Que-m don s'amor, e d'un baizar 
m*estre; on trouve pour cet endroit dans le ms. A, Studj, III, 
n. 3 10, p. 337, cf. B, ibid., p. 696 : e ies nom descove; mais dans 
O, n. 72, ^/. ^c. Lincei 1886, p. 53, et dans N, Suchier, Denkmae- 
1er, p. 321, V. 23, dessove; sans un classement de tous les mss. on 
ne saurait rejeter ou accepter ce dessove. Ici appartiendra : ... qu*ail- 
lor Ametz tal que' us desoveinha De me qu'enten de tôt mon sen a 
far so que'us covenha (de Gaucelm Faidit 167, 3i, str. III, MG.fi'jS 
et 1067; cf. ms. A, n. 2i5, p. 23i : ...ametz, tant q'ie'us descO' 
veigna Car eu vos tem... où la leçon parait cependant être corrom- 
pue; cf. la troisième construction). Dans Las novas del heretie, 
Appel, Chr^., p. i53, n. 107, v. 4? • ^ de negu no'm membra, e 
m'es dessovengul ; la construction est vague, mais m'es dessovengut 
s'appuie toutefois sur de negu. — 3o La troisième construction, avec 
la chose comme sujet et la personne comme régime, alcuna res me 
dessove « quelque chose échappe à ma mémoire », avait été, paraît^il, 
la plus courante, bien qu'elle puisse étonner au premier coup d'œil. Il 
n'y aura rien à corriger dans le quatrième exemple de Rayn. : Senher, 
quo'us es tan tost dessovengutz Lo vostre belhs déport z, de Giraut 



COMMENTAIRE. 78 

Rîquier 248, 5i (voy. MW, IV, p. 85; C seul). Ici appartient rexem- 
ple de Pons de Capduelh : Bona donUy l*onramen Nom degron des- 
sovenir et notre passage : ... nom son dessovengut Dona'l vostre 
plazer plazen. De même Giraut de Bornelh 242, 18 str. V : ... deS' 
sovenir Mi deuria sai L'amistaiz de lai (A, Studj\ III, n. 16, p. 20; 
cf. B, ibid., p. 675, N MG,, 882; V MG.,^IZ change en Vamistat). 
De même Giraut de Bornelh 242, 16, str. \ i Anz m* en es tôt desso- 
vengut Quan ai vezut Car sol an iorn m^apellet drat où iot est 
n. s. n. et quan pron. relat. = que (A Sladj, III, n. 4^, pp* 5^-3 et 
CM MG., 2i5, 242). Enfin Serveri de Girona 434, i3 (Mik^, p. 4o3-4), 
str. II : ... mas no'm des- Sove lo gen datz Dos qut^m det (où des- 
sove est partagé par la rime). Mais en somme il paraît que ce verbe 
n'avait pas été employé très fréquemment; au moîiiîj on ne le ren- 
contre pas souvent. — On trouvera que la construction de dessove- 
nir n*est point isolée en la confrontant avec celle d'obîidar. M, Levy 
a précisé dans une note de Guil. Figueira, p. io3, qu'à cote de ieu 
oblit alcuna re on trouve alcuna res m'oblida (qui correspond à 
a. r. me dessové) et les exemples en sont fréquents; M. Crescîni 
signale dans le Manualetto^ ^ p. 478, un exemple de m'oblida 
impersonnel dans le passage : Mas tan sui d*amor enlrepreis Can 
remir la vostra beutat, Tôt m*oblida cant m^ai pensât^ mais i! faut 
lire comme nous avons lu pour desso venir dans Giraut de Bornelh 
242, 16, tôt, n. s., et can, pron. rel., et ainsi cet exemple se rattache 
complètement à la construction alcuna res m'oblida (corr. égnlement 
dans B. Lesebuch, Gloss., p. 220, « impers, m'oblida » de l'ex, la caia 
qui ges no m'oblida, p. 106, v. 67; id., i34, 70). Mais il faut ajou- 
ter qu'un oblidar rfl. alcus s*oblida d'alcuna re est atleslé; on 
trouve dans Las naturas d'alc. bestias, B. Leseb., p. 164* v- i4j et 
Ap. Chr.^, p. 202, n. 126, v. 5o, et Gloss., p. 280 : aisi s'ohlida de nos 
tridos; ce qui est, à ma connaissace, un exemple asse^ isolé ] mais 
un s'oblidar rfl. et absol. « s'oublier, manquer de présence d'esprit » 
est courant (p. ex. dans la chanson de Bern. de Ventadorn, Quan 
vei, V. 3 : que s'oblida e'S layssa cazer) et c'est ici que l'on pourra 
rapporter l'ex. mai ntas vez oblit mei de Cresc, Man.^^ n. ay"", v. i4, 
p. 266; intéressant est s'oblidar « réfl. et en construction négative n 
(P. Meyer, Flamenca'^, Gloss., 376, I), très fréquent précisément 
dans Flamenca, et dont voici des emplois typiques : i^ non s'obltda : 
fai alcuna re , asynd. (FI., v. 6348, et cf. cas anal. Ch, d. L 
crois, c. l. Alb, , v. i465 : nos mes pas en oblit ^ un maesfre 
apela..., v. 786 où la négation est indir. : no cujeti que s'o/tifflU : 
messa lor a cantada..,, v. 1228 où, par anacolulhe, le sujet de la 
seconde phrase est changé : Crespis de Rocafort nin Simas no s*om- 
blia Gui els podon atenher no a mestier de via); 20 non s'oblida e 
{ans) fai al, r. {FL, v. 835); 3» non s'oblida car {c^\i&.)fai (ibid^i 



74 COMMENTAIRE. 

793, 3io3, 5793); 4® f^on s'oblida qae non fassa (FI., 2611); et, 
quant au seus, on s'aperçoit que cette construction veut dire parfois 
(( ne pas manquer de..., ne pas omettre de .. ». Mentionnons enfin 
un emploi périphrastique de Tadj. oblidos « esser oblidos d*a r. » 
dans Folquet de Marseille i55, 11, str. V : Mas ben conosc qae 
grans meillurazos Es de tort faich qand hom n*es oblidos (A., 
Studj, III, n. 176, p. 187, et cf. MG, 967). — Quant à sovenir, il 
n'a, en général, qu'une seule construction, l'impersonnelle : me sove 
d*alcuna re (ou me s. que). On se méfie donc a priori en apercevant 
dans le Glossaire du Manualetto^, pp. 608-9, à côté de la constr. im- 
pers. « mi soven ... mi sowiene » deux ex. de sovenir rfl. « m sovenc 
38,9 mi sowengo » et « mi sovengues 27*», 96 mi sowenissi » ; pour 
38,9, p. 3oo : que anc pueys d'antra no- m sovenc la i sg. est loin 
d'être la seule acceptable ; le présent est même improbable à côté de 
anc pueys, qui exige un passé, et 'm sovenc y est 3 sg. pf.; de même 
que d*als mi sovengues de 27**, 96 est 3 sg. conj. praet; toutefois, un 
exemple d'une construction difi^érente se trouve dans Uc Brunet 
45o, 2, str. VI : Be-m deuria sovenir So qu*ill me dis en ri zen Que 
nuills hom ses ardimen Non pot gaire conquérir (A, Studj, III, 
n. 337, p. 367, et C, MG, 747 ; S, MG. 748, Ben ne sera pas correct) ; 
on se demande si so y est sujet : so*m deu sovenir, so'm sove, 
d'après les constructions analogues de dessovenir et d^oblidar, ou 
régime : ieu me deu sovenir so, ieu me sove so. Un autre exemple : 
Mas quar fin* amors Mi mostr* e m^ensenha Quels mais no'm so- 
venha E torn en mon chan, Farai derenan Un nou chantaret prezan 
pourrait parler pour la seconde construction, d'après la leçon de 
B, III, 124 (Qu'els mais nom s.) mais le ms. O, n. 96 (Atti d. Lin- 
cei, 1886, p. 65) a la première construction : Qe-l mais nom sovei^ 
gna, tandis que la leçon de A, n. 494 (Studj, III, 533-4) est corrom- 
pue; (d'autre part, la construction laisse supposer plutôt un sujet 
commun, ieu, pour sovenha et pour torn). La construction alcuna 
res me sove serait cependant confirmée par un exemple que je trouve 
de la construction périphrastique participiale et qui est alcuna res 
m* es sovinens, dans Raimbaut de Vaqueiras 392, 20 : Qu'aissi'm 
deu eschazer, Quar per vos mi destuelh, Quo fetz Gui d*Essiduelh 
Quan li fo sovinens La rein*... (voy. R. L. 364, str. VII, e^ 
cf. ms. A, n. 465, Studj, III, p. 5o3 ; ms. O, n. 1 17, Atti d. Lincei, 
1-886, p. 81 ; ms. U, Archiv, 35, p. 4^5, col. II). D'autre part alcus 
es sovinens d'alca(na re) dans Uc Brunenc 4^0, 4? str. V : E pois 
mon cor li teing aissi deffes, Que non i lais intrar autres talans 
Sia de mi sovinens e membrans... (ms. A'; n. 333, p. 363; Anthol. 
D, Teulié-Rossi, n. 87, p. 3i ; Archiv, 35, p. 438, col. II, ms. U). — 
(Pour membrar, B, IV, 184, II, a un cas de la construction alcuna 
res membra ad alcu dans son ex. n. 7 : Mantas vetz m'es puei^ 



COMMENTAIRE. j5 

membrat L*amor\^s\ que m\e'\fetz al comjat, tiré de Bern. de Ven- 
tadorn 70, 6, mais cf. toutefois ms. A, u, 259, p. 281-2, str. VII : 
Maintas vez m* aura membrat De so qem fetz al comiat; — pour se 
membrar, rfl., voy. Bernart de Ventadorn 70, t\i, str. IV : Qan mi 
membr cum amar suoill Lafalsa..., ms. A, n. 264, p. 277). 

28 don m^agues uiu deceubut E/H^S, Don m*agues leu deceu- 
but CH^a et les deux autres leçons visiblement corrompues : 
Qu'enaissi m*an deceubut DIK et Per que m^an si lea deceiibiit G. 
— CH^a (cf. G) est à rapporter à leu de L. S.-W., IV, p. 373, 
art. leu, n® 5, « schnell bald » et cf. aussi Mistral, II, 207, coL 2 : 
« lèu, a lèu, etc., adv. : tôt ». Mais on ne peut pas abaadanncr nia 
de EfH^S, qui est représenté le plus sérieusement par les mss., 
puisqu'au moins une branche tout entière le donne. Si on ne pense 
pas à viu <C. vivus, et si on le lit viu, vil, on aboutira au même sens 
de « vite » que donne leu; et il est probable que viu a elé soit rem- 
placé par leu, comme dans CH'^a, soit tout à fait incompris et ëcarlé, 
comme dans DIK, précisément parce qu'il n'était pas ïiabilueJ dans 
ce sens. R. V. 544^ art. « vilis », donne deux exemples du sens 
« vite, rapide, léger » : Giraut de Bornelh 242, 60 ints pltj^ qne 
cabrols ni sers (cf. éd. Appel, Chr.^, p. 63, n. 22, v. 8» et Giossaire, 
p. 319, où M. Appel met à part vil « vilis » et « vil » aj. a schneU ^i), 
et Guilhem d'Autpol, Uautrier a Ventrada d*abril, 306, i^ (non 
293, 29, comme B., Grr, cf. Suchier, Jahrbnch, Xl\% p. i3G, cl 
Appel, Provenz. Ined., p. 122), vv. 23-4 (éd. Appel, tbid.) : Et 
elha'm respos tost e vil Cossi fos dona de castelh. Nous sommes 
donc en présence d'un vil « rapide » et d'une locution tost e vit que 
Raynouard traduit par « tôt et vite ». 

Quant à vil, je crois qu'il se trouve, comme adverbe, dans noire 
passage, où il varie avec leu. Probablement, dans un autre entlroit 
encore; pour 254, 2 d'Isnart d'Entrevenas, str. I, le texte de M. Sol- 
tau (Z. /. r. Ph., XXIII, p. 244, n. \Xd) porte : Trop responl en 
Blacatz A lei d'omen iros E car di mal de nos Fai que mai ensei- 
gnatz; E séria foldaiz s* eu meteis li dizia Que... ïo contraria; 
Mais aitant li dirai Que mais di que no fai et les variantes pour 
le vers à lacune sont : uius (uins D^), lo {UN) contraria ; je vou- 
drais lire meteis o. s. neut. et que vius lo (ace. msc; ou /V,- ou Z'o) 
contraria, avec le sens « car vite le froisserais-je », « car aussitôt le 
froisserais-je » (ce qui s'accorde d'ailleurs bien avec le ton calme et 
ironique qu'Isnart prit constamment dans sa polémique avec Blacatz, 
qui fut, au contraire, très violent dans ses réponses). 

Pour tost e vil, je n'ai pas d'autres exemples. On peut faire toute- 
fois quelques rapprochements. D'abord, on rencontre iosi e leu : 
Albertet de Sisteron 16, 20, str. I (Studj, VIII, p. 442) ^4 far m'er 
Gaia chanzon, Ab gai son E leu, Tost e leu, De leis.,. (c'est'-à-dirc 



76 GOMMENT AIRE. 

a far m*er.,, tost e lea); Uc de Lescura 402, i, str. II, v. i3 (Levy, 
Lileratarblat, VIII, p. 271, et Jeanroy, dans Annale* du Midi, XVI, 
478); ... qae'l [uû sirventes] yîx»*a tost e liea; En Calega Panza 
107, I, str. III {Stadj, VIII, p. 468) ... E tost e liea pot aoer saloa- 
men; ajouter un exemple de R., IV, v. 9, I. Aurem secors del rey 
Marselli lea e tost (« Philomena »). On trouve aussi oiatz e leu 
dans St Alexi : Et devotamen an mandat Ad Eufemia e pregat 
Que s'en vaza e vias e leu E que cerque l'orne de Dieu ; Suchier, 
Denkmaeler, p. i46, v. 785, où on rencontre aussi, au v. 726, p. i45, 
l'autre combinaison : Trial z de so mot tost e lea. — On sait que les 
expressions analogues sont tost e viatz et tost e corren qui se trou- 
vent fréquemment. 

D'autre part, nous avons vil e lieu. Ainsi, dans Elias de Barjols 
182, 12 (n. IV), w. 7-8 : Mas a lieis es vil e lieu Quar mos cors 
sospira. J'en ai un autre exemple de Peire Vidal 364, 4 («d. Bartsch, 
p. 67, n. 35), V. 29 : ^ lot quant fatz par a lieis vil e leu. Enfin, 
dans le sirventës cité d'Uc de Lescura 4^2, i, str. V, v. 45, dans un 
passage qui ne m'est pas tout à fait clair dans le texte de M. Levy : 
Que-l metrOn tost fassam o vil o lieu; peut-être Que'l (7 = aver 
qui est n. pi. au v. 40 metran (dépenseront) tost, — fassa'm o vil o 
(le ms. C 358<l, porte bieno; alors o vil o lieu = vil e lieu^) liea — 
(cf. aujourd'hui, pour ce passage et l'autre de cette pièce, l'ingé- 
nieuse conjecture de M. Jeanroy dans Ann. du Midi, XVI, /. c; 
extr. pp. 25-6, et note p. 35). Le sens de vil e lien dans les deux 
exemples sûrs et peut-être dans le troisième est évidemment « in- 
différent ». 

Quel est maintenant le rapport de vil e lieu « indifférent » et de 
tost e vil que Rayn. traduit « tôt et vite » ? Evidemment, dans le passage 
Et elha'm respos tost e vil Cossi fos dona de castelh, il est impos- 
sible d'affirmer que « tôt et vite » soit préférable à « indifférent ». 
Pourtant, il ne paraît pas indispensable d'expliquer la locution vil e 
lieu par le sens « vite, prompt » de vil qui se trouve sans aucun 
doute dans tost e vil. On voit, en effet, Tadj. comunal (cominal), 
correspondant au premier sens de vil « vilain, vulgaire, commun », 
passer, dans la locution m*es cominal, au sens « indifférent » (voy. 
Appel, P, Rogier, p. 78; Schultz, Prov. Dichterin., pp. 29 et 36; 
L. S.'W., I, 3i3). Rien n'empêche donc que ce soit ce sens de vil 
qui soit à la base de la locution vil e liea. (On sait que vil ce com- 
mun » apparaît à côté de leu comme une des désignations techniques 
du trobar clar; voy., p. ex., le passage cité par R. V. 544> I, de Gir. 
de Born., 142, 4^ : Lea chansoneV e vil auria ops a far...) 

On se demande, enfin, s'il faut regarder vil « vilain » et vil « vite » 
comme un seul mot, ou bien, comme M. Appel dans la Chr.^, au 
Glossaire^ comme deux mots différents. Mais à quoi rattacher alors 



COMMENTAIRE. ^q 

ce vil « vite »? Je trouve dans Elias Gairel i33, 4> str. IV : ta 
cor ai temeros e vil, Dompna, quart sui denan vos..., où uil est 
synonyme de temeros. Or, ce sens de « peureux » pourrait bien être 
intermédiaire entre « vilain » et « vite » (surtout dans les cas comme 
celui de Giraut de Bornelh : vils plus que cabrols ni sers). 

33 Dona, si Dieus vos aiut. M. Appel met des expressions analo- 
gues à celle-ci dans l'article si, lat. si au glossaire de la Chresio- 
mathie^, p. 3o4, en se demandant toutefois pour une d'elles, si 
m*aiut Dieus : « si = lat. sic oder si?». Or, il n'est pas douteux que 
non seulement si Dieus m'aiut mais toutes les autres ne doivent 
être placées sous si, lat. sic. Quant à si Dieus nCaiut, M. P, Meyer 
a déjà observé dans Flamenca*^, Gloss., p. 3io, II, art. ajudar : 
« si m*ajut Deus ou si Deus nCajut est la traduction ou rorigioal de 
la formule latine sic Deus me adjuvet, qui termine les serments ^y. 
Si Dieus m*ajut est fréquent (voy. Ap., Chr.^, au gloss., loc.cit.,^X 
p. ex. i^Senher, si m'aj ut Dieus, mais ensobror.., de Girari de Roas- 
sillon, RLf V, 243, II, lo; Giraut de Bornelh 24a, 48, ms. A, n. 33, 
Studj, III, p. 4o : M'amiga'm mena estra lei, Non sai per que; 
Qu*ieu non Vai forjag pauc ni re. Si Dieus m'aiut; Doncs per 
que m*azira...? ; 2^2, 16, MG., 216, ms. A, n. 43, p. 62, sti\ Il : £ 
fora ia del tôt vencut, Si Dieus m'aiut ^ Ma belT amia...; Guiih- 
d'Autpol 206, la, V. 55, Prov. Ined., p. 122 ; Mais, si Dieus m^aiuî, 
Autras...; Guiraut Riquier, M. W., IV, p. i32, v, 80, etc.; au dé- 
but : Si m*ajut Deus, peccat fai criminal Ma bella donna..* Pelre 
Vidal 364, 36, éd. Bartsch, n. 37, p. 70, v. 17; Si m*ajut Dieus, ver 
vos dirai, Arnaut de Maruelh, Totas bonas donas, éd. Ghabaucau, 
R. d. l. r., XX, p. 65, v. 74). Notons plutôt pour cette exprossîori 
quelques variantes : Si m* aiut dieus ni santz ni fes, Beus die que 
mala fo anc fag, Jaufre, Ap., Chr.^, n. 3, vv. 43 1-2; De so qu'en 
lor non es, si m'aj'ut fes, Tais mil en auretz braire, Cane res no 
fo... Marcabru 293, 32, ms. A, n. 57, p. 67, str. III; Pois phg una 
gran ploia, si m^ajud Dieu ni fes E venc .1. grans diluvis... dans 
la Ch. Crois. Alb., v. 1292; E cascus dis : « Si m*ajul fes, No 
faray ia... de Guillaume de la Barre, éd. P. Meyer, v. ii4S; liliaa 
de Barjols préfère un changement courtois : Si Dieus vos aiid el 
cf. XV, V. I. Sans si : AI, co m* ave, dieus m'aiut, Qu'er, qnan ùiig 
chantar, plor... Gir. de Bornelh 242, 43, MG., 8i5. — Pour si 
Dieus mi perdo voy. ici XIV, vv. 17-8; Peire Vidal 364, 21 j ^^' 
Bartsch, n. 2, p. 8, v. 12 : Que, si Deus mi perdo. No pose esser 
joios Tro que...', Aiméric de Belenoi 9, 17, Suchier, Denkmtiehr, 
p. 325, V. 3i : Qu'ieu mi sent, si Dieus mi perdo, Que Vai mts^..\ 
tenson Gausbert-Peire Bremon 171, i, publ. Selbach, Streitgedicht, 
p. io4, n. VII, str. II : Qucus ai laissât e, si Dieus mi perdo, si'l 
razonatz, vei vos peiurazo...; Guilh. d'Autpol, loc. cit., v. 81 : iVa 



78 COMMENTAIRE. 

tozay si Dieus mi perdo, Trop sabetz mais de Cato; Peire Carde- 
nal, RL., I, p. 473 : Ey si Dieus mi perdo, Lo mal aug dir per 
pro... (on a autrement compris ces exemples coiiime la ponctuation 
l'indique). — Pour si Dieus mi valha =: si Dieus m'aiui et pour 
si^m sal Dieus, se rapprochant de si Dieus mi perdo, voy. p. ex. : 
Gaucelm Faidit 167, 35, RL.y I, p. 368, str. III : Et es mi piegz, 
si- m sal Dieus, per an cen Per lieys,,, et cf. Ap., Chr.^, n. 5, v. 78, 
n. 9, V. 55, n. 3, v. 642. — Pour si Dieus mi gar, voy. : Bels seiner 
cars, si Dieus mi gar, D'aisso'us podem ben razonar, Jaufre, 
ibid,, n. 3, w. 353-4. — Pour une autre expression encore, si Dieus 
be'm do, voy. p. ex. Sordeï, Aissi co'l tesaurs (éd. De Lollis, n. XL, 
p. 232) V. 909 : Ben miravill, si Deus be'm do, Quom on pot aver 
jaug e pro,.,; Raimon Vidal, Abrils (éd. Wilhelm Bohs, Erlan- 
gen 1903, p. 3o, V. 222) : estet, si Dieus be'm lo, E'I cor un pauc tôt 
empessatz. . . Il est donc clair que le sens de toutes ces locutions, qui 
sont des formules de jurement, est : « que Dieu m*aide (m'accorde son 
pardon; me sauve; me donne bonheur) ainsi comme (aussi sûrement 
que) je dis la vérité ». (Un autre type de jurement, mais encore avec 
si, sic, se trouve dans Giraut de Bomelh 242-43, au moins d'après 
MG,, 81 5, str. II : A maire si dieu mador Sui eu fis e non remut où 
on lira : si Dieu (m^)ador, « ainsi j'adore Dieu [que c'est vrai] »). 
La forme négative sera « que Dieu ne me pardonne pas, si ce n'est 
pas vrai »; voy. p. ex. Peire Vidal 364, 34 (éd. Bartsch, n. 10, p. 23), 
V. 10 : E ia Deus nocwm perdo S'anc tan bêla donna 'fo; ou bien : 
Mas, si dieus m'azir, S*ieu veramenBen non cre.,,, Giraut de Bor- 
nelh 242, 28, str. III (A, n. 47» p» 57, Studj, III). — De pareilles 
locutions ne sauraient manquer, bien entendu, à d'autres langues. 
On trouvera dans Godefrpy, I, 181 : « si m'eit Dieus », « ainsi 
m'aist Dieux » : une forme négative : « ja ne m'aist Dieux » ; une 
forme sans si : « m*ait Dieu » (comme Dieus m*ajut cité de Giraut 
de Bornelh), et enfin, ce qui est intéressant, la fusion complète en 
un mot : « medieu » qui est « m'ait Dieu » et « semidieux » qui est 
« si mi ait dieu ». De même on trouve dans Tommaseo-Bellini, 
I, 289, col. 2 : a cosi Dio m*ajuti ». Il est vrai que l'on rencontre, 
ibid,, IV, 735, col. 1-2, dans l'article se, lat. si, un se qui est « pour 
cosi » dans « se m*ajuti Iddio » ; mais je crois qu'il n'est pas diffi- 
cile d'expliquer cette introduction de se à la place de si par la forme 
double Dio et Iddio, Dès que si Dio m'ajuti fut devenu une for- 
mule, il était naturel d'oublier, comme en français, de quoi il s'agis- 
sait et de comprendre : « s'Iddio m*ajuti » c'est-à-dire « se Dio 
m'ajuti » avec se à côté de « cosi ». Tommaseo-Bellini dit, il est 
vrai, pour se qu'il est « per cosi, in principio di locuzione pregativa 
desiderativa » ; mais toutes ces citations, comme la suivante, de 
Boccace : « Se m*aiti Iddio, disse il cavalière, io il vi credo » in- 



COMMENTAIRE. ^ 

dîquent clairement qu'il s*agit, comme dans les cas avec cosis d'une 
« forma di giuramento, e d'allra afiFermazione assevfntnte ». La dis- 
tinction « pregativa o desiderante » de Tommaseo-lïellioi u*esl donc 
qu'un raisonnement ultérieur sur se, tandis que, en rùalité^ In chose 
s'explique facilement par la confusion signalée plus haut. 

4o uostr* onors DIK; H^ uostr* amor (H^S amors) Ga^ C; £/, 
H^S. Je choisis pourtant onors parce qu'un chanu:cnïont iin erae pa- 
raît moins probable et, d'ailleurs, amor, au lieu à.\imor^ ne peut 
guère être la leçon originale. Le sens de vostr' onors mugensa 
n'est pas « votre honneur » mais onrar vos. Voyea sur cet 'empltii 
facultatif Tobler, V, Beitr., II, lo, pp. 78-4. De même dans XU, 4 " 
Ben deu hom ... obezir a tola s'onor, le sens de x'onor sera Vonnir 
« on doit ... être prêt à l'honorer par tous les moyens b. De même 
XI, 33-4 • Amor s, pus no- us plai mos bes A mi no pi ai uostr' 
onors = onrar vos. Dans III, 6-7 Mas no'l piufc ffttfj'm con- 
senta s* amor ni Vatalenta^ on traduira plutôt : « qu'elle me |jer- 
mette de l'aimer »; III, i4, s* amor non fui ni desfui. Dans Xlll» Sa, 
'm torn els vostres turmens, ce vostres turmenti ^ n turmculari a 
vobis ». (Cf. p, ex. 422, T^ : Vostra batalha non t*neih ^= contre 
vous). 

VIII 



Les manuscrits : 




K 



Z)a 



H^ 



R 



E 



X (DIKH) : w. i3 {remire pour sospire), 17 (uinc pour dis, cf. C), 
23 {fatz pour fai), 27 {sug manque), 28 {puosc pour r/ws), 38 
(dompna pour per uos), ^o (en cre tolz lo mons pour t. L m^ cr* 
que); voy. aussi : v. i (compre — compri), 7 (d\i/ — d'aïs), 3i-2j 
35 (deso — d*aisso), 38 (dompna avec z contre per nos), 4^ (quam 



8o COMMENTAIRE. 

— hom), — a n'est attesté que par quelques traits de minime impor- 
tance : w. 12 {nos pour nous et hnmelitatz contre hamilitats), 
17 (aie contre uinc HC et pour dis), 22 (totz — tôt), 3o {gensor — 
genser), 

y (CE/R) : w. 7 (consir pour dezt'r, cf. FQ), i4 {don ai contre 
ça'ieu n*ai), 27 {eu manque), 36 {donatz, etc., pour iutjats); voy. 
aussi w. 25 {mos talans contre mon talan), 28 {ueus so — aes so) ; 
cf. les endroits où la leçon y, attestée par R et par deux autres mss. 
du groupe {CE ou fE) , avait été corrigée par le quatrième : w. 1 1 
{CER say ios pour s, tant i.), i3 {EfR derire pour sospire) ; au 
V, ^o, c'est la leçon E/R que je crois la bonne. — Au milieu de ce 
groupe, R se sépare des trois autres mss.; il a un certain nombre de 
leçons spéciales (voy. les vv. i, 26, 38, 42; 10, 20, 43) et il ne par- 
tage pas les leçons particulières de CEf dont le nombre est considé- 
rable. — b {CEf) : w. 5 {car — pos), 19 (tout changé), 20 (tout 
changé), 21 {albire — cossire), 22 {uos — iots), 24 {dalre — de 
plus), 26 (tout changé), 3i-2 (constr. diflFér.); au v. 38 c'est la leçon 
CEf(\\xi sera la bonne et qui aura été changée pour éviter un enjam- 
bement syntactique. — p (^^) • vv. 3 {esguard pour semblant)^ 
i5-6 (deux vers faux), 17 {apensatz pour accordatz), 19 {ni cossius 
am contre / : cosius am ni), 82 {me fan — f : laysson) 36 {don — 
can; non les - /: nol nés). Ces derniers traits justifient le classe- 
ment accepté pour cette branche malgré certaines apparences contra- 
dictoires. On voit, en effet, Eeif s'accorder contre C et tous les au- 
tres mss., à introduire une tornada de 5 vers tout à fait différente de 
celles que contiennent les autres mss. et que nous croyons interpolée 
(voy. La forme). Mais il faut croire que le rapport des rédactions E 
et y* est en général tel que l'indique le classement et que le confirment 
les faits cités, tandis que l'accord au point de vue de la tornada sera 
dû à une influence postérieure subie par E et par f. Pour le v. 17, 
C s'accorde avec le groupe x tout entier {DIKH) à donner vinc con- 
tre dis {die). Il ne paraît point possible de supposer une contamina- 
tion quelconque entre C et la rédaction x\ x ^i C ont codçu, indé- 
pendamment l'un de l'autre, acordatz comme un subst., cas suj., ce 
qui s'explique facilement par la construction embrouillée du passage 
en question, et alors la substitution de vinc à dis était la seule correc- 
tion possible et peut s'être produite spontanément dans C et dans x, 

— y se sépare de CER et se rattache k x tik z par le tan qui est bon 
au V. 1 1 ; mais ici il peut avoir retrouvé la bonne leçon lui-même 
sans difficulté ; et, d'autre part, il est même très possible que la faute 
n'ait pas existé dans y, et qu'elle ait été introduite par CE et par R 
seulement, afin d'obtenir un vers de 7 syllabes, ce qui avait été leur 
tendance. Mais on trouve, au v. i5, une leçon commune aux mss. f 
et F, très différente de celle des autres mss., pour l'explication de la- 



COMMENTAIRE. 8| 

quelle il paraît indispensable de supposer une influence de la rédac- 
tion F sur /. 

z (Qa). — On remarque facilement que ces deu.t rass. remonl^nt 
à une base commune. Mais on voit en même temps qutî celfe r<5dnc- 
tion commune s'appuyait déjà probablement sur les deux autres, et 
que chacun de ces mss. à part avait encore une fois subi leur in- 
fluence. Pour la parenté dt AQ (r), voyez : w. 8 (onïre des moli 
différent), i4 {en ai — qu*ieii n'ai), 17 (uos pour nom)^ 18 [ûom 
uos pour con eus), 28 {jausir pour esjauzir), 36 (e pour quant)\ 
cf. aussi vv. 6 {no pois — non piiesc), 24 {que — qu'en) ^ 3^ {sem 
et air — sim et azir). Les deux envois manquent liaiis f) et a; au 
V. 27, ils sont seuls à garder, par z, la bonne leçou- Four les rH[v 
ports de r avec une rédaction œ, voyez le v. 38 (f/ompna pour per 
vos). Quant k z et y, le v. 9 {ben tari pour a tftrl) jjr peut rien 
prouver. Pour Q et x, voyez v. i {compré) et ^-v. 3 1-2; pour Q 
et y, V. 7 {consir pour dezir). — F, Les deux stroj^hcs que con- 
contient ce ms. ne permettent pas d'établir nettement sa position. 
Toutefois, les vv. 5, 9, 11, i3 le mettent toujours à côté iWr pour 
donner, contre y, la bonne leçon; voy. v. 1 {comprt). La correction 
dezir à consir au v. 7 est peut-être indépendante dans F et due^ 
comme dans C, précisément au désir d'éviter la répélilion : dezir — 
dezire, 

La forme. — La structure de cette chanson pose deux questions : 
I. Dans R., Ch., III, p. 354, et, par conséquent, daus Maus, 
p. 119. n. 679, elle est entièrement heptasyllabique. Une part^ille 
structure ne saurait étonner dans Elias de Barjols ; la pièce Wï\ est 
entièrement heptasyllabique, et, quant à la première moitié de la 
strophe dont il s'agit ici, elle offre la même suite de rimes- Mais les 
mss. donnent le troisième vers de chaque strophe avec des hésita- 
tions nombreuses entre 7 et 8 syllabes, ce qui est d^yuiani plus frap- 
pant que, en dehors de ce vers, ils se montrent, au point de \'ue do 
la métrique, très soigneux. Ces hésitations sont : dans la liranche œt 
{Qa)y ce troisième vers est toujours de 8 syllabes; daus îa bran- 
che X {DIKH) toujours de 8, et dans la str. IV de tous les mss. de 7 
(8 syll. dans les deux strophes du mss. F); daus la branche y ; 
Cy Str. I, 8 syll.; str. II, III, IV, V, 7 syll.; E, str. I et V, 8 syiL; 
str. II, III, IV, 7 syll.; /, str. I, II, V, 8 syll.; str. 111, IV, 7 sylL U 
est évident que ce vers est octosyllabique. D'abord^ [mice que le seul 
vers heptasyllabique des mss. du groupe a? est dû à une simple erreuF 
dans leur source, une omission de suy qui se trouve dans tous les 
autres mss., et ainsi nous avons déjà deux branches des uiss. ,/; el z 
qui s'accordent entièrement en faveur d'un vçrs de 8 syllabes. En- 
suite, la tendance des mss. du groupe y de corriger lu métrique pour 



^2 COMMENTAIRE. 

obtenir une pièce plus symétrique est très compréhensible, tandis que 
le contraire ne le serait point. Enfin, cette structure admettant un 
vers octosyllabique> à côté de tous les autres heptasyllabiques, se re- 
trouve dans les chansons X et XI. Cette tendance contre la symétrie 
est même un trait caractéristique de la métrique d'Elias de Barjols. 
En dehors des trois chansons en question, nous en avons signalé un 
autre exemple dans les chansons VI et XII. 

II. Les rimes de la seconde moitié de chaque strope sont 'ire, ^ir, 
'ir, 'ire. Bien que les mss. soient très hésitants, ici encore (ce qui 
explique une autre erreur encore du texte de R., CA., s'appuyant 
surtout sur C), on en peut débrouiller une forme consistant en Tin- 
troduction des rimes grammaticales, rims rétrogradât z per bordos 
ou derivatius. Mais elles n'apparaissent que pour une seule paire 
des rimes -ire, -ir par strophe, à savoir, tour à tour, dans les deux 
derniers (l, III, V, T^ : w. 7-8) et dans les deux avant-derniers 
(II, IV; T^ : w. 5-6) vers de chaque strophe. On trouve dans les 
mss. : str. I, v. 7 dezir (DIK/I; a), v. 8 dezire (tous les mss.); 
str. II, V. 5 sospire (F, Aa, C), v. 6 sospir (tous les mss.); str. III, 
V. 7 {es)iauzir (tous sauf C), v. 8 iauzire (tous); str. IV, v. 5 (re)mire 
(tous), v. 6 mir (tous); str. V, v. 7 azir (tous), v. 8 azire (tous); T^i, 
V. I cossire (tous), v. 2 cossir (tous) ; T^, v. 3 dir (tous), v. 4 dire 
(tous). S'opposent à ce schème : lo les variantes aux vers : str. I, v. 7 
(consir CÈ/R; Q; F); str. II, v. i3 {ERf dezire, qui se trouve ce- 
pendant dans la rime du v. 8 ; DIKH remire, rime du v. 29) ; str. III, 
C, 23 (eshaudir C4 seul contre tous les mss.) ; on voit donc que ces 
variantes sont à écarter; — 20 les variantes qui introduisent la rime 
grammaticale encore dans l'autre paire des rimes dans une strophe : 
str. II, w. i5-i6 {CE azir — azire, mais ils ne font que mettre à 
cette place les vers 39-40); str. III, vv. 21-2 {CEf albire — albir, 
mais albire du v. 21 y est contre cossire des groupes œ, z, et du 
ms. R du groupe y); ces variantes sont donc non moins inaccepta- 
bles; — 3* la tornada de 5 vers qui se trouve dans les mss. Efei que 
l'on pourrait regarder comme une troisième tornada de cette chanson 
n'a pas de rimes grammaticales, et même si l'on voulait remplacer 
conssire par albire pour obtenir la suite albire — albir ^ on n'abou- 
tirait à rien de satisfaisant, parce que l'ordre systématique des rims 
derivatius dans les deux derniers et les deux avant-derniers vers 
tour à tour en serait interrompu; et si on pense que ce tte^ tornada 
serait déjà la troisième de la chanson, contre les habitudes d'Elias, 
qu'elle est superflue à côté de la tornada Comtessa,,., qu'elle a cinq 
vers au lieu de quatre que l'on attendrait, du moment que les envois 
ne vont pas diminuant, qu'elle ne s'accorde pas avec la structure de 
la pièce, qu'elle ne se prouve pas à côté des deux autres envois, mais 
toute seule dans les mss. E et /, on est obligé de la considérer 



Commentaire. 83 

comme apocryphe. — L'usage des rimes grammûlïcales est assca 
fréquent (voy. Bartsch, Die Reimkunst der Troubadours^ dans 
Jahrbuch, I, pp. igo-S; Maus, P. Gard. Str., n. 4ï ^, ï'» 12^, 
Si^^ 331, etc.); mais le scbème de leur suite dao9 la pièce d'Elias de 
Barjols paraît lui être propre et isolé (Daude de Pradas 11 4^ 7, a la 
rime grammaticale dans toute la pièce : -/>, -ira, vv. 1-3 et 3-4; '^r, 
'Ura, w. 5-6 et 7-8 de chaque strophe; la première demi-strophe est 
donc assez rapprochée de la rime grammaticale d'Elias). Il en résul- 
terait donc la formule suivante pour Car compri ; 

7a 76 86 7a 7c' qd jd 7c' 

Rimes grammaticales : -ire, -ir (I, III, V, VII), -£>, -irt (11^ IV, 
VI). C'est une fois encore la simple et fréquente cohla eficadenadn 
de 8 vers. Mais la formule est propre à Elias, qui l'emploie dans 
trois chansons (VIII, X, XI). Par les rimes grammaiicales Car com^ 
pri constitue un « unicum ». 

Guilhem Anelier de Toulouse a repris la forme de cetle chanson 
dans son sirventés 2o4, 2, conservé dans C seul {L. /ï., p* 4^0^ '^ 
débute ainsi : 

Ara faraiy sitôt no*m platz 
Chantar verses ni chansos, 
Sirventés en est son ioios. 

Il imita de ce son ioios jusqu'aux rimes (a -atz, h -os, c -ire^ à -;>). 
Il en imita donc, sans doute, non moins exactement la formule en 
conservant le vers de 8 syllabes, que la rédaction C îi*a pus plus res- 
pecté dans cette pièce que dans celle d'Elias; elle a en riïet ramené 
à 7 syllabes le troisième vers de chaque strophe, snuf iïans la pre- 
mière, exactement comme dans Car compri; mais le seul vers octo- 
syllabique de la première strophe suffît à attestei" la forme oi'îjïçinelîe. 
L'imitateur n'alla pas toutefois jusqu'à introduire h* î^ime gramma- 
ticale (ce qui fut toujours facultatif dans les pièces de uK^me formule); 
on ne se rend pas bien compte des motifs qui onl rt'glé chez lui l'em- 
ploi du mot dire à la rime, qui semble placé d'une façon tout à fait 
arbitraire (au v. 8 de I, III, V, au v. 5 de V et dati& la tornadu ; 
manque à la str. II). 

Date et localisation. — Le premier envoi nomme la comfessa; le 
second, Blacatz. La chanson est donc de l'époque provençale. La 
comîessa est-elle Garsende ou Béatrice? Comme pour la chanson V^ 
on peut remarquer que Béatrice est toujours nommée par son nom, 
Garsende jamais. Un autre détail doit être menlionué : dnns la 
chanson précédente (VII), les vers 28-82 étaient i Car comprer/ ma 
conoyssensa E vostra beutat qu'es ai tais Corn bdka ros'e belhs 
crîstals Pos ab vos non truep guirensa. On a l'impression que le 



8ti COMMENTAIRE. 

troubadour reprend un motif déjà connu de ses auditeurs et qu*il 
veut ici le mettre en relief en le plaçant au début. Rien, en somme, 
ne nous permet d'affirmer nettement rantériorité d'une chanson sur 
l'autre ; mais le plus probable est que celle-ci a suivi la chanson VII 
et qu'elle a été adressée à Garsende, ce qui la placerait entre 1 2 1 7 
et 1219-20. 

17-18, Le V. 20, tant no fui de vos privatz, est précédé d'une 
proposition principale : Ane no'us dis.., con e-us am en suy enveio^ 
(et séparé de celle-ci par deux propositions parenthétiques : a vous 
le reconnaissez bien » et « tellement je suis craintif »), mais cette 
proposition principale pourrait être, suivant la pensée, transformée 
en proposition secondaire, débutant par que conséc, et suivre la 
proposition tant no fui. Cf. Tobler, Verm. Beitr,, I, n. 19; cf. XI, 
3-4 : ia no'm uolgratz far socors En lai loc m'aviatz mes; XV, 
19-20 : Ben vos enlen, amies, que voleiz dire En Jaufrezet, tan 
m*o dizetz nos plan...; voyez aussi dans cette chanson les vv. 9-1 1. 

24. del plus (de plus DHQa^) qui varie avec d*al re est la bonne 
leçon. Cf. A. de Maruelh 3o, 8, str. II : D'amor no-mfeing ni sui del 
plus jauz ire Mas sol d'aitant q*ab ferm eor e elar A lei d'amant 
me fai en tal entendre Don es sos pretz sobr[ autres tan entiers.,. 
(R., III, 216; cf. Arehiv, 35, 4o6); Guiraudo-Senher En Goms 
239, I, édit. Suchier, Denkmaeler, p. 333, str. I : ... Qaan cortes 
drutz es tan avenluros Que denan totz pot parlar a s*amia Rir* e 
baizar ab douza eompania Que ia del plus non sia poderos; 
Uc Brunet 45o, 4 '• E sol qu'e'l cor aya de mi membransa Del plus 
serai attendens e suffrire. Aussi de plus dans Arnaut de Maruelh, 
Domna, Grescini, Manualetlo^, n. 17 (cf. B., Chr.^, c. 99, Stengel, 
c, p. 17, vv. 2o5 et 217), vv. 198-9 : ... prometes me vostr* amor ; 
De plus no'us pree et voyez v. 207. Si le sens de notre passage fait 
varier del plus avec al re, cela ne saurait surprendre; cf. «je ne 
demande pas mieux ». 



IX 



Les manuscrits , — Les vers 8 (une syll. manque) et 39 (idem) 
attestent une source commune k C ei R. 

Forme. — 5 eoblas unissonans de 9 vers avec la formule (Maus, 
n, 787, p. 126) ; 

7a 76 7c' %d Sd Se Se 6/' 10/' 



COMMENTAIRE. 85 

Elias de Barjols n'a pas inventé cette forme. Robert, évêque de 
Clermont, avait composé sur cette mélodie sa cobla au Dauphin 
d'Auvergne (96, 3; /^ n. i56, Studj V, p. 5o3). Le Dauphin répon- 
dit par une cobla (119, 9; /^ n. 167, ibid.y p. 607) gardant la forme 
et les rimes choisies par son partenaire; et cette forme, sans doute 
nouvelle alors, doit avoir attiré l'attention du Dauphin, puisqu'il com- 
mence par une allusion aux sons breus de la cob/a de l'évoque (rns. 
et Rayn. : Li evesqae troban en sos breus Mais oolon...t corr. : 
Uevesqiie troban sos breus Mais uolon,..). Cet échange d*î coupltîls 
date de i2i5-i6, comme nous le montrerons ailleurs. — Etias de Bwr- 
jols reproduit cette forme exactement, en gardant la suite et les dési- 
nences des rimes. Un troubadour de la seconde moitié du ircizième 
siècle, Olivier de la Mar, imitera encore la même formule, en en 
gardant les rimes, dans un sirventés dont une strophe nous est par» 
venue (3ii, i ; H n. 245, ibid.y p. 54i ; les vers 4 et 6 exi^çciit des 
corrections). Toutes les pièces de ce groupe sont donc sorties de la 
cobla de l'évêque de Clermont, dont elles sont une reproduction 
fidèle. 

Le premier trait remarquable de cette structure est de coulenîr 
trois rimes dissoutas : a, b, c, nombre élevé des rimes (|uf ne trou- 
vent pas leur correspondance dans la même strophe (cL Bartscbj 
Jahrbuch, I, pp. 176-7; et Appel, Peire Rogier, pp. 29-80). Elias de 
Barjols, dont la chanson est seule complète, y ajouta un*? aïitre parw- 
ticularité : le mot cor, du deuxième vers, revient à la mhm' place, 
dans toutes les strophes, en rime-refrain. Ce mot se trouve à la 
même place dans la cobla de l'évêque, ce qui d'ailleurs parfiît une 
coïncidence accidentelle. En introduisant une rime-refraîii dans une 
formule antérieure, Elias ne heurtait pas l'usage, car de pareils dé- 
veloppements secondaires étaient admis. Les rimes-refrains ne sont 
pas une rareté chez les troubadours. Environ trente exemples ont été 
réunis par M. Stimming et M. Appel (Bertr. de Born^^ pp. io2-3; 
Peire Rogier, pp. 24-5; d'après Stimming, ibid,, et Stengel, Rom. 
Verslehre, p. 82, § i83, quelques exemples sont mention nés auî^si 
dans P. Ileyse, Studia Romanensia, p. 11, ouvrage que je n^aî pas 
pu consulter). Autres exemples : Raimbaut d'Aurenga 3Hij^u3^ clars 
au V. I ; viva et gaia aux vv. 5 et 7, changeant mutuellement leur 
place de strophe en strophe (cf. Maus n. 760, et Stengel Ms. o, R.d. 
l. r., XLV, pp. 21 3-4); Guilhem Ademar 202, 2, (esta au v. 3 ; Foiquet 
de Marseille i55, i4, amors au premier, et merces au dernier vers; 
Raimbaut de Vaqueiras 892, 3, crotz au v. 7; Arnaut de Mjirnf^lh 
3o, 6, amor au v. 2, honor au v. 7; Ricau de Tarascon 4*3> i » amor 
au V. 2 ; Aimeric de Pegulhan 10, i5, amor au v. i, ce qui fui, imité 
par Sordel 437, 6, par Perdigon 370, i, par Anon. 461, 23 1, et ne Fut 
pas imité par Peire Cardenal 335, 4 lorsqu'ils reproduisirent lu for- 



86 COMMENTAIRE. 

mule d'Aimeric (v. Maus, p. 54); le même Aimeric de Pegulhan lo, 
17, mais au derniers vers, et dans 10, 10, dieu au v. 2; Aimeric de 
Belenoi, dans 9, 1, dolor au v. 2; Elias r4airel i33, 2, Iresca au v. 3, 
et entenda au v. 7; i33, i, art au v. 2, pari au v. 3 (et -vers au 
V. I, -^ersa au v. 7, sauf la dern. str.); i33, 12, plalz au v. 6, joy 
e solaU au V. 7 ; Lanfranc Cigala, dans 282, 9 (de même forme), 
garde platz et solatz, et ajoute encore chariy subs. au v. 4, et chan 
I sg. ind. pr. au v. 9 (Maus, pp. 55-6); de même dans Peire Bre- 
mon 33o, 16, aclau au v. 2, suau au v. 3. legor au v. 4> et dans 
Peire Gardenal 335, i3 (même formule), aclau seul au v. 2 (Maus, 
p. 54); Peire Bremon a encore, dans 33o, 7, per que? à Tavant-der- 
nier vers (Maus n. 427), et dans 33o, 2 amor au v. 3; Peire Garde- 
nal 335, 25, amor au v. 9 (Maus, p. 12), et 335, 17, cor au v. 6; 
Daude de Pradas 124, n, merce au v. 7 (v. ms. A y n. 358 Sladj, 
III, p. 387); Alegret 17, 2 sec (v. et adj.) au v. i (voy. MG, 353). 
Les exemples pourraient être multipliés (cf. Maus, nos igg et 291 pour 
248, 78 et pour 23o, 3). Remarquable est Guilhem d'Autpol 206, i, 
Esperansa de totz ferms esperans avec be au v. 3, mort au v. 8 et 
alba au derniers vers (Appel, Chr.^, p. 93, no 58). 

Tornada (date et localisation). — L'envoi nomme la comtessa va- 
len de Savoia et le pros marques, qui n*est autre que son mari, le 
comte de Savoie. Ge titre entra, en effet, dans la maison Humbertine 
au commencement du onzième siècle (voy. A. de Gerbaix-Sonnaz, 
Studj storici sut contado di Savoia e marchesato in Italia, 3 vol. 
en 6 parties, 1883-1902, Torino; vol. I, pp. 2, 210 etsuiv.). Thomas I 
(i 178-1233), dont il s'agit dans la tornada d'Elias, porte dans les 
actes, à côté du titre simple de comes Sabaudiae, non moins souvent 
celui de comes Sabaudiae (ou bien Maurianensis) et marchio in 
Italia (ou bien Italiae); (voy. Mon. Hist. Patr., Ghartarum, t. I, à 
la table; cf. Guichenon, Hist. généal. de la royale maison de Sa- 
voie, t. II, ff. 44-55; L. Wûrstenberger, Peter der Zweite, Gr. v. 
Sav., Mkgr. in It., 4 vol., Bern, 1 856-8, v. IV, extr. d. chartes, 
pp. i4-36). Il n'y a non plus rien d'étonnant dans le fait que l'on 
trouve 7 marques, mais la comtessa. Au contraire, notre troubadour 
est en cela parfaitement d'accord avec les coutumes. « Ghe il mar- 
chesato fosse segno di un ufficio militare si scorge anche dal motivo 
che i soli maschi ne portavano il totolo », dit Gerbaix-Sonnaz, I, 2, 
p. 23o; (cf. dans Guichenon, II, f. 55, pour Thomas I et sa femme : 
Comi tissa Sabaudiae uxor Marchionis in Italia). — L*Art d, v. 
l. d.^, III, f. 6i5, col. 2, et MaS'Lalrie, col. 1703, nomment deux 
femmes de Thomas I : Béatrice de Genevois et Marguerite de Fauci- 
gny. En réalité, il eut une seule femme, Marguerite de Genevois, qui lui 
survécut et ne mourut qu'en 1257; ce fait, qui a été prouvé déjà par 



COMMENTAIRE, 87 

Wûrstenberger, /. c, I, a. i856, pp. 87-97, ^ ^^^ précisé par F. Sa- 
vio, I primi conli di Savola, Rie, stor., dans Miscellanea di storia 
italiana édite per cura délia R, Deputazione di storia patria, 
t. XXVI, a. 1807, pp. 538-540 et 494-5 (voy. F. Torraca, Le donne 
itaL nella poesia provenzale, p. i4, et Bertoni, Gîorn. stor.f 
XXXVIII, pp. i48. n. 47)' M. Bertoni a relevé quelques mentions de 
la cour de Savoie dans les troubadours {Giorn. st., XXXVI, p. 20, et 
XXXVIII, p. 145, n. 18; pp. 148-9, n. 56). 

Cette tornada, qui doit saluer le marquis et la comtesse de Savoie 
de la part de notre troubadour, qui était alors en Provence, indique 
un moment très proche du mariage de Raimon^ H ^W entier de Pro- 
vence avec Béatrice de Savoie. La date précise de ce uiariiig-c n'est 
pas connue. Si Guichenon (l, p. 268) écrit : « Beat rie de Sauoyy fui 
mariée au mois de décembre 1220 et non point Tan lïrr)^ conmic ont 
écrit Saxi et quelques autres, avec Raymond Bereu^er, comte de 
Provence », il s'appuie, comme il l'indique, sur Pfiiîiberlufl Pingo- 
nius (Inclyt. sax.'Sab. princ. arbor gentilina, Ang. Taurinorum, 
i58i, p. 34» n. i64) : « Beatrix, Thomae filia... niipait Rdniondo 
Berengario provinciae Narbonensis comili ex Arii^onnm Regîbus 
oriundo anno MCCXX » (mais sans la date de décembre). La data- 
tion de 1219 provient d'une charte conservée qui a Irait â la dol de 
Béatrix à payer à Raimon-Bérenger et qui est du '1 juin 1219 (voy. 
L. Cibraio et D. C. Promis, Docam, sig. et moû., Turin, i833, 
pp. 120-23; cf. Invent, des Arch. dép. des Bouchen-du-Rhûne, I, 
p. 98, liasse B, 3ii). Toutefois, la date du mariage ne peut être de 
beaucoup postérieure à cette dernière, puisqu'une bile iî^sue de ce 
mariage, Marguerite de Provence, épousa saint Louis nu mois de 
mai 1234- C)n peut donc admettre que le mariage do Rainion-Béren- 
ger avec Béatrice eut lieu vers la fin de 12 19 ou le commencement 
de 1220, et la chanson d'Elias serait sans doute à peu près contem- 
poraine de l'acte de juin 1219 et du départ pour la cour de Savoie 
des ambassadeurs provençaux. 

i5-i6. — Je ne comprends ces deux vers qu'en voyant dans le que 
du V. i5 un sujet « qui » et en admettant que la coiij. ç«(? (v. i5) 
avait été introduite seulement au milieu de cette phrfiso q\û débutait 
comme si elle avait dû être une énonciation directe : a Je puis dire 
plutôt (que) : celui qui est son homme s'est mis d^ins la plus hnute 
dignité ». Le cas n'est pas isolé; on introduisait un f}iic au milieu 
d'une énonciation directe comme pour renforcer l\îrtji;iiation; voy, 
par ex. Appel, Chr.^, p. 175, n. 116, vv. 36-7 : E nos verurnf^nl — 
dissero li doi disciple — lo vim e que nos aparec e ta ma e dis nos 
e nos demoslret dels sens essemples, e de las suas eseriptnra^. 

28. Andrieus. — Les mentions de ce nom chez le.^ troubadours 



88 COMMENTAIRE. 

sont très nombreuses. Rappelons ici la biblio^aphie de cette ques- 
tion. Birch-Hirschfeld, Ueber die denpr. Troiib. bekannten epischen 
Stoffe (Halle, 1878, p. 82) relève (cf. Raynouard, Choix, II, pp. 299- 
3oi, et Diez, Poésie^, p. 116) les mentions que font de ce nom : Ai- 
meric de Belenoi 9, 11, Aimeric de Pegulban 10, 49? Albert de Sis- 
teron 16, 16 (= 167, 26), Elias de Barjols 182, 6, Gaucelm Faidit 
167, 17, Guilhem Magret 228, a, Guilhera de la Tor 286, 12 [= 487, 
38, tens. avec Sordel; cf. de Lollis, Vita e poésie di Sordelio di 
Goito, n. XVII, str. III, note p. 274, et v. p. 290, n. XXXII, i, où 
il faut barrer Raimon de Castelnou 896, i, parce que ce n'est pas 
Andréas de Fransa, mais sanh Andrieus qui y est nommé; cf. Ap- 
pel, Prov, Ined., p. 276, v. 3i], Guiraut de Salignac 249, 2 (= 867, 1), 
Raimbaut de Vaqueiras 892, 25, Raimon Jordan de Saint-Antonin 
4o4> 18 (cf. Appel, Prov, Ined., p. 292), Uc (ou Guilhem, cf. Appel, 
Chr,^, p. 92, var. ad. n. 67) de la BacAllaria 449» 3; — Bartsch, 
Zeitschr, f. r, Ph,, II, p. 821, y a ajouté : Aimeric de Pegulhan 
10, 4^3 Bertran de Paris de Roergue 85, i, Anon. 4^' > 79 
(cf. P. Meyer, Les derniers troab. de la Pr., dans Bibl. de V Ecole 
des chartes, XXX, pp. 47^ et 678), la complainte Si frobesses tan 
leial menatge (Archiv, 34, p. 43 1, II, v. 21), lettre de Folquet de 
Romans, Domna eu pren comjat de vos (B., Gr., § 29, p. 4i ; Na- 
polski, Pons de Capduoill, p. 118; Zenker, Folquet de Romans; — 
il faut ajouter : Bernart de Pradas 65, 3, v, 9 (Appel, Prov, Ined., 
p. 38), Folquet de Romans i56, 8, str. II (Archiv, 38, p. 809; Sten- 
gel, c, p. 8; et cf. Zenker, Folq. d. Rom.), Guilhem de Bergadan 
210, 18, w. 48-4 (Mila2, p. 862 : Ailant m'era grieu Que me sove^ 
nia d*Andrieu), Pistoleta 872, C*, (:= 97, i3), str. VIII (G. Bertoni, 
Rime pr. in.; Stadj, VIII, 1901, p. 436),; Raimbaut de Vaqueiras 
892, 16, str. III, w. 19-20 (Appel, Prov. Ined., p. 278); ces vingt- 
deux passages n'épuisent pas le nombre des allusions à Andrieu 
(voy. Ghabaneau, Bgrs., p. 896, n. i : « ... nous en connaissons 
vingt-six ))). — Gaston Paris a relevé la seule mention qui en soit 
connue dans la littérature française : Chastoiement d'un père à 
sonjîls, xiie s. (Romania, l, 105-7). M. E. Trojel en a signalé une 
autre dans VHistoria comitum Ghisnensium de Lambert d'Ardres, 
achevée, à ce qu'il semble, vers la fin de Tan 1208 {Romania, XVIII, 
p. 473). — Le roman perdu à^ André de France est donc réclamé 
par la littérature du Midi et par celle du Nord. Selon M. Ghabaneau 
(Bgrs., p. 896), « on ne peut douter qu'il en ait existé une rédaction 
provençale ». D'autre part, G. Paris, Manuel, 2e édit., pp. 107-8, 
ense qu'il appartenait originairement à la littérature du Nord. 



COMMENTAIRE. 



89 



X 



Les manuscrits, — Les deux branches a; et y se séparent visible- 
ment Tune de Tautre. Quant à a', il est probable que son texte a eu 
pour base une rédaction a;, mais s'est aidé d'une rédaction y. 




a; : vv. 7 (ag\es']), 29 (auar e tenen pour a. L), 34 (seiîtf'fti pour 
que'ls iray), 36 (autre be pour negus bes); cf. aas^i v. j5 [desenmi 
contre dezenans), — Les textes DIKH se resscnihlont trop pour 
qu'on puisse indiquer une subdivision de ce groupt?, DIK ont, au 
V. 17, fui contre suy des autres mss., mais c'est plutôl fui qui est 
juste; IK ont ben, comme C, pour belV au v. 38. 

y ; vv. i3 (que tag nan esiaazimen pour qui n\in tôt to iansi- 
men), 24 (pus pour ni), 27 (que pour queu), tiB (iem pour pes), 
3i (res pour re/i), 32 (e pour a6), 4o (de tôt maïesktrs (hfen pour 
de son bon prêts no deissen), 4i-4 (manquent) ^ 4^ fitchaH pour 
Nisnart; tollen pour meten); cf. encore v. 23 (mff-v contre /j<i^'). 

a' se rattache à x par la fausse leçon du v. i4j '^j'e «om yîf/, et por 
la graphie; l'influence des deux rédactions a? et 1/ se m^mïfestc dans 
les hésitations et les corrections de «', là où .x al y ont des Leçons 
différentes. 



La forme, — 5 coblas anissonans de même foj mule que les chan- 
sons VIII et XI : 

7a 76 86 7a 7c ']d ']d 7 c 

Amor est souligné au début du 2e ou du 3e vers de chaque strophe, 
Esperansa est deux fois en rime, w. 7 et 22. 



90 COMMENTAIRE. 

Date et localisation, — La première tornada (w. 4i-4) célèbre 
Béatrice, femme de Raimon-Bérenger IV (vv. 43-4)> ainsi que ses 
parents, Thomas I, comte de Savoie (i 178-1233), et Marguerite de 
Genevois, femme de celui-ci (m. 125;). Le fait qu'Elias de Barjols y 
parle encore de la Savoie et non pas de la Provence, et en même 
temps la mention de la ce Jïor » de Savoie dont « esperam frug 
valen » indiquent un moment très voisin du mariage de Raimon- 
Bérenger et de Béatrice. Celui-ci eut lieu (cf. plus haut, n. IX) vers 
les confins des années 12 19 et 1220. Nous acceptons donc la date 
1220 d'après la première tornada. 

La seconde tornada nomme Blacatz, le protecteur constant et prin- 
cipal d'Elias, et en même temps Isnart, qui est le troubadour Isnart 
d'Antravenas (sur une erreur de Gavedoni, qui voyait dans cette tor- 
nada une mention d'Isnardo Malaspina, voy. Bertoni, dans Giorn. 
stor. d. l. it., XXXVIII, p. i46, n. 28). On sait qu'il y a un échange 
de quatre pièces entre lui et Blacatz et que cet échange avait dégé- 
néré en une polémique assez violente. Gela se passa vers le temps où 
Elias composa notre chanson; or, du moment qu'Elias les nomme 
tous deux dans sa tornada, qu'il fait allusion, d'une façon plus déli- 
cate, aux mêmes choses que Blacatz dans 97, i {creissetz de terr* e 
d'onransa — ce que Blacatz lui reprocha), qu'il proclame enfin 
Blacatz toujours plus valen, il me paraît naturel de rattacher cette 
tornada à la polémique entre Blacatz et Isnart. M. Soltau qui men- 
tionne ces allusions d'Elias ne l'a pas remarqué ou bien ne le croit 
pas (Z. f. r. Ph., XXIV, p. 53, note à IX c, v. 9). [Lorsque Gadenet 
(106, i3, str. III) dit : Qa'ieii ai auzit mal dire d*En Blacatz Que 
per aisso non is refrenet un dia E d'En Rai mon d^Agout,.. etc., il 
s'en prend au comte de Burlatz qui, froissé par une invective poé- 
tique, paraît avoir chassé tous les troubadours de sa cour ; ceci pour- 
rait bien ne pas viser précisément cette polémique, mais renfermer 
aussi un trait à l'adresse d'Isnart (254, 2)]. 

Gette datation souffre, il est vrai, quelque difficulté. D'après la pre- 
mière tornada, notre chanson serait de 1220, et d'après la seconde, 
elle aurait suivi de très près les pièces Blacatz-Isnart. Or. M. Soltau 
n'admet pas pour cet échange de sirventés une date antérieure 
à 1221 (Z. /. r. Ph., XXIII, p. 217). Le premier point d'appui pour 
la datation se trouve dans 97, i de Blacatz : celui-ci dit que son ad- 
versaire te'l sos-man que n'Aureilla ténia, et nous savons qu'Isnart 
fut élu podestat d'Arles vers le milieu de 1220, en remplacement des 
consuls, parmi lesquels se trouvait un Petrus Aurelle ; ceci va donc 
bien pour 1220 et pour 1221. Mais comme Blacatz dit, cinq vers 
plus haut : es tan prezatz pos tenc la sozbailia, M. Soltau en con- 
clut qu'Isnart « avait occupé son poste déjà une fois antérieure- 
ment », notamment en 1220, ce qui serait visé par tenc la sozbailia^ 



lÊi. 



COMMENTAIRE. QI 

et qu'il fut réélu pour 1221, date de sa seconde administration, qui 
serait contemporaine de l'échange de sirventés et visée par /e/ sos- 
man. Mais d'abord, lorsque M. Soltau (XXIII, p. 206) écrit que les 
citoyens d'Arles « le (Isnart) réélurent après l'écoulement de sa pé- 
riode administrative et ne pensèrent à la nouvelle investiture pour 
leur magistrature principale que peu de temps avant la fin de 1221 
(Anibert, III, 24) », je crois que ni le renvoi, ni le raisonnement ne 
sont exacts. Anibert dit bien que l'on fit des démarches en vue de la 
nouvelle élection (1222) vers la fin de 1221. Mais il ne sait ncji d'une 
réélection d'Isnart pour 1221. M. Soltau ne peut donc (]u« supposer 
qu'Isnart fut réélu, pour 1221, celte même année, vers Pi\ijues, date 
ordinaire des élections; Mais ici, il est en contradiction avec Aiiîherl, 
qui dit : « Le nombre des électeurs du Podestat et le temp.s des élec- 
tions étaient-ils fixés? Je l'ignore, ou plutôt j'en doute. Il y eut des 
variations si singulières sur tout le reste ! Par exemple, les [pouvoirs 
des podestats devaient commencer, ainsi que ceux des Cousais^ le 
mardi 3e fête de Pâques, jusqu'à pareil jour de l'anm-c suivunie. 
Cependant Isnard d'Entrevenes entra en exercice après celte fèie, 
Guillaume Ebriac le Noir et Albert de Lavaque quelque icraps 
avant, et Barrai des Baux, vers la fin du mois de déceujhrc ou au 
commencement du mois de janvier ». Aucune réélection dTsnart 
n'est attestée. Il fut élu après son terme et il exerça &n charge nu 
delà des limites régulières, ce qui était fréquent, vu les difficultés 
des élections; il serait, au contraire, bien singulier qu'il y eût eu 
une première élection d'Isnart vers le milieu de 1220, une deuxième 
avant Pâques 1221, enfin, une troisième vers la fin de imïij. Or, (ine 
réélection d'Isnart étant inattestée et improbable, la distinction qu'a 
faite M. Soltau entre ie et tenc est inadmissible, outre que le parfait 
tenc ne serait probable que dans le cas où Isnart ne sersiit plus du 
tout podestat d'Arles. Enfin, est-il probable que Blacalz; 11 m'ait dit 
tenc la sozbaillia pour parler de l'administration d'Arles el qu'il 
aurait répété, cinq vers plus bas, te lo sos-man que n'Aureifitt ffiua 
pour parler du même fait? La première allusion se rapporte ncees- 
sairement à autre chose. Je ne sais pas exactement à quoi; ujais 
nous savons qu'Isnart fut investi en 1204, par Philippe de SnualîCj 
de la vallée de Sault en qualité de vassal immédiat de l'Empire; nous 
savons aussi qu'il ne renouvela pas son hommage après la tnort de 
Philippe, qu'il s'en sentit sans doute dispensé (jusqu'à 1238)^ puis- 
qu'il se contenta de se faire confirmer ses privilèges [mr Raiinoû 
Berenger en 1216 (et en 1224) (cf. l'art, que je publierai mllcurs sur 
d'Agout) ; il paraîtrait donc assez naturel de supposer ([tie les mots 
es tan prezatz pos tenc la sozbailia se rapportent précisémenl k sa 
situation féodale. — Il semble donc qu'il n'y ait aucune difficulté 
à affirmer que la chanson d'Elias, qui est plutôt de 1220 que 



92 COMMENTAIRE. 

de i22f, contient des allusions à l'échange récent de sirventés entre 
Blacatz et Isnart. — En somme, cette chanson, voisine, d'une part, 
du mariage de Raimon-Béranger V et de Béatrice, d'autre part sui- 
vant de très près la polémique Isnart-Blacatz, doit être de Tan- 
née 1220. 

i5. el desenans per mermansa. Faudrait-il corriger el en ce/, et 
lire : qui'is sieus dezenqnsa cel dezenans pren mermanza ? Si on 
préfère, comme nous, ne pas forcer le texte, on est obligé de lire : 
e'I dezenans « pour l'avenir ». Je n'ai pas trouvé d'autres exemples 
d'emjiïoi comme substantif de dezenan, (R., II, 97, I, n» 82, donne : 
desennn , adesenan , et appuie par : Vostr om sai iuratz e plevitz 
E vQstres m>r adesenans;'B, d. Vent. : Pels dois, et l'on pour- 
rait y voir : a desenans. Mais une autre famille de mss. a une 
outre le^^on : A n. 265, Studj, III, p. 288, donne : Vostrom sai 
iarafz e plevitz E vostr e m*era desabans, E vos etz lo mieus lois 
pruniers E si seretz vos lo derniers Tant cum la vida m'er durans), 

2Q. fwar ienen. Pour l'asyndeton entre deux adjectifs de sens 
identique 00 rapproché, voy. Kolsen, Giraut de Bornelh, p. 126-7, 
où il est aïjssî renvoyé à la liste des gérondifs juxtaposés, du type 
ri zen iogan^ dressée par M. Schultz, Z, f. r. Ph. XVI, pp. 5i3 et 
suiv.; cf. P. Meyer, Guillaume de la Barre, p. lxxi. 



XI 



Les manuscrits. — Les deux mss. C et R remontent à une seule 
traditinn, qui est mieux conservée dans C. 

La forme. — C'est la troisième chanson (cf. VI et X) qui a pour 
formula 

7a 76 86 7a 7c qd 'jd 'je 

Date H loadisation. — Cette chanson est adressée à la comtesse 
Béatrice, c'esi-à-dire à Béatrice de Savoie, comtesse de Provence. 
Elle est donc postérieure à 1220. 

3-4, Cf. note à VIII, 17-20. 

7. C : e sefh quo met en sufrir, R : e sel comet en oblit. J'écris : 
e seth (/ft'o met en sufrir, où o se rapporte à iauzir : « et celui qui 
le croit consister en soufiFrance... ». — (Impossible, naturellement, de 
lire s*eî/t comet où cometre aurait le sens de « se rapprocher de », 
tï se diriger vers ». Quant à cette signification de cometre, Levy, 
S.'^W., Ij p. 297, se demande s'il faut l'accepter. J'en ai un autre 



...^ 



COMMENTAIRE. 98 

exemple, tout à fait analogue à celui de Montanbago! : comefre alca 
d'amor. On trouve dans la tenson de Bertrun de Gordo et de Peire, 
84, I : Peine mal m*auondet senz Oftr de tenzo vos comis Qe^l 
vostre mestiers es Jîs E vos es bons e plazenlz Ei voslre are^a^ 
mentz Es granz, e'il chantar son gai E ncgas iogictrji non imi Qe 
plus tard fezes fallia Ni plus tost fezes bon plaî^ — Arcfiiv, 34? 
p. 382, et cf. 0., n. i44» ^f^î^ ^^' Ifi^^'t j880, p. rjf). Voy, aussi 
Appel, Chr.*^, n. 72, v. 66, var, L'exisLence de cometre alcn d*al^ 
cuna re, « aborder quelqu'un avec quelque chose », comme l'n com- 
pris et supposé M. Levy, est donc assurée^ mais non celle de riulran- 
sitif cometre en alcuna re.) 

18-20. Voy. note, III, w. 43-5. 

Zo faus escarnir ne signifie que (v fimsse plaisanterie », et îî ne 
paraît pas possible de traduire « fausse joie » ; le sens était en effet 
péjoratif, au moins pour esquern, comme dans les vers dôjà cités de 
Raimon Vidal, Abrils : E quan vos poiran esquern far II h se ien^ 
ran per ereabnt (édit. Bartsch, Denkmfieier, p. 184, vv. 25-G). Une 
correction facile serait Amors, faitz VfK^ e.srtirnir Qne... (Se far e. 
semble avoir été une expression couranie; voy, PV., III, ir^o, I : (Jtmr 
sel h es folhs que se fui escarnir, el cf. (larin d'Apchîer lOa, 7 ; 
E'ill vostra ianglozia Don vos faiz esvar/iir Me desp/tiz rhasvan 
dia.,., Witthoeft, Sirv. iogl., p. 63, vv. C-8-) Mais celle correction 
qui exige un changement de trois mots en deuîc vers n'est pas pro- 
bable. Le sens de Jaus escarnir sera donc : et vous donnez, amour^ 
aux fenhens gualiadors la jouissanuL' de joie et la posâibtlllé de 
fausses moqueries » (dirigées contre \<i^Juis amans). 



aç-.^BwçTjrn 



9fi 



COMMENTAIRE. 



xn 



Les manuscrits . 




a: {CE/} : vy. i r (quant hom no sen pour q, ve que no'n), 
i6 (ni nol près pour ni non ac), 28 (grens mes mos dans pour sos 
d. m. gr.)^ a6 (poirai pour poiran), 27 (ni ia nom pour nill mea 
nom) ; cf. aussî vv. 12 (j? et J/ «ecor pour acor), i5 (x et D et pour 
qtiar). — a se rattache, comme toujours (voy. Grœber, /îom. Stud.y 
IT, sout! Dt), à C, aussi bien par les leçons que par Tattribution. Le 
Hreoiitri d'arnor cile notamment deux premières strophes de cette 
chanson ft d'Rn Hicas Novas » dans son chapitre : Remedis per es- 
caniir Jblia d*atjmador et les rattache, comme citation, à renoncia- 
tion suivante (v. 33894 et suiv.) : 



Cor SES tlupdnrf ramars en se 
Ea bon" a (fui n'uziira be, 
Per que Ktslh c^iuno le^lmen 
E son heu omnt issamen 
âcï mal^a^LaL e »es foloi* 
Nois dtivou pni'Ur d'a&l amor, 
Ans >sapclio[i bë lor fol voler 
Reslrenimr a rcgkl aver; 
H4B ii;ilh que anio folumen, 



Cum fan alcu per avol sen, 
Que non an mas pena, dolor 
Ë dampnatge e dezonor, 
Car no sabo l'amor régir, 
Aquilh se devon départir; 
Mas, si ben estas, not movas t 
Ë apren d'En Ricas Novas 
Que ditz parlan d'ailat folor : 
Ben deu... 



ij {IJ, UPS) : vv- 8 (seruissi pour -is), 9 (autressi(s) contre 
nfressis)j l'à {per som contre per quie'm). Le système orthographi- 
que est pareil en ces quatre manuscrits. Mais il est visible que le 



r i-iprJiJRr- 



COMMENTAIRE. 96 

groupe H PS s'est bientôt détaché de y pour suivre sa voie particu- 
lière. — a (HPS) : w. 9 (aatressi pour -/*«), 1 1 (f/i dn/nor nos pot 
iauzir pour quant ve ce no'n p. «.), i5 (qar anc ntu'i ht^ nom noie 
faire pour q. a. iorn n, u. b, f), 20 (qe, comme M H, pour dan)^ 
22 {be pour bes), 28 {lauzei pour -r/), 28 (^re« pour greîis)^ 26 (nom 
faran morir pour /lom poiran ausir), 3o (mantas pour mat/nfas)^ 
35 (ordre des mots changé), 89 (çre pour q*om), 4 1-^ (autre leçon), 
43 (^e, comme MR, pour quar), 45-6 (ordre dt^s mots changé)^ 
str. III-IV placées inversement. — a (PS) : vv. iCi {innzimen pour 
chauz.), 19 (fi?e/5 pour rfe/), 22 (c?e/ 6en pour f/^^ç bes; hikutei, 
altéré dans /> en sabuzei pour lauzei de /T et /fzf/r/ des autres), 
26 (non pour nom), 83 (nalenz pour -e/i), .86 (mr^/ pour mfts); 
cf. aussi par. ex. 21 (trags contre trais), 80 (c/to /nf?^/ contre so 
mes), 35 (air contre azir), 

z (MR) : aucun fait ne permet de faire rentrer sfiit /î, jioU M, soit 
Tun et l'autre ni dans x ni dans y. Mais, d'autre partj leur source 
commune z, que nous indiquons, n'est point très nettement attestée. 
Quelques fautes communes bien insignifiantes (v^. 1 1 que contre 
qu'oniy 23 RM, mais D aussi, per pour a, 3i de^o pour dnissn)^ 
deux leçons déjà plus explicites (vv. 38 serual la drcfjt erfi/ffrifirCf 
43 quel meilher es el belaire), une coïncidence dans la eonservfMion 
de la bonne leçon du v. 1 1 qui est embrouillée dans .r et dans i/ 
nous font croire à une base commune qui aurait été ulilisèe pur les 
rédaction* M ei R. D'autre part, une influence de la part du groupe a 
(flPS) se manifeste plusieurs fois, surtout dans la pveuiière iornmla 
et dans les vv. 6 (que contre quant) et 20 (que conire don)^ 

Forme, — 5 coblas unissonans de 8 vers avec la foi/nul : 
'ja 56 76 5a 8c yrf 'jd Se 

Cette formule est unique parmi les coblas encadenadas (Maus, 
pp. 119-20, n. 579, form. i3) et elle a, comme la ehauaoo VI, cette 
particularité de ne pas conformer les rimes à la longueur des verâ. 

Date et localisation. — Le terminus a quo est indiqué par le pre- 
mier envoi adressé à la comtesse Béatrice (£219-203 et par la stro- 
phe V qui nomme Frédéric II et le qualifie de emperador { ï aao) ; le 
terminus ad qaem d'abord par la seconde tornadn qui noaimc Bla- 
catz (1287). ^' Schultz-Gora, Fin Sirventes von Gui f hem Fifjaeira 
gegen Friedrich II, Halle, 1902, p. 34, a donc iuacrit ia:ïo-i237 
dans la liste des passages où Frédéric II est nommé par les trouba- 
dours; (aj. Elias Cairel i33, 4> n» i3; cf. V. de Burlbolomacis, tVi 
sirv, hist. d'E. C, dans Ann. du Midi, XVI, 491 et aiiW.; cï. ua^sl 
dans Arnaut Peire d'Agange (voy. Bgrs., p. 3^3 et n, 1} 3i» i, 
str. VII, une mention de Vavinens enipera i re (M . G. y 1082); je crois 



96 COMMENTAIRE. 

que je pourrai prouver qu'il est nommé aussi par Bertran d'Ala- 
manon). Il y a deux motifs invitant à resserrer ces dates. Le premier, 
qui est assez vague, c'est le fait que Tactivité d'Elias ne paraît pas 
s'être exercée au delà de 1280 ou du moins peu de temps après cette 
date; le second est qu'il est impossible de comprendre l'allusion 
d'Elias autrement que comme une exhortation à la croisade. On s'y 
intéressait en Provence comme partout, et l'échange de couplets entre 
Falquet de Romans et Blacatz (972 = i56, 7) atteste, même explici- 
tement, l'intérêt qu'y prenaient la cour provençale et l'entourage de 
Blacatz. La chanson est donc antérieure à 1228 et plus ou moins 
rapprochée de cette date, ce que l'on ne peut pas préciser, vu que les 
préparatifs de l'empereur durèrent dès son couronnement et qu'il 
parut continuellement sur le point de partir. Toutefois, notre allusion 
indique déjà un moment où on en fut un peu étonné et elle s'accorde 
par conséquent mieux avec la date de 1225-8 environ qu'avec celle 
de 1220. 

Il ne faut pas se méprendre toutefois sur le sens de l'exhortation 
d'Elias. Les relations entre Frédéric II et les protecteurs d'Elias 
furent d'abord tout à fait amicales. L'empereur s'allie à Raimon- 
Bérenger contre Marseille en 1226; il confirme solennellement ce 
prince dans la possession du marquisat de Provence en 1226 pour 
l'attacher à sa politique contre la politique française de Louis VIII 
qui menaçait alors le Midi (E. Winkelmann, Kais. Fr. II, t. I, 1218- 
1228, Leipzig, 1889, p. 809). De plus, Thomas I, père de Béatrice; 
comtesse de Provence, est nommé, en 1226, au vicariat « per totam 
Italiam et per marcham de Trevisium » (ibid., p. 296). Enfin, des 
rapports directs sont attestés par une lettre impériale du i5 mai 1228 
entre Frédéric II et Blacatz (Barthélémy, Inv. chr. et an. des ch. de 
l. m. de BaiiXy 1882; cf. Schultz et Soltau sur Blacatz). Cet état de 
choses établi dès l'avènement de Frédéric II doit persister jusqu'au 
« renversement de la politique impériale » (Fournier, Le Royaume 
d'Arles y p. 188) qui suivit le mariage (1284) de Marguerite de Pro- 
vence avec saint Louis. — L'allusion d'Elias n'atteste donc aucune 
malveillance à l'égard de Frédéric II. 

3-4 obezir a tota s*onor, voy. note à Vil, v. 4o. 

II. Les leçons D, M, R permettent, je crois, de rétablir la leçon 
originelle qui aura été corrompue par les autres mss. en vue d'ob- 
tenir se iauzir, 

28. Pour ce vers en général, le classement des mss. est : CEfà*\xn 
côté, DHPSMR de l'autre. Pour un détail de ce vers, nous voyons 
DHPS SOS danz; CEf, M mos dans ; R sos mal. Il était, en effet, 
plus compréhensible que le troubadour eût parlé de son dommage 
{mos dans, sos mal^/^ que d'un dommage quelconque de Vamor ou 
plutôt de la dame {sos dans); c'est pourquoi la source de CEJ et 



k 



COMMENTAIRE. Q-^ 

(avec ou sans contamination) M ont corrige i mos dans^ et /î sos 
mais. La leçon juste, assurée par le classemenl général pour ce vers, 
est SOS dans qui n*a pas cependant ici sa signiHcation usuelle (^ dom- 
mage, détriment », mais une signification dr^rivi^e n (iésavanta^çe, 
faute », dont une évolution serait attestée dans Lcvy, S.~ W.^ (1, p. 5, 
art. dan, n. 2 « Sùnde » : Qu*iea fos mundatt de iot{s) dan. 

33-4 Une citation erronée de ces vers par F. Torracn, StndJ sn 
la lirica italiana del Dacento, p. 3i4, a été déjà rectifiée par 
M. Jeanroy dans Annales du Midi, XV, igoS, p, aao* 



XIII 

Les manuscrits, — E ei a' présentent deux rcditclions, mais dons 
chacune desquelles se sont glissées des altératiiiuïj sensibles du iexle 
original : voy. E, w. 11-2, i4, 28, 34, 37, t\Q\ a^, vv, 3, ra, i^^ 32, 
où ces altérations sont même assez graves (3, 19); parfois tous les 
deux : v. 27. On ne peut donc ni prendre comme base ni rejeter V\xn 
ou Tautre des textes, et il faut les combiner en ayant recours h fj*au- 
tres raisons que le classement et la qualification des nisa., ce qui ne 
se fera pas toujours sans laisser subsister des ilGutes. 

Ainsi, Tordre des strophes et des demi-strophea diffère, el même en 
deux points. D'abord, les strophes III et IV de n' sont IV cl Ifï dans 
E; nous acceptons Tordre de a' parce que sa IVt' strophe est une 
conclusion des trois autres et fait suivre Ténoucc des griefs de la 
décision : amors aissras die de no. Les deux denii-slroplics de E, 
II et III, sont inversement placées dans a' ; on verra en regardant ces 
deux strophes que la pensée de la chanson est Buffîsammcnt vague 
pour que Tune des combinaisons soit aussi at^ceptable que Tautre. 
Toutefois, Tordre de E, que nous acceptons, p;iraJt avoir cette supé- 
riorité que, dans la strophe II {'us es), enmalezida correspond mieux 
à Tantithèse du beau temps ancien et du mauvais actuel, dont il est 
question dans la première demi-strophe, et, daus la strophe III, 
iauzimens de la seconde partie se rapporte à tjui^anlo de La pre- 
mière. En somme. Tordre que nous acceptons présente une cerlatne 
gradation dans la pensée. 

Quant aux envois, il est évident qu'il y en a deux difFérenls, Tun 
dans a\ Tautre, mutilé, dans E. C'est un fait assez içénéral que cer^ 
tains mss. n'aient qu'une tornada ou même îiucuut?, lorsqu'il y eu 
a deux en réalité; dans ce cas les manuscrits se complèlenT. les uns 
les autres. Rien n'autorise donc à suspecter Taulhenlicilé des envois 
(d'autant plus que la construccion erronée de a* disparaît cln mo- 
ment que Ton remplace non par no'm). 



98 COMMENTAIRE. 

Forme. — Chanson de 5 coblas unissonans de 8 vers avec la for- 
mule : 

7a 76 76 7a 7c' 7c' 7^ 7^/ 

C'est la suite de rimes la plus fréquente parmi les chansons pro- 
vençales conservées (Maus, n. 535, p. 116); formule, au point de 
vue de la longueur des vers, représentée dans une trentaine de piè- 
ces. Toutefois, Elias n'a repris les rimes d'aucune, et les siennes 
n'ont été reprises par aucune autre. 

Date, localisation. — C'est cette chanson qui a conduit Diez à 
placer la date 1280 à côté du nom d'Elias. Les vers 33-4, qui parlent 
du valen rei de Léo qu'es senher dels Castellas, indiquent une épo- 
que postérieure à l'union de la Gastille et du Léon, qui datent de 1280. 

Le ms. a' ajoute la tornada, vv. 95-9, où Béatrice (comtesse de 
Provence) est nommée, ce qui établit une date postérieure à 1220. 

Mais je n'oserais pas affirmer que la mention du Léon et de la 
Castille indique nécessairement une date postérieure à l'union. Les 
relations des deux pays à l'époque des troubadours passèrent par 
plusieurs phases. D'abord, Alfonse VII (1126-57), « empereur » dès 
n35, est souverain de la Castille et du Léon; il est célébré par les 
anciens troubadours : par Cercamon probablement (voy. Bertoni, 
Nolerelle prov. dans R. d. l. r,, t. XLV, 1902, pp. 348 et suiv., 352), 
par Marcabru (298, 35, 28, 22; voy. Suchier, Jahrbuch, XIV, p. i53, 
et P. Meyer, Romania, VI, p. 1 19-129), par Peire d'Alvernhe (828, 7 ; 
voy. Mila, p. 81, et Zenker, P. d'Alv. Lieder, p. 24). Après la mort 
d'Alfonse VII, Sancho, son fils, lui succède comme roi de Castille 
(1157-58), et bientôt après Alfonse VIII, fils du dernier (né en 
1 155, règne : i i58-i2i4; marié avec Eléonore d'Angleterre dès 1 170). 
L'autre fils d'Alfonse VII, Ferdinand II, lui succède comme roi de 
Léon (1157-1188). Le dernier n'est point connu comme protecteur 
des troubadours. Alfonse VIII, au contraire, fut un des plus célèbres 
d'entre eux. C'est pourquoi les allusions des troubadours de cette 
époque (1170-88) ne sont pas toujours entièrement libres de confu- 
sion dans les titres. Marcabru, dans sa pièce 298, 9, qui est de 11 80 
environ et certainement antérieure à ii85 (Suchier, /. c, p. i56), 
oppose au roi Alfonse d'Aragon un autre Alfonse vas Léo; cet 
Alfonse ne saurait être, comme le croit M. Suchier, Alfonse IX de 
Léon, qui succéda à son père seulement en 1 188 (né le i5 août 1 171), 
mais, comme l'avait cru Mila 2 (p. io3), Alfonse VIII de Castille (qui 
sera nommé peut-être encore dans 298, 36); nous y aurions donc 
une légère inexactitude due à l'unité sous Alfonse VII, protecteur de 
Marcabru. Guilhem de Berguedan, célébrant Alfonse VIII dans 210, 
17 (Mila 2, p. 809), dit : Reis castellas qu'es en luec d'emperaire, 
mais dans 210, 20 (Milà, 807-8; cf. 298; de 1174-80), il dit de sa 



fe. 



T^ri 



COMMENTAIRE. 99 

femme : E vos,domna, reina pros e gaia Emperatritz ; et Perdigon, 
870, 5, str. VI, MG. 5ii, parlent d'Alfonse d'Aragon et ensuite 
d'Alfonse VIII de Castille : ... E'I rei N' An/os eissamen Cab riùûc 
faitz d'emperador Creis honor... La confusion ne fut plus possible 
du jour où, en 1188, Alfonse IX eut succédé à Ferdinand II dans 
le royaume de Léon (i 188-1280) et commença à être connu comme 
protecteur des troubadours. Rien d'étonnant que pour cette cpoipie 
(ii88-i2i4), la confusion entre la Castille et le Léon ne se produise 
pas dans les mentions très nombreuses relatives soit à Alfonae VII I 
de Castille, soit à Alfonse IX de Léon. Après la mort d'Alfon&e Vlll 
(i2i4) et de son fils, l'infant Enrique (12 18), la Castille passa sous 
la domination de Ferdinand, fils d 'Alfonse IX de Léon, qui rt^unira 
de nouveau les deux royaumes en 1280, après la mort de son père, 
ce qui n'empêchera pas quelques nouvelles inexactitudes des (rouba- 
dours (cf. P. Meyer, Les derniers troubadours, dans BibL dû 
V Ecole des Charles, XXX, p. 279, n. 4; et De Lollis, Sorddhf 
p. 26, en bas). Je n'ose donc placer catégoriquement cette chanson 
après 1280, d'autant plus que, la biographie avec laquelle s'accorde 
le fait que nous n'avons aucune trace provençale de l'activité d'Elias 
après 1280, nous porte à croire qu'Elias, en 1280, était déjà entré en 
religion. La mention du valen rei de Léo Qu^es senhers délie Cas- 
tellas pourrait bien se rapporter à Ferdinand III de la maison de 
Léon et souverain de la Castille même avant l'union de 1280. 

En tout cas, la chanson est postérieure à 1220 (Béatris). Elle se 
rattache à la précédente, qui date de 1226-8 environ, par une nou- 
velle habitude littéraire, qui consiste à consacrer la dernière strophe 
à une allusion étrangère au reste de la chanson puremeni amou- 
reuse, là à Frédéric, ici au valen rei; c'est d'ailleurs un trait assez 
fréquent chez les troubadours et de pareilles allusions se trouvent 
parfois, non à la fin, mais au milieu des chansons amoureuses. En 
somme, je ne sais pas s'il faut tenir étroitement à cette date de ï33o 
et s'il ne suffit pas de mettre 1226-80. 

On se demandera enfin comment l'idée est venue à Elias de « trans- 
mettre » sa chanson à un roi d'Espagne. Il eut toujours des^ liens 
avec ce pays. Nous savons que précisément un peu avant cctlt^ flaie 
Sordel quitta la Provence, où il se trouvait dans le même TriiUeu 
qu'Elias, c'est-à-dire à la cour comtale et à celle de Blacatz, yiour 
faire un voyage en Espagne, d'où il ne devait revenir qu'après 1280 
(voy. de Lollis, Sordello, pp. 26-9). Elias put donc penser à un sou- 
verain espagnol. D'ailleurs, ces apostrophes aux princes contempo- 
rains peuvent bien n'avoir été parfois qu'un trait d'actualité i|iil pou- 
vait contribuer à répandre davantage une chanson. Il y a une sorte 
d'aveu, assez franc, dans les paroles d'Elias (vv. 87-8) : E si es per 
lui grazida Meils n*er cantad* e aazida. 



1 00 COMMENTAIRE . 

I I-I2. — Cf. note sur III, vv. 43-5. 

i8. E : tant sia ioves efas; a' : tant sia ioves ni sans. — F. Pfûtz- 
ner, Ueber die Aussprache des provenzalischen A (Halle, 1 885, p. 3o), 
a tort de citer notre passage comme ex. de a plenissonans (efas) ri- 
mant avec a semissonans (vilas), etc. : infans donne énfas, énfes, 
forme attestée (voy. Appel, Chr.^, p. vni; cf. Razos, édit. Biadene, 
Studjy I, p. 364 • « d nominalia et el uocatiu singular diz hom : 
seigners. coms. vescoms, enfes. homs.,. »), mais qui n'a rien à faire 
ici où nous avons e(n)fà(n)s, cas. sujet refait sur le thème du cas 
oblique. Néanmoins, la rime est irrégulière pour une autre raison : 
efds avec -ans de -ant -rj- s (-ans avec Vn stable) n'est pas possible 
ici à la rime, tous les autres mots ayant Vn instable; on ne saurait 
invoquer les quelques exceptions très rares de ans : a(n)s, se présen- 
tant soit dans les troubadours (Bartsch, Denkmaler, p. 333, n. 179, 
10, 11; Lienig, Die Grammatik der prov, Ley s d'amors, Bveslau, 
1890,1», p. 96; cf. Erdmannsdôffer, Reimivôrterbuch- der Trob., Ber- 
lin, 1897, ^^^^' et-a/i), soit en dehors de la poésie lyrique (Suchier, 
Denkmaeler, pp. xiv et 53o, n. ; P. Meyer, Crois, alb., Intr. p. xc); 
il semble que cet efans a élé introduit dans notre chanson pour 
remplacer le mot originel, dans une région où les autres -a(n)s 
étaient prononcées ans, c'est-à-dire au sud-est, où n instable était 
prononcée ; ensuite, un copiste de la rédaction E, qui ne prononçait 
pas Vn instable, avait écrit partout as (tandis que la rédaction a' 
porte -ans). En sjmme, d'après les précédents, on ne peut attribuer à 
Elias lui-même cette irrégularité qui était évitée même par les trou- 
badours originaires du sud-est. Le ms. a' donne : tant sia ioves 
n*i(n)sa(n)s. Cet insans « déraisonnable, fou », n'est pas attesté en 
anc. provençal et manque aussi à Mistral; (dans 4î43, 2, str. IV, le 
sens contraire de sans est attesté : corn sas ho ten a faillia ; cf. 
aussi ital. « insano », « insania »; anc. fr. « insanie », « insanier », 
« insané »). — M. Thomas me dit, au reste, qu'il croit impossible le 
mot i(n)sa(n)s et qu'il vaut mieux laisser subsister efas en admettant 
que l'accent d*énfas a été transposé sur la dernière syllabe pour la 
rime. 

19. E : qui meses dos astezas; a' ; qi mezel dos e bezanz ; 
bezantz de a' devant être écarté pour la même raison que en fans, 
il ne reste que « astezas ». — R., Il, i36, II : asteza, s. f., « petite 
pique, tronçon » ; il cite ce seul exemple qu'il traduit : « Je ne sais 
baron, tant il soit jeune enfant, qui mît douze tronçons [dos* astezas^ 
et vous servit sans récompense ». Il est évident que cela est impos- 
sible comme sens et comme formation (astezà, s. f., et : ans), — 
Pfûtzner [toc. cit., p. 3o, n. i) suppose une formation sur hasta 
-j- ci anus, qui est impossible. La bonne voie a été indiquée par Levy, 
S.'W., I, p. 93, qui, après avoir cité R., II, i36, II, ajoute : « cor. 



COMMENTAIRE. I O 1 

artezas « artesische Munzen; vg-l. Du Gange artesiaiii ». L'élymo- 
logie définitive, qui m*est indiquée par M. A. Thomas, est le nom de 
la ville d'Asti, et non celui d'Arras. Elle se vérifie îiu rt*stc enïicre- 
ment au point de vue historique. Voy. Domenico Promis , Monde 
délia zecca d*Asti.,., Torino, i853, p. ii : « ... i cinad[iii...j nel 
1240, ... ottennero dall' imperatore Conrado II Timporlanle regalîa 
délia zecca... ». L'usag-e de la monnaie d'Asti est attesté, aussi bien 
pour le douzième que pour le treizième siècles, dans une [a^rande 
partie de l'Italie du Nord (voy. ibid., pp. 19-20 et hihles, p. /ja), Jl 
faut ajouter que l'on ne frappait à Asti que la petite jiKitmate, des 
fractions de la livre impériale, commune à tout le pays : grossi (trois 
pour un soldo) valant un soixantième de la livre; daimri, un quart du 
grosso; oboli, moitié du danaro (ihid., pp. 19-20). Il nVst pas indiffé- 
rent non plus de savoir que dès le treizième siècle on trouve dans les 
actes des mentions expresses : « bonorum astensium » [ihUL^ p.^^).— 
Quant au nom de cette monnaie, on sait que l'adjeclif u astigiano » 
existe à côté de « astese » et que c'est lui précisément qm est employé 
lorsque l'adjectif est pris dans le sens du substantif, p. ex. pour les 
noms tirés de la ville natale de quelques écrivains du ijuatorzième et 
du quinzième siècle (Astesanus, théologien du XlVe s.; Nicolas Aste- 
sanus ou Astesan, calligraphie du XVe s.; Astesanus Antonius, 
humaniste du XVe s.). Cf. d'ailleurs dans Promis, p. ai, une mention 
d'(( astigiani grossi ». C'est à cette forme que correspond le pro- 
vençal astezan, s. m. — Ce que nous avons dit de la petite valeur de 
la monnaie d'Asti, et peut-être aussi ce que nous savons de la mau- 
vaise opinion qui l'entourait dès le treizième siècle, s^accorde parfai- 
tement avec l'allusion de notre vers. 

27. E : esparuier es de vilas ; a' : car ben e ^irn/ih'Ji e phtns. — 
La leçon E ne 'saurait être correcte, parce que vil/fs est déjà it lo 
rime au v. 2 et que le sens ne serait pas satisfaisant. Pourtant, oa n 
quelque peine à abandonner cet esparvier, d'autant plus (|ue lu le^'on 
de a' paraît une correction facile provenant de l'addiliari a p/anSf 
qui respecte la rime, d'un synonyme, simple, sans doute pour rem- 
placer esparvier qui n'était pas clair à cette place. Feut-éire : car 
ben es esparviers plas? L'introduction de l'image d'un épervîer 
dans cette strophe ne serait point étonnante et bien dans le ton ordi- 
naire des troubadours, comme on va le voir par les exemples cilés 
plus bas. D'une })art, pour ieii no soi en vos/ ras maa et ]POur espat^ 
viers... Qui's met en vostra preizo on pourrait rappeler un exemple 
(cité par Stoessel, Die Bilder n. Vergfeiche der allprovenz. Ltjrik, 
Marburg, 1886, p. 58, n. 3o6) tiré de Folquet de M,ir.seille i-^ifi, 'A, 
str. II, vv. i3-i6 : Qu'aissi'm pograz tener co'l fols reie L'espar* 
vier fer qan tem qe si desli, Que Vestreing tant e-l pnifig iro qrie 
l*auci, Mas, paois estortz vos sai, vivre puosc be (nis. A, n* 1 8 1 ; 



102 COMMENTAIRE . 

Studjy III, p. 192; ms. O, n. 8, édit. de Lollis, p. i4; Archiv, 35, 
p. 382 N', 36, p. 928 K). D'autre part, pour esparviers plas on 
pourrait citer l'exemple de hussard, busnart, nom d'un faucon, de 
race inférieure, il est vrai, et même parfois opposé comme tel à 
l'épervier, signifiant en même temps « imbécile, niais » (voy. R., II, 
272, II; L., S,'W,, I, 175; de Lollis, Sfudj, IX, p. 168) : Qe s'ieu 
domna soanava Hom m* en tenria per busnart (264, 3, Studj, VIII, 
p* 4 2 3). L'épervier figure dans d'autres images encore. Dans 
une comparaison (la seconde signalée par Stoessel, loc, cit.), l'éper- 
vier est accusé de perdre forssa ni sen en présence du danger : Eu 
m'espert totz cum Vesparviers Qe non a ni Jorssa ni sen; Qan 
poders tCaigla'l sobrepren dit l'auteur des A uzels cassadors dans 
124, 3, str. III, w. 27-30, ms. A, n. 349, pp. 379-90; M, G,, 741-2, 
Daiîs une belle strophe, Giraut de Bornelh compare l'épervier à sa 
dame {M2, 5i, ms. A, n. 36, pp. 44-5, str. II) : ... Una nuoich somp- 
naua eu pascor Tal sompnge Qe'm fetz esbaudir : D'un esparvier 
ramaige Que s*era e mon poing pausatz; E, sim semblava domes- 
gaf^, Ane non vi tant salvatge; Mas puois fo mainiers e privatz 
E de bons gentz apreisonatz. Cf. enfin un passage obscur de Mar- 
cabru, oiîi l'épervier paraît signifier le bon choix contre le mauvais, 
représyaté par le taon : : Cuidan s'en van lo tort sentier, Siulan 
hivnn per esparvier E laisson la dreita car r au Per lo conseill 
deU garaignitz.., (293, 19, ms. A, n. 63, p. 73, et M. G., 800). 

4i ci suiv. — Ce qui reste pourrait faire penser à [Que (?) Dieus 
a mos huelhs] don vida car au[n (cf. 21) la gensor chauzida...], 
c'eal-nîiH.lire à deux vers passe-partout, mais, bien entendu, toute autre 
chose est possible. 



PIÈGES APOCRYPHES 



XIV 



Les manuscrits ; 




X (CER^) : vv. I (camiat), 3 (c^ewfvVrpûur denrPom), 7 {ben con* 
Ire toi), 10 (e nous me pot pour e n. nom p.), i3 (sojaitr.^. pciur 
si a/.), 24 (6ew contre 6e*s); voy. aussi a8 (^/V^H^r^ contre fCaufram). 
— a {EB?) : vv. 2 (rz uos pour « liet/s)^ ikz (aram pariiria poiir f/on^ 
/ert me part ri a), 23-4 {ploi^at du v. 24 î^ans le v* a3; aras^ a 3 man- 
que; 2 syll. manquent 24; fait pour éviter renjamb. synlflct.; cf* hilr., 
XL, n. i), 39 (2 syll. : am e-us maiiquenl), 4^"^ (^ -"^y^ï- * dona ïiian- 
quent), 45 (chanso cas s.), 47-8 (4 rcsp., 2 syll, niariquenl au v. 4^ 
parce que ni vos non ai avait été mis au v. 4?)» — /ï^ ^^^^ ^^^ le^^ons 
particulières aux vv. 18, 21. 



I04 COMMENTAIRE. 

y (B}a) : vv. i (pos contre mas), 9 (idem), i!\ (^aphie : us rams 
R^, uns ramz a), 22 (tôt l'autre mon pour ni t. l. m.), 35 (R^puesc, a 
poiria pour vuelh) ; composition des strophes II et III (et hésitations 
dans la suite des strophes, mais autrement dans chaque ms.) — 
R^ suit des leçons particulières : w. i, 4> 7, 12. i4, 17? 21, 23-4, 26, 
26, 33, 35, 36, 37, 38. — a suit des leçons particulières aux vv. 7, 
i3, 17, 22, 23-4, 27, 29, 3o, 37, 38. — Au v. 20 et dans la première 
tornada, le ms. R^ a la même leçon que le groupe x (et cf. M) , et 
au V. 34 il a la même leçon que le ms. C, dans les deux cas des leçons 
qu'il ne paraît pas possible d'accepter comme justes; la seule expli- 
cation possible consiste à admettre l'influence sur R^, non pas d'une 
rédaction commune y, mais seulement d'une rédaction C ; cela est 
d'ailleurs fort possible et même probable, vu les coïncidences conti- 
nuelles des sources pour R et C, qui sont attestées aussi pour la 
partie dont il s'agit ici du ms. R , qui est R^ (voy. Groeber, Die 
Liederhsammb, der Tr., § 24 et suiv. et § 96). 

£ (M). — Il est impossible de prouver que le ms. M appartient soit 
au groupe x, soit au groupe y. Les coïncidences avec le groupe x et 
contre le groupe y se trouvent aux vv. i (mas) , 7 (car de lieys,..), 
i4 (un ram pour us rams); mais les leçons des vv. i et 7 sont les 
bonnes, la coïncidence du-v. i4 peut être parfaitement accidentelle, 
de façon qu'aucune source commune intermédiaire des mss. CER 
et M n'est démontrée. Les coïncidences du ms. M avec le groupe y 
et contre le groupe x portent sur les vv. 2 (deuri'om), 5 (ren contre 
mais), i3 (si o), qui doivent être les leçons justes; sur les vv. 29 
(dautra contre dauiram) et 10, où la leçon commune R^aM \it\ii 
être la juste, et, si non, la coïncidence peut être accidentelle; au 
V. 12, où podes contre -etz est une question de graphie. Mais les 
w. 8 (e saleis resp. e saluy) et 9 (uostres contre uostr*om) indiquent 
une légère influence d'une rédaction R^ sur M. Une question se pose 
pour les vv. 19-20. Pour 19, J/ et a sont seuls à donner la leçon 
juste, indépendamment l'un de l'autre. Mais au v. 20 a continue la 
leçon juste, tandis que M se rallie à la leçon x dont R^a a subi aussi 
l'influence pour ce vers. Le motif est le même, c'est-à-dire le désir 
d'éviter l'enjambement syntactique. Et puisque les vv. 8 et 9 signa- 
lent des coïncidences entre M et R^, il paraît plausible de supposer 
que c'est par la voie d'une rédaction R^ que la leçon du v. 20 a péné- 
tré dans le ms. M, d'autant plus que la partie R^ du ms. R appartient 
précisément au nombre restreint des mss. dont les rapports avec M 
sont attestés (cf. Grôber, toc. cit., pp. 52o et 621). M forge des 
leçons particulières aux w. 19, 26, 32, 33, 39- 4p. 

Pour les rapports des mss. au point de vue des attributions, voy. 
Introd., p. xxxv et suiv. 



k.-. 



COMMENTAIRE. Io5 

La forme. — Chanson de 5 coblas unissonans de 8 vers, donl les 
6 premiers ont 8 syllabes, les 2 derniers 10 ; 

8a 8ô 86 8a 8c 8c lod lod 
voy. Maus, p. 116-7. 

Date et localisation. — Rien ne permet ni dp, dater, ni de locali- 
ser cette chanson. 

I CER2 camiat ai de far chanso, R3 roman à d. f vh., a 
comgnhat a. d. f ch., M poinhat a. d. f eh. — ijuaut h \i\ ït^^on 
CERy portant camjar, canjar, on serait tenté de croire qu'elle peut 
représenter quelque chose d'analogue à la construction <\ chang-er 
(intr.) de couleur, de style » et avec un sens iLératlT, «jnclque ehosc 
comme « faire des chansons variées et à mîiiuLesj reprises ]> ; mais 
une pareille construction n'étant pas attestée, il n*y a pas lieu de 
tenir à la leçon CER. — La leçon just?, est comiaf, qui ne si^nitlii 
pas exclusivement « congé », mais encore « pf.M'uusi^iûn s) (vuy. /î-, 
II, 448, et L. S'W., I, 298). La sigoification conrfé doit avoir été 
plus générale, puisque l'autre, qui est celle de notre passage, ne se 
présente pas à l'esprit des auteurs de nos rthlarlions ( ils peuvent, 
d'ailleurs, avoir été influencés dans une cert^jiue mesure par le fait 
que le motif de se partir de chantar est très frwjucnt at» début des 
chansons). Et comme l'idée de congé ne is'ac copiait point avec le 
reste de la strophe, on lui substitua coman (ordre), ou pofihftt (aï) 
(« tâcher »), qui donnent un sens satisfaisant iwais non ongiiml, ou 
bien camiat (ai) , qui doit n'avoir pas été compi'j^i pur la rédaclion œ 
elle-même; le comgnat du ms. A peut réfiéter hi bonne leçon ^ ^i 
mgn représente mj dans un mot que la rédaction a n'a pas compris. 
Il faut ajouter que le motif littéraire consisuuil ^ pnrler de la per- 
mission (comjat) de la dame au début de lu chanson se rencontre 
souvent : Non cuidei mais ses comiat far canso M un ar m'fivi^n 
malgrat mieu far parer Lo pensamen qe-l cnr non pot eaber Tant 
m'en a dat cella cui eu mi do,.., dit Daude de Pnidn.s Jii^* i* 
(ms. A, n. 358, p. 887; ms. O, m, Atti Ac^ Lrnc.j i88tj, p. 78; 
MG 1 088-9). Ces deux exemples de comiat « permission «, tirés des 
troubadours, se joignent à trois exemples relrvési [>ar M. Levy dans 
des textes en prose. 

i4-i5 E parra us rams de feunia Qui son franc home (rcsp, 
hom'e) liai mûrir fai. R., V. 36, II, donne deux exemples de mm 
fig. qu'il traduit « brin ». P. Meyer, Flamenra^^ Voeab., p. îiStj, II : 
« rams 44^5, rameau, brin, fig., comme vains en anc. IV*, v*oir 
Mâtzner, Altfr, Lieder, p. 281 ». Ce mot exige un examen- D'abord, 
il faut écarter un des deux exemples de R.^ tiré de ua, 2, d'une 
strophe qui manque dans le ms. 5, mais qui se trouve dans / {MQ 



1 06 COMMENTAIRE . 

871, str. IV; cfr. Zenker, Peire d*Alv.y p. 149) : Tut iorn perpren 
cm creis cm nais Uns rams de iois plens de dousor Que m*a partit 
d'irs e de plor; R. écrit ioi et traduit « un brin de joie plein de dou- 
ceur », mais celte interprétation est évidemment inférieure à la signi- 
fication propre : « un rameau de joies pleines de douceur ». — 
Parmi les exemples qui me sont connus, on rencontre d'abord {un) 
ram de,..; le second exemple de Rayn., tiré de Guiraut Riquier, 
Si' m fos sabers grazitz {M, W., i3i et suiv.) : Aiso es qi per si 
honrar (MW.-a/) fa bel vestir, O, per si gent tenir, Cale* autre 
bel arnes, Armas, selas e fres, O calque gentileza, C*ab ./. ram 
de fadeza Del portar temoros Estara vergonhos. Pus tôt er aca- 
bat . Et aiso es uzat Entre- 1 pus de las gens, Et a n*i de temens 
Neis de penre honor, Car vergonha temor Lur fa qui'ls ne destriga 
(R. traduit /. c. « avec un brin de fadaise » et III, 284, U, n. 10, 
fadeza : « avec un rameau de fatuité, il restera honteux du porter 
modeste »); Peire Cardinal 335,43 {M. (r.,978-80, s(r. V) : Qal bena- 
nansa Pot hom el'l mon aver ? Q'ieu vei bobansa venir e mal-voler, 
E qe s'enansa Per la gen deschazer E fai semblansa De razo 
mantener. Rams es de traycio Qi ab fencha (resp. aital) razo Auzi 
son compainhoï... (ici appartiennent tous les exemples français cités 
par Màtzner, P. Meyer et Godefroy, VI, 662, col. i; cfr. aussi et 
corr. Appel, Chrest.^, p. 83, n. 42^ v. 7, variantes). Or, dans tous 
ces cas {un) ram est suivi du nom de quelque vice, et, par consé- 
quent, le sens atténuant « brin de, parcelle de... » n'y convient aucu- 
nement, puisqu'il s'agit d'accentuer et non pas d'atténuer. Dans tous 
ces exemples, le sens de ram, rain est nettement péjoratif : « mau- 
vaise action, faute, manie ». De plus, ram est parfois pris absolu- 
ment {alcuna res es rams) : ainsi dans Flamenca^, p. i63 (v. 44^5 ; 
Domna, ben fon, so'm cug, us rams, se rapportent, pensons-nous, 
surtout au V. 44" • Quar de ren non t*es apagatz); dans l\^i, 45 
(couplet de Bremon contre Sordel, qui fait partie d'une série bien 
connue; impr., Archiv., 5o, 280 : Que'l rams mi près anc no fesist 
semblan S* eu pris onta ni dan qe...); dans 33o, 7, str. II (autre 
strophe de P. Bremon, MG. 567 : Ges no-m sapcha lo [rlrams 
que'm nais De'l mal que m'a laissât e près...). Dans tous ces passa- 
ges, que je ne puis examiner ici en détail, le sens paraît être soit 
« honte », soit « ennui, tristesse ». 

La même locution existe aussi en italien, et Tommaseo-Bellini 
(t. IV, p. 52, col. III, n. 4 et col. I) cite plusieurs exemples de un 
ramo di (avec un adjectif) et de un ramo (pris absolument) : 
Guardiamoci da certi santerelli ch* anno di pazzo e pi à di furbo 
un ramo ; — [Dicono celiando che] i poeli debbono avère un ramo 
di matto. — ^ 20 Sappi, Giusto, che ogni uomo ha un ramo ; — Ha 
il suo ramo (traduit « La sua mania, un principio di fissazione »); — 



COMMENTAIRE. ' IO7 

Anch' egli ne ha an ramo, — En italien, on ne trouve guère que les 
adj . pazzo, matto après cette locution, et il faut probablement les 
sous-entendre dans les phrases où nous trouvons l'emploi absolu ; le 
sens « brin » n'y serait pas impossible : « avoir en soi un peu de fou, 
d'imbécile », mais le sens nettement péjoratif y est non moins admis- 
sible et même indiqué par l'introduction de furbo dans le premier 
des exemples cités. 

On peut donc constater en somme : lo que le fr. rain de.,, y le 
pr. ram de..,, l'ital. ramo di... ne se présentent que dans des locu- 
tions péjoratives où ils prennent eux-mêmes un sens (ïéjorûLif (ti ac* 
tion mauvaise, forfait » en fr. et en pr.; « état niauvais, aberration, 
manie », surtout en ital.) ; 20 que le sens nettement péjoratif se dé- 
gage dans l'expression absolue ram pr., ramo it. (pr. a action hon- 
teuse, honte, ennui »; it. : « manie, aberration >]), Dfins ces condi- 
tions, il est difficile d'admettre le sens « brin^ [)arcelle » , soit dïins 
ces expressions elles-mêmes, soit à leur base. Le sens uriçinaire est 
plutôt « branche, sorte », lequel, employé exclusivement dans des 
combinaisons péjoratives, aboutit, au moins en j>rov. et en ital,, h im 
péjoratif absolu. (Cf. en fr. « espèce » : i» inauvaiae espèce de,., 
(chose ou personne), sens neutre, défini par l'adjectif; 1^ espèce de... 
(d'imbécile), sens péjoratif; 3» espèce... (c'est une espèce, c'est une 
personne méprisable), sens péjoratif absolu.) 

33. ER^ : no sai far mon at ni mon pro; M : n. s. /- iti. enanlz 
n. p.; A : n. s, f. m. dan n. m. p.; CR^ : no s, /. m. be n. m,pr* — 
La bonne leçon est af. Ce mot a été étudié, à peu |ïrùs en même 
temps par MM. Appel, Thomas et P. Meyer. M. Apfiel {Archiu, io4, 
a. 1900, p. 234) écrivait : « ... aptum est en prov. aussi un mot [po- 
pulaire. Ou bien at « besoin » est-il autre chose que apttim? )> 
M. Thomas dit (Mél. d'ét. fr., p. 22 : « Je \m^ dans id le latin 
aptum employé substantivement. » M. P. Meyer (tlammv^i^, p. 3 16, 
art. at) : « Ce mot, toujours construit avec aver ou avec /a r, semble 
être le même que le fr. aite, dans cet exemple cité par Gotlefroy : Jt 
n*ai aite de tel présent [Bel inconnu, v. i3o). 5> 11 en résulte donc 
que aptum employé comme subst. sing. s'est conservé dans le prov. 
at et apta comme subst. plur. dans l'a. fr. aiie. — Quant au i^ens, 
Rayn., L. R., II, i4o, traduit par « besoin, pioHt, avanïnge ^ï. et, 
dans ces deux exemples : « avantage » pour notre passage, a. profit a 
pour un fan lor atz, et il a deux exemples de alciuia res a ai rid 
alcu dans le sens « être nécessaire ». M. P. Meyer traduit par a ce 
qui est besoin ». M. Thomas dit : « aptus, qui sigiiîHe [)roprement 
« attaché », a au figuré le sens de « convenable », ce qui est Tidée 
même qui est à la base du provençal at ». M. Appel [Arcltiv, L c.) 
remarque que le sens « besoin » ne serait que dérivé, souliijjnc le fait 
que, dans notre endroit, at varie avec be et cite^ d'après M, Cfiab^t^^ 



io8 



COMMENTAIRE. 



neau, un exemple (dans Garin le Brun, Ensenhamen, v. 34o) d'une 
expression adverbiale a non-at, « au moment inopportun, d'une façon 
qui ne convient pas ». — A far at et aver at, il faut ajouter encore 
es atz ad alcu que je trouve dans Doctrinal, Suchier, Denkmae/er, 
p. 254, vv. 876-40 : Car mans homes i a, a cui fora grans aiz 
C'una vêts; cada dia lur fos ditz e comtatz Que ad els et a mi per» 
don nostres pecatz Tro que cascus si fos en la fes afermatz. 

42. — Cette tornada se trouve dans les mss. ER^, /?*, et elle ne 
compte que trois vers (voy. au classement) sans notre v. t\2. La se- 
conde tornada se trouve dans CER^, a, et pour le v. 4^ le ms. a 
porte notre v. 46, tandis que les mss. CER^{x) donnent autre chose 
pour les vv. 45-6 ; une confusion entre les deux tornadas dans x et 
une transposition du v. 42 {x 46) dans la seconde tornada paraît 
probable. 

45-8. — La tornada a est visiblement préférable; qeir pour qer, 
qier n'est pas improbable. 



XV 



Le manuscrit. — Dans a seul. 

La forme et le genre. — Coblas singulars, à deux rimes croisées 
(a fém., b masc.) chacune, de neuf vers décasyllabiques chacune : 

loa' 106 loa' 106 loa' 106 loa' 106 loa' » 

Parmi les pièces peu nombreuses de la même facture (Maus, p. io3, 
n. 212) — et ce sont, sauf les trois coblas isolées, de Blacasset 
96, 10, de Berlran Carbonel 80, 5o, et de Raimbaut d'Eyras 898, i, 
des tensons — deux : i5, i, = 892, i, et i3, i, = 436, 2, sont cons- 
truites en coblas doblas, ce qui est très naturel pour les tensons; 
dans l'échange de coblas de Nicolet et d'Uc de Saint-Cire 3 10, 8, 
= 457, 36, — car ces deux coblas se tiennent, — la formule est 
gardée dans la réponse, mais les rimes sont, comme dans notre 
pièce, changées. 

Tenson par le genre, notre pièce est partimen par espèce, c'est- 
à-dire « le troubadour qui propose la question à débattre laisse à son 
adversaire le choix entre deux solutions et prend pour lui celle des 
deux qui reste libre » (P. Meyer, Les dern. troub., dans Bibl. Ec. 
ch,, 1869, p. 474? Jeanroy, La tenson prov., dans Ann. du Midi, II, 
pp. 286-8, où on trouvera la bibliographie du sujet). Le dilemme 
d'Elias : trois femmes ou une assiette d'eraga, trouve son commen- 
taire dans le fait que Veruga est un aphrodisiaque (cf. note, v. 3). 



COMMENTAIRE. lOQ 

Par là, notre partimen se rattache à ce type de dilemmes où Tiin 
des partenaires cherche à aiguiser le problème, en ne laissant u sou 
adversaire que le choix de deux objets dont Tun paraît preciscmunl 
utile ou nécessaire à l'autre (cf. les vv. i5, 25, 3o-3i et 26). D'ordi- 
naire, cette opposition entre les deux objets n'existe pas naturt^Ue- 
ment, et on ne réussit à la créer qu'en introduisant deux idées op[ïo- 
sées dans le même membre du dilemme et et soulignant ro[>poaîlion 
par l'autre membre, c'est-à-dire à l'aide de quatre idées dans le 
dilemme. Ainsi, par ex. (dans Selbach, Streitgedicht, % 64, u^ i4^j 
pp. 73-5), le choix est offert entre un bon vêtement en plein hiver ou 
une belle dame en été, ou bien {Studj, VIII, p. 473) entre : ft Una 
bella capa blava Que plue j a no- us fezes regart », d'une part, et 
« O qe fossetz colgat al crest Totz sols ab la mailler d*En CaihI ». 

— Le caractère grivois de ce partimen se retrouve dans beiiucoup 
d'autres. M. Selbach (loc. cit,, p. 73, n. i45) a voulu voir dans ces 
pièces non seulement « l'expression juste de Vars amandi dea trou- 
badours », mais encore une preuve de « la révoltante immoralité de 
cette époque corrompue »; à quoi M. Jeanroy (loc. cit. .y p. 3oty n. 1) 
répond que « c'est attacher beaucoup d'importance à quelques inot- 
fensives plaisanteries ». 

Date et localisation. — Pour ces interlocuteurs, voy. lotr., 
p. XXXVII et suiv. La date qui résulterait de la mention de ISlncaU 

— (et qui s'accorderait avec l'hypothèse que les deux interloculeurs 
sont Jaufre Reforsat et Elias de Barjols) — est i2i5-i23o. Je n'en- 
treprends pas une identification des dames (v. 5), parce que i t» il est 
a priori, vu l'allure de la pièce, possible et même probable qu'il ne 
s'agit pas de personnages réels ; 20 parce qu'aucune identification ne 
serait, même approximativement, sûre. 

(M. de Lollis dans ses Proposte di correzioni ed osservazionî ai 
testi provenzali del nianoscrilto Campori, dans Stadj, IX, noie 
pour cette pièce, p. 167 : v. i, Jaufrezet; V. 4> « Manca una sillabo. 
Suppl. e tra abelis e a?; v. i4, cf. ci-dessous.) 

3. eruga, « roquette ». Voy. d'Orbigny, Dict. d*hist. nat.j l, V, 
p. 645, col. i; H. Bâillon, Dict. de botanique, t. I, p. 55oj col. t; 
Dict. encyclop. des sciences médic, \\l^ sér., t. V, p. 198, sous 
« roquette ». Il résulte de ces articles que cette plante croît sponta- 
nément dans le midi de la France, en EsjDagne, en Suisse et en 
Autriche, qu'elle passe pour un « aphrodisiaque » et que celle der- 
nière opinion se trouve déjà chez les anciens (voy., par ex., Diosctf- 
ride, édit. Curtius-Sprengel , Lipsiae, 1829, t. 1, p. 282, lib. Il, 
cap. GLxix (170). La poésie latine, avant la provençale, avail fait 
allusion à cette propriété : voy. Columelle, Libri de re rustica, 1. X, 
vv. 108-9, ^^ Martial, Epigram., lib. III, no 75, vv. 3-4. 



1 1 COMMENTAIRE . 

i5. De Lollis, loc. cit, : « Il senso è : « ne esse a me »; ma la 
misura del verso non comporta un ni elas dove Fiato sarebbe inevi- 
tabile (cf. Pleines, Hiat iind Elision im Provenzalischen, p. 67); ne 
mi par probabile un ca?o d'elisione : n*elas; 1. ni *las e cf. Bernart 
Marti, presso Appel, Prov, Ined, aus Par, Hss., p. 3o, v. 28 : 
ni 'striboi ». — Les deux exemples ne sont pas identiques parce que 
Ve prothétique avant s cons. est supprimée très fréquemment (voy. 
P. Meyer, Guillaume de la Barre, p. lxi). — Je ne sais pas s*il est 
indispensable de corrifçer le manuscrit. Il est d'ailleurs plus probable 
que le ms. a a écrit ne pour ni, comme au v. 9 se pour si, et que 
Ton pourrait lire : ne las, vu que la forme las à côté d^elas n'est 
point surprenante. 

26. ab qe n'est pas ici conjonction, mais signifie « avec laquelle », 
et introduit, comme cela est possible en provençal, l'optatif dans une 
proposition relative. 



GLOSSAIRE 



GLOSSAIRE* 



a, ad (XV, IS), préposition; mar- 
quant le datif, VII, 43; XV, 
18, etc.; — la direction, III, 
21 (torn a pesansa), XIII, 33 ; 

— le temps y V, 40 (à la fin)? 
V. plutôt .'T^Sivy&na... et alors: — 
la manière : d'après ; — le lieu, 
VII, 41 {var. en) ; — avec l'in- 
finitif : pour, I, 11; VIII, 16, 
48. — Cf. V, 12, ab [corr. a) fin 
ioy avenir. 

at interj., IV, 33, marquant ici 
la joie (Vespoir), mais cf. sur 
son sens facultatif Stimming, 
B. d. B.*, i). 229, n. I,i,pour ai. 

ab, préposition; marquant la 
compagnie : XV, 26, 38, avec ; 
X, 32, plus; X, 29, avec, chez 
et pareillement, VII, 5, 32. 
Biogr, v. 6; II, 20, 39, aver ab 
se pléonastique, cf. note ; — 
l'instrument^ II, 12, par ; — la 
manière, III, 10, am ab liai 
cor : loyalement; — la qualité, 
IV, 38, es ab mays de be = de. 

— V, 12, ab fin ion avenir, cf. 
a, ad. 

abelhir, v. intr. plaire, XI, 31; 
abelhir, inf., XV, 4, 3 sg. conj. 
praet. (si* us) abelis. 

acompaignar se, v. rfl. con alcu. 
Biogr. v. 4, se faire accompa- 
gner de qu'un; 3 sg. ind. pf. 
acompaignet. 



acordar, v. tr. accorder; VIII, 17, 
acordatz, 2 pi. imL praes. con- 
sentir, avou<?r. 

acorrer, v. intr. acourir; XJl, 13, 
acor (1' dat.j, 3 sg. ind. pr. 
prêter secours. 

ades, adv., VII, 47; VIII, 48; 
X, 48, toujours. 

adoncx, adv., VI, 39, tempor.^ 
alors. 

adreit, adj., XTII, 40, aJroit, 
charmant. 

aduire, v. tr., XV, 1, mhiga.S ^g. 
conj. (opt.) praes, amener. 

afan, s. m., VI, fl (traire afan), 
IX, 37, soufri'ance, douleur. 

agensar, v. ififr.^ VII, 4U, 44, 
agensa, 3 sg. ind, p m ejf* plaire, 
être cher. 

aicel, aysselli, pron^ dém. tel ; 
com... aysseJh suy ieu, V/^7 

aici, adv. ici. Biogr. v. 11* 

aire, s.; de bon' Aire^ VI, 45 de 
bonne nature {cfr. P. Meyer^ 
Flamenca'. Vocah. 309 sur le 
genre facultatif, fém. owm asc. ^ 
de ce subsi. et dans cette loca- 
tion; se disait aussi de mal j') 



1. Les graphies ch. et qu. sont classées avec c; de même gu{a) av«c g. 



ii4 



GLOSSAIRE. 



tare, p. ex. Peire Cardenal 335, 
2, V. 4 : .. Tais desleials. fêl- 
ions, e de mal aire). 

aissi, adv. ainsi; — indiquant 
une idée précédente, II, 5; IV, 
13,31; — ... c^ue, XIII, 13; — 
... com, III, lo; — concluant, 
XIII, 25, ainsi, donc. 

aisso, pron. dém. n. cela, VIII, 
35; XII, ^'Z\ XIV, 12, 39. 

aital, adj. pron. tel -lie; — indi- 
quant une idée précédente, I, 
33; VII, 47; VII1^37; XIII, 29; 
. — ... cora, I, 12 [où a. renforce 
tal qui précède), VII, 33. 

aitan, adj. pron. tant, autant; 
indiquant une idée précé- 
dente,Yl,27; VII. 16; XII, 24; 
d'aitan... que, X, 37 tant... que 
(où de pourrait être regardé 
comme pléonastique , mais 
d'aitan... que parait avoir été 
une locution constante , et 
d* autre part cf. Suchier, Denk- 
mâler, ». 96, v. 5i5, d'aqui, et 

V. 320 d aysso, où, note p. 517, 
de parait être superflu et où 
M. Suchier voit un de propre 
aux locutions adverbiales) ; 

VI, 27, cf. poderos et note. 

aiudar, v. tr. aider, VII, 33, aiut, 
3 sg. conj. praes. (si Dieiis vos 
aiut : que Dieu vous aide ainsi... 
cf. note.) 

albir, s. m., pensée, désir, VIII, 
22 (albir ves aie. r.). 

albirar, v. intr. penser; IV, 4, 
albira 3 sg. ind. pr. croire, 
imaginer, deviner; XIV, 34 
m'albir. et XV, 25 so m'albire 
i sg. ind. pr. ; VI, 36, us albi- 
ran (anassetz, qui les sépare) 
gérond, cf. anar. 

alegransa, s. f. gaieté, joie, IV, 
10; X, 30. 

alhors, adv. ailleurs, XI, 10 {dési- 
gnant peut-être, malgré l'apos- 
trophe à l'amour, une per- 
sonne comme dans L. S.-W., /, 
et souvent). 



als, pron. neutr. indécl. autre 
chose; XIV, 20, nom.; VII, 15, 
24; VIII, 7, obi. 

amador, s. m. celui qui aime, 
amant, V, 15, amaire nom. 

amar. v. tr. aimer; inf., V, 21,; 
XI, 20; XII, 2; XIV. 43; am 
1 sg. ind. pr., II. 47; III, 9, 16, 
19; IV. 12, 34; VI. 34, 37; VII, 
35; VIII, 19; XIV. 2, 18, 37, 
39; am 1 sa. conj. pr., IV, 20; 
V.29; VI, 20; ametz,^|)Z. con;. 
pr., I, 38; am(a), 3 sg. ind. pr., 

VI, 48 ; amarai i sg. fut. V, 19 ; 

XIV, 39; amar l'ay fut. dis- 
jot9it. V, 20; amet, 3 sg. ind. 
pf., IX, 29; amar, subst. ben- 
aiuar, VI, 14; — mais amar, 

XV, 28, mais am... q'eu no fera 
si... = préférer. 

amdos, adj. num. deux, I, 39, 
âmbeduy nom. 

amia, s. f., III. 30, 41; XI, 32 ; 

XIV, 6, 17. amante. 

amie. s. m.; XI, 26; XIII, 35; 

XV, 19, 41, ami; I, 10; 111,81; 

VII, 2:^, amant; amies corals, 
VII, 38, amant ou ami. 



inor, s. f. amour: I, 5; III, 7, 
14; V, 8 ( * ' * '^ 



aiuor, 
14; V, Ô (a. falsâ), 11, 15, 53; 
IX, 43;X. 2, 11.19, 26, 83; XI, 
22; Xtl, 9; XIV, 26. 38. 40; 
XV, 39; vocat. {apostrophes à 
l'amour), II, 16. 29; V, 17 
(amor corr. amors) ; VII, 1, 10 ; 
IX, 33; XI, 2, 14, 25, 33; XIII. 
1, 9, 17, 25; non personnifié, 
1.5; III, 7, 14; V. 53; IX, 43; 
XIV, 38; XIV, 40 (?); XV, 39. 

amoros, adj., V, 46; VI, 3; VIII, 
3. excitant l'amour; I, 34. id., 
ou bien plein d'amour. 

anar, v. intr. aller; anas 2 pi. 
impérat., XV, 34; 3 pi. ind. 
pf. aneron, Biogr. v. 5, aller, 
marcher, par (Proensa), rôder 
par : an i sg. conj. pr., V, 43. 
aller, s'éloigner; — s'en anar : 
vai t'en 2 sa. impérat., XIV, 
41, aller, s'éloigner; — cons- 
truit avec le gérondif ('m) vam 



h... 



ÛLOSSAIfiË. 



(chanjan) i sg. ind. pr., VI, 17, 
(•us) anassetz (albiran) 2 pi. 
c(yf\j,praet,,Yl, 36 (v. P. Meyer, 
Guillaume de la Barre, éd.f 
p. LXV, où il est rftmarqué 
que le v, anar n'est pas sim- 
plement un auxiliaire dans 
cette périphrase, mais a sa 
raison d'être : il y a une 
nuance entre van despleguan 
et le prés, desplegnan, parce 
que « le mouvement que com- 
porte l'action décrite est plus 
fortement marqué par la péri- 
phase ils vont déployant » ; on 
peut appliquer cette observa- 
tion, en tous cas, pour VI, 17, 
no m vir e no -m vau chanjan : 
« et je ne m'en vais pas en me 
changeant », de sorte que m 
chanje 9ie sera pas équivalent; 
mais pour VI, 86, une image 
anar albiran, lorsque le poète 
ne parle pas de lui-m,ême, pa- 
raîtrait trop forte) ; — périph. : 
s'en anar far aie. re. Biogr. 
V. 12 : s'en anet (5 sg ind. pf.) 
rendre al hospital {un seul 
pron. rfl.). — {^Intéressant 
est negus ioglars non vai : 
« ne va, ne voyage [cf. p. ex. 
Uc de la Bacalaria. Biogr. 

f). 251 : Ioglars fo de pauca va- 
or e pauc anet e pauc fo cono- 
gutz), ne se trouve, n'existe », 
cité ds. la n. X, 7.] 

anc, av. un jour, mais construit 
toujours négativement = ja- 
mais; constr. interr. avec le 
sens nég., ^i... anc mais, XV, 22, 
qui... jamais; constr. nég. anc 
no. VII. 3; VIII, 17; anc... no, 
VII, 39,; X, 31 (anc ren mas... 
no) ; XI, 25; anc jorn no, X, 25 ; 
XII, 16; anc pueis no, VI, 5, 
jamais depuis. — Construit 
dans son sens positif avec si, 
forme une conj. concessive : 
si... anc, XII, 21, si toujours 
(comme si tôt), quoique. 

ancse, adv. toujours, II, 21. 

ans, adv. plutôt, IV. 11 ; VIII, 43 
(anz); IX, 6. 15; XII, 47; ans- 
que, av. conj., IX, 36, conj. 
avant que. 



aparer, v. intr. apparaître, inf. 
(par) aparer, V, 4. 

apensatz, adj. préoccupé, attristé, 
VIII. 33. 

aqest, »row. démonstr. celui-ci, 
XV, â, ohl. pi. aqetz. 

ara, adv. à présent, V, 17; XV. 9 ; 
aras, XIV, 23; ar, V, 29; XI II, 
12 {dev. cons.), XV, 18. 

ardimen, s. m. hardiesse, VII. 11, 

assatz, adv., I, 39, ajouté à un 
V. avec le sens afflrmnfif : 
u. bien » ; II. 7, le même se^iS ; 
assatz es...? ou bien assalz... 
mais : beaucoup plus. 

astezan, s. m., XIII, 19 (u. note] : 
monnaie de la ville d'Asti. 

astruc, adj., R. Il, p. 138. « lieu- 
reux, bien influencé par îes au- 
tres»; P. Meyer, Flamnienca', 
Foc, p. 316, « qui est né sous 
une heureuse étoile, qui a de la 
chance » ; — XV, 7 (qui porte 
bonheur), avantageux. 

at, s. m., XIV, 33, ce qui con- 
vient, V. note. 

atalentar, v. intr. plaire. 111. 7 
{l\ dat.), atalentaà*^. i?i<i. pr. 

atendre, v. tr. attendre, JIJ, 25, 
aten 3 sg. ind. pr. attfjndre, 
espérer; aten, id., alcuna res 
aten alcu de..., IX, 16, qu. cli, a, 
qu'un pour... (sans recourir d 
atenh cî'atenher). 

atraire, v. tr. attirer, IV, 26 
atraire, inf.; XIV, 40, aLrai 
3 sg. ind. pr. ; — rfl. se diriger, 
s'attacher, X. 35, m'atray, î sg. 
ind. pr.; (VI, 7, pourrait être 
lu autr' atraire.) 

atressi, adv. de même, égâlem^^nt» 
XII, 9, var : autressi. 

aucire, v. tr. tuer, tnf. au pire, 
IX, 35; ausir, XII, 26; rfl. au- 
zir, V, 13; 5 sa. ind. pt\ auci, 
II, 17; ausi, IV, 11; 3 sg, cofij. 




ii6 



GLOSSAIRE. 



pr. aucia, II, 4; — toujours, 
sauf IX, 35, sens fig., hyper- 
bolique. 

ausar, v. tr. oser, i sg. ind. pr. 
aus, II, 42; m, 18; V. 45; VI, 
8.23; VII, 8, 21; VIII. 6, 27; 
3 sg. conj. pr. aus, I, 8; i sg. 
fut. auzarai, IV, 32. 

aut, adv. haut, V, 34; VII, 11. 

autre, -a, autre, a«^/.,XI, 40; XII, 
44; XIV, 31, 43; XV, 24; Biogr, 

V. 4; subst., VI, 7; XIV, 10; 
subst. neutr., XV, 29 

auzir, v. tr.; i sg. ind. pr. aug, 

VI, 47; XII. 42, av. inf. entea- 
dre; — inf. auzir, V, 2; part. 

fraet. f. auzida (er), XIII. 38, 
coûter. 

avar, adj. avare, X, 29. 

avenir, v. intr. arriver, V, 12, 
inf. [v. ab, a); impers. 3 sg. 
ind. pr. ra'ave a, ao. inf., VI, 
32, il m'arrive. 

aventure, s. f. fortune, chance, 
IX, 1 ; bon' aventura, fréquent 
et employé sa?is doute en anc. 
pr. aussi comme formule de 
salutation; cf. Mistral, I, 191, 
col. 3, « bono aventuro I soyez 
heureux r> ( — tout autre sens 
en Vanc. fr. dire bonne adven- 
ture, V. Godefr. , Compl. I, 
p. 253 = it. dare la bonna Ven- 
tura, qui signifient une bonne 
prédiction). 

aver, o. tr. avoir, posséder, et 



aux.; inf. aver, I, 26; II, 7; 
XV, 3, 12, etc.; i sg. ind. pr. 
ai. II, 37; VI, 45; IX, 7, 30; 
XIV, 43, 44, etc.; 3 sg. ind. pr. 
a, II, 13; IV, 14, etc.\ ha. Il, 
44; VI, 46; -? pi. ind.pr. avetz. 
II, 6. etc. ; 3 pi. ind. pr. an, II, 
49; IX, 3; XIII. 14, etc.; aun, 
XIII, 21 (26); i sg. conj. pr. 
aya, II, 20; 2 pi. conj.pr. aiatz, 

I, 16; i sg. ind. impf. avia, 

II, 31; 2 pi. ind. impf. aviatz, 

XI, 4; i sg. ind. pf. aie, VII. 
5; ayc, X, 32; aigui, XI, 21; 
3 sg. ind. pf. ai, II, 33, 35; 

XII, 16, etc.; i sg. conj.praet. 
agues, III, 31; XV, 29; 2 pi. 
conj. praet. accetz, f sync. Il, 
17; i sg. fut. aurai, XIV, 8, 
44, etc.; 2 pi. fut. auretz, I, 
33, aures, XV, 25; 3 pi. fut. 
auran, 1, 15; i sg. cond. praet. 
auria, V, 49; 3 sg. cond. praet. 
auria. II, 15, 23; IX, 20; 2 pi. 
co7id. praet. auriatz, VII, 9 ; — 
aver en se, VI, 5, 41; aver, ab 
se, II, 20, 39, V. note. 

avinen, adj. avenant, gracieux; 
masc. VII. 18; VIII, 3; fém. 
avinen(s}, VI, 18; VIII, 10; IX, 
4; avinenta, III; •— adv. II, 7. 

azir. s. m. haine, disgrâce, VIII. 
39; XII, 35, mètre en azir {var. 
air). 

azirar, v tr. haïr; i sg. ind. pr. 
azir, XI, 23; 3 sg. conj. pr. 
azire, VIII, 40; opt. : ia Dieus 
tan no in'azire, XV, 27; rfl. 
s'azirar, 3 sg. conj. pr. s'azire, 
IX, 26, se mettre en colère. 



baisar, v. tr. baiser; i sg. ind. 
pr. bays, XIV. 35. 

baissar, v. tr. baisser; inf. 
('8 lays) baissar. II, 48. 

balansa, s. f. III, 26, hésitation, 
incertitude (estar en b.). 

baro, s. m. baron, XIII, 17. 



bas, adv, bas, V, 35. 

bastimen, s. m. bâtiment, V, 36 
pi. fortifications. 

bausia, s. f. tromperie; ses (senes 
senz) bausia, lïl, 9; XIV, 37, 
42, -zia, sans tromperie. 

bel(h) -elha; ella, adj. I. 3, cors 



._..^>.\_l 



GLOSSAIRE. 



belhs e bos, 21, 85; II, 8; III, 
5, 17; VII, 18, 19, 31; VIII, 3; 
IX, 40; XIII, 44; XV, 6; Biogr. 

V. 10; -1 belha(-ella), IV, 1; V, 
1 ; X, 38; XI, 18; superl. la be- 
laire, XII, 43; — senhal Belhs- 
Gazanhs, 1, 1. 

ben, adv. bien, VI, 12; XV,|8, 19; 
renforçant l'affirmation du 
verbe, I, 37; II, 37; III, 49; 

VI, 4. 15; V, 3,26; VI, 1; VII, 
1; VIII, 17, 21; IX, 15, 44; X, 
17,35; XII, 1; XIV, 24; XV, 9; 

— ben fait, I, 35, bien fait, 
gentil; — ben-amar, s. m. bon 
amour; — si be, t?. si. 

ben, s. m.; ce qui est bon mora- 
lement, XII. 40; XIV, 5; III, 
38; IV, 39; VI, 44, bonne qua- 
lité, sg. et pl.f ce qui est bon 
mor. ou bien ce qui est favora- 
ble, avantageux, VIII, 47; XII. 
4, dire tan de (gran) be de...; 
avantage, bonheur, sg. et pi. 
II, 12; VI, 24; IX, 7; X. 2,9, 
19, 36; XI, 33, 37; XII, 15, 22. 

benanansa, s. f. bonheur, X, 39. 

benestan, a(^. convenable, excel- 
lent, I, 16. 

benfag, s. m. bienfait, II, 10. 

ben-fait {adj. ?), I, 35, v. ben. 

benvolensa, s. f. bienveillance, af- 
fection. VII, 13. 

beutat. s. f. beauté, VII, 30 ; IX, 
14; pi. VIII, 1, trait de beauté. 

blasme, s. m. blâme, désavantage, 
IX. 16. 

boca, s. f. bouche, XIV, 36. 

bon -ona, adJ. bon (moralement), 
II. 14, 44; V. 28. (37), 38. 40 î 
VI, 11; XII, 1; XIV, 9; et IX, 
11, de bon cor; Xll, 24, bona 
fe; VI, 13, per bona fe; XIV, 
41, bona merce; — propre, apte, 
excellent, I, 13; (V, 37); VI, 9, 
30; II, 49; X, 40, bon pretz; — 
I, 3, cors belhs e bos, v. note; 

— avantageux, heureux, II, 14, 
bona vida; XI, 1, bon' aven- 



tura;— -fî^r.v. 11, fetz tielei s sas 
cansos, bellas e bonaa, et XIV. 
4, bos motz ni guai so : ?; fe ^ens 
de bon, dans les cas analo- 
gues, peut être « bien fait it, 
mais aussi « favorable, bien- 
veillant, qui contient des louan- 
ges », par antithèse à mal, 
* défavorable, malveillant, qui 
contient des attaques n, cômm€ 
dans les Vidas et les Rrzoîi 
« bonas canzos, bons sirv ren- 
tes, etc. T^eta malas canzos, Hc. * 
arrive le plus frégunmmefit 
dans le premier Sf/ts, mais 
aussi dans l'autre (v. p. e;c. 
Bgr. de Gui d'Uisset, Chah,, 
p. 247 ; « E tu g quatre si (*ron 
trobador ; en Gui si trobava bo- 
nas cansos, en Elias honan ten- 
sos, en Ebles las mala» ten:JOs 
[sur des mauvais sujets'!), en 
Peire descantava tôt quaiil ill 
trobavan » ; Jigr. de G. Foidit, 
razo II. Chab. p. 245 ,' ■ E car 
l'avia colgat en son lieg fo n© 
plus dolens . Don felz , per 
aquesta razo, una mala canao 
que ditz... » (167, 52); Gui 
d'Uissel, razo I. P,, Chah., 
p. 248 : « ... la domna... tîet 
comjat a Gui d'Ussel... Don 
Gui d'Usel fetz la mala chan- 
son, pois que ac fâcha la ten- 
son. È la mala chansoH que ÏHz 
pois ditz : Si bem parii'tz, mala 
domna, de vos » (194h ^% et la 
razo ///. P. ajoute : Pois que 
Gui d'Usel ac fâcha la rriala 
chanson... en laquai el blaa- 
met'so que avia laiisnt, en 
Peire d'Usel. . fetz aqnesta co- 
bla... : Fraireen Gui.be^m platz 
vostra cansos Que diapt^ mol 
lei que lausetz antan (3ijl, 1) ; 
cf. aussi Bgr. Peire dû Biis&i- 
gnac, Chab, p. 241 : « Trobaire 
fo de bons {à une bomte ten- 
dance ?) sirventes de reprendre 
las domnas que fazian nui]^,, ^ ; 
on hésitera nécessHirftnent 
sur le sens dans les etidroits 
comme : Arn. Maruelh, rasco, 
Chab. p. 220 : E '1 reis fo ne 
fort gilos e dolens quait vit las 
semblans amoros qu'ela fiîzia 
ad Arnaut et auzi las bonaa 
cansos qu'el fazia d'ela... u : 
Pons de Capd., Chab. p, 627 ; 



i8 



GLOSSAIRE. 



« Mont l'amava e lauzava e fetz 
de lieis mantas bonas cansos », 
ou bien Uc. de S. -Cire, razo I, 
Chab. p. 259 ; « E n' Uc fetz 
mantas bouas cansos d'ella, 
pregan leis e lauzan sa valor e 
sa beutat») ; dans nos endroits, 
bellas e bonas de la Bgr. peut 
n'être que la locution bel e bo, 
comme /, 3, note, mais il peut 
s'agir aussi de deux idées dif- 



férentes : bêlas = « faites bien », 
bonas =^ « contenant des louan- 
ges », tandis que bos motz de 
XIV, 4, ne saurait avoir été 
compris que a fait bien » , 
comme p. ex. B. de Ventad., 
Bgr. If, N«, Chab. p. 219 : 
« avia sotilessa et art de trobar 
bos motz e gais sons »; — sa- 
ber bo, XIII, I, v. saber; — 
subst. m., y, 11; esperar bon. 



cabal, adj. VII, 23, juste, loyal ; 
ce sens qui a été indiqué par 
M. Chabaneau dans 3 ex. 
(Noulet'Chabaneau. Deux mss. 
pr. du XIV* siècle) et que 
L. S.-W. n'enregistre qu'avec 
réserve, est confirmé par no- 
tre passage. Il se trouve, d'ail- 
leurs, encore plus souvent; 
V. G. Faidit-Raimbaut, 167,65- 
388,4, Suchier, Denkmaeler, 
p. 332, V. 58 : E l'autre qu'es 
d'amar cabals Quar mais ual e 
mais deu valer...; c'est à cette 
signification que se rattache 
per cabal, v. les ex. L. S.-W. et 
Soltau, Z. f. r., Ph. XXIV, 37, 
n. IV, 2, avec le sens « loyale- 
ment », comme parait le suppo- 
ser aussi M. Soltau; d'autre 
part, on trouvera le même sens 
pour cabalos' v. Penitentia, 
Suchier, Denkmaeler, p. 225, 
V. 350 : Tant fo liais e francha e 
de faitz cabalos Per qu'ieu mi 
degra rendre a las suas razos 
De menar bona vida ; et Doctri- 
nal, ibid., p. 246, v. 140 : E 
que'us don ferm cosseilh entier 
e cabalos... 

cabalos, adJ., I, 10, éminent, 
excellent; — cfr., pour ce mot, 
sous cabal. 

cadaun, adj. pr. chacun, I, 15, 
quadaun (sens distributif). 

quai, pron. rel. iinterj.) quel, 
II, 2, 84; XV, 7. 

qualque, adj. pron. quiconque; 
II, 48, av. conj. 



quan -nt, conj. quand; tempor.* 
II, 27, 35; VI, 2; VIII,- 29 5 
Biogr. 9; sens condit., VIII» 
36; XII, 8. 11; ~ adv. tan... 
quant, XII, 40, autant.,, que...; 
— conj. tan quant, Biogr. t?. 10. 
tant... que {tempor. ], cf. com. 

chanson, s. f., chanson, I, 29, 
V. 2, XIII, 36; voc, XIV, 41, 
chansos, IX, 46, chanso; far 
sas cansos d'alcu, Biogr. v. 11 ; 
far chanso, XIV, 1, faire une 
chanson. 

chantador, s, [verb.) m.; V, 5, 
sing. no suy guays ni chantaire 
[cf. Bern. Arn. Sabata, 56, 1 : 
Per cil y serai, sil platz, guays 
e cantaire, Jeanroy, Poés. pr, 
inéd. p . 16, v. 4) . 

chantar, v. tr., chanter, i sg. 
ind. prés, chant, XIV, 23, 
3 sg. ind. pf. cantet, Biogr., 
V, 2; part, praet. f., cantada, 
XIII, 38; gérond., en chantans, 
V, 3 ; — 5. m., chantar, XIV, 22. 

cap, s. m., tête, chef, V, 53, flg. 

captenemen, s. m., conduite, 
XIII, a^'ypl., XIII, 7, actes. 

captener, v. tr.; rfl. 3 sg. ind. 
pr. se capte, IV, 39, X, 32, se 
conduire. 

car, adv., cher, coûteux, VII, 29, 
VIII, 1 (car comprar). 

quar, car, conj.; causât. ,11, 5, 10, 
22, 26, 39; ÏII, 2, 48; IV, 4, 25, 



GLOSSAIRE. 



1*9 



31; V. 30, 39. 47; VI, II, aS; 
VII, 6; IX, 3, 12,24,39; X, 5, 
7, 11, 28, 42; XII, 15, 29. 43; 
XIII, 23, 27, 46; XIV, 6, 30; 
XV, 8. 36; per so... quar. IV, 
12; fas erguelh... quar, IX, 24, 
fas foldat... quar, IV, 32; — 
introd. une prop. suj. ou rég. 
{cf. Stimmùig, B. d. B*, p. 229, 
n. 1, V. 2, oii il est remarqué 
que « Substantivsàtze mit 
« car » [et avec quem, cf. ibid,, 
p. 244. n. 7, 1], im Gegensntz 
zu denen mit « que ^, nie den 
ConJU7ictiv annehmen »; cf. 
Meye7^-Lîfbke,ni,l5Sb,oû l'ex- 
plication de cette confusion 
entre car et que est donnée), 
IV, 8; VI, 21, fas esfortz... 
quar, cf. esfort; XIII, 2. 

cascun, chascun, aj. pron., VI, 
48; IX, 20, quascus, XII, 6; 
XV, 6, empl. subst., chacun. 

castel, -Ih, s. m.; fort, V, 36, châ- 
teau fort; Biogr., v. 1, ville, 
village. 

castellan, s. m., I, 25. da72S le 
senhal Bels-Castellas : plutôt 
Castillan que châtelain; voy. à 
Vind. onom. 

castiar, v. tr., punir, 3 sg. ind. 
pr. castia, II, 40; j)ar^ pf. 
castiatz, If, 41. 

chauzimen, s. w?., jjrâce, pitié, V, 
50; VII, 3; IX. 40; X, 24; XIII, 

23, plur.; — aver ch. d'alcu, 
XII, 16, avoir pitié pour qu'un. 

chauzir, v. tr., choisir, inf. chau- 
zir, XI, 22; XV, 9; i sa. cond. 
preet. chauziria, I, 12; part, 
pf. f. chauzida (a^), IX, 3. 

cavallairia {var. -aria), s. f., I, 

24, 36, esprit chevaleresque. 

cavalier, s. m., chevalier, I, 16. 

chazer, v., V, 34, trans., chazer, 
inf., abaisser. 

cel, s. m., ciel ; — del cel en ios, 
VI, 19, du ciel jusqu'à là terre, 
dans tout l'univers; n'est pas 



un exemple isolé : v. AimHTic 
de Belenoi 9, i6. str. IV, MG. 
899-900 : Non sai autra <lel cel 
en ios Que'ni mandes ab lieys 
remaner; Albert(et) de Sisîe- 
ron, i6, 15^, str. IV, Sludj, 
Ylll, pp. 441-2 : Qu'ieu non al 
del cel en ios Ren tant q'ien 
auja ni veja... 

cel. selh, prow. rel., celui; pré- 
cède le pron. rel.; n. sg m.t 
selh. V, 23, XI, 7; n. pi. m., 
cil. XIII, 21; obi. pi. m., cela, 
XIII, 14; obi. sg. neut.y cel, 
XV. 11. 

cen, aj. num., cent, — per un 
cen, V, 28, cent fois plus que..., 
1?. un. 

certan, adj., sertas, XIII, 35, sûr. 

clamador, s. verb, m., celui qui 
se plaint, V, 41, no senn rla- 
maire = je ne me plaindrai 
pas {conj. périphr.). 

clamar, v. tr., crier; — c. nif^rce, 

IV. 32; VI. 8; IX, 24, p^, -es, 
cf. merce; implorer grâce \fré' 
quent aussi cridar merce, v.p. 
ex. Ap. Chr.*, n. 22, vv. 63-4, 
et Oloss., p. 273 f Cr^sctni, 
Man.\ n. 23, vv. 23, 49, et 
Gloss.f p. 470; Jutgament, 

V, 162 f Suchier Benkmaeter, 
p. 158, a Dieu volran merce cri- 
dar. V. 204, p. 163, e cridaran 
merce al rey); — Biogr. v^ 8, 
clamavan 3 sg. ind. impf., 
appeler, nommer. 

clamor, s. f,, plainte; — fur c, 
XI, 35, porter plainte. 

clugar, V.; -- tr., cl. Ios oila, XV, 
9; cluga 3 sg. ind. pr., fermer 
1rs yeux, V. L. S.-W. L J?6V, 
aH. ciucar, clugar, cugar, n, i. 

cobeytat, s. f., cupidité. Vil, 44. 

cobeitos, adj., désireux, T, 5, 
esser c. d'alcuna re. 

cocha, s. /"., II, 32, préoccupa- 
tion {v. note). 



120 



GLOSSAIRE. 



coinde, -a, adj., charmant, IV, 

17, coind(a). 

coyndia, s. f., grâce, politesse. 

colpa, s, f., faute, XI. 16, 17. 

com, cum, con (III, 19; VIII, 19, 
et var.), co, quo (VII. 22. 35, 
dev, encL; V, 18; VI, 37, dev. 
conson.); adv., comment : V, 

18, interrog. dir., III, 19; VI. 
37; VII, 21, 35-40; VIII. 19. 
interrog. indir.; IV, 33, in- 
terj ; conj., comme, comparât, 
com seul, II, 13.j:37]; V, 23; 
aissi c, III, 16; IX, 7, tais, ai- 
tals c, 1, 12; VII, 31; tempor., 
tan com, IV, 29, tant que... 
= tant., cant (c/V. Suchier, 
Denkmàler, p. 512, sur l'em- 
ploi de cant pour com et in- 
versement; cfr. tant quant, 
tant com. tempor. dans Ap., 
Chr .^^Gloss., 308, 1) ; —prépos. 
con Biogr. 4, avec. 

coman, s. m., ordre; — far son 
coman, VI, 25, exercer son au- 
torité (faire tout ce que l'on 
veutj. 

comensameâ, s. m., commence- 
ment, début, V, 37, lo bos c; 
VII. 28, al c. 

comenear. -zar, v. tr., commen- 
cer, inf. comensar, V, 39, co- 
menzar {sens : commencer = 
entreprendre). XV. 33. 3 sg. 
ind. pr. comenza, XV, 42. 

[cometre. v. tr., pour c. alcu d'al- 
cuna re. incert. dans L. S-W., 
v. n. XI, 7.] 

comjat, s. m., XIV, I, permis- 
sion. 

complir, v. tr., remplir, accom- 
plir. XVI, c. aie. re d'alcu, 
i sg. conj. praet. conplis, s'ac- 
quitter d'une tâche visant 
qu'un. 

comprar, v. tr., acheter, i sg. 
ind. pr. compri {var. : com- 
pre), VIII, 1. i sg. ind. pf. 
comprey, VIII, 1. 



comte, s. m., comte; Biogr. v. 6, 
n. 8. coms ; VI. 45, conte, Biogr. 

V, 10, comte. 

comtessa, s. f., comtesse, V, 51 ; 

VI, 41; VIII. 41, voc. ; XII, 41; 
Biogr. v. 9. 

conoisser, v. tr., connaître, se ren- 
dre compte de..., apprendre, 
i sg. ind. pr. conosc, II. 37; 

IX, 6; 2 pi. ind. pr. conoissetz, 

VII, 34, 2 pi. conj. (opt.) pr. 
conoscatz, VII, 35; i sg. ind. 
pf. conuc {var. conosc, co- 
noit), VI, 2 ; {var. conogui) 

VII, 27; — part, pr., conois- 
sen, VI, I; XV, 8, sage, sensé. 

conort, s. m., consolation, VI, 9. 

X, 10. 

conquerre, v. tr., conquérir. 3 sg. 
ind. pr. conquer. V, 10. 

consentir, v.; tr. III, 6. consenta 
3 sg. conj. pr., consentir, ac- 
corder. 

consire, s. m. (« est, en réalité, 
un substantif verbal de con- 
sirar » A. Thomas, Nouv. 
Ess.. p. 221 n. 1; cf. albire), 

VIII, 41, méditation, réflexion, 



consirar, v. intr., 1 sg. ind, pr, 
consire, VIII, 21; 3 sg. conj. 
pr., consir, VIII, 42, réfléchir. 

conten, s. m., dispute, concur- 
rence, IX, 13; trobar conten 
{cf., p. ex. : Car leu si pot enan- 
tir qui non troba conten, 
tens. Guionet-Pomairol, ^38, 
3, Suchier, Denkmàler. j). 339, 
vv. 77-8), 

contenda, s, f,, dispute, querelle, 
XV, 16. 

contra, prépos., contre, V, 49 ; — 
aver alcuna re contra alcuna 
re. II, 7, contre, en place de, 
pour, V. note, 

cor, s. m., cœur; indécl. (cf. App. 
Chr.«, p. VI II, n. 1; et Cres- 
cini, Manualetto *. p. 90, n. 2)', 



GLOSSAIRE. 



121 



coTrn. s., V, 43; IX, 11; obi.. 
II. 49; III, 10; IX. 2, IJ. :>9, 38 
(ou n. s. f, V. en); X, 22; de bon 
cor, IX, 11, de bonne volonté ; 
ainar ses cor vaire. IV, 20; VI, 
14. 

coral, adj. de cœur, cordial, VII, 
38, amies c. 

cors, s. m., cors, VI, 4 [ou comme 
les suivants?); — servant à 
la définition périphrastique 
d'une personne f I, 3; IV, 8, 
34; V, 46: VII, 18; VIII, 13; 
IX, 25; cf. note I, 1. 

cort, s. f., cour, Biogr. v. 6 ; — 
tener cort de..., VIII, 43. 

cortes, adj., courtois, noble, IX, 
25 ; V, 29, corteza fem, 

cortezia, s. /*., la manière cour- 
toise, la courtoisie, I, 25; II, 
43; 111,40. 

coven, s. m,, accord, II, 31, v. 
passar. 

covenir, v. i?itr., convenir, être 
convenable, 3 sg. ind. pr., 
cove, II, 29; IV, 30; VI, 29; 
XII, 32. 

covit, s. m., invitation, repas, 
festin ; on ne rencontre ce mot 
que dans ce sens primitif 
[V. Breviari d'amor, vv. 26228, 
26834, son emploi théologi- 
que : Recep, senhers, mon es- 
perit Per ta bontat al tieu co- 



vit) ; le sens « éclat des repas 
et des fêtes, pompe » qu'il a ici 
n'est donc que figuré. 

creire, v. tr., i sg. ind. pr, cre, 
II, 38, so c; VIII, 40; 3 sg. 
ind. pr. cre, IV, 40, ao c; 
creire alcu : 2 pi. C07ij. {ùpt.j 
pr., crezatz, I, 40, croire k quel- 
qu'un, passant dans le stms : 
suivre qu'un, obéir à qu'un \cf. 
Ap. Ghr.\ p. 231); VI, 37, cre 
i sg. ind. pr.\ XI, 24, creyria 
( de alcuna re) i sg. cônd. 
co?id. p7'aet., XII, 29, cre 3 sg. 
ind. pr., — mal crezen, IV, 4U. 

creisser, v. intr., creisser d'al- 
cuna re, 2 pi. ind. pr. creis- 
setz, X, 46, croître en.-.; fn 
creisser alcuna re, 3 sg. Ind. 
pr. creis, XII, 48, augmenter; 
X, 42, 3 sg. ind. pr. creis, ssra 
aussi plutôt tr. creisser hU:u 
d'alcuna re : élever qu'un en. 
qu'ch, co7nme p. ex. : Vos avt's 
de près cregut Proensa encrci- 
guda, dans 330, 19, A}ipplt 
Prov. Ined. , p. 226 et pour 
creisser alcu... : si no los rfeis 
e non lor ten amor dans 330, 
P, M. G., 916, et cf. 917). 

cristal, s. tn. [var. crestal), i^rls- 
tal, VII, 31. 

cuidar, v. tr., penser; XI, %), 
cugey... que, i sg. ind. pf\. 
penser, croire ; IX, 8, cug / Jtg. 
ind. pr.\ V. 8, cujon 3 pL imt 
pr., av. inf., penser, avoir l'in- 
tention. 



dan, s. m., dommage ; VI, 1, a 
mon dan : a mon malheur; 
XII, 23, faute, péché, v. note. 

dar, v. tr., donner, 3 sg. ind. pf. 
det, Biogr. v. 7; II, 25, 27; 
3 sg. conj. praet., des, IV, 6; 
part, p. dat (m'a), II, 28. 

de, prépos.; — point de départ, 
provenance : local . Biogr., 
V. l, VI, 19; X, 40; matériel. 



1.23. 24. 26; II, 8.21; HT, 30: 
V, 8; IX, 7; X, 34; XII, m\ 
— séparation, III, 12. IV, 13, 
24, 26. VI, 6, 19, XI, 36; — par- 
titif {sans que la partie soit 
indiquée), XV, 26, manjar del 
pan {cfr. Appel, Poire KoL'i<*r, 
et Chr.>, p. 2;J3>); — essor do,... 
V, 7, être du nombre de; fipr^s 
superl., IV, 40; IX, 4; Xll, 4y 
(de doublé) ; — après compur.^ 
Biogr. v. 8, IV, 34; — quatiia- 



laâ 



GLOSSAIRE. 



tif, I, 39, VI. 49, X, 43; — ob- 
jet : pensar de, X, 20, dir e re- 
traire de, XII, 42; dir de no, 

XIII, 25, V. no; membra alcu 
de..., IV, 35; cfr. poderos de...;- 
— moyen : servir alcu d'alcuna 
re, VI, 19, et proleptiqtiement 
{ou bien de de provena^ice), 
XII, 37; — avec le passif, 

XIV, 25, forsatz d'amor ; — de = 
quant, à (cf. III, 43, note) dans 
une construction verbale : 
creisser {et cr. alcu <r.) d'alcuna 
re, X, 42, 46, decebre alcu d'al- 
cuna re, VII, 28; après l'adj., 
III, 3, de plazers plazenta ; dans 
la co?2str. proleptigue des pro- 
posa, sujet et régime (vuelh 
d'alcu... que), III, 43, VI, 34, 
(XIII, 11); — de liant deux 
substantifs, XI, 13 {orig .), 
XIV, 22, etc.; v. {d')aitan. 

debatre, t?. intr., V, 7, debaten 
part.pr., se débattre, quereller. 

de-bon-aire, t?. aire. 

decazer, v.; intr., II, 38, decazer 
inf. ; IV, 21, dechaia i 9g. conj. 
pr. déchoir; — tr. (II, 38?), X. 
lljdechai 3 sg. ind. pr., abais- 
ser. 

decebre, v. tr., tromper; decebre 
alcu d'alcuna re, VII, 28, de- 
.ceubut (m'avetz), part, praet., 
tromper qu'un quant à (au su- 
jet de) qu.ch... {v. un autre ex., 
App. Ohr.«, 107, vv. 21-2, et cf, 
Gloss., p. 234), 

défendre, V., défendre; <r., défen- 
dre alcu (de ou en alcuna re?), 

IX, 41, defen 3 sg. ind. pr., 
retenir, éloigner qu'un (de 
qu.ch) ; r/7., XV, 14, m defenda 
1 sg. conj, pr., se défendre. 

definar, v. intr., trépasser; 5^^. 
ind. pf. definet, Biogr. v. 13. 

deissendre, v, intr., descendre, 

X, 40, 3 sg. ind. pr. deissen. 

delir, v. tr., défaire, détruire, V, 
83, delir inf. 

demandar, v. tr., demander, exi- 



ger, V, 21, demandon 3 pi. ind. 
pr. 

deme, s. m., dîme [var.. deume, 
R. m, 31, II, n. 14 : i ex., 
cf. un autre da7is. Gesta Kar. 
Mag. ad Carc. e Narb. , éd. 
F. Ed. Schneegans , Halle , 
1893, p. 41, V. 507, et Gloss., 
p. 254). 

denhar, v. tr ; av. inf., daigner, 
vouloir bien (v. L. S.-W., II, 
88;, V. 2; denh(a) 3 sg. ind. 
pr.', [XI, 20, degnes, 3 sg. conj. 
praet. {mss. : degues)]. 

des-, V. dez-. 

[desanar, r/f., III, 12, var., p. 
m'estrai, v. n.]. 

descort, s. m.. <i désaccord », des- 
cort, genre poétique, III, 4, d. 
gai. 

desfaire, v. tr., défaire, détruire, 
supprimer, III, 14, desfai 1 sg. 
ind. pr.,; — s. m., deefaire, 
XII, 6, ruine. 

dessirven. adj., qui ne se soumet 
pas, XIII, 16, Is d. 

dessovenir, v.; alcuna res me 
dessove, VII, 25 ('m son) des- 
sovengut part, pas., échapper 
à la mémoire {v. note). 

desviar, v. tr., dérouter; rfl., XI, 
5, s des via 3 sg. ind. pr., se 
séparer, s'éloigner. 

dever, v. 7ieutre, devoir; i sg 
ind. pr., dei, IV, 27, dey V, 3 
3 sg. ind. pr., deu, II, 45, V 
31, 47, IX, 27, XII, 1, 7, 9 
3 sg. conj. pr. deya, II, 42 
1 sg. cond. pr. degra, II, 36, 
3 sg. cond. pr. degra, II, 32^ 
XV, 42; 3 sg. cond. praet, 
deuri(a), XIV, 4. 

dezastre, 5. m., désastre, malheur, 
II, 2. 

dezaventuros {var. des-) , a(^'., 
malheureux, VIII, 34. 



GLOSSAIRE. 



123 



dezavinen, adj., laid, XIII, 8, 
obi. pi, 

dezenan {var. des), adv., désor- 
mais ; X , 15 , e"l dezenans , 
V. n. 

dezenansar (var., des-), v. tr., 
reculer, baisser, X, 14, deze- 
nensa 3 sg. ind. pr.,* r/î., X, 
47, 'S dezenansa 3 sg. ind. pr., 
reculer, se baisser. 

dezir, -ire [var., VIII, 7; XII, 19 : 
des-, desz-|, s. m., désir, V, 42; 
VIII, 7; IX, 36; XI. 38; XII, 
19; XV, 39. 

dezirar {var., VIII, 8 des-, VIII* 
8, 9, desz-), V. tr., désirer, i sg. 
ind. pr. dezir. IX, 22; XIV, 2; 
dezire, VIII, 8; part. pas. ^ de- 
ziratz (serai par vos), VIII, 9. 

dezirier, s. m., désir, langueur, 
XIV, 16. 

deziros, adj., désireux, II, 10 [ou 
bien desiron). 

dia, s. m., jour ; II, 16, entre tos- 
temps un dia, III, 29, un dia : 
un seul jour; adverbialement, 
lo dia, XI, 21, ce jour-là. 

dieu, s. m., dieu, XII, 35, 37; — 
formule d'exclamation : per 
dieu, IV, 5; IX, 33; — for- 
mules de salutation : sal dieus 
(alcu), X, 42; bon'aventura don 
dieus (adalcu), IX, 1; — formu- 
les de jurement {cf. n. VII, 33), 
si dieus vos ai ut, VII, 33, si 
dieus mi perdo, XIV, 17; forma- 
tion analogue : si dieus ioi vos 
aduga, XV, 1 ; — formules de 
réserve, de refus : gart me 
dieus de..., XIII, 29; ia tan 
dieus no m'azire, XV, 27. 

dire, v. {tr.), dire ; inf., dire, 
VIII. 5, 16, 48; IX. 8, 15, 27, 
49; XV, 19, 37; dir, I, 8, 11; 
II, 42; IV, 15; V, 45; VII, 21; 
VIII. 28, 47; XI, 42; XII, 34, 
42 ; XIV, 18; i sg. ind. pr. die, 
II, 23, 27; XIII, ^\ 3 sg. ind. 
pr. ditz, V, 9, 11, 13. 15; 
2 pi. ind. pr. dizetz, XV, 20 ; 



3 sg. conj. pr. diguii. 1.7; 
2 pi. conj. {opt.) pr, digiMitis, 
V, 17; 2 sg. imper., di, XIV, 
42; 1 sg. fut. dirni , IV, H; 
1 sg. cond. praet., din(a;. XV, 
15; i sg. ind, pf., dis, VIII, 
17; part, pas., dig (iii), XV, 18, 
— dire, abs. : VIII, JW* racon- 
ter, XIV, 18 (no puc^i^c ûJ), ex- 
primer par les paroles ; sens 
prég?iant : blâmer, I, 11, rea 
non es a dir d'alcu (i?., pour ce 
sens de dire, cet e^remple ei 
plusieurs autres dnns SUm- 
ming, B. de B*, p. SSî, n. 31, 
V. 41)\ alcuna res (en : d*ulcu) 
es a dire, VIII. 16, qii. cli. (le 
manque de qu. ch.) cet i\ repro- 
cher (à qu'un), lui nmn<nio {cf. 
Ap. Chr.>, Gloss. ^.W ei 33, 
i7, dona don non es a dire beu- 
tatz..., 38, 30, chauziiueiiz n'es 
a dire; — dire, suivi d'une cï- 
tation directe: V, II, 13, 15, 
17; IX, 15(?); — d. suivfid'une 
prop. rég. av. que : II, 25, 27, 
47;IV.15;V,9;ÎX, 4y; XI, 42; 
XIV, 42; XV, 37; ad ulni ums- 
trar e dir que, XII, ^4, uion- 
Irer et faire savoir; d.< &uiti 
de corn, VII, 21; Vill, 17; — 
dire alcuna re (ad alcu), i, 7, 8; 
IV, 3; V. 45, proclamer, con- 
fesser, XV, 18, 19, 2!), lJl'0(^lo- 
mer, faire savoir; d. i\ rKraire 
aie. r. d'alcu, XII, 42, rncnnler; 
d. son talen, III, 2'^; VIII, 5^ 
d. sas volontatz, VIII, 12H, faire 
savoir ses sentiment, ses dé- 
sirs; ad alcu laissar diro shb 
foldatz,IX,27; dire ver, 11/^7; 
IX, 8, dire la vérité {cf. XT, 42, 
per ver dire que.... XV, !^7t ea 
ver dire que) ; — dîrc^ de no, 
XIII, 25; XV, 15, dinî ; non, 
dire que l'on ne veut (n^ peul) 
pas, refuser (v. sur dire d oc ti 
dire de no, Sti^nming^ R, d. 14*, 
p. 269, n. 23, v. 9; cf. Thoinas, 
B. d. B., p. 4, n. 3, et Mis- 
tral, /, 805, col. 2 : « dire d'o &* 
« dire de noun », « non din* ni 
d'o ni de noun »). 

disses, s. m. {indecL; R H. 131, 
2 ex., deisses), XI, 2H, dé- 
chéance {cf. L. S.-W., //, i3S). 

dol, s. m., douleur, II, 80. 



124 



GLOSSAIRE. 



doler, V. intr., souffrir, inf., do- 
1er (-m fai), 11,6; V, 1. 

dolor, s. f., douleur, XII, 20. 

domna, -mpna, -na, s, f., dame, 
II, 9; V, 52; XI, 43; XII, 44; 
XIV, 48 ; XV, 6, la comtessa ma 
dompna Garsenda, Biogr. v. 9, 
vocat., V, 28, 38, Bl; VI, 2, 
10, 18. 22, 35; VII, 26. 33; 
VIII, 3, 10. 18, 26; XIV, 24, ma 
dona, XIV, 9, bona dompna. 

don. s. m , don. XIV, 12, far do 
d'alcuna re ad al eu. 

don, -nt, adv., dont; y^elat., so 
-don. VI, 43; VIII, 35; XI, 6, 
XIV, 12, 23; un subst., -don, 
VII, 28 ; XIV, 22 ; se rappor- 
tant à toute la proposition 
précéd., II, 25; III, 8 (en quoi, 
relativement à quoi); XII, 20; 
— avec un sens consec..., tal 
-don, X, 44. 

donar, v. tr., donner; inf., do- 
nar, III, 46; 2 pi. ind. pr. 
donatz, XI, 29; 3 sg. conj, 
(opt.) pr. don, I, 17; IV, 10, 
XIII, 41; do, I, 23. 27,30.32; 
part. pas. y donat (l'a), XII, 37; 
gérond., donan (e meten), X, 
45; — s. m., donar, I, 20, libé- 
ralité. 

donc, -es, -ex, av., donc; mar- 
quant la conclusion, II, 27; IV, 
3; V, 18, 45. 

doptansa (var.y dup-), s. /*., per 



d., III, par crainte; ses d., IV, 
12, sans hésitation. 

dormir, v. intr., dormir; s. m., 
durmir, XIV, 19, sommeil. 

dos, num., ohl, pi. masc.y deux, 
XIII, 19; XV, 2. 

dous. -ssa, adj., doux, agréable, 
1,4; 11,24; XIV, 6. 

dreg, -eit, s. m., droit, raison; 
aver dreg, II, 23, avoir raison ; 
dregz es... que, av. conj., V,29; 
VI, 34; XV, 14; dregz es... si, 
av. ind., II, 25 : il est juste 
que... (si) ; es dreytz e razos... 
que, I. 37 (locution fréquente; 
cf. aussi : Si es mezura e razos 
Que hom non aja benanansa... 
ds. Sept gaugz de la Verge Ma- 
ria, V. 316. Suchier, Denkmâ- 
1er, pp. 95-6, ce qui est l'op- 
posé de es tortz e desmezura, 
p. ex. Peire Vidal, 364, 42, 
V. 36) ; per bon dreg, XII, 9, 
a juste titre, à raison ; a dreg, 
XJI, 38, loyalement, comme il 
convient (plutôt que adreg , 
adv.; cf., p. ex., P. d'Alver. 
323, 14, éd. Zenker, XVII, 
p. 128 : Ben tan h dir adreg 
per s'amor [de Dieu] So qu'ai 
sieu poble a mestier et Gloss., 
p. 233, adreg adv., qui sera 
plutôt a dreg et non = adre- 
chamen ; cf. Stimming, B. d. B*, 
p. 248, n. 8, V..43, sur ces for- 
mations adv. avec a); drut, 
s. m., amant, V, 7). 



e, et, conj., et, passim. 

efan, [ms. var. ni sans] XIII, 18, 
V. n.); n. s. efâs? 

egual, aj., égal, VII, 46. 

eyssanien, adv., de même, V, 20. 

eyssernit, -ida (var. : ysser-), 
adj., éminent, IX, 12. 



eissir, v. iyitr., sortir, X, 43, ieis, 
3 sg. ind. pr. 

el, elh, pron. pers., 3* pers.; — 
masG. : n. s., el, XIII. 39..., 
elh, I, 38; obi. s. accent., lui, 
XIII, 37; dat. s., end. 1. XII, 
12...; 11, XIII, 36; Ih {var.,\\\, 
•1), XII, 8; ace. s., lo, II, 40, 
end., -1, II, 40...; n. pi., il, X, 
30, els, II, 49; ace. pi., end.. 



GLOSSAIRE. 



125 



•Is, X, 34; XI, 23, 24...; - fem. : 
n. s., ilh, IT, 42, 4A; III, 15; 

IV, 41, ylh, II, 35, il, III, 8, 
ella, Biogr. v. 12; ohl. s. accent., 
lieis, IV, 7; VII, 6; IX, 7, 21, 
30..., lieys, II, 17, 21, 29; XIV, 
3.., leis, 111,12..., luy, IX, 26; 
dat. 5.,li, IV, 3- V, 19; IX, 40 
(dat. ou ace.) IX, 49..., end. y 
•Ih, X, 27, -1, V, 19, 20; X, 26; 
ace. s., la, IX, 41, 42...; n. pL, 
XV, 14 : ms., n'elas (ai 'las?); 
dat. plur., lur, XV, 15' — 
neutr. : ac sg. o, I, 7, 8; II, 5, 
42; IV, 3, 29; XI, 7: XIV, 3, 
40; XV, 20; lo, XV, 31. 

emperador, s. m., empereur, XII, 
32, ohl. s., emperador, XII, SS, 
n. s.f emperaire {mais cf. aussi 
contraireinent Crescini, Ramb. 
de Vaq. a Bald. Imper., Atti Is. 
Veu , LX, part. 2, p. 45 (915), 
pour la tendance ancienne 
d'une déclinaison double de 
ce suhst. sur les deux thèmes). 

en, ne, 'n, pron, adv., en, pas- 
sim; — se rapp. à une per- 
sonne, III. 31 ; VIII, 16 ; IX, 9, 
36, 37; XI, 37, 38... {cf. Levy, 
Guilh. Figueira, p. 93^ n. 5, 

V, 29) ; — pléonastiqueme?it, 
IX, 18-9 {cf. Stimming, B. d. 
B*,i). 238, n. 4, v. 37, p. 277, 
n. 27, V. 31 et n. 28, v. 8). 

en, e, IX, 38 e(-l), V, 50; VI, 45; 
IX, 16; X, 41; XI, 2, XIV, 41; 
prépos. en, passim, (locale ou 
se rap. aux personnes, V, 41 ; 

VI, 2; VI, 4o; X, 38); aver po- 
der en alcu, II, 17 : sur; se 
tarzer en, VI, 16 : relativement 
à; tener en grat, II, 18; en tôt 
lo mon, IX, 17 ; IX, 50 ; del cel 
en ios, VI, 19; en loc, VI, 46, 
à la place de; en av, le géron- 
dif, V, 3. 

en, n', fém,., na, n', XV, 5, par- 
tic, honorifique, Biogr. vv. 1, 8, 
N'Elias de Barjols; 1,17, 18, 19, 
22, etc., XV dans le titre, 

enaissi, av., ainsi, de telle façon, 
IX, 7, e. -com, X, 36, e... que. 

enamorar, rfl. se d'alcu, Biogr. 



V. 9, s'éprendre de qu'un, deve- 
nir amoureux de. 

enan, arfi?., en avant ; eoan -trai re 
aie. re, IV, 28; XII, 4S, avan- 
cer, célébrer qu.ch.; ermn vo- 
ler... que..., XV, 32, proftirer* 

enansar, v. tr., avancer, élever ; 
3 sg. ind. pr. enansa, X. 12, ^ÎB . 

enantir, v. tr., avancer. VIII, 4fi, 
inf. 

encaras, adv., encore {? ou tem- 
i?or.?),XIV, 8. 

encobir, v. tr., désirer, convoiter, 
IX, 30, encobida (ai), purt. pas. 

enjan, s. m , tromperie, perlidii^, 
VII, 43; ses enjan. VI, 28; 
senhal, Ses-Enjan, II ^ 46. 

enmalezir, v.; rfl., XIJI, Va, oii- 
malezida (us es), part, pas,, 
devenir mauvais. 

enriquir(i?ar. ;enrequir)pî).,'iïi?r.. 
V, 32, inf, devenir ri clic. 

ensems, adv., ensemble, Biogr. 
V. 5. 

ensenhamen, s. m., V, 53; IX, 14, 
érudition, sagesse. 

entendemen, s. m., IX, 21 ^ eapritj 
pensée. 

entendensa, s. f.; — far loni/'en- 
tendensa, XV, 40 {cf. L- S.-W., 
III. 53, entendensa, «. H^ 

entendre, v.', tr., e. alcuna re, V, 
9, enten i sg. ind. pr.i e. 
alcu, XV, 19, enten i sg. ind. 
pr., XV, 18, entenda, 3 sy. cotij. 
pr. , comprendre qu'ch . , . , qu'un ; 
— neutre, entendre tn alcu, 
IX, 32, enten i sg. ind. pr., 
rfl., s'entendre en alcu^ Vil, 19, 
m'enten {var., enten), i sg. ind. 
pr.; s'entendre, V, 16, t'eiiteng, 
2 sg. ind. pr., diriger ses sen- 
timents et son em]]r'â9i/ijient 
vers qu'un {cf. L.-S.-W., L îll, 
pp. 57 et suiv. , entaûdre , 
nn. 15-16 et 25-8; ef. Cres- 



120 



GLOSSAIRE. 



cini, Manualetto*, p. 44i : 
¥ Intendersi in alcunUy amare 
alcuna [nel senso e nel modo 
cavall.] »). 

entre, prép os., entre; II, 16, en- 
tre t08temps un dia. 

enveios, adj., désireux, VIII, 19. 

er, V., ara. 

erebre, v. tr., arracher, sauver, 
remplir de joie, VII, 9, ereu- 
but (var., erebut) m'auriatz, 
part. pas. — V. note, VII, 9. 

erçuelh, s. m., or^rueilh, IX, 23, 
far orguelh, v. orguelh. 

error, s. f., erreur; — XII, 17, 
souffrance (v. L.-S.-W., ///, 
p. 130, error, 7i. 5). 

eruga, s. /*., nom de plante : 
roquette, XV, 3, 12, 26, cf. XV 
commentaire. 

esbaudir, v. rfl., se réjouir, V, 3, 
inf. 

escarida, s. /*., destinée; XIII, 30, 
no*m si'escarida que... 

escarnir, v. tr., tourner en déri- 
sion, railler, tromper; s. m., 
escarnir, XI, 30, raillerie {cf. 
note). 

eschazer, v. impers, rfl. IV, 31, 
s'eschai ; 5 sing. ind. pr. isy- 
non. et av. covê) convenir, être 
convenable. 

escien (uar. esaen), s, m, savoir, 
connaissance; — mon escien, 
IX, 5; adverbialement : tant 
que je sache, en réalité, vrai- 
ment. 

escondre, v. tr. cacher, VII, 20; 
escondut, part. pas. 

escriure, v. tr. écrire; part. pas. 
fém. pi. escritas, Biogr. v. 14. 

esdevenir, v. intr. ; no 'y \at et 
pro, V. 33] vuelh esdevenir si... 
XIV, 35, arriver à qu.ch, attein- 



dre qu.ch, accomplir qu.ch...(c/. 
L. S.-W., II, 467-8; art. ende- 
venir, es-, n. 6, esd. en...). 

esfortz -r», s. m. effort; — fas 
esfortz quar, av. ind. (nom re- 
cre), VI, 21 ; no fas nul esfors 
si, av. ind. (m'estrai), X, 3, 
sont des constructions dont le 
sens est : (faire qu.ch) avec ef- 
fort, avec difficulté, et (faire 
qu.ch) sans effort, sans diffi- 
culté; cf. p. ex. : Gran esfortz 
fai, Dieus I, quar sofer, Raim- 
haut d'Orange, 389, l4, M. G. 
360, str. III; ...re no*l puesc 
contradire Donc quai esfortz fa 
si*m vens em fai languir de 
dezire...? Guir. Riquier, 248, 
66, Ap. Ohr.«, p. 74, n. 33. 
vv. 38-40 (oiV l'interr. équivaut 
à la nég.); et une autre forme 
de cette construction : (non) 
fas (ai) esfortz que...; av. conj. : 
...non ai d'esfortz qe'm retei- 
gna, Bonif. Calvo 101, 2, Ap. 
Chr.*, p. 78, n. 38, v. 13; {cf. 
IX, 24, fas erguelh ni fallimen, 
car). 

esguardar, v. tr. regarder, V, 47, 
%nf. 

esiauzir, v. rfl. se réjouir, VIII, 
24, inf. 

esmai, s. m. malaise, inquiétude, 
IV, 31; XIV, 16. 

esparvier, s. m. épervier, XIII, 
27 [v. var.), sens fig. et péjo- 
ratif. 

esper, s. m. espoir, II, 35, pau- 
zar alcu en bon esper. 

esperansa, s. f. espérance, X, 9, 
22; X. 7, aver esp. en^ III, 24, 
espérance, attente. 

esperar, v. tr. espérer, attendre ; 
A, 44, esperam 1 pi. ind. pr. ; 
bon esp., V, 11, esper 1 sg. 
conj. pr avoir bon espoir. 

esperdre, rfl. perdre la domina- 
nation sur soi-même; VII, 12, 
esperdut, part. pas. affolé, sans 
raison. 



GLOSSAIRE. 



127 



esser, v. n. intr. être ; inf. esser, 
II, 32; IX, 10...; i sg. ind. pr. 
suy {var. soi, son), II, 40; IV, 
31; V, 5.7, 8,27; VI, 27; VU, 
7, 38; IX, 18; XI, 9, 15. 17; 
XII. 14; XIV. 21...; son. III. 13, 
XIV. 9 {en rime); 2 sg. ind. 
pr. yest, V, 16; 3 sg. ind. pr. 
es, passim; est. IX, 34; 2 pi. 
ind. pr. etz, V, 52; VIII, 11; 

XII, 43 {var. es); es (forme 
fréquente, v. Stimming, B. d. 
BS n. 14, 15, Lex>y, Guilh. Fi- 
gueira, p. 83), XIII, 13, 15; 
vos... qu'est, VUE, 30; 3 pi. 
ind. pr, son, V. 40, 41...; 1 sg. 
conj. pr. sia. III. 13; IX, 9; 
XI, 41; XIII. 31; XIV. 41...; 
3 sg. conj. pr. sia, IV, 42; V. 
50; VI. 46; XIII, 10, 30; XIV, 
38. . ; 1 sg. ind. impf. era, IX, 
19...; 2 pi. ind. impf. eratz, 

XIII, 11; 1 sg. ind.pf. fui, VI, 
1: IX, 17...; 3 sg. ind. pf. fo, 

XIV, 25, et Biogr. v. 1; 3 sg, 
conj. praet. fos. I. 5, 11; XII, 
15...; XIV,6 (o/>^). cf. n.; 1 sg. 

ut. serai, IV. 33, 35; V, 48; 

'III, 9...; 3 sg. fut. er. XIII, 

38; sera, II, 11...; 3 sg. cond. 



^' 



praet. fora. I. 2...; — esser de, 
V, 7, être du nombre; — essor 
ab..., IV, 39, être de (qualitat.). 

estar. v. intr. être, rester, pr^rsis- 
ter; XIV, 28, estar (en sospi^isoj 
inf.; III, 28; X, 30. estât (ï*i) 
par. p.; ^ aie. res m'estai, iX, 
18. qu.clim*arrive(c/'. L. S. W,, 
Ilf.p. 308-9, art. estar. ?i. S). 

estenenza, s. f. abstinence; — 
XV, 32, far es. de son cor — 
appliquer l'abstinence A sou 
cœur. 

estiers, adv., V. 22. malgré.*, (f) 
=1 e. que? 

estraire, v.; rfl. se détacher, sa 
séparer, se délivrer; inf. es- 
traire, IV. 24; V. 18,38; VI, 6: 
XII, i\ 1 sg. ind. pr. m'estrai, 
III, 12; IX, 31. 

eu, V. ieu. 

fadia, s. f. ; ses fadia, I, 33, auna 
tromperie. 



faire, far, v. tr. ; inf. faire, V, 25, 
33: VI, 15; XII, 15, 44; far, III, 
18; V, 33; VI, 25. 29; XI, 3; 
XIV, 1, 12; XV, 32, î^; 1 sg. 
ind. pr. fas, VI, 21 ; IX. 24, 30 ; 
XI, 35; VII, 17 {var. fatz) ; fatz. 
VII, 5; 3 sg. ind, pr. fai. III, 
8: V. 1;X. 2, 37;XIV;15;XV, 
40... ; P pi. ind. pr. faitz, II, 5 ; 
V, 48; VIII, 8; XIV, 13, 28; 
i sg. conj. pr. fass(a), III, 4 ; 
2 pi. conj pr. fassatz, IV, 22 
{opt.)\ VI, 24; 1 sg. ind. impf. 
fazia, XIV, 5; 3 sg. ind. pf. 
fetz, XI, 23; ^ «^ conj. praet, 
fezessetz, II, 8, 18; fessetz, VII, 
16; i sg. fut. farai, IV, 29; 
2 pi. fut. faretz, XIV, 13; *dpl. 
fut. faran, XII. 27 ; 1 sg. cond. 
praet. fera, XV, 29; 3 sg. cond. 
praet. feira {var. fera), IV, 5; 
part. pas. fag, II, 6, 33, 37; 



faitz, V, 37; — f. chanso, XIV, 
1; f. sas cansos d'alcu, Biogr. 
V. 9\ î. merce, IV. 5; f. ben 
ad alcu. VII. 5; f. mal ad hIcu, 
V, 48; f. avec un subst. rem- 
plaçant le verbe correspond 
dant : far clamors d'alc. r«, XI, 
35. se plaindre; f. don, XIV, 
12; f. entendenza, XV, iO; f. 
estenenza. XV, 32; f. socora ad 
alcu, XI. 3; f. semblanzn ùe. 
VII. 17, être semblable. fH cf. 
f. semblan, VI, 33; f. semblansaj 
III. 18. montrer; v. aussi les 
constructions : (non) f. esfortz 
quar (si), VI. 21; X. 3. v. pa- 
fortz; f. fallensa quar.... Vil» 5, 
v. fallensa; f. erguelh ni Uxlhi- 
men quar ... IX, 23, v. falhi- 
men; — f. avec Vac. double^ 
XIII, 8 d'ac. du préd. est adj,)i 
— dans l'antithèse : far o de- 



ïâS 



GLOSSAIRE. 



lir. V, 33; — f. av, Vinf., II, 6; 
V, 1; V, 32; VI, 29 f. saber. 
XI, 23; XII, 27; XIV, 15; — f. 
t>* tiivarium, IX, 30; XII, 44; 
XV, 29, mais am... q'eu no 
fera ai. 

faisao, s. f.; pi., VIII, 2, traits 
[i!u visage); I, tenue; I. 14, 
traita du caractère. 

fait» s. m. fait, action, V. 40; 

xin, 2. 

fallenmi, s. f. erreur, chute; — 
ra& fîdiensa quar, VII, 5 = j'ai 
tort ile... 

fàthldap s y f. déchéance, faillite. 
XIII, 5. 

fnîhïTM^n, s. m. faute; — fas (er- 
i^uf Ih ni) falhimon quar, IX, 23, 
îivûir tort de...; agir d'une façon 
orgueilleuse et coupable en... 

falhir, v. mtr.\ IV, 2. falhira, 
5 sg. cond. pr. manquer. 

fais -tîR, ndj, faux; I, 40; VII, 39; 
— fjils' amor, V, 8; fais amie, 
tï\W amia, XI, 32; fais drut, 
V, 7; X, 12; faus escarnir, XI, 
90, V. n. 

te, s. f^ foi ; aver fe en..., VI, 45, 
avoir confiance en; portar de 
bomi fe ad alcu, XII, 24, avoir 
dea jientiments sincères pour 
qn'uii; per bona fe, VI, 13; X, 
17, do bonne foi, sincèrement 
[ou jiliitôt formule : véritable- 
ment?, V. per.). 

fenif, IV tr. finir, XV, 42, inf. 

feunia. s. f. félonie, XIV, 14. 

fenlier, i?. tr, feindre, XI, 27, fen- 
hpnBn ob. pi. part. pr. 

ferm, aâj., II, 22, solide, sûr, 
fîdèle. 

fianaa, s. f. confiance, X, 38. 



fil, s. m. fils, Biogr. v. 2, 

fin, s. f. fin, V, 40. 

fin, aâ^. fin; flna valor, VI, 44, 
fin pretz, IX, 47; XI, 19; XII, 
46, eminent ; — fin amador, V, 
15; VI, 31; fin ioi, V, 12; fin 
cor, III. 10; VI, 28; VII, 12, 
pur, loyal \le contraire est 
fais). 

finamen, adv. d'une façon pure, 
loyale (v. fin); amar f., III, 19 ; 
VII, 35; amar e dezirar f., IX, 
22; far lang[uir f. alcu, XXIV, 
27, faire périr qu'un dans (par) 
l'amour pur. 

flor, 5. f. fleur; fig., X, 43; XIII, 

10, flors e gras. 

fol -Ih. adj. et suhst. fou, insensé; 

11. 39; V, 16; X. 35; XI, 8; 
XII, 29, 31, ad[;'.; 11,37; V, 13; 
IX, 27, suhst. 

foldat, fou-, s. f. folie, II, 40; IX, 
31, 33; sas foldatz dire, IX, 27. 

folhia, s. f. folie, VI, 8. 

forfaire, v. tr. forfaire, II, 1, 

forsar, v. tr. forcer, contraindre, 
subjuguer, XIV, 25, forsatz 
(d'amor -esser); — faire alcuna 
re forsat(z), X, 4, 23; XI, a5 ; 
XII. 13, faire qu.ch. malgré soi. 

fort, adj. fort, V, 36, f. castelh. 

franc, adj. sincère, VII, 22. 

frevol, adj. faible. 

frug, s. m. fruit; fig.^ X, 44. 

fugir, V. tr. fuir, éviter, III, 14; 
fui 1 sg. md. pr., XIII, 6; fui 
3 sg. md. pr.; intr. f. a alcu 
(-na re), XI, 11; fug i sg. ind. 

fsr. fuir de qu.ch; rft. s'en 
ugir, II, 36; m'en fugi i sg. 
ind. pf. s'enfuir. 



6L0SSÀ1RC. 



tâô 



gai, gu-, f. gaia, adj. «ai, I, 34 ; 
IV, 16. 17; V. 5; frais? VI, 4; 
IX, 25 SOS gai... cors = ela; 

fai 80, XIV, 4; gai descort, 
II, 4. 



gaire- 



11-, adv. guère: av, nég.y 
); XII, 22. 



galiador, gu-, s. m. et adj. trom- 
peur, VI, 27; XII, 28. 

guardador, s. m.\ es guardaire 
de..., XII. 31, celui qui se sou- 
cie de... {conj. périphr.). 

gardar, gu-, v. tr.\ XIII, 29, 
gart (me Dieus de...) 3 sg. conj. 
pr. garder; II, 34, gùardatz, 
2 pi. imp. regarder, considérer 
(cf. L. S.-W.. IV, 54. n<^*8et9). 

gaug, s. m. joie, IV, 6, g. ses ira, 
IX, 20. 

guayeza, s. f. gaieté. 

guazanh (var. gazan), s. m. gain, 
récompense, ds. le senhal bels- 
Guazanhs, 1, 1 [cfr. Paire Vi- 
dal, 362, 42, tornada : Mon Ga- 
zanhat sal Dieus e na Vierna...). 

gen, /. -enta (III, 5), adj. noble, 
gracieux, III. 5; IV, 34; V, 6; 
IX, 25. 

gen, -ent, adv. gracieusement, 

IV, 25; IX, 28; es gen ad alcu, 

V, 19, agréer. 

gensor, adj. comp. de gen* su- 
perl. n. s. la genser, IV, 38, 42 ; 
VIII, 30; IX, 30; XI, 43; obi. 
geneor, IX, 3. 

gensozia, s, f. [var. genseza) gen- 
tillesse; R. III, 462, I, cet ex. 
seul (quelle est la formation 
de ce substantif?). 

gequir, v. tr. abandonner, XIII, 
21; gequida (vos aun), part, 
pas s. f. 



ges, adv.; av. nég. no... gea, V, 
7; XI, 17; ges... no, IV, 9; gea 
no, VI, 17; XII, 45; XII (, 45, 
guère, point. 

gltar, v. tr. délivrer, sauver, XIV, 
16; — gitar d'esmai (R. i e^.; 
cf. p. ex. : Gitat m'a d' ir' e 
d'esmai Ab soa belz oillz amors, 
Bernart de Ventadorn 70, 8, 
M. G. 33, str. III: E vos <iue*jri 
gitetz d'esmai. R. de Vaqitei- 
ras, 392, 7, Ap. Chr.*, rt. 92, 
V. 62 et Gloss. 

gran, s. m. grain, XIII, 10; fig. 
flors e gras; n. s. gras. 

gran, adj. grand, II, 14; X, 39; 

XII, 41. 

granre {var. ganre), adv. beau- 
coup, XII, 21. 

grat, 5. w.; en grat (tener; atuir), 
II, 17: V, 2, avec bienveillance; 
V. mal grat. 

grazalet, s. m , nom d'un vase 
(v. L. S.-W., IV, p. 178, Il h 

grazir, v.; tr. prendre eu gré, 

XIII. 37; intr. savoir gré {ad 
alcu) XIV, 6; pas. impers. : 
grazit fos a... 

grazit -ida. adj. gracieux, cliar- 
mant, IX, 21; XIII, 42. 

greu -ieu, adj. grave, lourd, péni- 
ble, III, 23; VII. 37; X, (>, ii2; 
XI, 13; XV, 21; alcuna rea m'en 
greus a (re traire), XII, 23, il 
m'est difficile (pénible; de.** 

greu, adv.\ II, 39, difficilemenl, 
à peine (L. S.-W., i3. 188, n^ 10). 

guerentir {var. garentir; H, 111* 
430, I, 1 ex. ga-, 1 ex. gnh ; 
L. S.-W., IV, 64, II, 1 ex. ^a-; 
i ex. gui-), V. tr., XIV, 10; inf. 
sauver. 



i3o 



OLOSSAIRE. 



guérir (var. garir), v, tr, guérir, 
II, 12; VIII, 15, inf, 

guiren, s. m. garaat, défenseur, 
protecteur, v, 49. 

guirensa, s. f. secours, VII, 32. 



guitz (cf. Ap. Clir.«, Qloss. p. 263), 
s. m. guide. 

guizardo (VI, 11; var. : guiardo, 
gaszardo), s. m. récompense, 
Xm, 20; VI. 11, rendre gui- 
zardos. 



H 

huey; v, oi. 
I 



i, y, hi, adv. pron. y, VI, 15; 
VIII, 48; X, 25, 35; XV, 10. 

ieu, eu passim, ie* III, 22; IV, 
23; V. 9; IX, 21; XII, 13; XIV, 
20; XV, 14 (cf. Levy, Giiilli. 
Figueira, p. 9i), pron. pers., 
i pers., je, moi; obi. sg, (ac- 
cent.) me, II, 20; IV, îJO; VI, 
25...; mi, XI, 34; XV, 14, 35...; 
sans accent : dat. sg. mi, II, 
25, 45; XIV, 12. 17...; me, 1,17; 
V, 11, 13, 15, 16...; ace. sg. me 
passim; mi, II. 38; XIV, II; 
ohl. pi. nos, I, 30... 



ira, s. f. tristesse, IV, 6; X. 31. 

, adj. (p. p.) attristé, VIII, 
>, 27 ; XV, 15. 



irai, adj. 
25 "~ 



yssernit -da, v. eyssernit. 

ia. adv.; négat. ia no. III, 33; 
IV, 2; V, 48; VI, 16; IX, 13, 
25; X, 27; XI, 31; XIII, 30; 
XIV, 35; XV, 16, 27, 38, certai- 
nement non, jamais; ia mais... 
no, XI, 24; XII, 25, jamais plus; 
si ia..., XIV, 44, si jamais; non 
es... que ia, I, 7. 

iasse, adv. toujours, II, 11. 

iauzen, adj. {part, pr.) gai, VIII, 
25, 29; XIV, 31. 

iauzidor, s. verb. m. celui qui se 
réjouit; VIII, 24; IX, 9, esser 
iauzire d'alcuna re (conj. pé- 
riphr.). 



iauzimen, s, m. plaisir, joie, IX, 3. 

iauzir, v. se réjouir; intr. iauzir 
d'alc. re, XII, 11, inf.; rfl. se 
iauzir d'alc. re, XI, 6, inf.\ XIV, 
29, -m iauzia, ï sg. conj. pr. ; 
— iauzir, s. m. joie, plaisir. 

ioglar, s. m. jongleur ; Biogr. v. 4. 

ioi, ioy, s. m. joie, plaisir (v. Set- 
tegast, Ueber joi in der Spra- 
che der Troubadours), II, 20; 

11, -26, onrat ioy; Ilf, 25; V, 

12, fin ioy; XI, 29; XV, 1, 
21, 24. 

ioyos, adj. plein de joie, I, 35. 

iorn, s. m. jour; adverbialement : 
totz iorns, II, 46; III, 16, tou- 
jours; qeg iorn, XV, 12, chaque 
jour; a totz iornz, XV, 4, pour 
toujours, à jamais; anc iorn 
no..., X, 25; XII, 15, jamais; 
no... un iorn, XV, V^ ne... ja- 
mais. 

ios, adv. bas, VIII, Il ; del cel 
en ios, VI, 19. 

ioven. s. m. jeunesse, V, 52. 

ioven, adj. jeune, XIII, 18. 

iutjar, V. tr. juger; VIII, 36, iut- 
jatz.par^ pas. jugé, destiné; 
V, 23, iutjatz part. pas. jugé, 
condamné. 



1 



' -tiluffl^^l' 



GLOSSÂIKË. 



Ul 



lai, adv. là ; loc : Biogr. v. 13 ; 
indiquant une personne, II, 34 
{v. L. S.-W., ZF, 50P, n. iO; 
Ap. Chr.*, Gloss. p. 265); de 
vos en lai, XVI, 32, en dehors 
de vous (V. L. S.-W., IV, 301; 
n. 5). 

laissar, v. tr. laisser; i sg. ind. 
pr. lais, XV, 186. laisser, céder , 
constr. av. Vinf. : inf. laissar, 
IX, 27; 3 sg. conj. pr. lays, II, 
48; 2 pi. fut. laissaretz. XIV, 
11 ; i sg. cond. praet. laissada, 
IX, 35. 

languir, v. intr. souffrir, périr, 
XIV, 27, inf. 

lare, ad^j. large, libéral, XIII, 40, 
71. s. lars. 

lassar, v. tr. fatiguer, épuiser, 
IX, 43; lassât (m'a), part. pas. 

lauzengier, s. m. flatteur, calom- 
niateur, I, 40. 

lauzar, v.; rfl. se lauzar d'alcuna 
re, XII, 22, 'm lausei i sg. ind^ 
pr. jouir de qu.ch. {v. L. S.-W., 
/F, 343, n. 8). 

lauzor, s. /"., XI, 19, conduite ho- 
norable {V. L. S.-W. IV, 347y 
n.3). 

leu. lieu, adv. facilement, vite, 
V, 12; vil e lieu, IV, 7 ; cf. note 
VII, 28. 



leugeiramen, adv» facilement, V, 

leial, liai, adj. loyal, fidèle, VU, 
22; m, 10, 1. cor- VI, 31, 1. 
amaire; IX, 18, levais hom, 
fig. homme (sujet) fidèle. 

lialmen -ns. adv; loyalement, 
fidèlement, IX, 11; XÏII, 34. 

lige (var. litge, lietge), adJ. VIT, 
7, hom litges fig. homm<i lige, 

loc {var. luec), s, m. lieu; V, 8, 
de mal loc fais' ara or traire ; 
indiquant une personne, IX, 
32; XI, 4 {cf. Stoessel, Bilder 
und Vergleiche d. altprov. 
Lyrik, p. 26); esser en loc dfi, 
XI, 46, venir occuper la place 
de, remplacer ; en totz locsj, 
VII, 23, partout, en chaque 
occasion. 

lonc, longa, ac^'. long; III» 24, 
long' esperansa; XII, 19, 1. de- 
zir; XV, 40, long' entend cn.'ia ; 
lonc temps, Biogr. v. 5, long- 
temps. 

longamen (-jamen, -ent), lonLr- 
temps, III, 28; VII, 2; X, 5; 
XIII, 22. 

lonhar, v.; tr. IV, 13, lonlia 3 sg. 
ind. pr. écarter; rfl. 11 î , 12 
{et cf. VI, 17), -m loing i sg. 
ind. pr. s'éloigner. 



M 



macar, v. tr. frapper; II, 40, 
maca 3 sg. ind. pr. 

madompna, s. f. madame ; Biogr. 
V. 9. 

maint, manh, f. -ynta, adj. maint, 
V, 32; VIII, 14; XII, 30, mayn- 
tas vetz. 



major, adj, comp. II, 32, n. s. 
magers. 

mais, mai, mas, adv. et conj, i 
— adv. compar. maia; mai 
III, 16, XIV, 8 (rimes); n, 3. 
46; III, 16; IV, 34; IV, 88 
{comp. = superl.), etc.; assaU 
mais , II , 7 , beaucoup plus ; 



GLOSSAIRE. 



trop... mais... que non, XIV, 
18, beaucoup plus que... ne...; 
mais voler, aIV, 28, maisaraar, 
XV, 28, préférer; no (crey) mais 
{siii], XIV, 88; qi {inter. = nég.) 
... anc mais..., XV, 22, jamais; 
non ea mais..., VI, 19, il n'y a 
pliia {ea dehors de cela)...; — 
xniitàj niais, conj. adversative 
passim ; mas pero, IV, 35, mais 
pourtant; mas, conj. caus . 
puisque, XIV, 1, 9, 24 {et cf. 
var. VII, 8, 32, 34, X, 23, où 
mRH est peut-être la forme pri- 
ynitioe remplacée par pos); — 
mas, mais servant à former des 
constructions ùidiquant l'ex- 
clusion (et où l'on trouve les 
deitj? sens de mais, le compar. 
et l'advers., contaminés), uni- 
quement, rien que : no... mas 
quft. XI, 39; XV, 39 {et non 
mais = plus ; cf. les vv. suiv.) ; 
MO,.. îiias quan, V, 6; no plus... 
mas iudvers. à côté de plus) 
tnrU ij liant, XII, 36; sa7is que 
sitimint : anc ren... .mas... (no), 
X, Ul; sans que suiv. et sans 
négation précéd., mas = à 
Teieeption de, XII, 36, totz... 
mas. — [Une tendance parait 
iwoir existé, dans la langue 
des troubadours, de distingi^er 
maisj mai pour l'adv. comp, 
« plus », rfe mas pour la conj. 
advei's. « mais », de même que 
de distinguer pois {-uois, ueis, 
etc.) adv. de pos conj.) 

mal, *. m. malheur, II, 25; VII, 
y. 4;:^; traire m., IV, 22; V. 10; 
XÏL, 21; far mal ad al., V, 48. 

mal -la, adj.; mauvais, V, 8 de 
mal lûc fais' amor traire, XII, 
5; mOuhant, VIII, 41; XI, 12; 
— /. mala, empl. adverbiale- 
ment : « pour mon (ton, etc.) 
malhoup », IV, 15 [v. R. IV, 
126, i; Ap. Chr.«, Gloss., p. 270, 
c, 1, et p. ex. : E si merces noi 
diasen Per adoussar mon désir, 
Mala vi son car visatge , 

. Vc Brimet 450, 2, A, n. 337, 
j>, 367, str. I; E dis : Trabu- 
quet. uialat vi, leu te lais e tu 
laissa mi, 398, i, B. Leseb., 
p. 107, V. 45-6; Mala fui tan 
eriamoratz Qu'anc pois jorn no 



fui ses temor, Arn. de Mar., 30, 
18,'Napolski, P. de Cap., p. 107, 
str. Il ; Anc mala vi belhs 
huelhs cars gen formatz, Serv. 
de Gir. 434, 2, Mila 399, 
str. III, etc.). 

mal, adv. mal, IX, 18; IV, 40, 
m. crezens ; III, 37, mal vi =i 
« je n'ai pas vu » ou bieti « j'ai 
vu pour mon malheur », comme 
mala?; V, 14, [v. la var. XIV, 
39 : mal que us pes contre 
malgrat Vostre: comme « bien 
que » f; cf., pom" ce sens, Peire 
d'Alvernhe 366, 21 : Per mal 
qem fassa eu noill puesc mal 
voler). 

malanansa, s. f. malaise, malheur, 
III, 23; IX, 6. {Pour la gra- 
phie, V. Suchier, ds. Archiv., 
t. 104, a. 1900, p. 246 : <i In 
mal'ananza sollte kein Apos- 
troph stehen. Ber Gegensatz 
ist benananza. Es sind Ablei- 
tungen von malanar, benan- 
nar, und einfaches ananza 
existiert wohl gar nicht »). 

malgrat, prépos. malgré, XIV, 
39, m. g. vostre; XIV, 40, m. g. 
mieu. 

maltrait -ag, s. m, souffrance, V, 
8; VI. 40. 

man, s. f. main, XIII, 26 (esser 
en las mas d'alcu). 

mandar, v. tr. transmettre; I, 8, 
man 3 sg. conj. pr. transmettre 
(confesser?); I, 31, man 5 sg. 
ind. pr. demander. 

manen, adj. riche, aisé, VII, 10, 
rie e manen. 

manentia, s. f. fortune, richesse, 
II, 13; III, 34, 44; XI, 29 (m. 

de ioy). 

maniar, v. tr. manger; XV, 26, 
manges 2 pi. conj. {optJ\ pr. 

mantener, v. tr.; IV, 36, mante 
.5 sg. ind. pr. maintenir, gar- 
der; X, 12, id. soutenir, proté- 
ger; — [s. m. mantener, II, 49, 



GLOSSAIRE. 



l33 



soutien {apposition à cor; R. 
V. 338, I, i ex.; équivaudrait 
au dérivé mantenh, cf. Tho- 
maSy Essais, p. 87); ou plutôt 
inf., comme dans la note?]. 

marques, s. m. (indécl.) marquis, 
IX, 48. 

martire, s. m. martyre, XV, 21. 

melhor, adj. comp.; XI, 46, 
comp. = superl., cf. plus; su- 
perl. I, 15; XI, 26. 

melhurar, v. tr. améliorer; XII, 
48, melhura 3 sg. ind. pr. 

membransa, s. f. mémoire; aver 
m. IV, 14, se rappeler, se sou- 
cier. 

membrar {var, IV, 35, menbrar 
et nembrar, comme souvent : 
R. IV, 184, II; Flam., v. ^278, 
etc.), V. impers. \ II, 24, 'm 
membra (que) 3 sg. ind. pr. ; 
IV, 35, membre "us (de) 3 sg. 
conj. {opt.)pr. 

menhs, adv. moins; II, 33, men; 
XIII, 23, meins. 

mensongier, f. pfeira, adj. men- 
songer, XIII, 3, 15. 

mentir, v. mentir; intr. IX, 5, 
menti i sg. ind. pr.; IX, 10, 
men, id. 

menton, s. m. menton; XIV, 36, 
baisar la boca e.l mento. 

mercadier, s. m. marchand; 
Biogr. v. 2. 

merce, s. f. grâce, pitié, X, 25, 27; 
XII, 5; m. me val, III, 39; V, 
31; VII, 4; m. me te pro V, 29; 

far merco, IV, 5; clamar merce, 
V, 32; VI, 8; p/., cl. merces, 
IX, 24 {cf. trobar merces, ds. 
Raim. Vid., So fo, Crescini, 
Manualetto *, n. 41, v. 116) ; 
por merce pregar, IV, 18, de- 
mander par pitié; si {7i'est pas 
sic) vostra merce fos, VI, 35, si 
vous vouliez bien; XI, 12, fug 
a las maias merces {cf. R. IV, 



207, II, Cazuls soi en mala 
merce, B. de Vent.; ... Quan mi 
membra cum amar suoill La 
falsa de mala merce, B. de 
Vent., 70, 41, A. n. 254, p. 277, 
str. IV); malveillance (bona 
m. = bienveillance). 

merceiador, s. m. celui qui de- 
mande ^râce; XII, 14, n. a. 
merceyaire {var . merceaire, 
mercedaire) suy=jfi douifinde 
grâce {conjug. périphr.). 

mermansa, s.f. amoindrisnement, 
déchéance; prendre jm^, IX, 14, 
déchoir. 

mesprendre, v. tr.; XI IL i, mes- 
prendon 3 pi. ind. pr. bUliuer. 

mètre, v, tr. mettre, placer, XI , 4 
(en); m. en azir, VlIT, 33; XII, 
35, met 3 sg. ind. pr,^ m, en 
disgrâce; m. en disse.s, XI, 28, 
m. en déchéance; rff. sf. m*, 
XI, 16, mes (s'es), ;7fïïV wass; 
se m. en preizo d'alcu, Xïll, 28, 
•s met 3 sg. ind. pr. se ren- 
dre prisonnier de qu'un; — m. 
alcuna re en aie. r., XI ^ 7, tnet 
3 sg. ind. pr. baser qu . i:h . sur. . . ; 
— III, 49, mes (séria)» vurt. 
pass. placer, dépenser ; X, 45 
(donan e) meten, gérond. dé- 
penser. 

meu, masc. mieu, IV, 26; XIV, 
40; meu, XIT. 27; fthn. mia, 
III, 15; pro)i. poss. 3 pers. 
sg. (accentué), cf. mon; — mal 
grat mieu, XIV, 40, malgré moi. 

midons, s. f. indécl. ma damCt 

III, 32; XIV, 2, obi. 

miels (-Ihs, IV, 34, Biogr. v. 2; 
-Iz, III, 16; meils, XIIJ, 38), 
adv. comp. mieux, III, 16; IX, 
29; XIII, 38; superL -i, lo m.. 

IV, 39; XV, 9. 

mil, adj. num. mille; tmÎI vgIï, 
XIV, 23, mille fois; mil tnna 
que... (no,..), V, 25, mille fois 
plus que... 

mirar, v. tr. regarder, voir; VIIT, 
30; XI, 43, mir; IX, 17, m. 



i34 



GLOSSAIRE. 



mirp, .? sg. conj. pr., dans la 
loGtUian très fréquente (après 
les snperl. ) : ... qui se mir 
\cmistr, pron. pour impers.). 
« qiifi l'on voie, puisse voir » 
[comme aussi dans Ap. Chr.*. 
23, 2i €t 38, 24, pour lesquels 
te Oloss., p. 276, /, porte se 
mirnr, re/!. « sich im Spiegel 
seheti^ sich spiegeln. »). 

moiller, s. f.\ Biogr. vv. 7, 10, 
épouse, 

mon, j. m. (n. 5. mons, VIII, 40; 
IX. 19; var, a XIV. 32, monz) 
monde: del mon après le su- 
pe^-L. IV, 89; IX. 4; XII. 33; 
{tandis que e*l mon accompa- 
gne couramment la négation 
et le compar. avec né g. ; p. ex : 
non pot el mon melz faire 
iSord&l^ Aissi corn tesaurs, 
\\ &27; Ap. Chr.«, 3. 402, etc.); 
en tôt lo m. apr. le sup., IX, 
17, W] tôt lo mon (n, s. -tz lo 
-ons, IX, 19; -t lo -n, XIV, 32. 
sauf le ms. &), tout l'univers, 
lout; totlo mon (n. s. -tz lo -ns, 
VI H. 40; -t lo -n, V, 30, mais 
cf. note V, 9^, tout le monde, 
tous; mon, XII, 43 = vie, 
comme segle. 



mon, n. sg, m. s. mos, XI, 38...; 
ohl. sg. m. s. mon, II, 46...; 
n. pi. m. s. miel, V, 41, 42 ; 
Vin, 33...; obL pi. m. s. mos, 
II, 18...; fém. sing. ma, II, 9...; 
pi. mas, V, 2...; pron. pos. 
i pers. sg. [inaccout.), mon. 

morir, mûrir, v. intr, mourir; 
inf. morir, XI, 1; mtirir (lais- 
sar, far), XIV, 11, 15; rjutjat a) 
mûrir, V, 23 {s. m.f); i sg, 
ind. pr, muer, II, 11; 3 sg. 
ind. pf. mûri, IX, 28; part, 
pas. mortz (es, fo), VIII, 33; 
Biogr, v. ÎO. 

mort, s. f. mort, VIII. 37. 

mostrar, v. tr. montrer; inf, V, 
4; XII, 34, m. e dir; i sg. ind. 
pr. mostre, VU, 16; 3 sg. ind. 
pr. mostr {ou bien écrire plu- 
tôt mostr'?;, II, 4, m. orguelh ; 
i sg. conj. praet . mostres, 
VII, 14. 

mot, s, m.; XIV, 4, le sujet d'une 
chanson (par opp. à la mélo- 
die: son). 

mut, adj. muet, VII, 17. 



N 



Na» N\ partie, honorifique fém,^ 
XV, 6. 

natural, adj., de naissance, légi- 
time, VII, 7, bom litges n., 
Vil. 42. 

negnn, -na, adj. pron., aucun, 
queî que ce soit, VI, 7 ; X, 19, 
36; XV, 16; Biogr. v. 3 {sans 
nég,); subst., 1, 6. 

nesoïea {var., nessies), 5. m., 
niaraerîe, sottise, « l'état d'une 
personne qui est nesci ». 
P, Jleyer, Flam.*, 374 {cf 
Uc Bnmet, 450, 2, A.,n. 337, 
p. 36^, str. VI : Al fol fai 
cuiar follatge et al neci necies). 



ni (XIII, 18 n'i..., XV, 14, n'e...). 
conj. = ni — liant deux m ots ds. 
une propos, négat., III, 12, 14, 
42; V, 5; VII, 43; VIU, 38, 45, 
46; IX, 14- XI, 32; XIII, 18. 
43, 44; XIV, 31, 32, 47; liant 
deux prop. : no... ni no, VI, 
19; VII, 4, 44; VIII, 6. 7, 8; 
IX, 2, 10 (nulh... ni nulh), 24 ^ 
Xf, 39; Xli, 27; XIV. 48; no... 
ni. III. 7; IV, 22; VI. 24, 29; 
IX, 26 (anc no... ni); XII, 42; 
XV, 14 {prop. af.)... ni no, 
XIV, 20; indir. nég. {prop. 
conséc), I, 7, 8; XIII, 20, 32; 
= et — liant deux mots : dans 
une prop. cond., V, 19; IX, 
23: interr. ind., VII, 36-40; 
XIV, 4; prop. rfl., V, 36,; XIV, 



GLOSSAIRE. 



i35 



IQ {où T\\ a le sens adversatif 
rf'et) ; prop. adv., V, 43; locut. 
iprop. rég.), IX, 24. 

no, non, odv., non, passim; dire 
de no, XIII, 25: XV, 15; dans 
la réponse: non ien, IV, 3, 
non, V. note. 



nom, s. m., nom, Biogr. y. 2. 

non, adj., neuf, I, 13. 

nulh (nul, X, 2; XV, 13). nnlhft, 
adj.pron., 111,34; IV, 22; VI, 
20; VIII. 8; IX, 37; X. 1, 2. 9, 
10, 24; XIV, 84, 44; XV, 13. 



o, conj., on, ou bien, II, 2 (liant 
deux propos.). 

obedïen, adJ. (A p. Chr.>, Gloss., 
p. 280 : « adj. » et « part. »; 
V. O. Schultz, Die prov. Dicht., 
p. 35, n. V. 12 : mot savant, 
comme sapiens), obéissant, 
V, 6; XIII, 31. 

obezir, v., obéir; tr., XIII, 14 
obezida ("us an), part, pas.; 
intr., ob. a alcuna re, XII, 3, 
inf.y se tenir prêt à qu. ch. 

oc, loc. adv., oui, V, 19; XIV, 5. 

home {n. s., boni, om, on), s. m,., 
homme; II. 39; VII, 7, hom 
litges; IX, 18, leyals hom ; XIV, 
8, vostr'om, fîg.; homme, vas- 
sal ; XV, 8, totz hom, v. tôt; 
— pron. on impers., 111,25; 
IV, 41; V, 10; VI, 48; IX, 27; 
XII, 39,44; XIV, 4...; la valeur 
de subst. reste visible, XII, 1, 
7, 9 (7 : hom qui pot...); obi, 
dans le sens impers,, XV, 48 ; 
totz hom, XV. 8 {v. Tobler, 
Verni. Beitr., //, n. 6 : a Ein- 
zahl im Si7ine der Mer- 
zahU »). 

onor, s. f., honneur, V, 10, 35; 
VII, 40; XI, 34; XII, 4, v. note 
VII, 40. 

onransa, s. f. honneur X, 42, 46; 
III, 20, éloge, V. 7wte VII, 40. 

honrar, v. ir , honorer, XII, 3, 
i7if. 

onrat. adj. {part.), honorable, II, 
26; IX, 32. 



ops, s. m,., besoin; qerre son ops, 
XV, 35, s'occuper de ses aftai- 
res; al maior oçs, XV, 15^ au 

§]us grand besoin, au moment 
écisif {le même sens dans 
Raimb. de Vaqeiras, Leltre -û, 
V. 10 : Et ieu torney al m?i1or 
obs queus fo, Schultz-Gora , 
éd. iial., p. 61. {et cf, Cres- 
cini, Raimb. de Vaq. et le Marq. 
Bonif. , A7in. du Midi, X!Î, 
pp. 434-5, Appel. Q\\.*,n,iOii 
traduit p. 7i, * ed io mi volsi 
là dove più faceva d'uopo -n^ 
tandis qu'il sera peut-être plus 
exact de traduire (avec tor^ 
nar, intr., mais non rfl.\ : a Et 
moi, je suis revenu au mo- 
moment de votre plus grand 
besoin ». Cf. aussi Crescini, 
Man.», n. 58, v., 32 : El cuj'a 
obs cobrar sa manenlia, et cf. 
Gloss., p. 47980 : c< AlV nopOf 
al momento migliore, quando 
che sia », oti la de^tuoième 
traductioîi est la meilleure. — 
V., d'autre part y i\\ temps darts 
un emploi a7ia1 ogue :V . trAlv., 
323, 13, éd. Zenker, p. î^7, 
XVly vv. 21-22 : Tug morreui, 
qu'avers no-us guéris Npjj:im 
al temps plus que fes Jop, et 
n. p. 215 : » al temps {im 
entscheidenden Moment, rf. i. 
in der Todesstunde ». — ) ; — 
alcuna res es (grand) opa a 
alcu, II, 14, qu'un a grand be- 
soin de qu.ch. {d'ordinaire déjà 
adv. molt, et 7ion gran frdf.; 
mais cf., p. ex., Chron. Crois, 
Albig., V. 8140, 8168, etc., es 
grans obs e coita ; cf. aussi 
gran s atz, note, XIV, 33). 



i36 



GLOSSAIRE. 



orguelh, erguelh, s. m., orgueil, 
H, 4; farorguelh, IX, 23. 



outra, prépos., outre, au-dessus 
de, V, 21, outra poder. 



paire, $, m., père, VI, 46. 

pan, s. m., pain, XV, 26, pa. 

paratges, s. m. lignage, noblesse, 
IX, 41. 

parer, v. intr., paraître, appa- 
raître; V, 14, parer, inf.f\ XIV, 
14, parra 5 sg. fut.; — s. m., 
parer {cf. R., tV, 477, II, i ex.), 
me men rie parer, II, 33, se 
montrer moins favorable. 

paria, s. /"., I, 4, aspect ; III, 37, 
compagnie, familiarité?; XIV, 
4^î 

part, 5. /*., part; vas nulha part, 
XIV. 34, nulle part. 

part, prépos., en dehors de, X, 
16. 

partimen, s. m. Sur les signifi- 
cations de ce mot, v. Jeanroy, 
La tenson prov., ds. Ann. du 
Midi, t. II, 1890, p. 287, n. 2: 
1. fiuestion à dilemme; 2. cha- 
ton e iilternative d'une telle ques- 
tion ; 3. genre poétique corres- 
pondant ; XV, 2, 11, sign. 2. 

partir, v.; tr., séparer, éloigner, 
IX, àl, part i sg. ind. pr.; IX, 
HB, partis i sg. cond. praet.; 
rff., se séparer, s'éloigner, V, 
2i\ VIII, 6; XII, 10; XIV, 26, 
se partir, inf.; XII, 13, -m part 
1 sg. ind. pr.; XIV, 22, rae 
parLï'ia i sg. cond. praet.; XII, 
17, partitz ^-m suy) part, pas.; 
— s. m., (-l) partir, XI, 15, sé- 
paration. 

parven, adj., visible, reconnais- 
aable, appréciable, V, 40, t?. 
note. 

parverisa, s. f.; far parvensa, 
VII, 8, montrer. 



passar, v.; tr., passar (ad alcu) 
son coven, II, 31, passât, part, 
pas., rompre l'accord avec qu'un 
{cf., p. ex., Peire d'Alv., 323, 
17, éd. Zenker, VII, w. 22 : 
Mas ai sagramen passar Tem 
que serai escarnitz Que mil vetz 
i sui falhitz ; le même sens sera 
dans Jaufre, Ap. Chr.», n 3, 
vv. 466-70 : No'm faitz a creire 
plus que gos, Quei sagrament 
m'avetz passât : Que'm degratz 
aver amenât Lo cavalier..., oïi 
M. Appel écrit : i sagrament 
m'avetz passât que... et dans le 
Gloss. , p . 284 : « Einen Eid leis- 
ten »; mais degratz s* accorde 
bien mieux avec que caus. et 
pas. s. ne sera pas équivalant 
d far s. , mais l'opposé de tenir s.; 
d'autre part on disait franher 
un coven, p. ex. Peire Vidal 
364, 43, éd. Bartsch, p. 40, 
n. 19, vv. 68-70 : Mas fraitz 
m'a tais mil covens Que, s'un 
sol m'en atendia, Estort e garit 
m'auria... — Ce passar se rat- 
tache à passar lo m an, los decx 
attestés dans R., IV, 442, II, 
n° 7, et p. ex. Peire Cardenal, 
335, 55 (B. Chr.*, p. 173), 
str. IV : Hom per que fas tal 
folor Que passes lo mandamen 
de deu...; Serv. de Girona, 434, 
15, B. Leseb, p. 85, str. VI: 
... la mal albergada que près 
Adam pei mandamen passar. 
— Pour le contraire^ « passer 
un accord, faire un accord d, 
on trouve, comme pour sagra- 
men : far coven, p. ex. El. Cai- 
rel 133, 10, M. G., 281, tom. : 
... lo ioi don mi fes coven). 

pauc, adj. et siibst., peu; XI, 21, 
adj.; II, 23, subst.; — per pauc 
no die, II, 23, il s'en faut de 
peu que je dise. 

paupre, V, 32, s. m., pauvre. 



GLOSSAIRE. 



i37 



pauzar, v. tr., poser, placer; V, 
41, pauzat, part, pas.; II, 35, 
id., p. en bon esper. 

pecchat, s. m., péché, II, 8. 

penedensa, s. f., tristesse, VII, 
37; XV, 88. 

penre, v. tr., prendre ; I, 28, pen- 
ria i sg. cond. pr., prendre, 
recevoir; IX, 43, près (m'a), 
part, pass., prendre, captiver; 
XV, 2, prenetz 2 pi. impér.; 
XV, 10, prenda i sg, conj. pr; 
XV, 11, penrai i sg . fut.; 
XV, 29, près (agues), part, 
pas. y prendre, choisir (XV, 10 : 
i penre); — ben (rnal) m'en 
pren {v. Stimming, B. d. B*, 
p. 241, n. 6, V. 16; cf. Ap., 
Chr.V Gloss., p. 286, II, 
penre, subjectlos) , aller bien 
(mal) : ben m'y pren, XV, 41, 
se sentir content de... 

pensar, v. penser; iw^r., VIII, 21, 
pens 1 sg. ind. pr.; XI, 36, 
pessetz, 2 pi. 'conj. pr. (p. 
que...) ; p. de se, d'alcu, IX, 20, 
pes 3 sg. conj. près., XV, 35, 
penses 2 plur. conj. [opt.], 
pr., penser à, s'occuper de soi, 
de qu'un. 

pessamen, s. m., pensé, souci, 
tristesse, V, 47 ; X, 32. 

pesansa, s. f., souci, ennui, III, 
21 ; "X, 31. 

per (pe" XIII, 7), prépos.; caus : 
par, II, 2; III, 17, 27; IV, 23; 
VI, 40; VII, 13, 21 ; XIII, 2, 5, 
7.. ; Biogr. v. 7, per so ; IV, 11, 
per so... quar; — dans les for- 
mules de serment, d* abjura- 
tion : IV, 5, per Dieu, XI, 42, 
per ver; IV, 19; IX, 46, pregar 
per (raerce, chauzimen); per 
bona fe = per fe, « véritable- 
ment » ? ou bien « de bonne foi, 
sincèrement »?; — per bon 
dreg, XII, 10; per pauc..., II, 
23; — av. le passif: deziratz 
serai per vos, VIII, 10, par 
vous ; es per lui grazida, XIII, 
27, par lui ; — loc. : par, XV, 
34, Biogr. v.5, anar par (Proensa, 



cortz) : rôder, parcourir; — 
= pour V, 5, 3 ; VIII. 38; tener 
per, IV, l; V, 30; triar per..., 
VI, 48, choisir comme ; per un 
cen, V, 29 « pour un cent », 
V. un. 

perdonar, v., intr., IX, 34, perdo- 
nalz 2 pi. impér.; XIV, 17, si 
Dieus mi perdo 3 sg. conj. 
(opt.) praes., ainsi me par- 
donne Dieu, V. note VU, 3S. 

perdre, v. tr., perdre, XIV, 19, 
pert 1 sg. ind. pr. 

pero, conj., pourtant, cependant, 
11,6, 23;III, 29; VIII, :il ; IX, 
10; X, 4, 14; XI, 35; XJV% 8; 
II, 43, au contraire; mua [jero. 
IV, 34 {V. Ap. Chr.>, Glos;;., 
p. 280, I, art. o : « abor docli, 
aber ») ? 

per que, conj.; XI, 5, parce que ; 
vil, 5; IX, 18; X, 27; X[, 10. 
23; XII, 13; XIII, 21; XV, 14 
(et) c'est pourquoi : connec., 
tan... per que, II, 28; IV, *27 
{cf. Levy, Guillem Fij^'aeira, 
p. 80 n., V. 20). 

plag, s. m., II, 28, accord- 

plan, adj. et adv.; adj. (simples 
e), plas, XIII, 25, simple, imbé- 
cile; adv., XV, 20, simpli nit^nr., 
clairement [v., p. ex., pour 
« clair » : B. de Ventad., 70, 37* 
B. Chr*,p. 62, str. VI: Mi dis 
en razo plana Que mos cliHiitars 
li plai, Guilh. Figueira, « Ro- 
ma », V. 64 : Roma, vers ea plas 
que trop etz angoissosfi ; Sf*r- 
veri de Giro7ia, 434, 15, litr. Il : 
Motz deu hom dir que wian ver 
e pla ; Guillaume cfe la Barre, 
éd. P. Meyer, v. 277 ; E ]or 
vay dir en pla lingage; (i(h'>. : 
Guir. Riqider, Si'm fos Sîibf^r, 
vv. 272-5, M. W., IV, i^. 131 : 
Part me de sels que ani Tiint 
que lur fas reclam De uuAz ditz 
pla e clar ; — pour « imité- 
cite », Ap. Chr.*, n. 3 L u. 7 ." 
Non sec razo mas phina vo- 
luntat, et cf. Guir. Riquier^ Als 
subtils, M. W. IV, 310 eL auiv.. 
qui cite et reprend : Non siec 



1 



i38 



GLOSSAIRE. 



amar mas plana voluntat ; Ser- 
veri de Girone joue sur les 
deux sens « clair y* et m imbé- 
cile » : 434, i5, str II, v. 5 : 
Quels plas deu hom planamen 
castiar ; 434, i6, Mila >, ». 402, 
str. I : E dirai pla pels plas 
pla ensenhar; etc.). 

planher, v. intr.; II, Îi4, r/f., -m 
planh 1 sg. ind. pr., se plain- 
dre. 

plazen, /"^m., -en, IV, 18; XV, 6; 
-enta, III, 3, voy. n.; adj.ipart.), 
plaisant, charmant, IV, 18 ; V, 
46; VI, 3; VII, 26 (plazer pla- 
zen), VIII, 2; XIII, 40; XV, 6; 
pi. de plazers, III, 3. 

plazer, v. intr., plaire; 5 sg. ind. 
or. platz, 11,5,19; III, 6; IV, 
35 ; V, 19, 20; VII, 43 ; XIII, 1, 
36; XIV, 8; plai, IX, 26 ;X, 26 
(rime), XI, 33, 34; XIV, 24 
(rime)\ 3 sg. i7id. impf., pla- 
zia, I, 1 ; II, 7; 5 sg. conj. pr., 
playa, IV, 18; 3 sg. ind. pf., 
plac, X, 26; 5 sg. conj. {opt.) 
praet. plagues ; 3 sg. cond. 
pr., plairia ; comme formule : 
si vos platz, etc., I, 1; II, 7; 

IV, 35; V, 14; IX, 26; XIII. 
36; XIV, 8. 

plazer, s. m., plaisir, II, 8; III, 
3 ; VII, 26, pi. plazen. 

plen, adj., plein, I, 36, p. de... 

plor, s. m., pleur, XI, 11, pi., 
sospirs e plors. 

plorar, v; intr., XIV, 23-4, plorat 
(ai), part, pas., pleurer. 

plus, pus, adv., plus, I, 28; VI, 
15; XIII, 24, meins n'a... qui 
plus; form. le comparât, et 
le superl. (le, la plus), passim; 
compar. = superl. ^N ,k),Ylll, 
35, XV, 36 [cf. melhor, VI, 46; 

V. Diez, m», 12 {fr., III, 10); 
Tobler, Verni. Bcitr., I, 26, 
p. 143); - de-1 plus, VIII, 24 
= d'als, V. note. 

poder, V. tr., pouvoir; 1 sg. i7îd. 
pr., puesc, IV, 15, 24 ; V, 12. 18. 



22; VIII, 6, 15, 47; IX, 15; X 
5; XI, 10, 42; XIV, 6; XV. 30, 
37; 3 sg. ind. pr., pot. V, 24 
25.39; XI, 6, 38; XII, 7, 11, 39 
XV. 10, 16; 2 pi. ind. pr., po 
detz, V, 33; :^V, 12; XV, 8 
i sg. conj. pr., puesca, IX, 45 
i sg. conj. praet., pogues, II 
15; VI. 6. 15: XV. 33; 3 sa 
conj. praet., pogues. III. 4o 
3 plur. fut., poiran, XII, 26 
i sg. cond , pogra, II, 12; XI 
1, 1 sg. cond. b., poiria, XIV 
30. 

poder, s. m., pouvoir, domina- 
tion, V, 44; VII, 2; IX, 2; aver 
p. d'alc. re, XIV. 44. aver (en 
se) poder que..., VI, 5, pouvoir, 
être à même de ..; aver poder 
en alcu, II, 17; VI, 26, avoir 
domination , influence , sur 
qu'un; i miou poder, IV, 26, 
ma domination sur moi-même, 
ma propre volonté ; outra poder, 
V, 21, outre (ma) force. 

poderos, adj.; poderos esser d'al- 
cuna re, VI, 27, avoir pouvoir 
sur qu. ch. v. note. 

poiar, v. tr., élever, V, 34, inf. 
pujar. 

ponhar, v. intr., tâcher, var., 
XIV, 1. 

ponher, v. tr., stimuler, pous- 
ser, XII, 6, ponha, 3 sg. ind. 
pr. 

portar, v. tr., porter; XII, 24, 
port (li ai tan de bona fe), i sg. 
ind. pr. 

pos, pus, XV, 10, pueis ms., a, 
conj., i>u\8que, passim. — Voy. 
adv., pueis. 

prec, s. m., prière, II, 18. 

pregar, preyar, V, 14; VI, 24, 
V. tr., prier, i sg. ind. prec; 
av. accusât., IX, 24; av. dat., 
IV, 39; Yl,2i\ac.oudat., IV, 
18 (cf. sur les deux constr., 
Levy, Guilh. Figueira, p. 93, 
n. 5, V. 25; Meyer-Lûbke, 
R. Gr., ///, I 368, p. 392, 
fr. 407) ; intr., V, 14, preyar. 



GLOSSAIRE. 



iSg 



preizo, s. /., prison ; se mettre en 

Sreizo d'alcu, XIII, 25, se ren- 
re prisonnier de qu'un. 

pretz, s. m.f prix, valeur, II, 43 

XI. 19, 44, n. s. 49 , IV, 28, 37 
V, 10, 52: VIII, 46; X, 40 

XII, 46. 

prezan, adj. (part.), ayant du 
prix, éminent, VI, 4 (cf., R., 
« prezar..., avoir du prix », et 
Stimming, B. de B*, p. 255, 
n. 12, V, 48). 

privât, adJ., VIII, 20, intime. 



pro, adj., vaillant, éminent, I. 6; 
IX, 48; XI, il;suhst, XIII. 1. 

pro, s. m, avantage; tener pro 
adalcu, V, 24; X, 1; XI. 25; 
XII, 8; XV, 13, apporter jtvan- 
tage, aider, être utile à 4uel- 
qu un ; far son at ni son pro, 
XIV, 33, faire ce qui est nécpa- 
saire et utile à quelqu'un ; aver 
pro (d'alcuna re), II, 15; XV, 
25, avoir assez (cf. Ap. Chr.^ , 
Gloss., p. 292, II). 

pueis {var., puois, pois), adv.^ 
après, depuis, VI, 5; VII* 15. 



Q 



que, qui, pron. relat.; masc. 
n. s., qui, IV, 41;V, 51;X,14, 
16; XI, 5; XII, 7, 31; que, 
Biogr. 3; II, 12; VI, 46; IX, 
15; XII, 6; qu', V, 23; XI, 7; 
masc. obi. sg., cuy, II, 14; 

VII, 44; XIII, 35, qu', IV, 
34...; masc. n. pi., qui, XIII, 
14, 22, 24, 28; que, V, 8; fém. 
n. sg., qui, II, 17; que, II, 21; 

V, I; VIII, 30; IX, 21; XI, 43; 

?u', V, 32; fém. obi. sg. cuy, 
I, 3; V, 6; VII, 7; fx, 22; 
X, 38; XII, 14; XIV, 2; quez, 

VI, 20; qu', II, 3; IV, 42...; 
neut7\ n. s., qui, XV, 11; que, 
VI, 40; VIII, 24; XII, 32; XV, 
36; n. obi. s., qe, XV, 10; 
quez VI, 10; c', 111, 30; IV, 47; 

VI, 32...; — qui, cond. = si 
on, V, 35,51; VI, 12; XIV, 15. 

que, qui, pro7i. inter.; n. s. m,, 
qi, XV, 31; obi. s. n., que, 

que, conj., que; compar., II, 3; 
XIV, 19; XV, 29 mais que; 
V, 25, miltans que; comme, 
XIV, 21, Lan que tornatz suy; 
— consec. : tan... que, I, 7, 8; 
II, 18;III, 46;IV, 10;VII, 12; 

VIII, 48; XIII, 19; aitan que, 
X, 38; tal que, II, 18; si que, 

VII, 20; IX, 44; aissi que, 
XIII, 14; enaissi que, X, 34; 



enansa e manto que, X, 13, de 
sorte que; VII, 24, de surlo 
que; — propos, rég., (pensar), 

VIII, 22; X, 28; XI, 3i> ; (creiro). 

IV, 40; VIII, 40; (conoinafT), 

IX, 6; (entendre), V, 10; {sa- 
ber), I, 9; III, 48; IV, 11; 
VIII, 15; (dire), II, 2:3, 27, 42; 

V, 11-5; XII, 35; (retraire), VI, 
48; (vezer), II, 16; X, 1 (\. la 
sazo que), XIII, 10; (proh'ps : 
vezer d'alcu que), XII l, 12; {fjtr 
aparer), V, 4; (voler), I, 27; 111, 
3; IV, 20; XV, 10, 14; (preg^u), 

IV, 18, VI, 24; (temer), 111. 
20; — propos, sujet (vos ijIhIz 
que), II, 19; III, 11; IV. 20; 
(dreg, razos es), I, 38; V, 2, îh 

VI, 36; (vers es;, II, 45; { iii 
ve), II, 3; (inembra me), IL ^4; 

— sazos fora que, I, 3; — (ojiiffi- 
sion de que dans les prop. rég. 
et suj.; v. Diez, 111», fr. 312); 

— causât., I, 9; II, 12. 35, 4M; 
III, 12, 14; IV, 23, 35, 38; V. 
7, 9, 14, 27, 49; VI, 5, 26. 2H, 
47; VIII, 29, 47 ; IX, 27, a^ ; X. 
19, 29, 31, 36, 43; XI, 18; XI H, 

26, 39; XIV, 20, 39; XV, lîi, 15, 

27, 80; — que, inlrod. une 
prop. Opt , III, 15 [v. l:itim- 
ming, B. d. B*, p. 2:32, n. Il, 

V. 27, sur l'omission, plus fré- 
quente même, de ce que, et 
sur l'emploi facultatif du 
conj pr, et praet., toutefois 



i4o 



GLOSSAIRE. 



avec une nuance au point de 
vue de la possibilité admise 
[c je souhaite » que, conj. pr,; 
« je souhaiterais » que, conj. 
praet.]; cf. pron. rel. que, sur 
l'optatif dans la prop, rela- 
tive); — tan que, av. conj., 
XI, 14, pourvu que. 



qnec, adj. pron., chaque, XV, 12 

qeg. 

querre, v. tr., chercher, deman- 
der; i sg. ind. pr., quier, II, 
28 (XIV, 43, mss., qeir, crey); 
i sg. fut., querrai, X, 27; i sg. 
cond. 2 quezera, VII, 15; -— 
q. son ops, XV, 35, qeren gé- 
rond., s'occuper de ses affaires. 



ram, s. m., us rams de feunia, 
XIV, 14, crime, honte {voy. la 
note). 

razo, s. f.\ raison, I, 37, es ben 
dreytz e razos : il est bien juste 
et raisonnable; razo, XV, 7 
[cf. partimen), chaque alterna- 
tive dans une question à di- 
lemme (dans la tenson) — v. Sel- 
bach, Das Streitgedicht, p. 115, 
n. ad 142 et 165. 

razonjidor, s. verb. rn. (us sui), 
de ben razonaire, VI, 38 (celui 
qui argumente (pour quelqu'un), 
qui s'attache à la cause de quel- 
qu'un {conj. périphr.). 

reconoisser, v.; rfl., II, 38, mi 
reconosc 1 sg. ind. pr., recou- 
vrer sa raison {R. manque, 
mais v, App. Chr.*, n. 119, 
V. 109, p. 184, et cf. Gloss., 
295, II), 

recreire, v. rfl., se décourager, 
renoncer à; 1 sy. ind. pr. me 
recre, VI, 21; IX, 6 ; XII, 13; 
XIV, 47; 3 sg. ind. pr., s re- 
cre XII, 45; 1 sg. fut. m re- 
creyrai, XIV, 47. 

rei, s. m., roi, XIII, 34. 

reina, s. f., reine, IV, 37. 

remaner, v. intr., rester, II, 36, 
inf.; V, 44, reman 1 sg. ind. 
pr. 

remirar, v. tr., regarder, VIII, 
29, remire 1 sg. ind. pr. 



ren, s. f.; II, 3, 45; IV, 34 ; XIV, 
5, quoi que ce soit; res, re, 
avec la nég., I, 11; III, 42; 
VI, 16; VII, 15, non, ni.... 
n'importe quoi, rien; obi. re 
adv., X, 23, 28; bella res, IV, 
17, se rapp. à mie personne. 

renda, s. f., revenu : aver alcuna 
re de renda, XV, 12, avoir à sa 
disposition (?^ 

rendre, v. tr. rendre; VI, 11, ren 
3 sg. ind. pr. (r. guizardo(s) = 
récompenser); XV, 4, rendetz 
part. pr. (cf. V, 26, n.)\— rfl. 
se rendre, Biogr. v. 12, term. 
techn. pour entrer au couvent 
{v. anar). 

repaire, s. m. demeure, V, 35. 

repropchier, s. m. proverbe, V, 9. 

rescondre, v. tr. cacher; — a res- 
cos (part, pass, ; formation 
adverbiale, cf. Stimming, B. 
de B*, p. 248, n. 8, v. 43),VIII, 
27, clandestinement. 

respos, s. m. I, 21, réponse. 

resso, s. m. retentissement, re- 
nommée; tener mal r. d'alcu, 
XIII, 12, proclamer une mau- 
vaise opinion sur quelqu'un 
(pour le sens «renommée» (bon, 
mal resso), v. R. V., 265. II, et 
p. ex. : P. Vidal, 364, 2, éd. 
Bartsch, n. VII, v. 71-2, p. 21 : 
... Quan n'aug dir bon resso 
Gaugz entiers me somo...; id., 
364, 6, ib. n. XVI, vv. 28-30, 



GLOSSAIRE. 



i4i 



p. 34 : Quar sens es e grans 
valors Qui de brau senhor fais 
Se lonha.ses mal resso...; Gaus- 
bert-P. Bremon 171, 1, publ. 
Setbach, Streitgedicht, p. 101, 
vv. 38-9 : Que fis amies deu 
esser volontos Que sa dona 
garde de mal resso...). 

retener, v. tr. retenir; inf. rete- 
ner, 11,26, retenir, garder; 3sg. 
ind.pr. rete, II, 30; 3 sg. conj. 
praet. retengiies, IX, 42; 3 sg. 
ind. pf. retenc (ab se); Biogr. 
V. 6, retenir auprès de *oi. 

retraire, v. tr.; inf. r. aie. re, IV, 
27; V,45, 51; VI, 23 (mon cor); 
r. que, VI, 17, raeonter; — r. 
aie. re ad aleu, II, 19, repro- 
cher ; {cf. dire sens prégnant : 
blâmer, reprocher), II, 19 (la 
même nuance), part, pass , re- 
trag [cf. pour ce sens : R., V, 
405, et p. ex., B. de Vent, 70, 
10, M. a. 819-20, str. IV:... lii 



s'aisi muer que retrag li*n 
seray; Guillaume de la Barre, 
éd. P. Meyer : E per so quar 
etz bels e bos Luns fallimens 
no y deu caber Ni nos nol devem 
sostener Mas que retraire lous 
devem, et cf. Gtoss., p. 190 : 
«... retracer, rapporter... avec 
une nuance de reproche. ») 

revenir, v.; tr. IV, 37, rêve 3 sg. 
ind. pr. rétablir. 

rie, adj. riche; rie parer, Ti> 33. 
attirant, eharmani; ric aabcr, 
II, 44, grand; ric^, iV, ^, sa- 
tisfait, heureux; — (y. AppeK 
Ohr.*, Creseini, ManuaL', aujo 
glossaires). 

rire, v. intr. rire; IK, 4-"!, inf.\ 
— s. m., VIII, 44; XV3 23. 

ris, s. m. rire, XIV, 20^ obL 

roza, s. f. rose, VII, 31. 



saber, v.; intr. savoir; i sg. ind. 
pr. sai, I, 9; III, 48; IV, 11, 
32; VIII, 15; IX, 6, 31, 44, 45; 
X, 10; XIV, 18,33, 44; XV, 8; 

2 pi. ind. pr. sabetz, VIII, 22; 

3 sg. conj. pr. sapcha, I, 7; 
2 pi. conj. pr. = impér. sap- 
chatz, VII. 47; sapehas, IX, 49; 
i sg. ind, pf. saubi, II, 26 ; 
2 pi. ind. pf. saubest, IV, 25; 
saber, tr. , connaître qu.ch : 
XIII, 17, sai 1 sg. ind. pr. ; 
far saber aie. re, VI, 29, inf. 

saber, s. m. savoir, intelligence, 
II, 44. 

saber, v. impers, avoir le goût 
de...; pr. ind. mi sab bo, XIV, 
20; XV, 11; bo m platz e -m 
sap bo, XIII, 1. 

sai, adv. ici, V, 44. 

saludar, v. tr. saluer; IX, 48, sa- 
luda, 2 sg. impér. 



salvar, v. tr. sauver; X, 42, sai, 
3 sg. conj. praat. uuiin tenir 
(e -l tenemen). 

sanh, adj. saint; lUofjt., w lU 
saint. 

[san, adj. dans le cve//A- ; rfuaoïi- 
nable; v. n , XIII, 18, l.J 

savais (var. sivals, sevals), adv. 
au moins, VII, 14. 

savi, adj. sage; s. m., V, 9. 

sazo, s. f. temps; îiiogr. v. 3; 
ben fora sazos, I, y, ce serait 
bien le moment. 

se, si, IV, 13 (rime); s prou, r/î, 
so, II. 39, 48; IV. i;i; IX. J^O. 

segre, v. tr. suivm; T, 39, sec, 
3 sg. ùid pr. suivra, obéir A,.. 

semblan, s. m. aspect, I, ^9; VI, 



1^2 



GLOSSAIRE. 



3; VIII, 3, s. amoros; XII, 25, 
8. trichador, n. pi. ; far semblan 
que, VI, 33, montrer. 

seinblansa, sen-, s. f. aspect; IV, 
16; X, 43; — far semblansa 
(com), III, 19, montrer, faire 
connaître ; — far s. (de), VII, 
17, feindre d'être..., imiter. 

sen, *. m. sens, raison; I, 24; II, 
39, 43; V, 13, 16, 17; IX, 31; 
XI, 21 ; XII, 43 (n. s.)\ XIV, 42. 

senhor, s. m. seigneur; n. s. sen- 
her {var. ^enhers), VI, 11, 42; 
var. senhor, XIII, 34; obi. sen- 
hor, seignor, VI, 45; X, 29; 
VII, 1, 5. 

senhoria, s. f.; II, 22; XI, 13, 
domination, pouvoir; I, 20, ce 
qiii est le propre du seigneur; 
n, 47 = les seigneurs. 

senhoriu, s. m. seigneurie, pou- 
voir, VII, 41 ; IX, 16. 

se(n)s, senes, XIV. 37, prépos. 
sans; ses, 1,33; III, 9, 11; IV, 
6, 12, 20; VI.14;IX, 21;X,30; 
XI, 17; XII, 5; XIII, 10; XIV, 
3, 42; Stfs-Enjan, II, 46, senhal. 

sentir, v. tr. sentir; XII, 20, sen 
(dolor) i sg. ind. pr. 

ser, s. m. soir, II, 24. 

servidor, s. m. serviteur; IV, 18 
ser vire, n. s.; XII, 36. 

servir, v. servir; tr., inf. ser- 
vir, XII, 1 ; 3 sg. ind. pr. serf 
{var. ser), VI, 12; 2 pi. ind. 
pr. sirvetz, XIII, 16 ; part.pass. 
servida ('us ai, au^ay, an;, VI, 
12; IX, 39; XIII, 22; ac. ou 
dat. : 3 sg. ind. pr. ser (var. 
seru) vos XIII, 24; 3 sg. conj. 
(opt.) pr. serva j-l), Xlï, 38; 
3 sg. cong. praet. servis (us), 
Xlil, 20; cf. Meyer-Luhke, R. 
Gr., 8 368, pp. 392, fr. 407). 

servizi, s. m. service, XIII, 8. 

si, adv. si, ainsi ; IV, 30, indiq. le 
précéd.; V, 16 \exclam.)', VII, 



26; IX, 43 (si... que); -r dans 
les formules de serment, VII, 
33, si Dieus vos aiut; XIV, 17, 
si Dieus mi perdo ; anal. XV, 1, 
si Dieus ioi vos aduga (voy. note 
à VII, ;13). 

si, se, XV, 29, ms. a.; s', conj.: 
condit. I, 1; II, 7, 10, 25, 41; 

III, 22, 29, 36, 39; IV, 6, 13, 
36; V, 19,20, VI, 14; VII. 11; 
VIII, 12, 39;-4X, 19, 23, Î86, 31, 
33; X, 35, 37: XIII, 37; XIV, 
3, 5, 13, 27, 29, 36; XV, 4, 9, 
29; — interr. IV, 22; XIV, 44; 
— concess. si, XIV, 27, [et cf. 
dans 242, 51, str. II citée, XIII, 
27, note] XIV,48(5«n5 concess.; 
si tôt {av. ind.), II, 29; XV. 39; 
si tan (av. indic), IX, 28; si 
be {av. indic), II, 24; XI, 16; 
si... anc (av. indic), XII, 21. 

sieu (-eo, III, 13), pron. poss. 
3 pers. sg. masc, accentué, 
sieu; adj. III, 13; IV, 1; IX, 
10, 17; subst. X, 11, 14, 34; 

XII, 6; — sieu, XII, 6, son 
fidèle, son homme; sieu, IV, 
1 ; IX, 10, 17, son fidèle (dans 
Tamour). 

simple, adj. simple, imbécile, 

XIII, 27 (var. f). 

so, zo XV, 40, ms. a., cho VI, 
43 m5. i. ; 'S ; pron. démonstr. 
neutre; II, 39, 41; III, 30, 47; 

IV, 4, 11; V, 45; VI, 43; XI, 
6; XII, 30, 48; XV, 26, 33, 40. 

soanar, v. tr. dédaigner: I, 32, 
soan, 3 sg. conj. pr. (refuser/). 

sobeiran, adj. haut placé, émi- 
nent, XIII, 12. 

sobra, s. f. reste, excédent; pi. 
sobras de. . ; adverbialement, 
VII, 13, exèès, trop, v. note. 

sobramansa, s. f. amour exces- 
sif, III, 27 (en rime; R. L. 
magique; mais v. R. II, 64, I, 
amansa). 

sobramar, v. tr. aimer excessive- 
ment; s. m.,\, 27. 



h^. 



GLOSSAIRE. 



i43 



sobre, prépos. au dessus de, XIII, 
39. 

socors, s. m. secours; XI, 3, far 
socors. 

sofertador; -suf., s. verb. m.; bos 
sufertaire, VI, 30, celui qui 
supporte patiemment la souf- 
france. 

sofraitos, adj.,' s. m. II, 13, pau- 
vre. 

sofridor, s. verb. m.; soffrire, 
VIII, 16, celui qui soufTre, 
éprouve quelque chose [conjug. 
périphr. esser s. = sofrir). 

sofrir, -suf., v. souffrir; tr. X, 6, 
inf.; VI, 32, inf. et sofrirai, 
i sg. fut. (qu' sera pr. rel. et 
non pas conj. caus.)\ — s. m. 
sufi-ir, XI, 7. 

sol, -a, adj. pr. seul; III, 2, fém.; 
sol* una, XV, 3'), une seule. 

sol, adv. seulement, I, 40; — sol 
que, conj. {av. conj.), II, 15, 
pourvu que. 

solamen, adv. seulement, X, 37. 

solatz, s. m.; XIV, 19, joie; VIII, 



9, 44; XV. 23, entretien aima- 
ble. 

soler, V. déf.y av. inf.; s. far = 
faire d'habitude; mais que no 
sol faire (v. vicar.), XIÎ, plus 
que jamais. 

son, s. m. son, mélodie; XIV, 4, 
bos motz ni guai so. 

son, -sa, I, 19...\pl. sos, I, 21... ; 
sas, I, 29...-^ pron.poss.3 pers. 
sg., atone, son, sa, ses, pas- 
sim; — s'amor, III, 7, 14 = 
Tamar, v. ?iote, VII, 40. 

sospeizo, s. f. soupçon; estar ne 
sospeiso, XIV, 28-9, être en dis- 
grâce. 

sospir, s. m. soupir, VIII, 14; 
XI, 11. 

sospirar, v. intv. soupirer; VI, 
8, sospira, 3 sg. ind. pr. [v. 
cors); VIII, 13, sospire i sg. 
ind. pr. 

soteiran, adj. inférieur, bas; XIII, 
3, faitz s.; XV, 21, ioi s. 

sovinensa, s. f. souvenir, mé- 
moire; aver s. de VII, 24, se 
rappeler, penser à. 



tal, adj. tel; indiquant le pré- 
céd. : III, 23; XI, 4 {cf. note 
VIII, 18-20); XIV, 38; tal... 
(qui) don, 11; X, 33 (conséc); 
tal que, II, 17. 

talen, III, 22 (rime); talan, V, 
41; VI, 12 (rime)\ VIII, 5, 
sr. m. volonté, désir. 

tan, adj. tel, si grand, IV, 22 {in- 
diquant le préc); — subst. n., 
XIV, 34, mil tans que (non)..., 
V, 25, mille fois plus que {voy. 
Tobler, Verm. Beitr., I, p. 150). 

tan -nt, adv. tant; — sans que. 



etc.f dans Vexclam. : I, 5; XV, 
27; indiquant une idée précé- 
demment exprimée ou cofinue : 
11,20; 111,20, 33; VI, 20; IX, 
32, 39; X, 5, 6, 18; XIII, 8; 
XIV, 25; XV, 10; indiquant la 
proposition précéd. : VIII, 10, 
18, 20; XV, 20 {v. note VIII, 
18-20); — tan... que, I, 6, 7; II, 
6; III, 44; IV, 9; VII, 11...; 
t... per que, II, 28; IV, 25; — 
conjonct. compos. : tan que : 
compar., XIV, 21, suy tan que..., 
c< je suis comme... »; tempor., 
tant quant, Biogr., v. 11 ; tan 
eu m IV, 29, tan que, voy. com ; 
tan que, VIII, 47, pourvu que; 



i44 



GLOSSAIRE. 



si tan, C07icess. (av. ind.) IX, 
28. 

tanher, v. intr. convenir, être 
convenable; XII, 32, tanh 3 sg. 
ind. pr.; I, 9, tanheria 3 sg. 
cond. h.; rfl. XIV, 24, -s tanh 
3 sg. ind. pr. 

tart, adv. tard » -a tart, VIII, 9, 
tard, difficilement, à peine {cf. 
H. V, 30i, I, 2 ex.)\ [intéres- 
sant est : plus tard, plus tost, 
far aie. re, « être moins, être 
plusdisposéàfairequ.ch» dans 
le passage cité, n. ad X/, 7, 
de 84, 1 : E negus ioglars non 
vai Qe plus tard fezes falia Ni 
plus tost fezes bon plai]. 

tarzar, v. tr. tarder; rfl. se t. de, 
VI, 16. tarzera i sg. cond. a. 
s'attarder à. 

temensa, s. f. crainte, VII, 21. 

temer, v. tr. craindre; III, 20. 
tem, 1 sg. ind. pr. 

temeros, adj. craintif, VIII, 18. 

temps, s. m. temps; lonc t., 
Biogr. v. 5, longtemps. 

tenemen. s. m. possession, pou- 
voir, X, 41. 

tener, v. tr. tenir; i7if. tener, II, 
18 (rime); V, 24 (r.); XIV, 31 ; 
tenir, XII. 18 (r.); i sg. ind. 
pr. tenc, VII, 20 {var. teing) ; 
XI, 40; 3 sg. ind. pr. te, V, 80 
(ten); X, 1; XII, 8, 48; 2 pi. 
i7id. pr. tenetz, VII, 36; VIII, 
43; XV, 21. 24; 3 pi. ind. pr. 
tenon, XIII, 12; 2 sg. impér. 
ten, XIV, 41; 3 sg. conj.praet. 
tengues, IV, 1; 3 sg. fut. tenra, 
XV, 38; ^ i^^ fut. tenretz, XV, 
7; 3 sg. cond. a. tendra, VI, 
39; i sg. cond. h tenria, XV, 
13; —part. pass. tengut (m'a- 
vetz), VII, 1; — XII, 48, tenir, 

?ossédèr; t. en, VII, 1; XII, 
8, tenir en ; le maltraitz te alcu, 
VI, 39, la souffrance tient 

?u'un; tener aie. re en grat, 
I, 18, agréer; tener cort, VIII, 
43; ténor pro ad alcu, V, 24, 



X, 1, XII, 8, aider: tener (au- 
tra) via. XI, 40, XI V, 41, pren- 
dre une voie ; — tener alcu (-na 
re), av. l'ace, d'un adj.^ tenir 
qu.un, qu.ch dans un état {dou- 
ble obi.), VII, 20, t. lo cor es- 
condut; VII, 36, t. aie. vencut; 
XIV, 31, t. alcu jauzent ni gai 
{cf. Stimming, B. de B*, p. 242, 
n. VI, V. 44; Ap. Chr.«, Gloss. 
310, II I; tener = regarder 
comme : tener aie, aie. re per..., 

IV, 1; V, 30; XV, 20; tener 
aie, aie. re per, XV., 38 {cf, 
Stimmingjbtd.,p 274, n. XXV, 

V. 6); — tenen {part.), adj. 
avare, X, 29. 

tenzo, s. f. tenson, genre poéti- 
que, XV, titre et v. 17. 

terra, s. f. terre, X, 46, Biogr. 7. 

tolre, v.\ rfl. se séparer, s'en 
aller; i sg. ind. pr. m tuelh, 
VIII, 38, 45; XI, 40; i sg. conj\ 
praet. tolgues, XI, 36. 

tor, s. f, tour, V, 36. 

tornar, v. tourner; tr.y XIV, 21, 
tornatz part. pass. tourner, 
inversement; intr, tornar a..., 
III, 21, torn 3 sg. conj. pr. 
tourner en, changer en ; II, 34, 
torniey, i sg*. ind. pf. revenir; 
rfl. se* t. en, XIII, 82, se tour- 
ner, se diriger vers. 

torser, v. tr. tordre; 3 sg. ind. 
pr. tort, V, 21 {var. f). 

tort, s. m. tort; III, 18, ce qu- 
est contre la justice ; V, 31, ce 
qui est contre la raison. 

tostemps, adv. toujours, II, 16; 
V, 14. 

tôt, masc. n. s. m. totz, VIII, 
40; XIV. 42; XV, 8 {cf. V, 30; 
XIV, 32); n. pi. tug. V, 40; 
XIII. 4, 12; obi. pi. totz, II. 
46; III, 16; VI, 47; VII, 23; 
XII, 35; fém. s. tota, XII, 4; 
pi. totas, VII, 46; neutr. sg. 
obi. tôt, III, 47; adj. pron. 
tout, toute; II. 5, III, 47, V. 
40, VII, 46, XII, 4, tout, cha- 



J 



GLOSSAIRE. 



i45 



que; IX, 13, XV, 8, tout entier ; 
tot(z) lo mon{s), V, 30, VIII, 
40, XIV, 32, tout le monde, 
tous, cf. mon; totz jorns, II, 
46, III, 16, de jour en jour, 
toujours; en totz locs, VII, 23, 
partout [ou 'plutôt sens tempo- 
ral : toujours?); tôt, adj. [et 
non pas adv.) accomp. un adj., 
tôt nou, I, 13 tout (entière- 
ment) neuf {cf. Tohler, Verm. 
Beitr. I, 12) ; totz hom, XV, 8, 
cf. orne ; — tôt substant. : sg. 
neutr. del tôt, XIV, 11, tout à 
fait, complètement; pi. masc. 
VI, 47; XII, 35; XHI, 4, 12, 
tous ; — tôt, adverb. tôt per la 
vostra faillida vos fui cascus, 
XIII 4-5, « tout par votre dé- 
chéance », mais passant déjà 
au sens de « uniquement par 
votre déchéance » ; (ce sens d'ex- 
clusion de tôt adverbial se dé- 
eveloppc assez souvent, sur- 
tout, naturellement y lorsque 
tôt accompagne, comme ici, 
une construction préposition- 
nelle : per..., comportant le 
sens causatif, p. ex., R. V. 
390, / ; A un vilan sui donada 
Tôt per sa gran manentia; App. 
Chr.^, n. ii5, vv. 119-24 : E 
quar ve en conoissemen Qua- 
scus... per vezer, no fay per 
auzir, leu tôt per amor d'aisso 
vuelh A totas gens mostrar ad 
uelh La dicha naissensa d'a- 
. mors...; Bertran de Born, 80, 
4, vv. 22-3 : Senher Conratz tôt 
per vostre amor chan Ni ges 
no-i gart amie ni enami...; mais 
non moins : Per qu'es tôt (qui 
que plaza o tire). En noble cor 
(quin vol ver dire), Lo bes ciue 
om fai tota via Sordel, Aissi 
co.l tesaurs, éd., De Lollis, 
p. 224, vv. 631-3, « unique- 
ment en noble cœur » ; v. aussi 
App. Chr.* n. 53, vv. 9-11 : Bels 
dous amies, baizem nos yeu e 
vos Aval els pratz, on chanto'ls 
auzellos, Tôt o fassam en des- 
pieg del gilos [ainsi dans Ap. 
Chr.* et au Gloss. tôt donné 
comme adv. [serait donc : k ne 
fût-ce que ») mais pas sûr, 
parce que « auzellos. Tôt o fas- 
sam... » (S. Tout cela » [v. II, 5), 
n'est pas impossible^, et on se 



demandera jusqu'à quel point 
la satire de Peire d'Alvernhe, 
est atténuée par les deux der- 
niers vers : Lo vers fo faitz 
als enflabotz A Puoich-vert tôt 
(<i tout en » ou « unique- 
ment » ?) iogan rizen. 

traire, v.; inf. traire, IV, 22, 25, 
28; V, 8; VI, 7; XII. 39. 45; 
1 sg. ind. pr. trac, VI, 10; 
VII, 37; 1 sg. conj. pr. tra3ra, 
IV, 23; i sg. ind, pf. trais, 
XII, 21; gérondif : iTSizen, V, 
10; — tr. traire aie. (-una re) 
de, IV, 25; V, 8; XII, 39, tirer 
qu. eh. de ; traire mal, IV, 22, 
23; V, 10; XII, 21; tr. afan, 
VI, 10; tr. penedensa, VII, 37, 
souffrir le mal...: tr. enan, IV, 
28, avancer, célébrer; XII, 45, 
avancer, augmenter; — rjï. se 
tr. vas, VI, 7, se tourner vers. 

traire, = trazir, v. tr. trahir; X, 
34, trai, 3 sg. ind. pr, 

trametre, V. tr. transmettre ; XIII, 
36, tramet 1 sg. ind. pr. 

trebalhar, v. tr. torturer; II, 21, 
trebalhet 3 sg. ind. pf, 

très, num. trois, XV, 3, 31. 

triar, v. tr. choisir; tr. alcuna 
per melhor, XI, 44, choisir 
quelqu'un pour la meilleure 
(cf. plus). 

trichador, s. et adj. (verb.) m. 
trompeur; XII, 25, adj. (n. pi). 

tricharia, s. f. tricherie, trompe- 
rie, III, 11. 

tro, prépos. jusqu'à; conj. I, 16 
{av. conj.); Il, 40 {av. ind.), 
jusqu'à ce que (= tro que). 

trobar, v. tr, trouver; 1 sg. ind, 
pr. truep, VII, 32; X, 24, 48 ; 
XV, 40; 1 sg. conj. pr. truep, 
VIII, 48; XV, 17 (trueb); 1 sa, 
ind. pf. trobey {var, -iei), X, 
25 (id.); 3 sg. fut. trobara IX, 
13 ; 2 pi. fut. trobaretz VII, 48; 
part. pass. trobat m'a, II, 22 ; 
— tr. alcu avec Vacc. de VadJ, ; 

10 



^ 



tl^ 



GLOSSAIRE. 



trouTar quelqu'un dans un état, 
se c<5nvaincre que quelqu'un 
e&L., [vfr. tener), double obi., 
II, 22. 

trop. adi\ trop; III, 24; XV, 41; 
XV, 18 (ms. a. truep); —trop... 
maiy.,. que (non), XIV, 18, de 
befliiooup plus que. 



truan, adj. menteur, trompeur, 
I, 40. 

tu.pron. pers. 2 pers. sing.\ tu, 
toi, te, V, 13, obL 

turmen, s. m. souflfrance; XIII, 
32 {cf, vostre et note). 



u 



hue V mais (var. oimais), adv. dé- 
Bormitia, IX, 20; XI, 9. 

Uudh iimr. oill, oil), s. m. œil; 
pf. IX, 2; XI, 23; XII, 28, 29; 
XV, a 

humil, udj. ; I, 4, gracieux. 

umîliar^ iime-, v.; rfl. s'umelia 
jy^r. ft'iimi-), III, 86. devenir 
bienveillant, avoir grâce de... 

îjumilitat (umilitat), s, f. bonté. 



pitié, II, 44; VIII, 12,16; IX, 
42. 

un -a, art. indéf. un, une; I, 13; 
III, 1 ; XIV, 14..., Biogr. v. 1. 4. 

un, numér. un, une; esser d'un 
semblan, I, 39, être du même 
aspect; XV, 30; — per un cen, 
V, 29, cent fois plus {v. Tobler, 
Verra. Beitr., I. pp. 152-9; t>. 
aussi Levy, Guilhera Figueira, 
pp. 86-7). 



vair, adj. variable, changeant; 

IV, 2i^ ses cor vaire. 

TaWj adj. {fem. valenjs}, IV, 36 ; 

V, m\ VI, 22, 41; ^ valenta, 
ni, 1) vaillant, noble, III, 1; 
IV, 3ti: V, 30; VI, 22, 41; X, 
44, 48; XII, 33; XIII, 33, 34. 

valenaa, s. f. vaillance, VII, 45; 
— far valensa ad alcu, VII, 16 ; 
XV. 8(1, satisfaire quelqu'un, 
aider A quelqu'un, 

valer, u. intr.\ inf. valer, II, 45 ; 
4tj : V, 31 ; 3 sg, ind. pr. val, 
III, m, 41; XII, 12, 47; 5 sg. 
conj. pr. valha, II, 45; 5 sg. 
conj. praet. X, 28; part. pass. 
valgut (m'a), VII, 4; — II, 46; 
XJI, 47, valoir, avoir de la va- 



leur; — valer ad alcu, ut s, 
valoir, aider. 

valor, s. f. valeur, VI, 44; VII, 
46; XI, 18; XII, 41 pi. qualité. 

vas, (ves, VII, 39; VIII, 24). 
prépos, vers; — IV, 27; VI, 27, 
vers loc; vas nulha oart, XIV, 
34, nulle part; — VII, 39, VIII, 
24, X, 34, à l'égard de. 

veiaire, s. m. (ou plutôt : s. verb. 
neutr.), ce qui me paraît, opi- 
nion; — 80 m'es veiaire, XII, 
30, cela me semble. 

venir, v. intr. venir, arriver; inf. 
venir, XI, 38; 3 sg. ind.pr, ve, 
II, 2; VI, 40; X, 36; XII, 11; 
3 sg. conj. pr. venha, IX, 7; 



GLOSSAIRE. l47 



3 sg. ind. impf. venia, II, 25; 
XI, 37 ; 3 sg. conj. praet. ven- 
gues, III, *35, 45r; part. pass. 
vengutz (es), VII, 42; — venir, 
arriver, VII, 42 ; — alcuna res 
(mais, bo, manentia) ve ad alcu, 
II, 25; m, 35, 45; V, 40; IX, 
7; X, 36; XI, 37, 38, qu. ch. 
arrive à quelqu'un; — (me) ve 
que, II, 2; XII, 11 {ou bien 
ve = vei, 3 sg. ind.pr. vezer?), 
il (m*) arrive. 

venser, v. tr. vaincre; 3 sg. ind. 
pr. vens, VIII, 12. vaincre, in- 
cliner; 3 sg. cond. pr. vensa, 
VII, 48, vaincre, être supérieur ; 
part pass. vencut (me tenetz), 
VII, 36, subjuguer. 

ver, adj. véritable, XI, 19. 



ver, s. m. vérité; dire ver, II, 27; 
V, 51 (retraire v.), IX, 8; poder 
per ver (en ver) dire, XI, 42; 
XV, 37; vers es, IX, 6; es vers 
que, II, 45. 



verai, acU- véritable, sincère, III, 
10. 

vergonha, s. f. honte, II, 30. 

vetz, s. /.; una vetz XV, 25, une 
fois; — adverbialement : una 
vetz, VII, 14, une fois; mayn- 
tas vetz, XII, 30, souvent; mil 
vetz, XIV, 23, mille fois, très 
souvent. 

vezer, v. tr. voir; inf. vezer, II, 
15; i sg. ind. pr. vei, vey, II, 
46; VII, 18; X, 1; XIII, 11; 
3 sg. ind. pr. ve (rime), IV, 
42; VI, 48; XII, 44; id. ou bien 
ve = venit? XII, 11; 1 sg. ind. 
pf. vi, III, 37; IV, 15; XIII, 9; 
XV, 22; i sg. fut. veirai, IV, 
33; — qu'om ve, IV, 42; VI, 48; 
XII, 44, que l'on voit, qui se 
trouve; -vezer alcu... av. inf. 
(yaler), II, 46; vez. que, II, 15; 
X, 1; XIII, Il {proleps.). 

vida, s. f. vie, II, 14; XIII, 29, 45. 

via, 5. f. voie; via de chantar, 



XIV, 21; tener (autra) via, XI, 
40; XIV, 41. 

vilan, adJ. vilain, XIII, 2 (27). 

vilania, s. f. vilenie, II, 34; XIV, 
13, far V. 

virar, v.; rfl. se tourner; inf. 
(me) virar, XI, 10; i sg. ind. 
pr. vir, VI, 17; VIII, 38; vire 

VIII, 45 IX, 44; i 5pr. conj, 
pr. vir, V, 43; XI, 14. 

viure, v. intr. vivre; 3 sg. ind. 
pr. viu, VIII, 34; i sg. fut. 
vivrai, IV, 30; 5 sg. ind. pf. 
visqet, Biogr, v, 12. 

voler, V. tr, vouloir; inf. voler, 

II, 42; i sg. i7id, pr. vuelh 
[var. voill), I, 24, 26; V, 45; VI, 
37; IX, 10; XII, 34; XIV, 28 
(vueilh); XIV, 35; XV, 27 
(vueill); voil, XIV, 43; XV, 12, 
32: vol, XV, 16; 2 sg. ind. pr. 
vols, V, 13; 3 sg. ind, pr, vol, 

III, 4; V, 51; ^ pi. ind, pr. 
voletz, XV, 10, 19, 23; P pi, 
conj. pr. (= impér.) voillatz, 

IX, 21; vulhatz, V, 38: 3 sg. 
ind. impf. volia, II, 41; 3 sg. 
ind. pf. vole, XTI, 15; i sg. fut, 
vùljcai, 1, 2;i, 2"/ ; 2 pi. cond. a 
volgrftLz. XI, ri; i sg. cond. b 
voiriat 111, :iJ, KJ; — v. av. inf. 
1.25î V, 13, 45, 51; IX, 10; XI, 
3- XII. 15,3i; XV, 10, 12,34; t?. 
il lie. 1.^27; IV, 21; XV, 10; que 
omis, Illf *U, J3 {proleps.); v. 
nie. ro, il, 11, 42; XV, 23, 27, 
vouloir qu. ch. ; v. alcu, alcuna 
re, VI, 37; XIV, 43. désirer; 
— mais vuelh... {inf.) que si, 
XIV, 28; enan voil, inf. XV, 
32, préférer; — voler, s. m. 
volonté, désir, V, 41. 

volontat (var. volunt-), s, f. vo- 
lonté, désir. 

volver, V. tr. tourner; rfl. XI, 1, 
•m volgues i sg. conj, praet. 
se tourner; — part, praet. 
{adj.) volvens, XIII, 15, chan- 
geant, infidèle (cf, p. ex. Sor- 



l 



m 



GLOSSAIRE . 



dei, Aiasi mr\ tesauBS. éd. de 
LoUi^, p. iU2, V. î;i^30 : ... Ni 
iiulJ;i viiltmlntz volvenz). 

vos, *ii3, vo- V, 38, pron. pers. 
2 pers^ p(,, — passim. 



vostre, pron, poss. 2 pers, pi., 
— passim; vostr' onors, VII, 40; 
XI, 34 = ohrar vos; — vostres 
turmens, XIII, 32, les souffran- 
ces de votre part, v. 7iote, VII, 
40; mal grat vostre, XIV, 39, 
malgré vous. 



liNDEX DES NOMS PROPRES' 



(Abréviations : Intr[oduction]; Comimentaire]; d[atation] et l[ocalisation]; f[orme'\ 
Gloss[air€\.) 



I 



A gènes, Bgr, v. 1; -ais, Inlr. 

p. XIII, XIV. 

Agout, III, 4î^; Raimon d'— 
Com, III, d. et L; Inlr. 

p. XIX, XLVI. 

Alfonse II, roi d'Aragon, Inlr. 
p. xviii, n. 1. 

Alfonse II, comte de Provence 
(118,-1209), Inlr, p. xviii- 
XXIV ; Com. IV, V, VII, d. 
et l.; voy. Anfos. 

Andrieus, IX, 28; voy. note, 

Anfos (de Proensa), Bgr. v. 6; 
voy. Alfonse. 

Auvergne, Inlr. p. xvi. 

Avignon; voy. Beneic d* — . 

Aymar(s), I, 17; sans doute 
Adémar V, vicomte de Li- 
moges de 1148 à 1199. 

Bacchus, Intr. p. xlvi. 



Barjols, Inlr. p. xviir, xxi. 

Baux, Inlr. p. xx, n. 1; xliv- 
xr.vi; voy> Guillaume de — . 

Bealris, XI, 42; XII, 42; XIII, 
47; Béatrice, comtesse de 
Provence, femme de Rai- 
mon -Bérenger IV; Inlr. 
p. xxii; Com. IX-XIII, d. 
ell. 

BelhS'Guazanhs^ I, 1, senhal 
d'une dame inconnue. 

Beneic d'Avignon, Bgr. v. 13, 
et Intr. p. xiii, xvi et note. 

Berlran La Tor, I, 31, et 
Com, I, d. et l.; Bertran I, 
seigneur de la Tour, en Au- 
vergne, qui vécut de 1110 
à lllK) environ; il échangea 
quelques coblas avec le Dau- 
l»hin d'Auvergne {Slitdj de 
fil. rom., V, 506-7). 



1 . Les noms en italiques sont cités dans le texte. 



i5o 



INDEX DES NOMS PROPRES. 



Bertran, I, 24, n'esl autre que 
le célèbre Bertran de Born ; 
Intr. p. XVII, XVIII. 

Biatris, voy. Bealris; Na Bia- 
tris, XV, 5, dame inconnue. 

Blaeatz, VII, 45; VIII, 45; X, 
47; XII, 45; Corn., d. et l., 
V-XII; Intr, p. xxii-xxxii. 

Brian, I, 23. — Brian est un 
personnage que je ne puis 
identifier. Il devait appar- 
tenir à une famille de TAl- 
bigeois où ce nom fut plu- 
sieurs fois porté au treizième 
siècle. 



Capduelh, I, 30, voy. Pons 
de — . 

Castelas (Bels-), I, 25. — Bels 
Castellas parait être un 
senhal, un pseudonyme, qui 
n'autorise aucune identifica- 
tion ; à moins (mais cela est 
peu probable) qu'il ne faille 
entendre « Beau Castillan », 
et alors on pourrait songer 
à Alfonse VIIF, roi de Gas- 
tille depuis 1158. 

Castellan (sentier de'ls ...), 
XIII, 34; Castillan, voy. 
XIII, d, et l, 

Cesilia, Bgr, v. 10; voy. Si- 
cile. 



Balfis (Z), Robert ler, dauphin 
d'Auvergne de 1168 à-1234, 
protecteur d'un grand nom- 
bre de troubadours; voy. 
noire noie à publier. 

Ehlos (N'), I, 27. — Eble V de 



Ventadour, qui épousa avant 
1182 Marie de Limoges. Il 
était le petit-fils du célèbre 
Eble II, « le chanteur ». 

Éléonore d 'Aragon, comtesse 
de Toulouse, Intr. p. xix, 
XXIX, XXX ; Com, IV, d. et l. 

Elihonors, IV, 38, voy. Éléo- 
nore. 

Enlrevenas, voy, Isnart d' — . 



Fezensac, voy. Trencaleon, 

Frédéric II, l'empereur, XII, 
33 (l valent emperador); 
Com. XII, d. et l. 

Garsenda, comtesse de Pro- 
vence, Bgr. V. 9; Intr. 
p. XX n., XXI, XXII ; Com. 
V, VI, VII, VIII, d. et l. 

Gascogne, Intr. p. xvi, xvii. 

Géraud Trancaleon de Fezen- 
sanc, voy. Trencaleon. 

Guillaume de Baux, Côm. VII, 
d. et l. 

Guillaume de Sabran, Com, 
VII, d. et l. 

Isnart, X,-45; Isnart d'Antra- 
venas, Intr. p. xxiii. 



Jacme I d'Aragon, Com. VII, 
d. et l. 

Jaufre(zet), XV, 1, 20, 37 et 
titre; Jaufre Reforzat de 
Trets, Intr. p. xxiii et xli- 
xLiv (note). 



INDEX DES NOMS PROPRES. 



Languedoc, Inir, p. xvi-xvii. 

^ Léo (rei de), XIII, 33; voy. 
Com, XIII, d. et l, 

Limoges (vicomtes de), Intr. 

p. XIV, XVII. 

Limousin, Intr, p. xiii, xiv, 
XVI, xviir, XXI. 

MaMV (Na), XV, 5, dame in- 
connue. 

Marguerite de Savoie, Intr, 
p. XXII ; Com. IX, X, d. et l. 

Marseille (vicomtes de), Intr, 
p. XXIII, XLii, n. 2. 

Miravalh, I, 29 (Raimon d**), 
le troubadour connu. 

Monleo(s)y I, 22 (en Peyr de 
cuy es..,); Intr. p. xvii; 
Com, II, d, et l. — Il m'est 
impossible d'identifier ce 
personnage, qui devait pos- 
séder le château (depuis 
longtemps disparu) de Mon- 
léon, situé aux environs de 
Pons (Charente-Inférieure). 

Oliver (de Barjols), Bgr, v. 5, 
8; Intr, p. xiv, xv. 

Peire de Monleon, voy. Mon- 
leon. 

Périgord, Intr, p. xiv, n. 1. 

Perots, Bgr, v. 2 (?); Intr. 

p. XIII, XIV. 

Pierre II, roi d'Aragon (1196- 
1213), Com. VII, d. el l. 

Pons de Capduelh, I, 30, le 



troubadour connu; fnlr. 
p. XVII ; Com. I, d. et L 

Proensa i-za, -cha); Anfos 
de —, Bgr, v. 6; comlessa 
de— ,yiy^2(woY. Garsitnda)\ 
senhoriu de —, VII, M : XV, 
34; Intr. p. xiv et xvjn- 
XXIV ; Com. III-XV, d. el L 



Raimon d'Agout, voy. A goût. 

Raimon-Bérenger IV, Inlr. 
p. XXII ; Com. VI, VII, d. el L 

Randon, 1, 19. — Il s'agit d'un 
des possesseurs des ch A.teaux 
de Randon et de Ghateau- 
neuf en Gévaudan, proba- 
blement un seigneur de ce 
nom dont on perd la trace 
en 1205. Randon a <^lé 
nommé plusieurs fois pju- les 
troubadours, notammen 1 par 
Garin d'Apchier (102, 5, 
str. IV), et le Moine de Mon- 
taudon (305, 12, V, 14) : voy, 
notre note sur Randon (cf, 
Introd., p. XI, n. 1). 



Saintonge, JI, 47 (Sanhlon- 
gier), Intr. p. xiv, xvi, xvij ■ 
Com. II, d. et l. 

Sancho (d'Aragon et de Pro- 
vence), Com. VII, d. et l. 

SauU (vallée de), Com. III, 
d, et l, 

Savoia, X, 41 ; comtessa de ~, 
marques de —, IX, 4G-7; 
voy, Marguerite et Thomas; 
Intr. p. xxii; Com, IX, X, 
d. et L 



102 



INDEX DES TEXTES CITES. 



Ses-Enjan,Uy 46, senhal d'une 
dame inconnue ;/n/r. p. xvi; 
Com. Il, d, et L 

Sicile, Bgr, v. 10 (Cesilia); 
Intr, p. XX, n.; xxi et n. 3. 



Thomas I de Savoie, IX, 47; 
Intr, p. XXII ; Com, IX, X, 
d, et L 

Tor (La), I, 3^; voy, Bertran. 



Trencaleon, I, 18. — Géraud 
Trencaléon, comte de Fe-^ 
zensac, dontrexistence nous 
est connue par un acte de 
1186. 

Uga (Na), XV, 5, dame in- 
connue. 

Ventadorn (vicomtes de), Intr, 

p. XVII. 



II 



TROUBADOURS ET TEXTES CITÉS 



Aimeric de Belenoi, Intr. 
p. XXXV ; Com. VII, d. et l.; 
VII, 33; IX, f.; Gloss. cel. 

Aimeric de Pegulhan, Com. II, 
20; III, 43-5; IV, 3; IV, 
37-8; VII, 9; VJJI, f. 

Aimeric de Sarlat, Intr. p. xv, 
3; Com. IV, 3. 

Albertet de Sisteron, Com. 
IV, f.; VJI, 28; Gloss. cel. 

Alegret, Com. V, 40. 

Arnaut Catalan, Intr, p. xxvi, 
XXIX, XXX (note). 

Arnaut Daniel, Intr. p. xxxiii; 
Com. IV, 3; V, f. 

Arnaut de Maruelh, Com. VII, 
33; VIII, 24 (30, 8 et dom- 
neaire); IX, f; Gloss. mal. 

Arnaut Peire d'Agaiige, Com. 
VI, 27; XII, d.et l. 

Arnaut Plagues, Intr. p. xxix. 



Bernart Arn. Sabata, Gloss, 
chanlador. 

Bernart de Pradas, Com. IX, 

2S. 

Bernart- de Ventadorn, Intr, 
p. XXVI, xxviii-xxix; Com,. 
I, 3; III, 43-5; V, 40(30:70, 
31, et 50 : 70, 3); VII, 25 
(70, 3, et 70, 6); X, 15; 
GZo5s. gitar, plan. 

Bertran d'Alamanon, Com, 
XII, d. et l. 

Bertran de Born (cf. Vindeœ 
précéd.); Com. I, 3; I, 5; 
III, 43-5; Gloss. tôt. 

Bertran Garbonel, Com. XV, f, 

Bertran de Gordo, Com. XI, 7. 

Blacasset, Com. III, 43-5; XV, 

Bonifaci Calvo, Com, IV, f,; 
Gloss. esfortz. 



L 



INDEX DES TEXTES CITES. 



i53 



Gadenet, Intr, p. xxxi; Com. 
IV, 3; IV, 37-8 (106, 22, et 
106, 18); VI, 37; X, d. et L 

Calega Panza, Com. VII, 28. 

Gercamon, Com, XIII, d, et l, 

Daude de Pradas, Com, IX, /*.; 
XIII, 27; XIV, 1. 

Elias Cairel, Intr. p. xiv, n. 1; 
XXV, XXVII, n. 1; xxxi, 
XXXIII ; Com. IV, f,; IV, 1; 

VI, 27; VII, 28; IX, f. (133, 
1,2,12); XII, ^. et h 

Elias Fonsalada, Intr, p. xiv, 
n. 1. 

Elias d'Ussel, Intr, xiv, 1. 

Folquet de Romans, Intr, 
p. XXXV et suiv. (xxxvi, 
note); Com. IV, f.; IX, 28. 

Falqiiet de Marselha, Com, 

VII, 25; IX, f.; XIII, 27. 



Garin d'Apchier, Intr. p. xxix ; 
Com, XI, 30. 

Gaucelm Faidit, Intr, p. xxxv- 
xxxvi; Com. I, 3; III, 43-5; 
V, 40(50); VII, 25; VII, 33. 

Gausbert (171, 1), Com. VII, 
33; Gloss, resso. 

Gausbert de Poicibot, Intr, 
p. XV, n. 1. 

Giraldo lo Ros, Intr, p. xxxii; 
Com, VIII, 24 (239, 1). 

Giraut de Bornelh , Intr, 
p. XXVI ; Com. IV, 3 (242, 



43,58); VII, 9; VII, 13; VJI, 
25(242, 16, 18); VII, 28(243, 
45,60); VII, 33(242,48, 16, 
43); XIII, 27. 

Giraut de Salinhac, Inlr^ 
p. XV, n. 1; xxxii-xxxiiî. 

Guilhem Ademar, Com, V, f*; 
VII, 9; VII, -25; VIII, f. 

Guilhem Anelier de Toulouse, 
Com, VIII, f. 

Guilhem AugierNovella, Com. 

iv,r. 

Guilhem d'Autpol, Com, lïl, 
1-3; VII, 28; VII, 33; IX, f, 

Guilhem de Berguedan, Com. 
IX, 28; XIII, d. et l. (^10, 
17, 20). 

Guilhem Figueira, Com. III, 
43-5 (217, 8, et 217, 4*); 
Gloss. plan. 

Guilhem de Poitiers, Com. I, 
3; IV, f. 

Guilhem de La Tor, Com. 1,3; 
III, 43-5; IV, f. 

Guionet (283, 3), Gloss. conten. 

Guiraut Riquier, Com. VU, 
25; VII, 33;XIV, 14;Gto.ï. 
esfort, plan. 



Isnart d'Entravenas , Com. 
VII, 28; X, d. et L 



Lanfranc Gigala, Com. 111, 

43-5; IX, f, 
Lantelm, Com. VI, 27. 

Marcabru, Com. III, 43-5 ;V, / ; 



i54 



INDEX DES TEXTES CITES. 



Vil, 33; XIII, d, et L (293, 
35, 23, 22, 9). 

Monge de Montaudon, Intr. 
p. Liv, n.; Com. V, f. 

Monta nhagol, Intr. p. li, n. 2;. 
Com. m, 36. 

KkoJet, XV, f. 

Palazi (et Tomier), Intr, p. xv, 
n. 2. 

Peire d'Alvernhe, Intr. p. xv, 
n. 1; Com. IV, /';V, 40 (50); 

VI, 27; Gloss. dreg, mal, 
ope, tôt. 

Peire de Barjac, Intr. p. xxxiv. 

Peire Bremon, Intr. p. xxvi, 

XXIX ; Com. IV, 36; VII, 33; 

IX, /^ (330, 16, 7); XIV, 14 

(461, 45;330,7(GZoss.creis- 

ser; resso. 

Peire Oardenal, Com. V, 40 (6»); 
VU, 13; VII, 33; IX, /^ (335, 
4, â3, 13, 17); XIV, 14; 
Gloss. aire, passar. 

Peire Milon, Com. V, f. 

Peire RRimon de Tolosa, Intr. 
p. XXXV ; Com. III, 43 5(355, 
9, 330,2); V,r; VII, 9. 

Peire ilogier, Intr. p. xv, n. 1; 
Com. IV, 3: V, /. 

Peire Vidal, Intr. p. xxxii; 
Com. 1, 3; III, 43-5; V. 40 (2o); 
VU, 9; VII, 13; VII, 28; 

VII, 33 (364, 36, 21, 34); 
G/oss.dreg, guazanh, passar, 
l'esso (864, 2, 6). 

Perdigo, Com. III, 43-5; IX. /*; 
XIIJ, d. et l. 



Pistoleta, Com. IX, 28. 

Pomairol, Gloss. conten. 

Pons de Gapduelh, Com. V, 
40(40); VI, 27; VII, 9; VII, 
25. 

Pons de la Garda, Intr. 

p. XXXV. 

Raimbautd'Eyras, Com.XY, f. * 

Raimbaut d'Orange, Com. III, 
1-3; IX, f; Gloss. esfortz. 

Raimbaut de Vaqueiras, Com. 
Yîh25;lX,f;lX,2S;Gloss. 
gitar, ops. 

Raimon de Cornet, Com. VII, 
13. 

Raimon Escriva, Gloss. mal. 

Raimon Gaucelm de Reziers, 
Com. III, 43n5. 

Raimon Jordan, Intr. p. xv, 
n. 1. 

Raimon de Mira val, Intr 
p. XVII, LU. 

Raimon Vidal, Com. Vil, 9; 
VII, 33; XI, 30. 

Ricau de Tarascon, Intr. 
p. XLii; Coin. IX, f. 

Richaut de Berbezilh , Intr. 

p. XXXIV, XLII. 

Sail d'Escola, Intr. p. xiv, n. 2. 

Serveri de Girona, Gloss. mal, 
passar, plan. 

Sordel, Intr. p. li, n.; Cotn, 
m, 43-5; VII, 33; IX, f.; 
Gloss. tôt, volver. 






INDEX DES TEXTES GITES. 



l55 



Tomier (et Palazi), Intr, p. xv, 
n. 2. 



Uc de la Bacalaria, Gloss. 
anar. 

Uc Brimet, Corn. VII, 25 (450, 
l,2,4;VIII,24;(?/o«s. mal, 
nescies. 

Uc de Lescura, Com, III, 43 5; 
VU, 28. 

Uc de Pena, Int7\ p. xiv, n. 2. 

Uc de S. Cire, Com. II, 20; 
IV, f; XV, f. 



Anonymes : 
461, 191; Com. V, 21-2. 
461, 231; Com. IX, f. 
461, 236, n.; Com. VII, 13. 



Breviari d'amors, Com. VII, 
13; Gloss. CD vit. 



Croisade conti'e les albigeois r 
Com. III, 43-5; VII, 9; VU/ 
3:3. 

Doctrinal (édit. Suchier, Denh- 
maeler), Com. XIV, 33; 
Gloss. cabal. 

Flamenca y Com. V, f; V, 
40 (50); VU, 9; XIV, 14. 

Gesla Karoli Magni, Gloss, 
deme. 

Girart de Rossilho, Com. Vil, 
33. 

Guillaume de la Ban-e, Com. 
VII, 33; Gloss. plan, re- 
traire. 

Jaufre, Com., I, 3 ï IV, 3; 
V, f) Gloss. passar. 

Penilencia (éd. Suchier, DenJi- 
maeler), Gloss. cabal. 

Sancla Fides (édit. Suchier, 
Denkmaeler), Com. VI, 27. 

Set Gaugz, Gloss. dreg. 



ERRATA 



Introduction : 


P. XXVI, 


1. 10 (bas) 


xxxy 


3 (haut) 


xLin 


2 (bas) 


Textes : 


P. 15, 


V. 38 


27 


11 




15 


3Q 


23 


33 


46 


34 


37 




38 


35 


2 


36 


13 


37 


38 


39 


5 




19 




31 


Commentaire : 



chansons * corr . chauaoîia * 

condela » citndela 

Sorde » Sordel 



ajoutez une virgule après razonaire, 

a'is corr. als 

ajoutez une virgule après partir, 

» » » relraire, 

» t> » cmm-trairej 

» » » grazidii, 

» » » nuzlda, 

» » » dezir, 

non corr. don 

ajoutez une virgule après ai a, 

Mabil'e {ms. : mabile e). . corr. Mablle ë 

nos » vos 

sembla » aeniblfEi] 



44, n. II, vv. 47-9, cf. Gloss. mantener. 

51, 1. 10 (haut) la parenthèse est à fermer après 479), 

60 2 ( » ) ajoutez : aussi (dans la rimef pariùen fur 

(Bonif. Calvo 101, 14, MQ. eir>). 

63 9( » ) Qni corr. g«t 

67 24 Monsoo » Monso 



l58 ERRATA. 

P. 6ft 13 (bas) fatsso » falsso 

3 ( » ) supprimez la virgule avant. . . . dans 

^ 19 ( » ) sobrepluitat corr. sobrefluitat 

It 1. 22 (haut) la parenthèse est à fermer après R) ; 

77 15 (bas) auretz corr. auzetz 

iï 12 ( » ) xz... * z 

S^ 8 (haut) strope ,. » strophe 

S8 20 (bas) la parenthèse est à fermer après Romans) ; 

fld 2 (haut) parlent corr. parlant 

tOé 16 ( » } Liedersamml. 

iO& 18 (bas) A corr. a 

107 19 ajoutez ime virgule après temps, 

110 1 (haut) 15 corr. 14 

Un passage a été omis dans le Com. XV (p. 108, après la formule La 
fortfie et le genre) relatif à la structure métrique de cette pièce. 
Les vers 13, 19, 30, 34. 41 ont une césure enjambante; le vers 3J, 
qui n'est pas clair, exige, au point de vue de la grammaire et de la 
métrique, la correction : semhl; pour le vers 6, il y a élision dans 
la césure (voy., sur la césure épique et enjambante, Thomas, Ro- 
mania, XXVII, pp. 593-4). — Au vers 38, tenra : an est une rime 
irrogulière; d'autre part, ce mot indique que dans l'original il y eut : 
pla, crestia, etc., et non pas plan, etc. (cf. la même chose pour o 
et mit V. 11, var., et cf. pour le même ms. a, XIIl, v. 2, var.). 

Glossaire : 

P. 120, art. complir, cf. sens analogue dans Augier {R. Ch., III, 
p. 104) : E non ai ges crezensa Per 7iulha ren que sia 
Puesca guérir, s'ieu no complisc lo joc. 

Index : 

151 Mabir corr. Mabile 

153 Palquet de Romans; Folquet de Marselha. 
155 Sept Gaugz (éd. ihid.) Gloss. dreg. 



TABLE DES MATIERES 



Avertissement , . . , vu 

Introduction : Le troubadour EJias de Barjols xi 

I. Sa vie xi 

II. Ses poésies. — Autheaticité de celJes qui lui sont nttrî- 

buées XXIV 

III. Ses poésies. — Leur valeur littéraire xlviii 

Vie d* Elias de Barjols, par Jean de Nostredame uui 

Poésies d'Elias de Barjols t 

Commentaire , . 4' 

Glossaire . r ï 3 

Index des noms propres , . i4fl 



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le Milanais (i49g-i5i3), publiés par L.-G. PéussiEH, professeur à la Faculté de> 
Lettres de Montpellier.^ l rn volume î^rand in-8*. — Prix : 7 fr, 5o, 

Deuxièiîê sÉRtE, tome IL luscrij.îious antiques des Pyrénées, par Juhen Sacazf. 
468 inscriptions dont 35o gravées d'après les monuments originaoK- — Un fort 
volume in-8* r.nisin de 600 pai^tis, imprime sur beau papier.— Priï : 20 francs 

DËUiciÊMii: sÉnu;, tome Ifl. Gaston ÎV, comte de Eoia; vicomte souverain de Béàrn 
prince de Navarre, 14-^3-147.1, par Henri Cou&teaui.t, archiviste aux Arch. nat' 
-^ Un vol. gr. in-8', ^ Prix : 7 trancs, 

Deuïiè.më séaiE, tome [V. Les Institutions politiques et administratives du pays de 
Languedoc du Xî II' siècle aux guerres de Keîifrion, par Paul ÙoGnaîi {Epuisé). 

DicuïtÈME SEH^E, tome V. Quelques préliminaires de la révocation de î Edit de Nantes 
en Languedoc j par P, GAeHo>f, pioL à la Faculté des Lettres de Montpellier — Un 
vol. gr. in-8'> — PriîC ; 7 Irancs. 

Deuïïèije sèrik, tome VI. La Réforme en Béaru. par .\L l'Abbé V. Dubaeiat, aumô- 
nier du Lycée de Pau, — ^ Un voL gr. in-8". — Prix ; 7 francs. 

Dêuxiè^uî: siéRTE, tome \ IL L'impôt sur le revenu au dix-huitième siècle, principale- 
ment en Guyenne, par Marcel Marîon, professeur â la Facolté des Lettres de PUni- 
vcraitc de Bordeaux. — Un volume gr^ind \i\-H\ — Prix : 6 francs 

Deuxième SÉRIE, tome VIU. Louis XI, Jean II et la Révolution catalane {iAih-i^-y-'^). , 

par J. Lalmette, archtviste paléographe, docteur éâ-letires —Grand în-8-. Rrii • 

i3 francs. , ,. . . * ha . 



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